Simon Desthieux - Biathlète

#Champion Olympique du relais mixte JO PyeongChang 2018 #Vice-Champion du Monde du relais 2017 #Champion du Monde junior 2011

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

À peine remis du sacre de champion olympique en relais mixte, le biathlète français, Simon Desthieux doit déjà repartir et finir la saison sur une bonne note. L’enfant né dans l’Ain, raconte Sans Filtre et avec passion, son goût pour la glisse et le secret de sa réussite.

(Crédit photo Une : CNOSF / KBD) 

Étant jeune, je pratiquais le judo en club. C’est mon frère m’a véritablement lancé dans le ski. J’en faisais en alpin avec mes parents et en ski de fond à l’école primaire, mais mon frère m’a beaucoup influencé vers cette discipline . J’ai du faire un choix à 15 ans, et j’ai arrêté le judo pour privilégier la glisse.

C’est seulement au collège que j’ai touché du bout des doigts le biathlon. Alors je suis rentré à l’école de ski d’Hauteville, car l’ancien entraîneur du Comité de l’Ain, Olivier Niogret, m’avait laissé ma chance. J’ai donc attaqué le tir à la carabine à 10 mètres en junior départemental, puis national, en Europe et enfin au niveau mondial. Tout est allé très vite !

Le biathlon est pour moi un grand plaisir. C’est un tout. Le ski de fond additionné au tir est très ludique, il me permet de jouer, car oui, ce sport est avant tout un jeu. Mais c’est aussi de bonnes sensations de glisse. J’aime me retrouver en pleine nature, découvrir.

Au quotidien, le biathlon me demande beaucoup d’intensité. Alors, lorsqu’arrive la saison printanière, on fait beaucoup de ski à roulette, un petit peu de vélo, de la musculation et de la course à pied. Ce n’est jamais monotone et c’est un vrai défouloir !

MÊLER PASSION, SPORT ET MÉTIER

Je suis aussi caporal dans l’armée française, et j’ai pu bénéficier d’un détachement de la part de l’armée afin de pouvoir me consacrer pleinement à la pratique du biathlon de haut-niveau. D’ailleurs, début avril, je participerai aux Championnats du Monde militaire en Autriche, qui font partie de ce qu’on doit à l’armée pour la représenter. C’est une chance d’avoir des contrats comme ça et de pouvoir vivre de notre passion, car aujourd’hui il y en a de moins en moins.

Je pense être le même en tant que caporal et biathlète, je suis quelqu’un d’assez réservé et calme. J’aime tourner autour de la nature pour me ressourcer, recharger les batteries, j’adore le challenge.

Je suis aussi caporal dans l’armée française, et j’ai pu bénéficier d’un détachement de la part de l’armée afin de pouvoir me consacrer pleinement à la pratique du biathlon de haut-niveau.C’est une chance d’avoir des contrats comme ça et de pouvoir vivre de notre passion, car aujourd’hui il y en a de moins en moins.

Aujourd’hui le biathlon m’aide à évoluer dans ce challenge. C’est un sport complexe qui peut être frustrant, rageant et décevant par moment. Il est difficile d’associer le tir et la course, car il faut être en forme physiquement et aussi mentalement. Même si je me suis entraîné toute l’année, il n’est pas impossible qu’on rate une balle et que la cible ne veuille pas tomber. Dans ce sport, tout se joue au millimètre près.

Et ce millimètre-là peut te faire gagner 10 places. Ça change beaucoup de choses.

UN CHAMPION QUI GARDE LE SOURIRE

Malgré les difficultés rencontrées, j’essaye de retenir le positif. Les jours où je fais de belles performances, j’ai le sourire et c’est un vrai bonheur. Il y a toutes ces fois où je suis passé tout près d’une belle performance, c’est là où je sais qu’il faut en profiter, car ce n’est pas tous les jours comme ça.

Dans cette discipline, on a la chance d’avoir beaucoup de course en Coupe du Monde. Je dois vite enchaîner et penser à l’épreuve suivante. Le lendemain, on oublie vite et on passe à autre chose.

C’est beaucoup de mental, de volonté que je travaille à l’entraînement. Cela passe par des petits jeux de tirs et beaucoup d’implication, mais c’est un pur plaisir.

Parfois je suis récompensé de mes efforts, et parfois non. Par exemple, je suis arrivé 5e au relais des JO de Pyeongchang, j’ai eu un petit peu de regret, mais c’est comme ça. Le biathlon peut être parfois injuste, mais on dira que c’était un jour sans.

Je sais que beaucoup de personnes ont cru en moi, au moment où je n’avais pas encore un palmarès en biathlon. Notamment l’ancien entraîneur du Comité de l’Ain, Olivier Niogret.

Il m’a fait confiance et grâce à lui j’ai réussi à être champion olympique en relais mixte ! C’était un moment magique pour l’équipe. Tout le monde pleurait de joie car c’était l’accomplissement d’un travail depuis de longs mois. Il y a eu beaucoup d’émotion que ce soit pour tous les athlètes, les coachs, les techniciens, les kinés. Avec mon équipe, on a réussi à créer un esprit qui nous a aidé à gagner. C’est l’envie de bien faire ensemble !

Ma première médaille olympique est en or, donc j’ai encore du mal à le comprendre et à le réaliser. La ramener en France et surtout dans ma ville d’enfance, Hauteville, m’a permis de la partager avec les habitants et ceux qui ont regardé la course.Dès que je suis rentré, il y avait beaucoup de monde pour m’accueillir, j’en avais les larmes aux yeux.

Je suis aussi très proche de Martin Fourcade qui est un vrai modèle pour moi. Pas seulement parce qu’il est le français le plus titré avec 5 médailles d’or, mais parce qu’il est un exemple pour tout le monde. Avec ses 3 titres aux JO d’hiver 2018, cela m’a donné une force et un courage de pouvoir le suivre. Des champions d’exceptions comme lui, il y en a rarement dans une carrière, et l’avoir en plus dans son équipe c’est encore plus fort. On passe de bons moments grâce à des résultats positifs en équipe. Le reste de l’année, on se confronte à l’entraînement qui peut aller d’une dizaine d’heures, à plus de 20 heures par semaine. On a un vrai repère avec l’équipe de France car on a une longue préparation de mai à novembre. Finalement on se confronte peu aux autres nations, mais plus avec l’équipe nationale. Alors c’est important d’avoir une référence comme lui.

…ET QUI N’OUBLIE PAS D’OÙ IL VIENT

Ma première médaille olympique est en or, donc j’ai encore du mal à le comprendre et à le réaliser. La ramener en France et surtout dans ma ville d’enfance, Hauteville, m’a permis de la partager avec les habitants et ceux qui ont regardé la course. Dès que je suis rentré, il y avait beaucoup de monde pour m’accueillir, j’en avais les larmes aux yeux. Je savais que le biathlon était suivi sur le plateau, mais je ne pensais pas à ce point là. C’était l’occasion de revoir des personnes que je n’avais pas vu depuis longtemps, des gens qui me soutiennent aussi tous les jours.

Dans ma carrière sportive, ma femme prend beaucoup de place, on est souvent en déplacement à l’étranger. J’ai la chance de l’avoir sur toutes les étapes de la Coupe du Monde, car je peux partager des moments important avec elle. Quelques fois j’ai besoin d’avoir des sentiments, des émotions. Pour le reste de ma famille, même si je suis loin d’eux, lorsque je rentre, j’en profite et j’arrive à savourer des moments avec eux.

Je réalise l’une de mes meilleures saisons, car je suis très régulier, je n’ai jamais été aussi bien classé. Maintenant, il reste 2 semaines de Coupe du Monde en Norvège avec 6 courses. Actuellement je suis 7e au Classement Général, donc l’objectif va être de la défendre et de grappiller encore des places. Ma motivation supplémentaire est d’aller chercher un podium individuel, car depuis le début de saison je m’en rapproche.

Pour ma reconversion, il est possible que je sois moniteur de ski, mais pour le moment je suis vraiment consacré à ma carrière professionnelle. Il y aura forcément l’envie de transmettre mon savoir, mon expérience, comme on me l’a appris étant jeune. En tout cas ma vie restera dans le ski, car c’est ce que j’aime et c’est ça qui me plait.

SIMON AVEC SOLÈNE ANSON