Hand – Orlane Ahanda – J’ai énormément appris au mondial

Orlane Ahanda a disputé en décembre sa première compétition internationale avec les Bleus durant le mondial. L’arrière droite des Neptunes de Nantes revient sur la compétition.
Orlane Ahanda
Orlane Ahanda

Orlane Ahanda a disputé en décembre sa première compétition internationale avec les Bleus durant le mondial. L’arrière droite des Neptunes de Nantes revient sur la compétition. Mais évoque également sa saison avec le club Nantais, en couse pour la qualification européenne en championnat et qui est en train de défendre son titre en Ligue Européenne, obtenu l’an dernier. À 23 ans, elle progresse et est devenue, pour sa 3e saison professionnelle, un des éléments moteurs de l’équipe nantaise, qui aspire aux plus hauts sommets en France.

Crédit : Surf Up Prod

ORLANE AHANDA – IL A FALLU DU TEMPS POUR DIGERER LE TITRE

La victoire contre Dijon est très importante (NDLR : Interview réalisée avant la victoire des Neptunes de Nantes en coupe d’Europe), surtout que le championnat est très serré et encore plus cette année avec le Covid. On a l’impression que chaque match a un enjeu et que c’est la course aux points. Le championnat est hyper intéressant et toutes les équipes peuvent se battre. On est passé de 7e à 4e en deux matchs. Il suffit d’une victoire pour remonter au classement ! Pour moi, la deuxième place est vraiment jouable. Brest a fait quelques erreurs en début de saison, tout comme nous.

Je n’aime pas quand on dit qu’il a fallu du temps pour digérer le titre européen l’an passé. Je n’ai pas cette impression qu’au sein de l’équipe on ait beaucoup parlée de cette victoire. Mais plutôt d’avoir eu l’impression qu’il a fallu se réhabituer à jouer ensemble. On est sorti d’un championnat très long l’année dernière, avec en plus cette victoire européenne. Il y a eu un effet pause, où on s’est un peu toutes mises en off pendant ces vacances. Cela a été compliqué de se réhabituer à tout et de retrouver les liens entre nous. Il y a eu du recrutement. On a eu du mal à trouver l’osmose en début de saison. Mais là, on est en train de se retrouver. Je nous trouve bien, sur ce début d’année et qu’on monte de niveau au fil des matchs.

NANTES A LE POTENTIEL POUR DEVENIR UNE GROSSE EQUIPE

L’équipe est un peu plus attendue sur les parquets. On remet en jeu notre titre européen et chaque équipe va nous attendre au tournant. D’autant qu’on est un club qui évolue de plus en plus, avec des grosses joueuses qui vont arriver. Les Neptunes de Nantes ont le potentiel pour devenir une grosse équipe et que cela peut inspirer un peu de crainte sur les adversaires.

Je trouve que ce mondial m’a permis de respirer et de changer d’air par rapport à Nantes, tout en me mettant d’autres objectifs dans la tête. J’ai vraiment l’impression de redémarrer l’année en étant vraiment motivée et à bloc, avec plein d’objectifs. Cela compense plus que largement la fatigue physique de la compétition. J’ai réussi à me remobiliser !

Retrouvez notre interview de Déborah Kpodar

ORLANE AHANDA – CE N’EST PAS TOUS LES JOURS QU’ONA LA CHANCE D’ETRE EN EQUIPE DE FRANCE

Quand j’ai été appelé pour remplacer Laura Flippes (NDLR : touchée à la cheville), j’ai été hyper contente. C’est beaucoup d’émotions d’un coup, avec un peu de stress, alors que je n’avais pas forcément à stresser. Parce que c’est une première expérience, avec beaucoup de découverte. Il y avec un peu de déception de perdre Laura, qui aurait pu être compliquée, car c’est une joueuse importante. Mais j’étais contente de retrouver les Bleues.

Je joue quelques minutes dès le premier match. Je n’avais pas forcément de pression en entrant sur le parquet, je me sentais détendue. Car je savais que je n’avais rien à perdre et je me suis dit que j’avais tout à gagner et qu’il fallait que je m’éclate sur le terrain. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’être en équipe de France. Beaucoup rêveraient de l’être. C’est ce qui m’a permis de me détendre. Je marque mon but et la compétition était lancée ! Contre ma coéquipière de club Ada (NDLR : Adrianna Placzek, gardienne des Neptunes de Nantes). J’avais le sourire jusqu’aux oreilles. Et je me dis que j’ai un petit peu participé à cette médaille. Ce qui m’a rendue encore plus contente

JE SAIS OU JE DOIS ENCORE TRAVAILLER

J’ai reçu énormément de messages de félicitations sur les réseaux sociaux et c’est forcément plaisant. De se sentir soutenue par autant de personnes. Je suis nantaise, donc je rencontre forcément des personnes qui me connaissent depuis longtemps, car cela fait onze ans que je suis au club. On peut être amené à croiser dans la rue des supporters des Neptunes.

Il y a forcément de la déception de ne pas avoir remporté la finale. Surtout qu’on était vraiment bien partie en première mi-temps. Je vais avoir de la peine, mais il y a forcément de la satisfaction. C’était une première pour moi et cela me donne encore plus envie de faire encore plus. D’être sur le banc et non dans les gradins lors de la prochaine compétition. Cela me rehausse mes objectifs.

J’ai énormément appris durant cette compétition. Quand on est entourée par les meilleures joueuses, qui jouent en Ligue des Champions, on apprend toujours. Je dirais que cela m’a permis de savoir là où je dois encore travailler. Ce sera tant sur le plan technique que sur le plan mental. En défense également, je vois que j’ai beaucoup de choses à travailler. On m’a dit que je devais avoir plus de malice. Des petits détails à travailler et que j’espère pouvoir travailler avec les Neptunes.

ORLANE AHANDA – LE TRAVAIL VIDEO EST IMPRESSIONNANT EN EQUIPE DE FRANCE

Mes coéquipières m’ont donné des conseils. Un peu toutes les cadres d’ailleurs, qui sont habituées à ces compétitions. J’étais contente de retrouver Estelle Nze-Minko. Quand elle jouait à Nantes, je la regardais des tribunes. J’avais 15-16 ans. Je suis hyper contente de ça. Le staff m’a également donné beaucoup de conseils. C’est une belle expérience. La médaille d’argent c’est déjà pas mal et je retiens que du positif et de la satisfaction.

C’est important de montrer au sélectionneur qu’on a de la valeur, qu’on a envie de faire partie de ces aventures. Il faut prouver qu’on a les capacités d’être en Bleue. Je pense que cette expérience peut me servir pour la coupe d’Europe. Cela donne cette expérience internationale. Cela me permet d’avoir une autre vision sur comment travailler. Comment préparer un match, car toutes les équipes ne préparent pas leurs matchs de la même façon. J’ai pu voir comment l’équipe de France travaillait ses matchs. Le travail vidéo est très important chez les Bleues. C’est quelque chose qui m’a impressionné durant la compétition. Le staff bosse sur énormément de vidéos. C’est aussi la grande différence avec le club, même si on a aussi de la vidéo.

CHATOUILLER METZ ET BREST DANS LE FUTUR

J’ai mis un peu de temps à réaliser ce qu’il m’arrivait ! Le statut évolue et j’espère que cela va continuer à évoluer. C’est aussi là que je me dis que j’ai beaucoup à travailler. Les objectifs peuvent être toujours plus grands et évoluer avec le temps. Je ne m’en fixe pas forcément des précis. J’aime bien vivre le moment présent et je préfère me fixer des objectifs de travail. Sur la saison actuelle comme sur la saison future !

La Ligue des Champions, on en parle un peu chez les Neptunes, car le club s’agrandit et il y a beaucoup d’ambitions, qui sont autant au niveau du staff, des joueuses que des conditions de vie qu’on peut avoir. Beaucoup de choses sont mises en place pour que les joueuses soient dans des conditions de travail optimales. Le but de tout cela, sera d’aller chatouiller Brest et Metz et voir si la Ligue des Champions sera jouable dans le futur. Ces améliorations sont dans le recrutement avec une nouvelle internationale suédoise. On a recruté une internationale danoise. On sent que les Neptunes sont à la recherche du potentiel pour atteindre le plus haut niveau.

ORLANE AHANDA

Avec Etienne GOURSAUD

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