Major Mouvement – Kinésithérapeute

Crédit Photo Une: Major Mouvement

J’aurais voulu être un cuistot !

Et oui, en grand fan de gâteaux au chocolat, c’était le meilleur moyen d’en avoir à foison et de trouver la meilleure recette !

J’ai toujours eu ce petit côté humour, blagueur, et j’avais même du mal à le canaliser. Je m’imaginais aussi en clown, car tout le monde me disait que je n’arrêtais pas de le faire, j’ai aussi pensé au métier d’acteur ou réalisateur pendant longtemps. Vers 15 ans j’ai commencé à me dire que j’avais envie d’aider les gens, en faisant un métier qui était technique. Je me disais donc que la chirurgie esthétique réparatrice correspondait bien à cette vocation.

Mais aujourd’hui, je ne suis rien de tout cela, quoi qu’il y ait un bien un lien entre ma dernière idée et ce que je fais maintenant : aider les gens.

LE RUGBY UNE PASSION DEPUIS L’ENFANCE

J’étais assez sportif tout en ayant eu du mal à trouver mon sport. Je suis passé par le karaté, le tennis et la gym. J’ai découvert le rugby à 12 ans qui est devenu mon sport fil rouge jusqu’à la trentaine. J’ai été pendant longtemps un mauvais demi de mêlée jusqu’à ce qu’on me mette à l’aile. Je suis alors devenu un ailier de poche et je m’amusais énormément. Sans être le plus rapide, j’avais une bonne capacité d’accélération, d’évitement et d’appuis. À mon niveau bien sûr.

J’avais d’ailleurs des idoles dans le rugby, et ce qui est assez fou c’est qu’encore aujourd’hui j’ai mes yeux d’enfants quand je les vois. Il s’agit du trio, Vincent Clerc, Clément Poitrenaud et Cédric Heymans. J’adorais leur gestuelle, leur jeu, j’aimais aussi leur intégrité. Je regardais en boucle les vidéos sur YouTube en les analysant. Le hasard de la vie a fait qu’un jour Clément Poitrenaud est venu à une de mes conférences, et le lendemain j’ai pris un café avec Vincent Clerc ! Et encore aujourd’hui j’ai du mal à réaliser que c’était il y a un an et demi.

Ces trois joueurs jouaient au Stade Toulousain mais paradoxalement je n’étais pas un fervent fan de ce club, pas plus que d’un autre. J’ai toujours eu un peu de mal sur le fait de supporter qu’une seule équipe. Ce que j’ai toujours aimé c’était le jeu et j’aimais donc les équipes qui en pratiquaient du beau, peu importe l’aspect géographique du club. La seule exception était pour l’Équipe de France que je supportais et supporte aujourd’hui coûte que coûte. Mais pour le reste on me disait souvent que j’étais un vendu, car j’ai eu le maillot du Racing, du Stade Toulousain, du Stade Français, de Castres ou de Clermont et on m’a même offert le maillot de Toulon…

LE PLUS BEL ÉCHEC DE MA VIE

Pour revenir un petit peu sur mon parcours plus professionnel, car le rugby n’est qu’une passion, j’ai tenté médecine. J’ai redoublé la 1ère année et je n’ai pas eu le classement nécessaire pour continuer dans cette voie la seconde année, à quelques places près, mais j’ai obtenu le droit de poursuivre en kinésithérapie. J’ai tendance à dire que c’est le plus bel échec de ma vie.

On me répond souvent d’ailleurs « oh, mais non ce n’est pas un échec ». Mais si, si c’est un échec, il faut appeler un chat un chat et ce n’était pas ce que je visais. Mais c’est un bel échec, car cela m’a amené à trouver un équilibre dans ma vie personnelle et professionnelle. Quand je vois aujourd’hui les rythmes de mes amis qui ont continué médecine, je me rends compte que cela ne m’aurait pas convenu.

Ma philosophie, c’est de mettre en avant ce qu’on sait aujourd’hui dans le monde de la kiné, tout ce que j’ai pu lire, en le vulgarisant pour que ce soit compréhensible par tout le monde et en apportant une petite touche d’humour pour dédramatiser le sujet.

Pour tout vous dire lorsque j’ai appris le résultat, j’étais content malgré tout sur le moment. J’ai eu une scolarité moyenne avec 11 de moyenne au bac S avec des notes comme 6 en math et 8 en physiques. Je l’ai obtenu grâce à la bio bien sûr, l’anglais et l’histoire. Je suis allé en médecine en estimant mes chances à moins de 15 % de réussite. Au fond de moi-même je me disais qu’au bout de ces deux ans la mascarade allait s’arrêter et tout le monde verrait mon classement que je présumais très mauvais. Donc même si ce résultat obtenu n’était pas l’accomplissement du but final, je me suis dit que j’étais quand même capable de faire quelque chose.

Il y a une phrase que je n’aime pas trop, mais qui reste très représentative de l’idée derrière tout ça : « Vise les étoiles et au moins tu risques d’accrocher la lune ».

MA MISSION : AIDER LE PLUS DE MONDE…

En aimant le sport, il y aurait eu la possibilité de m’orienter dans la kiné pour les sportifs pros. J’en ai eu qui venaient me voir au cabinet dès le départ, mais je me sentais démuni face à eux, car ils avaient des exigences qui n’étaient pas du domaine de la reproductibilité. C’est-à-dire que pour comprendre mon métier, j’ai besoin de faire, de refaire, de rerefaire et d’apprendre de mes échecs.

Le sportif pro est tellement dans les détails de son propre corps qu’il est lui-même probablement le meilleur artisan de son corps. Ce qu’il se passait c’est que je voyais que parfois le sportif que j’avais en face de moi était plus à même de comprendre lui-même ce qui lui arrivait et c’était une situation que je n’aimais pas, car je me retrouvais dans la position de l’exécutant. Le sportif me disait « j’ai besoin que tu me fasses ça » et j’avais l’impression qu’il m’enlevait toute ma capacité de réflexion.

À tort ou à raison d’ailleurs, car je comprends très bien que quand on commence à connaître son corps on est soit tout à fait capable de l’analyser. Mais me concernant, en tant que kiné, je n’avais pas envie qu’on m’enlève cette capacité de réflexion. Donc aujourd’hui j’aime traiter des sportifs « Decathlon », c’est-à-dire les personnes qui ne sont pas professionnelles, mais qui pratiquent des sports de façon occasionnelle ou récurrente, mais pas à très haut niveau.

D’un point de vue de santé publique on sait que le sport est bénéfique. Il faut donc s’occuper de tous les sportifs, pros ou en herbe, et donc me concernant je préfère la partie amateure.

Mon intention dans mon métier est donc d’aider, d’apporter des réponses à des problèmes, d’informer et de donner des conseils. Tout ça, je le fais au quotidien dans mon cabinet, mais à un nombre limité de patients. Dans le même temps, nous sommes en apprentissage perpétuel dans notre métier et nous nous documentons tout au long de notre carrière. En regardant ce qu’il se faisait dans d’autres pays, j’étais tombé sur ces Américains qui faisaient des vidéos sur la kiné et j’apprenais plein de choses comme l’importance de l’articulations de la hanche. L’idée faisait son chemin et je voyais en même temps des bêtises sur les réseaux sociaux avec des techniques d’étirement ou de renforcement musculaire complètements mauvaises, ou de la pub pour du matériel miracle que je commençais à me dire qu’il fallait peut-être tenter de créer quelque chose basé sur un vrai savoir-faire, des vraies recherches, de vraies techniques. J’ai entendu une phrase qui m’a fait un choc, « le mal triomphe par l’inaction des gens de bien ».

… ET CONTRECARRER LES MENSONGES DES RÉSEAUX SOCIAUX.

On a tendance à pointer une ultra minorité qui fait les choses mal, mais le vrai problème vient que l’immense majorité ne fait pas les choses biens. Il faut se dire à un moment donné que les gens de qualité se bougent les fesses. Ça peut paraître prétentieux, mais je pense avoir de bonnes intentions, de bonnes valeurs et surtout avoir la capacité technique pour les véhiculer. C’est là que je me suis dit « GO ! ».

 

Ma philosophie, c’est de mettre en avant ce qu’on sait aujourd’hui dans le monde de la kiné, tout ce que j’ai pu lire, en le vulgarisant pour que ce soit compréhensible par tout le monde et en apportant une petite touche d’humour pour dédramatiser le sujet. Je suis très ouvert à la critique, construite et polie, et à la remise en question. Ce que je dis aujourd’hui peut évoluer demain.

Il fallait donc imaginer ce personnage pour remplir ces fonctions et en même temps penser au fait de prendre du plaisir dans ce que je fais. L’aspect de l’humour rentre donc là-dedans également, j’aime blaguer, j’aime faire des petits sketchs. D’ailleurs l’humour se partage très bien, beaucoup plus que si j’avais fait le même fond de contenu, mais en le réalisant de façon très sérieuse.

Les bretelles en revanche sont purement esthétiques ! J’ai aussi pensé qu’il fallait que j’ai une empreinte visuelle, que les gens ne se rappellent pas forcément du nom Major Mouvement, de Grégoire, mais par contre ils vont retenir qu’il y a un mec en bretelle qui est kiné et qui donne des conseils.

C’est devenu une vraie activité à laquelle je dois consacrer du temps. Mon métier numéro un ne changera jamais, je suis praticien de kinésithérapie. Mais je dis souvent que je suis kiné à mi-temps, car je travaille 35 h par semaine au cabinet. Et ensuite je suis donc kiné / créateur de contenu. Pour mes vidéos, tout ce qui est écriture, discours, mise en scène, je fais tout moi-même. Je délègue à peu près 40 % du montage et de la vidéo. Je fais donc une journée tous les deux mois en tournant une cinquantaine minimum de vidéos. Bien souvent j’écris la première ligne, « étirement du grand pec », et je commence la vidéo et j’improvise. Donc c’est rapide de les écrire, mais c’est aussi ce qui donne le côté spontané. Ce que je me dis avant de tourner c’est que je dois raconter une blague dans laquelle il doit y avoir l’étirement du grand pec.

Quand on me demande si j’aimerais un jour faire un spectacle Major Mouvement. Je me demande si les gens qui me suivent aiment mon humour au point de venir l’écouter pendant plus d’une heure. Mais dans l’idée je ne serais pas contre dans le sens où j’adore plaisanter, chambrer. Mais paradoxalement, encore une fois, il y a un dentiste qui fait un one man show et j’ai du mal à accepter cette idée. Je me dis qu’on ne peut pas être humoriste et dentiste. Et pourtant à la base on fait probablement la même chose avec ce côté médical/humour. Il faudrait donc que je change déjà mon regard vis-à-vis de lui avant de pouvoir me lancer moi-même.

En attendant j’ai plein de projets, dont un à venir avec Sans Filtre et je compte continuer à apporter des solutions à ma communauté et faire en sorte de véhiculer un message bienveillant en incitant les gens à prendre soin d’eux, sans les culpabiliser et à consulter quand besoin est.

GRÉGOIRE – MAJOR MOUVEMENT