Morgane Peyronnet – Rugbywoman

#Rugby #Équipe de France #Montpellier Rugby Club  #Tournoi des 6 Nations

(Crédit photo: FFR).

Propos recueillis le 3 mars 2020. Avant la suspension du Tournoi des 6 Nations et les mesures de confinement de la population française.

Mon meilleur souvenir avec l’équipe de France, c’était justement pour le Tournoi des 6 nations, l’an dernier. De plus, c’était à Montpellier ? là où j’évolue en club, chez moi. Jouer à la maison pour sa première sélection, c’est quelque chose de génial.

En tant que spectatrice, je m’en rappelle, il y a fort longtemps, il y a 15 ans, j’étais allée voir l’équipe de France jouer contre le Pays de Galles à Montauban et il y avait une des joueuses qui m’avait donné ses chaussettes. J’étais trop contente, comme une enfant, d’avoir récupéré les chaussettes, et je me suis dit : j’espère qu’un jour, c’est moi qui pourrais les donner à une petite fille. C’est un peu ça les valeurs de l’ovalie.

LE RUGBY : UNE PASSION DE LONGUE DATE

Ça fait 20 ans que je joue au rugby. 20 ans, cela dure depuis un moment maintenant (rires). J’ai commencé à 8 ans, j’ai joué avec les garçons jusqu’à l’âge de 15 ans après, je suis passée chez les féminines dans la région toulousaine. Ensuite, j’ai joué au stade toulousain, et maintenant, ça fait 4/5 saisons que je suis à Montpellier.

J’ai une sœur jumelle avec qui on a partagé le rugby pendant de longues années mais sinon, on est les seules à jouer au rugby dans la famille. Au début, c’est venu par des amis à mes parents, un des amis à mon père était président d’un club de rugby à côté de chez nous et il nous a proposé d’aller faire du rugby une fois. On a essayé son entraînement, j’ai accroché direct avec ce sport et ça fait 20 ans désormais.

MA PREMIÈRE SÉLECTION

Quand j’ai appris que j’étais sélectionnée l’an dernier pour mon premier stage en équipe de France, j’étais en vacances en Guadeloupe, je ne devais rentrer que le mardi et finalement, je suis rentrée en urgence un samedi pour être à Paris le lundi car j’ai eu des soucis d’avions qui m’ont causé des sueurs froids, ça a été assez compliqué pour arriver à Paris. En tous cas, j’ai été très bien accueillie l’an dernier quand je suis arrivée pour ma première sélection, je connaissais déjà pas mal de monde donc c’était plus facile pour l’intégration.

Personnellement, j’ai 27 ans maintenant, bientôt 28, donc j’essaie d’apporter mon expérience, ma sérénité sur le terrain, et de l’engagement car le rugby reste un sport de combat. Il faut donner tout l’engagement qu’il faut pour performer.

ET POUR LA SUITE DU TOURNOI… ?

Il nous reste deux matchs, en Ecosse et contre l’Irlande. On voudrait finir sur une bonne note, sinon je n’ai pas d’autres inquiétudes pour le moment. On espère juste faire de bons matchs pour continuer le tournoi de la plus belle des manières. On est un bon groupe donc ce serait bien de terminer correctement. On espère un faux-pas de l’Angleterre contre les Italiennes mais bon ça ne dépend pas de nous malheureusement donc on reste focalisées sur nous-mêmes.

On s’est entraînées normalement cette semaine, on vit l’épidémie du Coronavirus pour l’instant de loin. On est surtout focalisées sur le sportif et on laisse le gouvernement prendre les précautions qu’il faut et on s’adaptera en fonction. Pour le moment, on ne se penche pas trop dessus.

Cette semaine, on est arrivées lundi matin, et on s’est entrainées l’après-midi. Ce matin, on a eu une séance de muscu, plus un entraînement technique. Cette après-midi, on a travaillé sur notre système défensif, un entraînement d’une heure et demie à peu près. Et demain matin, on va travailler un peu plus stratégique sur tout ce qui est coup d’envoi… On part en Ecosse jeudi et le match se déroule samedi.

Le match est diffusé samedi soir (sur France 4) à 20h45. Désormais, Il est vrai que tous les matchs du tournoi sont télévisés, c’est vraiment une chance. À une époque, aucun match de l’Equipe de France féminine n’était retransmis. C’est génial pour les supporters de pouvoir nous suivre, même à l’étranger.

UNE PROFESSIONNALISATION COMPLÈTE EN 2021 ?

Cela va dans le sens de la professionnalisation du rugby féminin qui sera à 75% (le pourcentage de rémunération venant de la fédération) l’année prochaine, d’après ce que j’ai pu entendre dire, mais je sais qu’il y a des contrats qui sont négociés à l’heure actuelle pour qu’il y ait un groupe de 30 joueuses qui soit à temps plein jusqu’à la coupe du monde pour se préparer du mieux possible pour l’échéance ultime. C’est certain, cela avance dans le bon sens. La fédération met des moyens en place pour le rugby féminin, pour le moment, tout ça suit son cours.

Entre nous, il y a une bonne ambiance, on se retrouve presque tous les week-ends en championnat donc, on se connait toutes. Pour certaines, ça fait des années qu’on joue ensemble, on se connait, on s’entend très bien, on prend beaucoup de plaisir à passer des semaines ensemble, c’est vrai qu’on ne voit pas trop le temps passer. On est très contente de se retrouver ce lundi-là après les semaines de coupure.

LE GROUPE VIT BIEN !

L’ensemble des filles, nouvelles et anciennes s’entendent bien, il n’y a pas de différence entre nous. Tout le monde avance dans la même direction. Chaque année, il y a de nouvelles joueuses, et le niveau ne baisse pas. En France, on trouve un bon vivier de joueuses qui ne demandent qu’à jouer au plus haut niveau, donc à nous, les joueuses en place, de faire le boulot pour y rester. Cela pousse tout le monde vers le haut. Les joueuses viennent généralement du pôle France donc on voit qu’il y a un bon suivi maintenant. On constate plus de continuité entre les moins de 20 et l’équipe de France.

On voit bien qu’il y a une vraie communion entre toutes les structures que ce soient les moins de 20ans, le rugby à VII féminin ou le XV de France, on remarque que tout le monde travaille ensemble et cela fonctionne plutôt bien car on voit que les jeunes qui arrivent dans le XV de France sont déjà prêtes afin de jouer au plus haut niveau.

 

MORGANE

Avec la participation de Jérémy Haumesser