Robert Malm- Footballeur et Consultant beIN SPORTS (Ligue 2, Euro 2016, Coupe du Monde 2018)

#FC Lorient #Toulouse FC #Grenoble Foot #Stade Brestois #Montpellier HSC #Nîmes Olympique # Sélection Togolaise, Coupe du Monde en 2006

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

C’est l’un des événements sportifs les plus attendus, la Coupe du Monde. Robert Malm s’en souvient encore. Cet ancien footballeur l’a vécu avec la sélection du Togo en 2006. Actuellement consultant pour la chaîne de télévision BeIN SPORTS, le Dunkerquois sera encore présent sur les terrains de Ligue 2 cette saison. Il aborde la Coupe du Monde en Russie dont tous les matchs seront diffusés sur BeIN SPORTS, mais aux bords des terrains cette fois… (Crédit Une : BeIN)

UNE CARRIÈRE BIEN REMPLIE

Tout a commencé au centre de formation du RC Lens où mon passage a été plus ou moins réussi. J’ai débuté à l’âge de 16 ans et demi, puis un an et demi après je jouais avec les joueurs professionnels.

J’ai ensuite gagné la Coupe Gambardella à 18 ans, et nous sommes même devenus champions après avoir effectué deux finales, une remportée et l’autre perdue. Lorsque j’en parle ça n’a l’air de rien, mais c’est la Coupe de France chez les jeunes. C’est là qu’on se dit que c’est le commencement de notre carrière.

Lors de mes premiers pas dans le monde professionnel, j’ai connu le groupe du RC Lens avec l’équipe des Roger Boli, Bernard Lama ou encore Eric Sikora, l’ancien entraîneur au Racing Club de Lens. Le club Nordiste avait déjà un beau palmarès, et possédait de très grands noms, c’était déjà un rêve d’enfant de pouvoir côtoyer des joueurs de talent. À leurs côtés, j’ai pu franchir un cap.

Malgré tout, j’ai quand même ressenti un goût d’inachevé à mes débuts, car je n’ai pas beaucoup joué avec les professionnels. J’ai quitté mon club formateur à la recherche de temps de jeu, en passant notamment à l’USL Dunkerque et l’US Fécamp avant d’arriver au FC Lorient sous les ordres de Christian Gourcuff, avec une montée en 1998, en Ligue 1 à la clé.

D’ailleurs, pour l’avoir récemment eu au téléphone, on en parle encore comme si c’était hier. C’est certainement l’une des plus belles saisons que j’ai vécu en termes de football, de jeu, de rencontres humaines sur et en dehors des terrains. Cette année a été extraordinaire à tout point de vue.

Il y a eu aussi des moments difficiles, car en 2000-2001, c’était la première fois de ma carrière où je ne démarrais pas de championnat. Je me suis donc retrouvé au chômage, et là ça m’a fait quelque chose. C’est le club de Gueugnon qui évoluait en Ligue 2 qui m’a redonné de l’élan. J’ai connu ensuite une expérience avec Montpellier en 2006. Jean-François Domergue était l’entraîneur en début de saison et Rolland Courbis, pour les quatre derniers matches de fin de saison. J’aimerais rendre aussi un hommage à l’ancien président Louis Nicollin, car c’était un grand homme du monde footballistique.

Mais Rolland Courbis ne me donnait pas assez de temps de jeu. Nîmes qui évoluait en National m’a alors fait une proposition de contrat et je n’ai pas hésité à résilier celui du MHSC. L’entraîneur Rolland Courbis a finalement privilégié son schéma et savait ce qu’il voulait faire, ce qui est tout à son honneur. Il a fait des choix et j’ai préféré de mon côté avoir du temps de jeu à Nîmes.

Pour un joueur de football, il est difficile de rester sur le banc, car tout sportif veut jouer, alors je partais dans la logique où j’avais le droit de ne pas être bon, mais je n’avais pas le droit d’abandonner ou de ne pas m’imposer. Ce que je voulais c’était être important avec l’équipe pour qui je jouais. Il y a eu des passages difficiles, surtout lorsque j’étais remplaçant pendant plusieurs semaines, mais je n’ai pas de regret, car je pense avoir donné le meilleur de moi-même.

Quand on fait 20 ans de football au plus haut-niveau dans les trois divisions françaises (Ligue 1, Ligue 2 et National) on peut être fier d’avoir une carrière aussi remplie et réussie.

Quand on fait 20 ans de football au plus haut-niveau dans les trois divisions françaises (Ligue 1, Ligue 2 et National) on peut être fier d’avoir une carrière aussi remplie et réussie.

En tant que joueur, j’avais des caractéristiques au-dessus de la moyenne. J’aimais bien prendre de la profondeur, j’étais rapide avec un bon jeu de tête. Puis surtout adroit devant le but, c’est ce qui a fait ma carrière et ma réputation.

J’ai beaucoup de nostalgie lorsque je recroise mes anciens coéquipiers, présidents ou entraîneurs. On reparle toujours de nos expériences et à chaque fois il y a des émotions, des rires, des larmes qui nous transportent.

Mon seul regret serait de ne pas avoir signé au Paris Saint-Germain au moment où l’opportunité s’est présentée. Il y a eu un problème d’effectif, car il fallait le réduire, et se séparer de certains joueurs avant que je puisse signer. Mais ce n’était pas le Paris Saint-Germain d’aujourd’hui. J’aurais également aimé participer à une coupe européenne comme l’Europa League ou la Ligue des Champions. Mais je préfère garder le positif, ma carrière en France était superbe.

UNE RECONVERSION VERS LE COACHING ?

Lors de la saison 2011/2012, je me suis engagé avec l’AS Cherbourg Football pour être responsable de la formation. Mon rapport avec les jeunes a été très bon, ça a été pour moi une découverte et une réussite. Nous sommes même montés en U17 Nationaux. Mais avec mon rôle de consultant chez beIN, il était difficile de continuer.

J’interviens régulièrement au centre de formation du Paris Saint-Germain pour faire des séances avec les attaquants. Essayer de les faire progresser, travailler dans le jeu avec des joueurs comme Jean-Kévin Augustin ou encore Christopher Nkunku qui sont aujourd’hui au plus haut-niveau.

Je souhaite d’ailleurs leur transmettre tout ce qu’on m’a appris et leur permettre d’apporter mon expérience d’ancien footballeur. Alors il ne serait pas impossible de me voir coacher une équipe d’ici quelques années, mais pour le moment, je suis très bien chez beIN SPORTS.

J’aime bien vivre au jour le jour, ne pas me fixer de limite. Cela ne veut pas dire que je manque d’ambition, mais je profite de l’instant présent.

RIEN DE PLUS BEAU QUE DE VIVRE UNE COUPE DU MONDE!

Mon autre grande histoire avec le football a eu lieu avec l’équipe nationale Togolaise. C’est vrai que je suis né en France, à Dunkerque, mais j’ai retardé l’échéance, car étant jeune je faisais quasiment toutes les sélections espoirs avec l’Équipe de France.

J’ai joué avec des champions comme Robert Pires, qui travaille à mes côtés chez beIN SPORTS. Et j’ai même fait mon service militaire avec des joueurs champions du monde : Lilian Thuram et Alain Boghossian qui ont ensuite évolué sous les ordres des sélectionneurs Aimé Jacquet et Roger Lemerre.

Mais en côtoyant ce genre de joueur, on peut se dire : « ça peut aussi m’arriver, alors pourquoi pas moi ? ». Il faut continuer à travailler, et être dans le bon club au bon moment. Ça n’a pas trop été le cas pour moi, mais la sélection Togolaise est venue vers moi en 1998.

Elle souhaitait que je joue pour elle depuis un moment déjà. J’ai repoussé plusieurs fois la proposition, car je gardais toujours cet espoir d’être pris avec l’Équipe de France. Puis j’ai finalement accepté, car c’était assez logique.

En étant réaliste, Thierry Henry ou encore David Trezeguet avait un niveau supérieur à moi en Équipe de France au poste d’attaquant, donc je voyais la sélection s’éloigner. Je me suis dit qu’au moins, je serai là pour vivre cette compétition et que ça me ferait une expérience en plus.

C’est une fierté, car lorsqu’une sélection ne vous lâche pas et que vous portez ses couleurs durant une dizaine d’années, on se dit qu’on a des qualités. Et peu importe le sélectionneur qui soit passé à la tête du Togo, j’ai toujours eu des sollicitations. Je l’ai aussi fait pour mes parents, car quoi qu’il en soit, le Togo reste mon pays d’origine. Même si je reste français.

Lorsque j’ai eu ma première sélection nationale avec le Togo, je pensais à ma famille, mais aussi à mes amis avec qui j’ai grandi dans la banlieue de Grande-Synthe à Dunkerque. On s’amusait à jouer sur les « city » et vivre une Coupe du Monde, c’était comme un rêve.On ne peut même pas expliquer ce que l’on ressent pendant une Coupe du Monde, car il faut vivre cette aventure pour la comprendre

J’ai quand même une chance d’avoir cette double-nationalité, car sans le Togo, je n’aurais probablement pas vécu un Mondial, donc c’est un lien fort que je garde entre la France et le Togo.

Lorsque j’ai eu ma première sélection nationale avec le Togo, je pensais à ma famille, mais aussi à mes amis avec qui j’ai grandi dans la banlieue de Grande-Synthe à Dunkerque. On s’amusait à jouer sur les « city » et vivre une Coupe du Monde, c’était comme un rêve.

On ne peut même pas expliquer ce que l’on ressent pendant une Coupe du Monde, car il faut vivre cette aventure pour la comprendre. Je souhaite à tout footballeur de connaître ce moment.

Durant ces années, je suis fier d’avoir pu jouer avec Emmanuel Adebayor, KossiAgassa ou encore Kader Touré. C’était vraiment une très belle génération pour cette équipe Togolaise. Alors à tous les joueurs qui vont vivre la Coupe du monde cette année, il faut en profiter, ne pas se poser de question, se faire plaisir, car vous avez déjà la chance d’être sélectionné. Et de pouvoir la vivre, c’est quelque chose d’extraordinaire, il n’y a rien de plus beau.

Demandez à Didier Deschamps ce qu’il en pense. Dernièrement, il a donné une interview sur beIN SPORTS pour le magazine beIN bleus, en disant qu’il n’y a rien au-dessus d’une Coupe du Monde. Même si les compétitions comme la Ligue des Champions sont belles, la Coupe du Monde reste le summum pour tout footballeur.

Lors de ma première sélection à la Coupe du Monde 2006, le Togo avait terminé dernier du groupe derrière la Suisse, la France et la Corée du Sud. J’étais même titulaire au poste d’avant-centre aux côtés d’Emmanuel Adebayor, un grand joueur, et cela me donnait encore plus d’énergie.

Je portais l’équipe dans une grande compétition et on se dit qu’on le vit qu’une fois. Alors c’est une chance que je n’ai pas gâchée.

Bien sûr il y a une certaine pression sur ses épaules, car tout le monde te regarde, mais c’est l’occasion de montrer de quoi on est capable. À chaque fois que j’en parle, cela me fait toujours quelque chose.

En fait, vous rencontrez ce qu’il se fait de mieux dans le football mondial. En plus, à chaque fois que j’en parle, cela me fait toujours quelque chose. En fait, vous rencontrez de mieux ce qu’il se fait dans le football mondial.

UNE VIE DERRIÈRE LES CAMÉRAS

Après ma carrière je suis devenu consultant car j’avais envie de le faire. Lorsque j’étais joueur et qu’il y avait une interview,j’y allais sans trainer des pieds, ça faisait parti du métier. Les médias ont besoin de nous et nous avons besoin des médias, donc moi je suis toujours partie dans cette optique en disant que c’était du donnant donnant.

Au fur et à mesure en discutant avec des amis journalistes dans le milieu du sport l’idée a commencé à naître. Ma première expérience était avec les collègues de Canal +. C’est ici que j’ai fait mes premiers plateaux, connu Alexandre Ruiz, David Berger, Philippe Genin et Jean-Charles Sabattier.

Puis par l’intermédiaire de Christophe Janot, je suis arrivé à Eurosport, chaîne qui diffusait la Ligue 2 à l’époque. Un jour, Charles Bietry avait un projet en tête m’a dit : « Si tu es patient, il y a quelque chose de bien qui peut se faire et je reviendrais vers toi ». Quelques mois plus tard, il m’avait engagé chez BeIN SPORTS pour devenir un des consultants de cette nouvelle chaîne.

Lors de la Coupe du Monde qui passera sur les antennes de beIN SPORTS, mes fonctions seront les mêmes. Celles de consultant, d’analyste, je vais donner mon avis, et surtout être vigilant lors des matchs. Je vais partager mon expérience par rapport à tout ce que j’ai pu vivre sur les terrains et les plateaux. Même si certaines rencontres seront à la même heure, on aura suffisamment d’écrans pour tous les regarder.

Malgré tout, les terrains me manquent et notamment la compétition. Lorsque je vois certaines ambiances dans les stades, je n’ai qu’une envie : pouvoir jouer. Mais il faut aussi savoir être réaliste, car par l’intermédiaire de mon métier de consultant j’ai encore la chance d’être dans un monde que je connais et que j’aime, et qui me permet encore d’en vivre. Mon rôle est moins central, car les vrais acteurs du football sont et seront toujours les joueurs.

Être consultant me permet aussi de vivre de belles soirées Ligue 1, Ligue 2 et européennes, mais dans la manière de faire il n’y a pas de différences entre ma vie de footballeur et mon travail chez beIN SPORTS.

J’ai toujours été quelqu’un qui travaillait, qui était curieux, et qui aimait comprendre ce que pouvait faire le comptable, l’attaché de presse, le kiné et le médecin. Nous pouvions aussi discuter sur notre vie privée, avec les uns et les autres, car un club de football ce n’est pas simplement des joueurs.

Comme dans une rédaction, une chaine de TV, il n’y a pas seulement des consultants, mais aussi des journalistes, un programmateur, des techniciens, des caméramans… On est la finalité de la chaîne que l’on voit, mais il ne faut pas oublier tout ce qu’il y a autour en prenant du recul.

En tant qu’ancien pro, il est difficile de dire que le joueur a fait un mauvais choix, que ce qu’on voit n’est pas bon, qu’on aurait peut-être pu faire autrement sans paraître pour des donneurs de leçons. Alors parfois ça me vaut le mécontentement des supporters, mais je l’ai déjà vécu avec l’expérience des terrains.

Car mes analyses me valent certaines remontrances des supporters lorsque je dis du mal de leur club. Alors que je dis simplement ce que je vois et je commente ce que je vois, je ne vais pas dire le contraire.

Certains supporters ont du mal à faire la distinction de ça. Après nous n’avons pas la même analyse et c’est ce qui contribue à enrichir les débats.

Je ne pense pas qu’il y ait eu un avant et une après-carrière, car en dehors des terrains je suis toujours l’homme que j’ai été : souriant, accueillant, avenant. Le football ne s’arrêtait pas seulement avec mes coéquipiers dans le vestiaire.

Lorsque j’arrivais au stade, je disais toujours bonjour à tout le monde. J’avais toujours un mot, une conversation avec quelqu’un. Et c’est ce que je fais aussi quand je suis à beIN SPORTS. J’arrive à la rédaction et je n’hésite pas à faire les quelques étages pour saluer tout le monde.

D’ailleurs, il n’y a pas que le foot dans notre chaîne, car on peut aussi avoir d’autres affinités avec d’autres personnes. Parfois, elles vous permettent de découvrir d’autres horizons. C’est le genre d’homme que j’étais et que je suis encore.

Lors de la Coupe du Monde qui passera sur les antennes de beIN SPORTS, mes fonctions seront les mêmes. Celles de consultant, d’analyste, je vais donner mon avis, et surtout être vigilant lors des matchs. Je vais partager mon expérience par rapport à tout ce que j’ai pu vivre sur les terrains et les plateaux. Même si certaines rencontres seront à la même heure, on aura suffisamment d’écrans pour tous les regarder.

ROBERT AVEC SOLÈNE ANSON