FOOT : SERBIE – PORTUGAL (2-2) : SCANDALE AU CŒUR D’UN MATCH FOU

Ce samedi soir, le Portugal de Cristiano Ronaldo se déplaçait en Serbie, dans le cadre des matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2022. La rencontre entre les 2 favoris du Groupe A a tenu toutes ses promesses : entre rebondissements, buts magnifiques et décisions litigieuses, ce match représente toute la beauté du football, dans son côté magique, tragique… Et avec son lot d’incompréhension.

Serbie – Portugal : Un début de match à sens unique

Dès les premières minutes de la rencontre, les Portugais multiplient les insertions dans la surface adverse. Un acharnement qui finit par payer, car à la 11ème minute de jeu, Bernardo Silva dépose une merveille de centre sur la tête de Diogo Jota, qui trompe le gardien, à bout pourtant. Le Portugal prend l’avantage !

36ème minute, nouveau but de la tête de l’attaquant de Liverpool ! Cette fois-ci, c’est le latéral droit Cédric, à la passe. Diogo Jota prouve donc qu’il n’est pas nécessaire de faire 1m90 pour pouvoir être clinique sur les ballons aériens. La Serbie tentera de pousser en fin de première période, mais sans mettre le doute dans la tête des Portugais. On aperçoit, également, un Cristiano Ronaldo en grand manque d’inspiration.

Serbie : des changements qui changent tout

Dragan Stojković, sélectionneur de la Serbie, sent que son équipe peut prendre l’eau à tout moment, et qu’il faut changer quelque chose pour tenter de remonter ces 2 buts de retard. Il décide alors de faire rentrer celui qui portait le maillot de l’Olympique de Marseille la saison dernière, Nemenja Radonjić, ainsi que le milieu de terrain de Getafe, Maksimović.

Coaching payant puisque, au sortir des vestiaires, Radonjić réalise la passe décisive sur le but de Mitrović (46ème minute) : une tête magnifique entre Danilo et José Fonte. À l’heure de jeu, le joueur de l’OM prêté au Hertha Berlin se fait de nouveau remarquer : un appel tranchant dans la profondeur, un dribble exceptionnel derrière la jambe d’appui, suivi d’une passe en profondeur millimétré entre les défenseurs, qui va trouver Kostić pour l’égalisation 2 partout.

Le match baissera par la suite en intensité : à noter un gros match du gardien du Portugal, Anthony Lopes, qui s’est fait fusiller à de nombreuses reprises par les grosses frappes des joueurs serbes.

But refusé pour le Portugal et Cristiano Ronaldo

L’attaquant de la Juventus Turin, jusque-là en grand manque de réussite, notamment sur coup-franc, aurait pu donner la victoire à son équipe : 94ème minute, Cristiano Ronaldo reçoit un long ballon aérien en profondeur de Nuno Mendes… le gardien serbe tente une sortie mais ne parvient pas à intervenir correctement. La star du Portugal, lui, réussit à dominer ce ballon, qui se dirige tout droit dans les cages des joueurs de Stojković… Mais au dernier moment, Stefan Mitrović intervient pour sauver le ballon sur la ligne ! Le ballon est même revenu dans les pieds de Bernardo Silva, qui frappe, mais de nouveau repoussé par le défenseur serbe…

Cristiano Ronaldo n’a même pas vu cette partie de l’action : il s’était déjà rué vers l’arbitre de touche, les bras en l’air, pour lui signaler que le ballon avait bien franchi la ligne. L’attaquant portugais, jugé trop véhément, sur le coup, se prend même un carton jaune.

Mais Ronaldo a raison : le ballon a bel et bien franchi la ligne. Le but aurait, logiquement, dû être accordé au joueur portugais ! Mais problème : il n’y a pas de goal-line technology dans cette compétition…

Un mélange d’incompréhension, d’indignation et de colère s’empare de Cristiano, qui quitte la pelouse, quelques secondes avant que l’arbitre ne siffle la fin de ce Serbie-Portugal. Il jette même son brassard de capitaine sur le sol, fou de rage ! Des images complètement folles… qui ne vont certainement pas améliorer la réputation des grandes instances du football !

Pourquoi pas de goal-line technology ?

Il n’y a aucune assistance à l’arbitrage pour ces matchs de qualification à la Coupe du Monde. Selon l’UEFA, la VAR n’a pas été retenue dans la Zone Europe pour des raisons logistiques. Les instances étant dans l’incapacité de gérer l’arbitrage vidéo dans des lieux aussi différents. Pour rappel, la goal-line technology, c’est : quatorze caméras à grande vitesse, toutes reliées à un ordinateur central, qui envoie un signal en temps réel, à l’arbitre sur le terrain.

Lors de la mise en place de la goal-line technology en Ligue 1, la LFP avait dû débourser dans les 4 millions d’euros pour équiper ses 20 stades de Ligue 1, soit un budget de 200 000 euros, en moyenne, pour chaque club.

Il y a 55 nations présentes dans ces matchs de qualification, dans la Zone Europe. Les championnats majeurs possédant déjà cette technologie, il ne resterait que 50 nations à équiper, pour un budget total de 10 millions d’euros, pour voir un stade équipé par pays (en se fixant sur le modèle Ligue 1). Quand l’on sait que la FIFA a enregistré, sur la période 2015-2018, un chiffre d’affaires de 6,4 milliards de dollars (selon l’Équipe) : on se demande si ça ne valait pas le coup d’éviter ce mauvais coup de pub ! Les images de Cristiano Ronaldo dans ce fin de Serbie-Portugal, allant bien évidemment faire le tour du monde en quelques heures…

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Nicolas Parant