Les Champions de la Paix

Réunis dans un collectif de plus de 100 sportifs de haut niveau engagés personnellement en faveur du mouvement de la paix par le sport, les « Champions de la Paix » constituent un des piliers fondamentaux de Peace and Sport.
Ils œuvrent pour faire du sport un outil de dialogue et de cohésion sociale.
Modèles, héros et source d’inspiration pour les jeunes du monde entier, ils mettent leur temps, leur notoriété, leur expérience d’athlètes au service de projets utilisant le sport en réponse à des enjeux sociaux.

Crédits Photos : Peace and Sport

Je n’oublierai pas. Jamais. Je n’oublierai pas l’expérience que je viens de vivre, au mois d’août, avec Peace and Sport. À l’occasion de la 10ème édition des Jeux de l’Amitié, organisés par Peace and Sport au Burundi, je me suis rendu dans ma province natale, au sud du pays. À Makamba, la ville de mon enfance, je suis retourné dans l’école où j’ai découvert à la fois l’éducation et la course à pied. Cette étape a fait remonter à la surface les souvenirs de mon apprentissage du sport, ma découverte de ses valeurs, mais aussi le goût de l’effort et le sens du sacrifice. Grâce aux Jeux de l’Amitié, j’ai vécu un très grand moment d’émotion.

À Makamba, comme à Gitega et à Bujumbura, les trois étapes de cette édition 2019 des Jeux de l’Amitié, j’ai parlé aux jeunes participants. À travers eux, je me suis revu à l’âge de 16 ou 17 ans, lorsque je rêvais d’un avenir glorieux sur les pistes d’athlétisme. Je leur ai raconté mon histoire. Mes débuts à l’école, mes sacrifices pour parvenir au plus haut niveau, jusque sur la première marche d’un podium olympique, mon expérience d’athlète et mon parcours d’homme. Ils m’ont écouté. Leurs enseignants aussi m’ont écouté. À tous, j’ai essayé de faire comprendre que j’étais une personne normale, issue d’une famille pauvre, sans fortune. J’ai raconté, également, que j’avais utilisé l’argent gagné grâce à mes premières courses pour offrir à ma famille un accès à l’éducation. J’ai expliqué que si j’y étais arrivé, eux aussi pouvaient réussir.

Au Burundi, comme souvent en Afrique, c’est à l’école que les enfants découvrent le sport. Les professeurs d’éducation physique y sont souvent très bien formés, compétents et motivés et l’école peut donc proposer aux jeunes un bon niveau de formation à la pratique sportive. J’en suis, je crois, un bon exemple. À l’école, j’ai rencontré des enseignants qui m’ont montré la voie. J’étais jeune, j’avais du talent, beaucoup d’envie et des rêves plein la tête. Ils n’ont pas cherché à faire de moi un champion olympique, mais ils m’ont permis d’essayer plusieurs disciplines avant de découvrir la course à pied. Sans eux, ma destinée n’aurait pas été la même.

Au Burundi, comme souvent en Afrique, c’est à l’école que les enfants découvrent le sport. Les professeurs d’éducation physique y sont souvent très bien formés, compétents et motivés et l’école peut donc proposer aux jeunes un bon niveau de formation à la pratique sportive. J’en suis, je crois, un bon exemple. À l’école, j’ai rencontré des enseignants qui m’ont montré la voie.

Aujourd’hui, l’organisation du sport est en train de changer en Afrique, et l’école est souvent reléguée au second rang. Pourtant, à l’école, les enseignants côtoient les jeunes au quotidien. Ils sont les mieux placés pour leur inculquer non seulement un apprentissage de la pratique sportive, mais aussi ses valeurs de cohésion, de partage et de solidarité. À l’occasion des derniers Jeux de l’Amitié, cette année au Burundi, nous avons formé tout à la fois les jeunes et les enseignants à la Méthodologie Peace and Sport. Les uns ne vont pas sans les autres.

Je me réjouis que les institutions sportives et éducatives du Burundi s’associent à Peace and Sport afin de déployer un programme national dans les écoles à travers les activités périscolaires, avec pour objectif de former de bons citoyens et pourquoi pas de détecter de futurs talents, avec une destinée olympique.

Le changement culturel prend du temps. Il ne se fait pas en un jour. Mais le sport peut réussir où la politique rencontre souvent l’échec. Je n’oublierai jamais les premiers Jeux de l’Amitié, en 2010, où étaient rassemblés des jeunes du Burundi et de la République démocratique du Congo. Ils ne parlaient pas la même langue. Mais ils ont dansé ensemble. Garçons et filles ont fait équipe dans un match de football. Au bord du terrain, les ministres des Sports étaient présents. Comme moi, ils n’oublieront jamais.

VÉNUSTE