Déborah Ferrand – Parachutiste

#Equipe de France de parachutisme civile et militaire #Disciplines de précision d’atterrissage et voltige 

#Championne du monde en précision d’atterrissage 2018 #Championne du monde militaire en précision d’atterrissage 2017, 2018 #Championne du monde militaire vol relatif 2009,2016, 2017

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Depuis petite, j’aime sauter partout ! Je sautais, à me suspendre dans le vide et en faire perdre la tête à mes professeurs. Est-ce à dire que le parachutisme est un rêve d’enfant ? On peut surtout dire que j’ai toujours aimé le milieu de l’aviation et ses sensations. C’est cet amour pour le secteur aérien qui m’a poussé à rejoindre l’armée de l’air en septembre 2001. Trois mois plus tôt, dans l’attente de mon entrée en école, j’effectuais mon premier saut à Nîmes et tombais amoureuse de cette indescriptible sensation que procure le saut en parachute.

À mon troisième saut en automatique, l’équipe de France de sauts en précision d’atterrissage et voltige venait s’entraîner à l’école de Nîmes. J’y découvrais alors ce qui est devenu ma discipline de cœur et mes futures collègues.

SPORTIVE OUI, MAIS SPORTIVE MILITAIRE

Il m’est important de mentionner qu’avant tout, qu’avant d’être sportive de haut niveau, je suis militaire. J’appartiens au bataillon de Joinville, donc je suis affectée au centre national des sports de la Défense à Fontainebleau et je suis détachée à plein temps pour ma Fédération.

Ma vie de parachutiste, je la dois donc à l’armée et à la FFP (Fédération Française de Parachutisme). À mes débuts, mon entraîneur cherchait à établir une équipe féminine, mais malgré une bonne progression, je n’avais pas de palmarès. La FFP m’a laissé ma chance, elle a cru en moi en renouvelant mon statut de sportive de haut niveau plusieurs années et je suis maintenant championne du monde et championne du monde militaire en précision d’atterrissage.

Dans le milieu des parachutistes, on a une phrase « Seuls les parachutistes savent pourquoi les oiseaux chantent ». Aucun vol n’est similaire à un autre vol. Les conditions météorologiques, les conditions mentales et autres en font à chaque fois des sauts émotionnellement très différents les uns des autres. Mais la condition d’un saut dépend aussi de sa motivation.

Me concernant, lorsque je pratique un sport, j’aime le pousser à la compétition. Déjà plus jeune lorsque j’ai commencé l’aviron, même après un départ tardif sur mes 16 ans, j’ai ressenti le besoin de me lancer en compétition. Avec le parachutisme, c’est la même chose. Aujourd’hui encore, et je pense que c’est le cas de tout sportif de haut niveau, je suis à la recherche de la performance idéale. Pourquoi s’arrêter quand on peut repousser ses limites avec de l’acharnement et un bon programme d’entraînement ?

Dans le milieu des parachutistes, on a une phrase « Seuls les parachutistes savent pourquoi les oiseaux chantent ». Aucun vol n’est similaire à un autre vol. Les conditions météorologiques, les conditions mentales et autres en font à chaque fois des sauts émotionnellement très différents les uns des autres. Mais la condition d’un saut dépend aussi de sa motivation.

ENTRAÎNEMENT ET PERFORMANCE, LE DUO IMMANQUABLE

Une performance requiert évidemment de l’acharnement. C’est le cas de mon travail individuellement, mais aussi en équipe de France. Nous sommes une unité commune qui fonctionne grâce au travail particulier de chacune. En somme, une véritable « équipe d’individuelles », qui cherche la performance ensemble, pousse la dynamique, et amène chacune à augmenter ses capacités. Et les résultats sont probants puisque c’est en 2018 que nous avons obtenu deux médailles de bronze en équipe, ce qui n’était pas arrivé depuis 2000. Une preuve que le parachutisme est un ensemble de pratiques !

En ce qui concerne les spécialités, j’en ai quatre : précision d’atterrissage (saut avec épreuve d’adresse à 1000 mètres d’altitude, l’objectif est de poser le pied sur un plot de 2 cm de diamètre qui est placé au centre d’une cible électronique elle-même placée sur un réceptacle en mousse), voltige (après un saut à 2300 mètres d’altitude et 200 km/h en chute libre, il faut réaliser six figures imposées, le tout chronométré au centième de seconde), vol relatif (composée de quatre ou huit parachutistes, chaque équipe doit réaliser un maximum de fois une série de figures imposées) et paraski (discipline mêlant ski et parachutisme).

Pratiquer plusieurs catégories demande encore une fois beaucoup d’acharnement. Chaque spécialité a ses techniques ; par exemple en voltige, il faut de la rapidité tandis qu’en paraski, il faut trouver le moyen d’accorder deux disciplines.

L’entraînement est une des clefs (évidemment) de la réussite sportive. Je parle bien sûr d’entraînements planifiés en fonction du format des compétitions de l’année. Car suivant le planning des compétitions, les entraînements peuvent être plus ou moins intenses. Exemple en 2018 avec le championnat militaire et civil à 3 jours d’intervalle contre une année 2019 avec une coupe de monde FAI de précision d’atterrissage et de voltige en mai (en Argentine) puis les Jeux mondiaux militaires de précision d’atterrissage, voltige et vol relatif en octobre (en Chine), ce qui laisse plus d’écart entre les entraînements.

Le tip de l’entraînement réussi, c’est l’adaptation. Sur une journée type, je peux effectuer 9 à 10 sauts tandis qu’avec quelques imprévus météorologiques, l’entraînement va s’accentuer sur les stratégies, les planifications, la préparation de matériel, la préparation mentale, etc.

Une performance requiert évidemment de l’acharnement. C’est le cas de mon travail individuellement, mais aussi en équipe de France. Nous sommes une unité commune qui fonctionne grâce au travail particulier de chacune. En somme, une véritable « équipe d’individuelles », qui cherche la performance ensemble, pousse la dynamique, et amène chacune à augmenter ses capacités.

UN SAUT, DEUX PRÉPARATIONS

Pour sauter, il faut se préparer physiquement, mais aussi mentalement. Cette dernière préparation a son importance et est même un élément majeur de la réussite d’un saut en compétition. J’ai commencé à travailler avec un préparateur mental en 2008 et les résultats ont été significatifs puisque j’ai obtenu mon premier record du monde en 2009.

L’approche choisie avec le préparateur mental permet de connaître son propre fonctionnement et de savoir pallier le stress, les évènements personnels et les évènements inattendus. La force mentale permet de se donner les moyens d’accomplir ce qui parait inimaginable d’un premier coup d’œil.

C’est lui qui permet aussi de compartimenter afin de garder un équilibre sain entre travail, préparation physique, repos, sauts d’entraînements et sauts de plaisirs. En 2018, j’ai gagné deux compétitions majeures de l’année qui se sont enchaînées et c’est à travers le regard des autres que j’ai vu la performance dont j’ai été capable. Je sais que je dois cette réussite à une préparation mentale de qualité.

C’est aussi ce qui donne la force de tenir, bien évidemment, et d’avoir pu participer aux changements de ce sport, d’avoir vu les réflexions d’abordage évoluer, le matériel s’améliorer et mon palmarès devenir de plus en plus doré. Maintenant, lorsque je saute, c’est surtout une histoire de sensations et quelles sensations que de sauter à des milliers de kilomètres depuis le ciel !

DÉBORAH

Avec la participation de Laura Maillart Bade