Athlétisme – Peut-on doubler saison en salle et estivale optimalement ?

La saison d’athlétisme 2022 a été très longue pour les athlètes, avec trois grands championnats. Pouvait-on faire la saison de façon optimale.
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La saison d’athlétisme 2022 a été très longue pour les athlètes, avec trois grands championnats. Pouvait-on faire la saison de façon optimale.

Crédit : Yann Le Gal

La saison d’athlétisme en salle qui s’étire jusqu’au mois de mars

Les championnats du monde d’athlétisme de Belgrade 2022 ont eu lieu du 18 au 20 mars dernier. Conclusion d’une saison en salle qui s’ouvre soit en toute fin de mois de décembre 2021 ou alors en tout début d’année 2022, avec les premiers gros meetings nationaux. Et certains internationaux. Une saison hivernale déjà longue avec une première bataille pour des minima, pour aller chercher une qualification pour ces mondiaux indoor. Neuf Français ont eu l’occasion d’aller à Belgrade (Aurore Fleury, Cyrena Samba-Mayela, Léonie Cambours, Wilhem Belocian, Pascal Martinot-Lagarde, Thibaut Collet, Valentin Lavillenie, Jean-Marc Pontvianne et Melvin Raffin.

Et mine de rien, une fois ces mondiaux terminés, il faut vite se projeter sur la saison estivale. Avec les interclubs qui se profilent très rapidement, avec un premier tour le premier week-end du mois de mai. Evidemment, les meilleurs athlètes sont loin de leur pic de forme. Mais ils doivent répondre présents car leur performances rapportent de gros points à leurs clubs. Mais cela laisse peu de temps pour se reposer et entamer un nouveau cycle de préparation. D’autant que la saison estivale était un peu particulière avec deux grands championnats. Dont celui de Eugene dès la mi-juillet. Alors que les grands championnats, à l’instar des Europe de Munich, ont plutôt lieu à la mi-aout, parfois même un peu plus tard. Ce qui a obligé les athlètes à monter très vite en forme pour être prêt dans l’Oregon.

Ces Français qui ont réussi les deux en 2022

Pour autant, certains Français ont réussi à parfaitement négocier les deux saisons. On pense en premier lieu à Jean-Marc Pontvianne. Le triple sauteur, qui a été récemment médaillé de bronze à Munich, a participé aux trois finales, que ce soit à Eugene, Belgrade ou Munich. Avec à chaque fois, une place dans les 8 meilleurs (7e à Belgrade, 8e à Eugene et 3e à Munich). Une belle saison et des pics de forme parfaitement gérés. On l’a vu, que ce soit à Eugene ou à Munich, des sauts mordus de peu, qui auraient pu aller au-delà des 17,20 m.

Pascal Martinot-Lagarde a également été médaillé européen cet été. Même si, pour lui, Eugene a été plus compliqué, avec une élimination prématurée, n’oublions pas que le hurdleur a été sacré vice-champion du monde en salle. C’est d’ailleurs un modèle de gestion de forme, malgré des petits pépins physiques. Une médaille en salle et en extérieur, cela lui est déjà arrivé en 2019 et en 2014. Et de nombreuses finales les mêmes années. Comme en 2016.

Retour sur les performances françaises ce vendredi matin

Côté étrangers, on pense à Armand Duplantis champion du monde d’athlétisme en salle et en extérieur avec à chaque fois un record du monde dans les deux concours. Les perchistes, qui sautent pourtant énormément en hiver, semblent avoir trouvé le bon alliage. Beaucoup font la saison en salle et la saison estivale et sont performants. On pense à Chris Nielsen et même Thiago Braz. Côté Français, Renaud Lavillenie est un habitué de la saison en salle, même s’il était absent cet hiver à Belgrade. Il a souvent été médaillé en salle et en extérieur la même année (2009, 2011, 2012, 2013, 2015, 2016, 2018). Thibaut Collet, en finale de la perche à Munich, confirme également cette impression.

Ceux pour qui cela a été plus compliqué en 2022

On pense forcément à Wilhem Belocian, 8e des mondiaux à Belgrade et qui a rapidement été blessé dans la saison estivale. Absent à Eugene et à Munich, il n’a pas pu ajouter de nouvelles sélections à son palmarès. On pense également à Aurore Fleury, qui a fini la saison très fatiguée et qui n’a pas pu disputer ses chances à 100 % sur le 1500 m des championnats d’Europe d’athlétisme, éliminée dès les séries. Idem pour Valentin Lavillenie, en grande forme et aux portes du podium à la perche à Belgrade, en ayant porté son record. Mais que ce soit à Eugene où à Munich, Valentin Lavillenie n’a pas pu franchir le cap des qualifications. Toujours à la perche, Margot Chevrier a semblé en bout de course lors de sa finale de la perche à Munich. Elle a concouru à Belgrade, Eugene et Munich en 2022.

C’est le cas aussi de Léonie Cambours, qui a été brillante en salle, avec un record personnel pulvérisé de plus de 400 points au pentathlon. Mais qui n’a pas pu capitaliser sur la saison estivale et qui a beaucoup souffert sur ton heptathlon à Munich. Melvin Raffin, présent à Belgrade, a lui aussi écourté sa saison estivale, victime de pépins physique. Au niveau international on peut citer Samuel Tefera, qui s’était offert Jakob Ingrebrigtsen sur le 1500 m de Belgrade et qui n’est pas monté sur la boite à Eugene

C’est difficile de doubler deux saisons à très haute intensité. Même si certains athlètes y arrivent, on sent que pousser jusqu’au mois de mars laisse des traces physiquement.

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