Guillaume Merlini : Président

#Fondateur GamersOrigin #Ancien O’gaming

Crédit Photo Une : GamersOrigin

90 euros.

L’histoire de GamersOrigin dans l’esport a commencé sans plus d’argent en poche, ni de prêt bancaire ou d’investisseurs.

Tout avait pourtant débuté en 2011 avec un site d’actualité sur Diablo. J’avais alors 16 ans. 8 longues années se sont écoulées, qui m’ont permis de me former et de grandir en parallèle de GO.

À l’époque, je n’avais pas vraiment de vision d’avenir. J’étais un passionné de gaming, joueur occasionnel, qui voulait simplement faire quelque chose avec mes compétences dans le code et le traffic management. L’audience de la plateforme a rapidement grimpé et les bonnes nouvelles se sont enchainées : partenariat avec Blizzard, premiers revenus publicitaires, lancement sur Hearthstone.

Au bout d’un moment, j’ai réalisé que ce qui m’intéressait était tout simplement l’esport, cette compétition entre les meilleurs joueurs. Et non plus l’actualité vidéoludique au quotidien.

Malgré tout, pas question d’abandonner cette idée de base. Afin de se lancer dans le jeu-vidéo compétitif, ce n’est pas avec ces 90 euros que j’allais pouvoir recruter les premiers joueurs et les emmener sur des compétitions. Il fallait créer un cercle vertueux et un modèle économique stable. Dans un premier temps c’est la croissance des contenus liés à l’actualité, nos premiers partenariats et la création d’une agence en interne qui nous ont permis de nous lancer dans l’esport.

Tout n’a pas été si simple pour arriver à cette version 2019 de GamersOrigin. Mes parents ont pu être surpris et inquiets de voir leur fils de 16 ans mettre ses études au second plan pour un projet dans un domaine dont ils ignoraient beaucoup. Mais ils ont été rassurés et fiers après quelques années quand ils ont pu voir nos premières levées de fonds, les premiers recrutements et les reportages à la télévision.

La peur de me voir me tuer à la tâche était aussi importante pour eux. GO m’a éloigné de la sphère familiale, car je n’avais plus une minute à moi. Et pourtant nous sommes en excellents termes. Je me souviens que mes parents étaient venus sur Paris pendant 6 mois, habitant à 5 minutes de chez moi et que je n’avais réussi à passer leur rendre visite qu’une seule fois pendant cette période.

Cette évolution positive dans le monde de l’esport ne nous a pas changé. Nos valeurs restent les mêmes. Être une famille qui recherche la performance par la victoire tout en respectant nos adversaires. Quand nous partons à la GA, c’est à 70 personnes dans un bus avec chaque équipe qui va se soutenir.

LEAGUE OF LEGENDS NOUS A FAIT PASSER DANS UNE AUTRE DIMENSION

J’ai eu comme beaucoup de joueurs ma période League of Legends durant les premières saisons, sans pour autant être un hardcore gamer. J’aimais surtout regarder les meilleures équipes évoluer durant les plus grandes compétitions comme les World.

Se lancer sur LoL a vraiment été compliqué, car notre structure était modeste avec des finances qui ne nous permettaient pas d’engager une team 100 % professionnelle sur ce jeu. Le pari était vraiment risqué et nous aurions pu perdre beaucoup.

Mais nous avons saisi une belle opportunité en engageant des joueurs semi-pros qui continuaient leurs études en parallèle. Cette première line-up composée notamment de Shemek, Tonerre ou Targamas a réussi à battre toutes les équipes professionnelles françaises et même une team composée de coréens. C’était le déclic qui nous a fait passer complètement dans le très haut-niveau. Sans ces joueurs nous n’aurions pas pu nous lancer sur LoL.

En investissant sur LoL, nous avons forcément changé de réflexion sur notre vision de l’esport. L’actualité s’est arrêtée sur notre site et nous nous sommes investis corps et âme avec Yann-Cédric Mainguy, notre directeur esport.

C’est en partie avec eux qu’on a développé des valeurs fondamentales pour nous : familiale, bien-être et encadrement au quotidien. D’entraînements chacun chez soi le soir, nous sommes passés à un centre d’entraînement agrémenté d’un staff complet pour nous mettre au diapason de ce qui se passe dans le sport. La réussite de ces 5 mecs qui jouent ensemble tous les jours passera par un encadrement de qualité, une ambiance familiale où chacun se serre les coudes et un bien-être de tous les instants. C’est comme cela qu’ils libéreront tout leur potentiel.

Cette évolution chez GO a été suivie par les organisateurs de compétition qui ont également su se professionnaliser. L’arrivée de la LFL cette année est une excellente nouvelle après tous les problèmes rencontrés lors de l’Open Tour en 2018 et ces attaques DDOS en LAN qui pouvaient compliquer la tenue des matchs.

Avoir une ligue structurée permet de professionnaliser encore plus notre secteur et a de nombreuses conséquences positives pour nous : attirer de nouveaux sponsors qui apprécient ce format encadré et lisible, attirer des joueurs avec un événement plus compétitif, avoir un rendez-vous hebdomadaire pour les fans…

Si nous pouvons regretter le fait qu’il nous soit impossible d’évoluer dans la principale ligue européenne (LEC) à court terme, nous sommes très satisfaits de ce qui nous est proposé pour le moment. En plus de la LFL, les European Masters ont été développés pour mettre les équipes dans le rôle de représentant d’une nation ce qui est très appréciable.

GAMERSORIGIN RESTE FIDÈLE À SES VALEURS ET SES AMBITIONS

Cette évolution positive dans le monde de l’esport ne nous a pas changé. Nos valeurs restent les mêmes. Être une famille qui recherche la performance par la victoire tout en respectant nos adversaires. On parle beaucoup de la GO Family et certains pourraient nous dire qu’il s’agit d’un argument marketing pour les sponsors. Mais nous avons vraiment créé un lien très fort entre les joueurs et le staff. Quand nous partons à la Gamers Assembly, c’est à 70 personnes dans un bus avec chaque équipe qui va se soutenir.

Pour nos joueurs, nous avons également cette envie de privilégier l’humain. Contrairement à d’autres équipes, nous avons toujours voulu garder nos joueurs à moins d’un gros problème. Malgré plusieurs déceptions l’année dernière, nous avions proposé à tous nos joueurs de repartir avec eux. C’est de cette façon qu’on arrivera à performer et à créer la plus belle histoire possible.

Mais tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. Certains problèmes qui avaient pu naitre l’année dernière et qui nous avaient couté la victoire à Disney sont revenus plus fort cette année. Nous n’avons pas réussi à régler ce souci de cohésion de notre botlane avec l’arrivée de nouveaux joueurs et il nous a fallu nous séparer de Toaster.

Mais GamersOrigin ce n’est pas que League Of Legends. Cette visibilité plus importante de la scène esport du jeu donne cette fausse impression que nous investissons plus dessus. La réalité est tout autre et nous avons des résultats de qualité sur Hearthstone avec 2 titres de Champion d’Amérique et une victoire des WESG, des excellents joueurs sur StarCraft 2, l’arrivée du meilleur pro français de Street Fighter Luffy et enfin de dignes représentants sur TrackMania et sur Fortnite.

J’ai une relation proche avec les joueurs. Nous estimons d’ailleurs qu’il faut qu’ils nous voient comme leurs pères : certains joueurs étrangers ont entre 16 et 22 ans et ce n’est jamais facile de quitter sa famille et ses habitudes. Nous devons être là pour eux pour parler de problèmes autres que ceux liés à l’esport.

GAMERSORIGIN EST AVANT TOUT UNE AVENTURE HUMAINE

GamersOrigin n’en serait pas là sans toutes les personnes qui ont pu faire avancer ce formidable projet. J’ai commencé seul, mais le soutien est arrivé très vite avec Yann, Jonathan, Louis, Rémy et tant d’autres. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice.

Nous avons pendant longtemps travaillé sans salaire, pendant un nombre incalculable d’heures et cette motivation est restée intacte, car nos relations humaines étaient saines et bonnes.

La confiance est aussi un élément indissociable de GO, c’est quelque chose que j’essaie d’inculquer un maximum. Yann a pu me dire qu’il fallait recruter Reynor sur SC2, un jeu que je ne maitrise pas du tout. Je l’ai suivi les yeux fermés, il gère parfaitement son poste depuis le début.

Tout le monde me rend cette confiance, on ne se cache jamais rien et on avance tous ensemble. Avant d’être une société, on est un groupe d’amis qui adorent travailler ensemble.

C’est aussi le cas avec les joueurs avec qui j’ai une relation proche. Nous estimons d’ailleurs qu’il faut qu’ils nous voient comme leurs pères : certains joueurs étrangers ont entre 16 et 22 ans et ce n’est jamais facile de quitter sa famille et ses habitudes. Nous devons être là pour eux pour parler de problèmes autres que ceux liés à l’esport.

Pourtant ces 6 derniers mois, j’ai dû m’investir à 100 % dans la partie financière afin de boucler cette levée de fonds qui allait permettre d’améliorer les conditions dans lesquelles allaient être nos joueurs. J’ai fait confiance à Yann pour être présent constamment pour nos joueurs. Cette levée est arrivée et a permis l’arrivée d’un nouveau centre d’entraînement et d’un staff élargi pour encadrer les joueurs.

Le bien-être et la famille, on y revient toujours.

Mais nous ne perdons pas de vue la performance. GO veut s’afficher comme l’un des plus gros clubs français et européens. Avec nos nouveaux moyens, nous allons pouvoir aller beaucoup plus vite. Sur LoL nous devons gagner la LFL et les European Masters après une année où nous avons eu un très mauvais karma sur le coaching staff.

Depuis des années maintenant, je vis pour la compétition. Se lever, vivre des victoires et des défaites, c’est gravé en moi.

J’aimerais finir sur une note plus personnelle.

Je reçois énormément de messages de jeunes entrepreneurs attirés par mon parcours. Je leur réponds toujours que le plus important est de croire en ses rêves et de se donner corps et âme pour y arriver. Beaucoup de personnes vont travailler 1 ou 2 ans sans trop de résultats et se décourager. Mais il ne faut pas abandonner et toujours se donner à 100%.

La patience est indispensable, à un moment votre projet trouvera le bon chemin ou la bonne opportunité.

GUILLAUME