Cyclisme – Vainqueur du Tour de France avant leur 23 ans !

A l’aube du début de saison 2022, les regards seront braqués entre autres, sur Tadej Pogacar. A 23 ans, on lui promet un avenir doré. On fait le point sur les vainqueurs du Tour avant leur 23 ans.
A l'aube du début de saison 2022, les regards seront braqués entre autres, sur Tadej Pogacar. A 23 ans, on lui promet un avenir doré. On fait le point sur les vainqueurs du Tour avant leur 23 ans.
A l’aube du début de saison 2022, les regards seront braqués entre autres, sur Tadej Pogacar. A 23 ans, on lui promet un avenir doré. On fait le point sur les vainqueurs du Tour avant leur 23 ans.

A l’aube du début de saison 2022, les regards seront braqués entre autres, sur Tadej Pogacar. A 23 ans, on lui promet un avenir doré. On fait le point sur les vainqueurs du Tour avant leur 23 ans.

Crédit : Sans Filtre

Henri Cornet – Vainqueur du Tour de France en 1904 à 19 ans – Plus jeune vainqueur de l’histoire

Il est à ce jour le plus jeune vainqueur du Tour de l’histoire (devant Tadej Pogacar). Avant même ses 20 ans, Henri Cornet s’impose sur la seconde édition de la Grande Boucle. Un vainqueur dans des conditions particulières, puisqu’il a terminé l’épreuve “à la pédale” à la 5e position. Mais il a bénéficié de la disqualification du vainqueur de 1903 Maurice Garin, mais aussi de Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. Au total, 29 coureurs sur les 88 seront disqualifiés dans une épreuve rocambolesque, marquée par l’agression de Maurice Garin, Lucien Pothier lors de la 1ère étape, mais aussi les faits d’armes des supporters d’Alfred Faure. Ou encore des clous placés sur la route de la 5e étape entre Bordeaux et Nantes.

Premier vainqueur par disqualification, bien avant un Oscar Pereiro, Henri Cornet ne gagnera plus jamais le Tour de France, terminant tout de même 8e du Tour 1908. Il dispute sa dernière Grande Boucle en 1912 (28e). Alors que celle-ci avait découvert la montagne deux ans plus tôt. Henri Cornet, pour reprendre le vocabulaire très moderne des réseaux sociaux, est cependant loin d’être une “fraude”. Deux ans après son sacre sur le Tour, il remporte Paris-Roubaix, entrant dans le cercle des vainqueurs du Tour et de l’enfer du Nord (comme Octave Lapize ou François Faber avant la Première Guerre mondiale). La même année il termine également 2e du mythique Bordeaux-Paris

Il arrête sa carrière en 1914, victime à la fois de soucis cardiaques et aussi de déclenchement de la guerre. À seulement 29 ans. Il meurt en 1941 à cause de ses soucis cardiaques.

François Faber – Vainqueur du Tour de France 1909 à 22 ans et destin tragique

Le premier à placer le Luxembourg sur la carte cyclisme. Bien avant les Charly Gaul et Andy Schleck, le Duché s’est fait un nom sur la Grande Boucle, en la personne de François Faber ! Qui découvre l’épreuve en 1906 (abandon). Mais il ne met pas longtemps à briller sur l’épreuve. En 1908, il est certes dominé par Lucien Petit-Breton (le classement général étant établi à l’époque aux points, avec 1 point pour le vainqueur d’étape et par exemple 50 pour le 50e). Petit-Breton l’emporte avec 36 points contre 68 pour François Faber, qui s’adjuge cependant 4 étapes. Il remporte un monument, le Tour de Lombardie !

L’année suivante, il remporte sa première et unique grande boucle, en devançant Gustave Garrigou. Il ne rafle pas moins de six étapes cette année-là. Il remporte également Paris-Tours et Paris-Bruxelles. S’il ne s’imposera plus jamais sur la Grande Boucle, il prouve sa régularité, premier coureur complet de l’histoire du cyclisme ! Il établira un record de 19 victoires sur le Tour de France, assez rapidement battu pour son compatriote Nicolas Frantz (20 succès). Les dernières étant en 1914, dans une édition sauvée malgré le début de la Grande Guerre. Il remporte également Paris-Roubaix en 1913 “égalant” Henri Cornet ! Et remporte également le mythique Bordeaux-Paris en 1911, également 6e de Milan-San Remo.

Il n’a que 27 ans quand sa carrière est interrompue par la Première Guerre Mondiale ! Un conflit qui lui sera fatal, car il y décèdera. Engagé dans la légion étrangère pour défendre les couleurs de la France, fauché dans la terrible bataille de l’Artois le 9 mai 1905 ! Privé de sa jeunesse, privé de son enfant né quelques jours auparavant. Privé également d’une carrière qui aurait pu être encore plus magnifique. Comme pour Lucien Petit-Breton ou encore son rival Octave Lapize !

Octave Lapize – Vainqueur du Tour 1910 à 22 ans et également destin tragique

“L’un des plus grands coureurs de sa génération”, selon bon nombre de ses contemporains. Sa première année pro, en 1909 est marquée par une victoire sur Paris-Roubaix et une 4e place sur le Tour de Lombardie. Paris-Roubaix, qu’il remporte en 1910, devenant le premier (et rare) coureur à réaliser le doublé Paris-Roubaix / Tour de France, la même année. Il triomphe d’une lutte sans merci avec son coéquipier mais adversaire, un certain François Faber. Il remporte 4 étapes et s’impose de 4 petits points face au Luxembourgeois ! Paradoxalement, c’est le seul Tour qu’il termine. Preuve en est, déjà, de la difficulté de confirmer même quand on le remporte très jeune !

Cependant, sa carrière est marqué par des succès de prestige, avec un troisième Paris-Roubaix consécutif, une première à l’époque. Il faudra attendre Francesco Moser (1978-1979-1980) pour voir un tel exploit se reproduire. A ce jour, ils sont les deux seuls coureurs à avoir réalisé un tel exploit. Mieux que Roger De Vlaeminck et Tom Boonen, recordmans de l’épreuve (4 succès). Mieux qu’Eddy Merckx et Rik Van Looy, qui ont tous deux gagnés les cinq monuments cyclistes. Il remporte également Paris-Tours, Paris-Bruxelles et est champion de France sur route. Un maillot tricolore qu’il remporte trois fois consécutivement, tout comme Paris-Bruxelles. Il est le seul coureur a avoir été sacré champion de France trois fois consécutivement !

Pourtant réformé suite à un problème de surdité, il n’aurait pas du prendre part à la Grande Guerre. Mais il a choisi de s’engager rapidement. Devenant pilote et formateur (plus de 130 pilotes formés en une année). Abattu par deux avions ennemis, il meurt le 14 juillet 1917, ce qui provoque un vif émoi dans le monde. Mort au combat comme François Faber, son meilleur ennemi et Lucien Petit-Breton

Romain Maes – Vainqueur du Tour de France 1935 à 22 ans – De bout en bout

Un des trois coureurs avec Ottavio Bottechia et Nicolas Frantz, a avoir porté le maillot jaune de bout en bout. Comme Octave Lapize, il remporte le seul Tour de France qu’il a pu terminer en 1935. N’allant pas au bout de l’édition 1934, 1936 et 1939 ! Malgré les assauts des Italiens, mais aussi de Georges Speicher, il parvient à conserver son maillot jaune de bout en bout, de cette édition 1935 ! C’est le dernier coureur à avoir réalisé cet exploit-là, même si Jacques Anquetil, en 1961, a porté le maillot jaune à l’issue de la première journée, son maillot a été acquis après la 2e demi-étape.

Romain Maes est le premier coureur vainqueur du Tour de France à s’illustrer sur le Tour des Flandres, qu’il termine à la 2e place en 1938 ! Les pavés lui réussissent bien puisqu’il termine également deuxième de Paris-Roubaix en 1936, seulement départagé par les juges à l’arrivée battu par Georges Speicher (alors qu’il semblait l’avoir devancé). Romain Maes n’affiche pas le même palmarès qu’un François Faber ou même Octave Lapize. Lui aussi illustre la difficulté à briller, malgré un succès tôt sur la Grande Boucle. Sa carrière se prolonge malgré la Seconde Guerre mondiale, contrairement à la Grande Guerre, les coureurs pouvant continuer à pratiquer leur sport.

Felice Gimondi – Vainqueur du Tour de France 1965 à 22 ans – Le premier vainqueur des trois grands tours

L’élégance à l’état pur ! Parmi tous ceux qui ont remporté le tour avant leurs 23 ans, c’est incontestablement celui qui possède le plus beau palmarès ! À 25 ans, en 1968, il avait remporté les 3 Grands Tours. Lui l’Italien a su s’exporter comme Bottechia, Bartali, Coppi ou encore Nencini. Il fait partie des cracks qui ont gagné le Tour de France dès leur première participation. Comme Bernard Hinault, Laurent Fignon, Jacques Anquetil, Eddy Merckx… Ou Tadej Pogacar ! Mettant fin au règne de Jacques Anquetil parti chercher un légendaire doublé Dauphiné/Bordeaux-Paris (un exploit totalement ahurissant, puisque seulement 8 heures séparaient la fin du Dauphiné du début de la classique). Gimondi est le seul coureur de l’histoire à gagner Tour de l’avenir et Tour de France d’une année à l’autre ! (Pogacar a mis deux ans)

Gimondi “en profite” pour dominer l’éternel second (surnom un peu injuste) Raymond Poulidor. Mais pour lui aussi, cette première sera une dernière ! Il disputera encore 4 fois le Tour de France, terminant 2e derrière Eddy Merckx en 1972. Merckx, le Cannibale fut sans doute un frein au talent de Felice Gimondi, tombé sur le plus grand coureur de l’histoire du cyclisme. Mais il a réussi à grignoter plus que des miettes derrière le Belge ! Triple vainqueur du Giro (1967, 1969 et 1976), auquel s’ajoutent 6 autres podiums (1965, 1968, 1970, 1973, 1974 et 1975) faisant de lui l’actuel recordman de podiums sur le Tour d’Italie.

Il s’impose également sur la Vuelta en 1968, pour sa seule participation sur le Tour d’Espagne ! Mais Felice Gimondi s’est également illustré sur les classiques. Il fait partie du club des vainqueurs du Tour de France et de Paris-Roubaix, qu’il remporte en 1966, année de sa première victoire sur le Tour de Lombardie. Le tout avant ses 25 ans. Il remportera également une deuxième fois le Tour de Lombardie en 1973 et s’impose l’année suivante sur Milan-San Remo. Comme Romain Maes, il est également tout proche de rafler la mise sur le Tour des Flandres, qu’il termine 2e battu par … Eddy Merckx, seul coureur à avoir réussi le doublé Tour de France / Tour des Flandres la même année. Seul Liège-Bastogne Liège lui a résisté, avec au mieux une 7e place !

Laurent Fignon – Vainqueur du Tour de France 1983 à 22 ans – Peut-être encore plus doué que Bernard Hinault

On est en 1983, pro pour sa deuxième saison, Laurent Fignon est aligné pour la première fois sur le Tour de France. Au sein d’une équipe Renault orpheline de son leader Bernard Hinault, touché gravement au genou. Tour de France très ouvert avec nombre d’outsiders, comme Angel Arroyo, Pedro Delgedo, Peter Winnen ou encore Pascal Simon. Ce dernier sera le héros malheureux de cette édition 83. Laurent Fignon, même pas 23 ans, déjoue tous les pièges pour remporter cette édition.

Bon à ce moment-là, on peut parler de surprise, mais rien n’indique qu’il dispose alors de qualités pour apposer sa patte sur la Grande Boucle. Mais l’édition suivante, en 1984, va rebattre les cartes. Frustré du dénouement du Giro, où tout a été fait pour favoriser la victoire de Francesco Moser. Laurent Fignon doit composer avec le retour de son ancien leader Bernard Hinault, parti chez Bernard Tapie et la Vie Claire. Ce dernier prend le leadership dès le prologue. Le duel promet d’être fameux car Laurent Fignon termine deuxième. Mais rapidement, l’ancien équipier de luxe prend l’ascendant. Et de quelle manière.

Au fil des étapes Renault et Fignon écrasent le Tour. L’écurie remporte dix étapes, dont cinq pour Laurent Fignon. Insolente domination du jeune Français qui n’a que 24 ans à l’époque. Au final, 10 minutes et 32 secondes sépareront Fignon et Hinault à Paris. Un gouffre. Une seule question dans la bouche de la presse à l’époque. Combien de Tour de France va gagner Laurent Fignon ? Et la question mérite alors d’être posée. Dominateur comme rarement un coureur ne l’a été depuis Eddy Merckx, le Francilien peut nourrir un destin comme le Belge. Personne ne semble pouvoir contester sa suprématie. Pour la première fois, un vainqueur du Tour avant ses 23 ans parvient à confirmer et doubler la mise !

La malchance s’en mêle…

En effet, sur un choc anodin en compétition, en début d’année 85, Laurent Fignon déclare une tendinite au tendon d’Achille. Opération avec complications (Staphylocoque). Et c’est le Tour de France et avec lui toute l’année 1985 qui s’envole. Laurent Fignon reviendra, mais ne sera jamais plus le coureur d’avant blessure. La faute à un déficit de puissance dans la jambe touchée, terrible pour un cycliste. Alors, oui il continuera de gagner et de belles victoires, comme la Flèche-Wallonne en 1986, Milan-San Remo en 1988 et 1989 ou encore le Giro en 1989, dernier Français à avoir triomphé sur la course italienne.

Mais son histoire avec le Tour de France, qui avait débuté de manière tonitruante, avec deux victoires en deux participations, sera désormais beaucoup plus contrastée. Abandon en 1986, 7e en 1987 incapable de réellement peser sur la course malgré une belle victoire d’étape à la Plagne, abandon en 1988, 2e en 1989 dans les circonstances que chacun connait ici, abandon en 1990, 6e en 1991, 23e en 1992 et abandon en 1993.

Jamais il ne réussira à réinscrire son nom au palmarès de la Grande Boucle, laissant ainsi le sentiment d’un talent tronqué par cette sale blessure, assez similaire à celle de Bernard Hinault au genou. Une seconde moitié de carrière marquée par des coups d’éclats, mais quelques redescentes, sans jamais retrouver la constance de ces jeunes années. Comme une blessure jamais vraiment refermée. 

Tadej Pogacar – Vainqueur du Tour de France 2020 à 21 ans et du Tour 2021 à 22 ans – L’avenir devant lui

Jusqu’où est capable d’aller le Slovène, plus jeune double vainqueur de l’histoire du Tour ?

Pour une analyse détaillée, rendez-vous dans cet article

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