L’Humeur de Sans Filtre : La montagne ça les gagne

Tous les lundis, l’humeur de Sans Filtre revient sur un ou des événements qui font l’actualité. Aujourd’hui, le carton plein de la délégation française de sports d’hiver dans les différents Mondiaux.

Après l’heure, c’est plus l’heure. Mais rien n’empêche qu’après l’or, ça ne soit plus l’or. Un an après avoir épaté le monde du biathlon en s’adjugeant l’or sur la poursuite des Mondiaux d’Antholz. Et en tenant en respect le collectionneur de globes Johannes Boe, Émilien Jacquelin a récidivé hier à Pokljuka. Il conserve son titre comme Raphaël Poirée ou Martin Fourcade avant lui, ce qui classe la performance. En tête dès la sortie du premier couché, il s’est retrouvé seul après le deuxième passage au tir.

Car sans adversaire derrière la carabine, où il a sorti le grand jeu, et deux exercices debout d’une vitesse folle, signes d’une impressionnante décontraction. Dans nos colonnes, Simon Fourcade évoquait la nécessité pour Émilien de ne pas se poser de questions, de construire lui-même sa course. Des clés que le licencié de Villard-de-Lans a fait siennes pour sortir ce chef d’œuvre.

Vendredi, c’était sa glisse qui lui avait permis, malgré un 9/10, de s’adjuger le bronze sur le sprint. Et de se placer idéalement pour sa course de prédilection. Devant lui, Ponsiluoma et un Simon Desthieux rayonnant qui, sans bruit, fidèle à lui-même, décrochait le plus beau résultat de sa carrière, dans une saison contrastée. Son émotion, signe d’un certain aboutissement dans la longue route de ce stakhanoviste, faisait terriblement plaisir à voir. Pendant que Desthieux luttait avec Fillon Maillet pour la quatrième place ce dimanche.

Humeur de Sans Filtre – Pinturault ouvre le bal

Émilien Jacquelin pointait du doigt son dossard doré, histoire de montrer que la poursuite était bien sa chasse gardée. Avec ce tir supersonique, il nous rappelle qu’avant d’être une fusée sur les planches, il envoyait déjà des missiles sur le pas de tir. Un après-midi de janvier 2018 à Antholz, il se montrait au grand jour. Ridiculisant Simon Eder et Arnd Peiffer sur un tir debout.

Mais l’équipe de France pouvait aussi compter sur Anaïs Chevalier-Bouchet. Sa médaille de bronze décrochée sur le sprint à Hochfilzen en 2017 va faire connaissance avec deux consœurs venues tout droit de Slovénie. Où la jeune maman a épaté par sa capacité de rebond. Piochant 3 fois, allant sur l’anneau et compromettant largement les chances de podium du relais mixte tricolore (5e), Chevalier-Bouchet sonne la révolte dès la première course individuelle. Deuxième du sprint derrière Tiril Eckhoff avec le meilleur temps de ski, elle remonte sur la boîte de la poursuite avec Eckhoff et Hauser, et le bronze. Et dire qu’il reste encore sept courses !

À Idre Fjall aussi, la délégation française a parsemé son chemin de breloques. En snowboardcross, le duo Julia Pereira de Sousa-Léo Le Blé Jacques décroche le bronze par équipes. François Place est argenté, Alizé Baron bronzée, mais cette fois avec les deux pieds séparés. Et ont offert à chaque fois de belles émotions, tenant tête aux cadors de la discipline. Enfin, Alexis Pinturault a ouvert son bal, à Cortina d’Ampezzo.

Même si les Bleus spécialistes de vitesse n’ont pas réussi à grimper sur le podium (Bailet 6e du Super-G, Allègre 7e de la descente). Leur compatriote aux 33 victoires en Coupe du monde a créé la surprise sur la coriace piste Vertigine. Dans un Super-G très ouvert, Pinturault décrocha une médaille de bronze bien méritée. Aligné sur le combiné dès aujourd’hui, puis sur le géant et enfin le slalom, le skieur de Courchevel n’en n’a pas fini de briller.

Mathéo RONDEAU 

Retrouvez l’humeur de Sans Filtre de la semaine dernière : ICI