Thomas Ferro Villechaize : L’analyse du mondial par la voix du hand

Thomas Ferro Villechaize est le chef de la rubrique handball au sein de la chaîne BeIN Sports France. L’ensemble des rencontres de l’équipe de France et les plus belles affiches du mondial 2021, seront proposés par la chaîne, qui diffuse le handball depuis 2015 désormais. Le journaliste et commentateur nous offre son analyse à la veille du coup d’envoi du mondial, qui aura lieu en Egypte et dont le statut de l’équipe de France est plus que remis en cause.

ON EST AU REZ-DE-CHAUSSÉE DE L’IMMEUBLE

Si on compare les Bleus à un immeuble haussmannien, avant de monter sur le toit du monde, il va falloir commencer par monter les étages. Sincèrement, on a un peu l’impression que l’ascenseur est en panne. On n’est pas à la cave en train de faire le déménagement, mais on est au rez-de-chaussée. On a du mal à avoir la lumière qui vient des étages. C’est très inquiétant ! Le niveau nous laisse douter de la volonté d’aller loin dans cette compétition. Depuis des années, on a eu l’habitude de voir une équipe de France conquérante. Qui s’inscrivait dans un désir de victoire. Depuis 2017 et le titre en France, un soir de grâce face à la Norvège, on a l’impression que le signal ne passe plus trop. Il y a eu du bronze glané à l’Euro face à l’Allemagne.

Depuis, c’est le lent déclin et c’est douloureux quand on a l’habitude de voir une équipe de France tout gagner. Il ne faut jamais s’habituer à l’exceptionnel mais malheureusement, ces Bleus-là nous ont habitués aux plus grands sacres. On est d’autant plus triste quant à la propension à les voir retrouver la lumière.

C’EST FATIGANT DE SE CACHER DERRIÈRE DES POSTURES

C’est fatigant de se cacher derrière des postures. Soit on assume les choses et on dit que le mondial sert de transition. Soit on a un discours très franc et on dit que l’équipe de France est à son niveau et qu’on ne peut pas en attendre beaucoup plus. Mais on ne peut pas se cacher derrière la situation sanitaire. On parle d’une équipe de France qui, en deux rencontres, n’a pas été capable de battre la Serbie, qui n’est même pas qualifiée pour le mondial. D’une équipe de Serbie qui a eu un nouveau sélectionneur quelques jours avant les matchs contre les Bleus. On parle d’une équipe qui n’a même pas eu de rassemblement au mois de novembre.

D’une équipe dont un des leaders Petar Nenadic n’était même pas là. On ne peut pas se cacher derrière le manque de préparation et d’un discours de reconstruction. Ce sont quasiment les mêmes joueurs depuis trois ans. On parle de reconstruction si on change les hommes. Sinon on n’en parle pas.

CE N’EST PAS LE ROLE DES MEDIAS DE DONNER DES LEÇONS

Les médias ne doivent pas jouer le rôle de procureur quand ça va mal ou d’avocat quand cela va bien. On n’est pas là pour ça, mais pour tenter d’analyser les choses de manière la plus objective possible. Quand tout va bien, cela paraît plus facile de le faire. Mais ce sont les mêmes leviers, c’est-à -dire analyser les raisons objectives d’un succès. Par exemple dire que la France a fait preuve par le passé d’un vrai état d’esprit guerrier, avec des leaders, une efficacité. Quand cela ne va pas, c’est juste la réception des analyses qui est plus difficile pour les acteurs. Mais les ressorts sont les mêmes.

Je ne tire pas la sonnette d’alarme, je fais un constat difficile mais qui repose sur une analyse objective. Le niveau de la France est loin de son glorieux passé. L’engagement n’est pas celui attendu. Collectivement, il y a une vraie faillite. Individuellement, certains joueurs qui brillent en club, n’arrivent pas à reproduire les mêmes choses ici. L’inquiétude est réelle. Mais ce n’est pas le rôle des médias de donner des leçons. Mais on cherche les raisons de cette inquiétude réelle.

Pour Thomas Ferro Villechaize, l'équipe de France manque de leaders.
Pour Thomas Ferro Villechaize, l’équipe de France manque de leaders.

L’EQUIPE DE FRANCE SE CHERCHE UN LEADER

Il y a pleins de manières d’expliquer cette chute. Elle est structurelle. L’ADN des Bleus était la transmission aux jeunes, via des cadres établis qui étaient l’ossature de cette équipe de France. L’ajout de deux-trois joueurs avec parcimonie au milieu de joueurs d’expériences. Il y a eu une éclosion rapide de joueurs exceptionnels, incarnée par Nédim Rémili. Cette agglomération de jeunes s’est faite beaucoup plus rapidement que par le passé et on a eu l’impression que, quand des tauliers comme Daniel Narcisse ou Thierry Omeyer ont pris leur retraite, la transition n’a pas pu se faire de manière pleine et entière. Cela a laissé un vide qui est incarné par l’absence de Nikola Karabatic. On se demande s’il y a un pilote dans l’avion.

Cette équipe de France se cherche un leader technique, de terrain et de vestiaires. Guillaume Gille a décidé de se séparer de Cédric Sorhaindo, qui était un leader de vestiaires. Le passage de capitanat s’explique de manière très objective. Ce leader dans cette équipe de France est encore une vraie interrogation. C’est pourtant de là que peut venir le salut des Bleus. L’absence de Nikola Karabatic abat l’arbre qui cache une forêt dépeuplée. On ne sait pas comment l’équipe de France va se comporter. Tous les moments d’Histoire, avec un grand “H” ou la petite histoire, ont été marqué par un homme/une femme providentiel(le). Là, on ne le trouve pas en bleu.

LE SPORT EST SUFFISAMMENT INCERTAIN POUR QU’ON NE SE PERMETTE PAS DE TIRER DE CONCLUSIONS HÂTIVES

Mais cela laisse planer un certain optimisme. Il peut y avoir une vraie révélation dans ce mondial. C’est ce que je souhaite du plus profond de mon cœur. Nedim Remili, Valentin Porte ou même un gardien. Le niveau affiché collectif n’est pas là. Mais les individualités existent encore. Elles n’ont pas cessé d’exister du jour au lendemain. Elles sont exceptionnelles. On a quasiment les meilleurs à chaque post. Notre problème est collectif et aussi de prise de conscience, d’engagement et de détermination, qu’on a du mal à retrouver aujourd’hui, pour remporter les combats.

Mais le sport est suffisamment incertain pour qu’on ne se permette pas de tirer de conclusions hâtives. Si la France venait à gagner son premier match contre la Norvège, le discours serait différent. On parlerait de valeurs retrouvées. C’est exactement ce que j’attends de cette équipe de France là. Le réveil de la force. Là c’est un peu la guerre des étoiles, mais avec un vaisseau sans essence, qui se dirige lentement.

MALHEUREUSEMENT, L’ÉQUIPE DE FRANCE NE FAIT PLUS PEUR

Malheureusement, l’équipe de France ne fait plus peur. Et cela me peine, car je suis un amoureux épanoui et intense de cette équipe de France. Même si les joueurs sont individuellement parmi ce qu’il se fait de mieux au monde, collectivement, il y a une vraie faillite. La défense, qui a toujours été l’ossature principale, semble s’effriter depuis de nombreux mois. On a beaucoup moins de certitudes. Il faudra aussi de vraies performances des gardiens. On reste là-aussi sur notre frustration. Pourtant, en club et que ce soit Wesley Pardin ou Vincent Gérard, statistiquement c’est ce qu’il se fait de mieux en championnat.

Un confrère danois a fait le constat suivant. L’une des plus grosses déceptions de ce mondial risque d’être l’équipe de France. Je ne suis pas loin de penser comme lui. Mais j’attends que les Bleus donnent tort à cet éminent spécialiste du handball danois et mondial. Le handball est une association d’individualités qui donnent un collectif. Dans la mesure où ces associations-là ont du mal à se mettre en évidence, forcément les individualités déclinent. Il manque un leader technique. Il est sans doute présent. Une nouvelle fois je pense à Nédim Rémili, qui à l’habitude de jouer demi-centre avec le PSG. Il peut être le chaînon manquant.

Je ne suis pas sélectionneur et je n’ai aucun conseil à donner à Guillaume Gille, loin de là. Je n’ai jamais été joueur et lui a été un immense joueur. Il fait ses choix en toute conscience. Mais je pense que cela peut être une solution. Ce poste de demi-centre est sans doute le jardin dévasté de Bleus à des années-lumière de leur niveau d’antan. C’est un poste qui pose des questions car en l’absence de Nikola Karabatic, qui va prendre ce rôle de leader technique ?

IL Y A UNE VRAIE DYNAMIQUE CHEZ LA NORVÈGE

La Norvège me semble très armée. On parle de demi-centre, la Norvège dispose du meilleur joueur du monde à ce poste, avec Sander Sagosen. Il l’a prouvé une nouvelle fois avec Kiel, lors du final 4 de la Ligue des Champions. Voilà ce vers quoi doit tendre l’équipe de France. Je ne suis pas certain qu’elle en est le temps durant ce mondial. A côté de Sagosen, il y a des joueurs qui se fondent dans ce collectif, sans être forcément les meilleurs individuellement. Il y a des gardiens, dès qu’ils arrivent en sélection, performent . Je pense à Bergerud qui a posé des soucis à l’équipe de France par le passé.

Il y a une vraie dynamique dans cette équipe et une philosophie de jeu. C’est ce qui manque aux Bleus depuis la transition Claude Onesta / Didier Dinart. La Norvège me semble mieux armée que l’équipe de France. J’espère que ces derniers me donneront tort. Le Danemark ne fait pas autant figure de favori, par rapport au passé. Mais elle va réaliser sans doute une grosse performance et figurer dans le dernier carré. Je mettrais également en balance la Croatie et l’Espagne. L’Espagne est double championne d’Europe en titre. Même avec une génération un peu vieillissante, l’Espagne a réussi ce que la France n’est pas parvenue à faire. Réussir la transition entre la vieille génération et la jeunesse flamboyante.

LE BRÉSIL A UNE ÉQUIPE SÉDUISANTE QUI PEUT CRÉER LA SURPRISE

La mue s’est bien déroulée et l’Espagne continue d’embêter les meilleures nations. L’Espagne peut être flamboyante, comme celle de 2015, où les Bleus ont dû sortir un immense match. L’Espagne a toujours bénéficié d’un creuset fantastique de joueurs, avec des gardiens performants, des défenseurs solides et un gros état d’esprit. Qui s’est en revanche un peu étiolé en équipe de France. Je ne suis pas persuadé que l’Espagne a un potentiel supérieur aux Bleus. Cela se situe autre part. La Croatie a également une génération dorée. C’est un vrai changement de génération beaucoup plus radical pour le coup. La Croatie peut surprendre. Si je devais placer une nation africaine, je verrai bien l’Egypte réaliser quelque chose à la maison.

Je vais me méfier du Brésil et du Portugal, qui peuvent créer la surprise. Deux nations que j’aime beaucoup. Le Portugal, car avec des moyens limités, en ciblant trois gros clubs au pays, a su créer une vraie formation. Il y a de supers joueurs et un vrai état d’esprit qu’on retrouve aussi chez les Brésiliens, quand ils ont disputé les J.O. à la maison où encore lors du mondial en France. C’est une équipe très séduisante et très solide défensivement. Ils ont une grosse relation entre la base arrière et le pivot. Mais aussi des joueurs de devoir. Ils jouent rapidement, sont audacieux. Ils ont un jeu à sept joueurs, une défense 1-5. On a l’impression que le jeu stéréotypé de l’équipe de France patine par rapport à ces équipes-là.

IL N’Y A RIEN DE PLUS QUE J’AIME QUE CES MATCHS COUPERETS

Je ne sais pas si le mondial à 32 est la meilleure exposition pour le handball. Ce n’est pas en convoquant de nombreuses nations qu’on va réussir à démocratiser un sport. Toutefois, il y a des choses positives, comme la diffusion sur ESPN+ des matchs de la team USA. Mais j’ai vu que les Américains avaient 18 cas de Covid et membres du staff touchés. L’incertitude est réelle quant à leur participation. Ce serait terrible pour ce pays qui a besoin de voir le hand éclore.

Est-ce qu’ajouter plus de nations ne risque pas de créer de vrais différentiels entre les équipes, avec des différentiels de niveau et des matchs moins intéressants. Mais on peut ouvrir notre sport, en incluant tout le monde. Ce qui est indispensable pour ne pas voir le hand disparaître du programme olympique. Le handball doit être disputé partout sur la terre, pour avoir le plus voix possibles et continuer son histoire olympique.

Par contre, cette nouvelle formule fait qu’on retrouve enfin les quarts de finale. Et c’est fantastique. Il n’y a rien de plus que j’aime que ces matchs couperets. Les poules c’est bien, mais à un moment, il faut arrêter de calculer. Pour se qualifier, il faut gagner le match. Je trouve ça génial ce côté décisif. Cette nouvelle formule aura au moins ça de favorable, au-delà de démocratiser le hand. J’ai hâte d’être en quart de finale pour voir les Bleus gagner… j’espère.

COMMENT S’APPUYER SUR DU TRAVAIL, SI LES BLEUS VENAIENT A ETRE ELIMINES DE MANIÈRE PITEUSE

Il faut utiliser l’image de la fusée. Si la mise en orbite est les J.O, alors la rampe de lancement est le mondial. Pour réussir de bons J.O. on n’est pas obligé de performer dans la compétition précédente. Ca, le passé nous l’a montré. Mais je trouve que ce serait des signes très encourageants si l’équipe de France venait à réaliser une bonne performance. Au moins le dernier carré. On aurait de manière plus sereine, le temps de travailler, avec la certitude d’avoir accompli quelque chose. Sans replonger dans des doutes d’une sortie prématurée en quart et je n’ose même pas imaginer que ce soit avant.

Comment s’appuyer sur du travail, si l’équipe de France venait à être éliminée de manière piteuse. Si le chemin est pavé d’or, on pourra continuer à construire la route qui mène à l’Olympe. Cela passe par une prise de conscience et des performances individuelles au service du collectif, qui vont devoir exister. Sinon, les doutes et critiques rejailliront. On ne peut pas se satisfaire d’un quart de finale. Ce serait passable à l’image de cette équipe actuelle. Même si la France revient sans médaille, mais en ayant disputé un match pour, là on verrait les choses de manière plus radieuse.

Thomas Ferro Villechaize et François-Xavier Houlet vont devoir commenter ce mondial à distance. Aucun média ne sera en Egypte.
Thomas Ferro Villechaize et François-Xavier Houlet vont devoir commenter ce mondial à distance. Aucun média ne sera en Egypte.

BIZARRE DE PRÉPARER UNE COMPÉTITION SANS ETRE SUR PLACE

C’est bizarre de préparer une compétition sans être sur le site, c’est la première fois que ça m’arrive. J’aborde cela de manière étrange, sans avoir l’impression que cela va débuter. C’est ainsi, la situation sanitaire dicte sa loi. Il faut prendre du plaisir dans ces conditions-là. On s’en doutait et on en avait beaucoup parlé avec le directeur de la rédaction Florent Houzot. Il avait anticipé cela. Il a pris la décision très tôt de ne pas nous envoyer là-bas. La décision de l’IHF lui a donné raison, il a été clairvoyant. On va vivre les choses différemment. On va s’appuyer sur le coté éditorial. BeIN-Sports va proposer des sujets et il y a la qualité de nos consultants et des analyses. Pour faire vivre les choses de manière pleine et intense à notre public.

Il ne peut pas y avoir de frustration. Il faut savoir être pragmatique. Une fois qu’on a pris cela en considération, il faut travailler et aborder l’évènement avec passion, même si l’excitation est différente. Elle reste réelle. Ce n’est pas la première fois que je vais commenter en cabine. On le faisait de manière régulière l’année dernière pour la Lidl Starligue (NDLR : La première division française). On diffusait l’ensemble des matchs. C’est un exercice dans lequel nous avons l’habitude de nous épanouir. On ne pouvait pas être omniprésents. On sait faire. Le couple que je forme avec François-Xavier Houlet. On a tellement l’habitude de travailler ensemble, qu’on va transmettre les mêmes émotions, mais de façon différente.

ETRE SUR LE SITE, CE N’EST PAS PASSER TROIS SEMAINES AU CLUB-MED

La difficulté réside dans la nourriture avec laquelle on va s’alimenter : l’info. Je reste profondément journaliste et j’ai une soif d’information constante. Ça va être frustrant pour moi, de ne pas vivre et faire vivre les choses sur le site. Etre sur le site, ce n’est pas passer trois semaines au club-med. On travaille au quotidien, au plus proche de l’équipe de France. Cette fois, on va regarder cela avec une longue-vue. Tout dépendra de l’angle de vision. Avec ses propres yeux, on peut regarder dans toutes les directions. On va avoir le biais d’information délivrée par l’équipe de France, dont BeINSports est le partenaire. Il y a une confiance entière, avec un journaliste au cœur de cette équipe. Pour proposer un contenu exclusif à nos abonnés.

Il y aura des entretiens quotidiens avec les Bleus et le sélectionneur. Mais aussi des points presse. Notre regard sur le site ne sera cependant pas présent. Il y aura des choses qu’on ne pourra pas voir. Nous serons soumis à réalisation internationale, qui est une réalisation unique avec les plans que le réalisateur choisit. On ne verra pas ce qu’il se passe sur le banc, à un moment où on le veut. On ne verra pas une émotion particulière, ni la retranscrire. Il va falloir fonctionner différemment, mais on est rodé à cela, depuis des années. Il y aura toujours le même plaisir.

LE MONDIAL 2017, MON MEILLEUR SOUVENIR

Mon meilleur souvenir d’un mondial ? Il y a la première fois ! Le Qatar en 2015, c’était la découverte. La naissance de quelque chose. La finale a été émouvante. Mais le point d’orgue a été la finale contre la Norvège, en 2017, avec le peuple français à l’unisson à l’Accor Hôtel Arena. Une génération avec pleins de symboles dans cette rencontre et cette compétition. C’était merveilleux ! On a tous été touchés par la grâce de ce moment-là. Il y avait aussi les matchs à Pierre Mauroy. On y a vécu des instants d’extrême émotion. C’est aussi pour cela qu’on est frustré depuis trois ans. Quand on a eu l’habitude de manger dans un restaurant 3 étoiles, quand on va dans un routier de la nationale 7, c’est moins appétissant.

Quand j’ai le blues, un soir de défaite de l’équipe de France ou d’une élimination, je repense à ces moments uniques que j’ai eu la chance de vivre grâce à ce métier. Ce ressenti, cette communion avec le public. Cette énergie qui descend des tribunes. Ce niveau exceptionnel et ce chemin au-cours duquel aucun obstacle ne pouvait se dresser sur la route des Bleus. C’est un peu irrationnel ce qu’on a vécu. Je pense que c’est le meilleur moment de sport que j’ai vécu.

THOMAS FERRO VILLECHAIZE

Avec Etienne GOURSAUD