Terry Bouhraoua – Rugbyman

#Demi de mêlée #Equipe de France de rugby à VII #Stade Français #Ancien AS Béziers, CA Brive #Champion de France de rugby à XV 2007  #Champion de France de rugby à VII 2006

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que la Coupe du Monde de rugby à VII débute demain à San Francisco, c’est l’un des leaders de l’Équipe de France qui s’est confié sur Sans Filtre. Terry Bouhraoua, déjà auteur de plus de 100 essais avec la sélection nationale, raconte son parcours où le XV et le VII sont liés mais aussi ses objectifs pour cette compétition. (Crédit Une : Getty Images))

Cela va faire 8 ans que je joue avec l’Équipe de France de rugby à 7, cela s’arrêtera pour de bon un jour, en attendant une nouvelle coupe du monde nous attend et va se dérouler à San Francisco. Peut-être ma dernière ?

J’ai commercé le rugby à l’âge de 6 ans à Bonneval en Eure-et-Loir. C’est de famille, nous avons suivi notre papa qui jouait à l’époque en 4ème série.

J’ai découvert le rugby à 7 lorsque j’étais junior avec la région Limousin. J’ai aimé ce jeu et pris beaucoup de plaisir. C’est une discipline qui colle à mes « qualités », que sont la vitesse, la prise d’espace et la création.

J’ai fait le choix à un moment de ma carrière de me consacrer à cette discipline pour vivre l’aventure olympique. Cela a été une expérience hors du commun pour un rugbyman puisque nous étions les premiers à les faire. Je suis toujours un peu frustré du résultat (7ème), mais tellement fier d’avoir vécu ce moment avec cette équipe, des souvenirs uniques.

LE XV ET LE VII SONT COMPATIBLES

Aujourd’hui, les joueurs de l’équipe de France vivent du rugby à 7 en étant sous contrat avec la fédération depuis un moment, ce qui permet le développement de cette discipline en parallèle du XV.

Le rugby à XV et à VII sont deux disciplines différentes pour beaucoup de choses : le style de jeu, les espaces et le format de compétition. L’aspect dont le spectateur n’a pas forcément conscience dans le rugby à 7 est la psychologie. En effet, il faut être capable de jouer, de rester concentré plusieurs fois dans une même journée et sur 2 jours de compétition. Être capable de gérer les différentes émotions, entre la succession de victoires, défaites ou de blessures. C’est très intense.

Le pont entre le VII et le XV n’est pas impossible encore faudrait-il que les « spécialistes » du rugby traditionnel français soit plus connaisseur du particularisme du VII et de ce qu’un joueur de cette discipline peut apporter dans une équipe de rugby à XV.

En fin d’année dernière, j’étais en fin de contrat avec la Fédération. Le mythique club du Stade Français m’a proposé l’aventure du rugby à XV et j’ai décidé de me lancer dans cette expérience. J’ai malgré tout continué de jouer avec la sélection de seven sans y être rattaché contractuellement. Après une longue absence, il me fallait du temps pour me remettre dans le bain. Avec beaucoup de travail, je retrouve petit à petit les nouveaux repères de cette jeune et nouvelle équipe et de son nouveau staff.

La force de la sélection réside dans le désir de vouloir se battre souvent face à meilleur que soit, mais sans rien lâcher. Le classement mondial de la saison c’est 13ème. C’est malheureusement la place de l’équipe de France aujourd’hui. C’est triste.

UNE NOUVELLE ÈRE POUR L’EQUIPE DE FRANCE ENCORE EN RODAGE

Ce qui manque aujourd’hui, c’est l’expérience de ces nouveaux joueurs qui forment désormais l’Equipe de France. Elle ne se travaille pas en un entraînement, mais s’acquiert avec le temps. La patience est donc de mise et il est important de bonifier chaque moment sur le terrain.

La force de la sélection réside dans le désir de vouloir se battre souvent face à meilleur que soit, mais sans rien lâcher. Le classement mondial de la saison c’est 13ème. C’est malheureusement la place de l’équipe de France aujourd’hui. C’est triste.

Il est difficile de définir de vrais objectifs pour cette Coupe du Monde. En étant 13ème au classement on ne peut pas se fixer le podium comme ligne de mire et à la fois nous n’entamons pas une compétition pour ne pas la gagner, en tant que sportif et compétiteur on espère forcément aller le plus loin possible. Nous allons donc nous battre pour déjouer les pronostics.

Personnellement, je ne vous cache pas que c’est un peu trouble pour moi après une saison difficile au Stade Français, une rupture de contrat de la part du club assez tard dans la saison qui m’a empêché de pouvoir anticiper un autre avenir aujourd’hui ce n’est pas simple comme situation donc je me concentre sur cette coupe du monde qui sera peut-être la dernière… ou pas.

Je pense prendre des vacances ensuite pour faire le point et réfléchir à mon avenir sportif.

TERRY