Priscilla Gneto – Judokate

#-52kg #-57kg #Médaillée de bronze aux JO 2012 #Championne du monde par équipe 2011 #Championne d’Europe 2017 #Triple Championne de France

Crédit Photos : Soniyah Lawson

Si je vous disais que le judo m’a prise dans ses filets grâce à un goûter !

Partons du début, j’ai commencé par le handball certainementcar ma mère en faisait également, mais aussi par pure passion. Il n’y avait qu’un seul problème, celui d’être dans un petit club en Corse qui n’avait plus d’équipe mixte à partir de mes 11 ans et pas assez de filles pour monter une équipe féminine. J’ai finalement suivi ma meilleure amie qui faisait du judo, un peu par hasard.

J’ai adoré dès le premier cours. J’étais forte, je faisais tomber les garçons, donc forcément je trouvais ça génial ! Mais comme je vous le disais, pour cette première il y avait un goûter. À cet âge-là, les petites animations séduisent forcément, on s’amuse, on mange des gâteaux et des sucreries, puis on retourne s’amuser. Il ne m’en fallait pas plus pour m’inscrire, et finalement reprendre ma licence chaque année jusqu’à aujourd’hui. Avec un peu moins de goûters malheureusement.

Le judo est un art martial qui a évolué en sport de combat, mais qui a été créé à la base comme pédagogie physique, mentale et morale. À aucun moment, mes parents ou moi-même n’avons pensé au fait qu’il s’agissait effectivement d’un sport de combat ou que la place des femmes dans ces disciplines pouvait être parfois remise en question. C’est la beauté du judo, il n’y a pas de jugement.

Mes parents voulaient simplement que je fasse un sport, ils sont tous les deux anciens athlètes de haut niveau, ma mère au hand et mon père en football. Ils me voyaient épanouie et c’était le principal.

J’admire d’ailleurs le rôle qu’ont eu mes parents. Et qu’ils ont encore aujourd’hui. Ils sont mes piliers, ma mère c’est comme ma meilleure amie je l’appelle tous les jours. Dans tout ce que je fais, je leur demande leurs avis et avec leur expérience d’anciens sportifs et je pense qu’ils sont de bon conseil. Ils ne m’ont jamais mis de pression, ça a toujours été que de l’accompagnement, et on sait à quel point l’entourage d’un sportif peut jouer sur sa carrière.

OBJECTIF : FAIRE TOMBER LES GARÇONS

Je le prenais vraiment comme une récréation, je n’avais pas encore cette passion, encore moins de l’ambition. Mon seul objectif était de retrouver notre groupe, m’amuser, et juste l’objectif défaire tomber les garçons.

À ce moment-là, mon rêve était de devenir pilote dans l’aviation ! Rien à voir avec le sport, mais j’étais nulle en maths, j’ai finalement dû revoir mes aspirations à la baisse ! Au départ je n’avais pas d’idole, je ne connaissais pas grand-chose à ce sport et son histoire, je prenais simplement plaisir à le pratiquer.

En grandissant, j’ai commencé à m’intéresser un peu plus à ma discipline, à en regarder un peu plus à la télé. Delphine Delsalle a été un peu mon modèle, elle est originaire de Corse également donc elle était la star locale. J’ai aussi pu m’inspirer de Frédérique Jossinet.

Mes performances m’ont fait rentrer en pôle espoir, puis en équipe de France. J’ai vraiment pris conscience de la possibilité d’une carrière à haut-niveau lorsqu’il a fallu partir à Paris à l’INSEP à 16 ans. Mes parents m’ont alors dit que si j’allais là-bas, c’était pour me donner à fond, sinon je restais sur mon île. Ayant déjà fait des stages nationaux avec les seniors notamment, j’avais pu avoir un aperçu du rythme des judokates de haut niveau de l’époque, et la vie qu’elles menaient m’attirait. J’ai donc décidé de monter à la capitale et mettre toutes les chances de mon côté.

J’admire d’ailleurs le rôle qu’ont eu mes parents. Et qu’ils ont encore aujourd’hui. Ils sont mes piliers, ma mère c’est comme ma meilleure amie je l’appelle tous les jours. Dans tout ce que je fais, je leur demande leurs avis et avec leur expérience d’anciens sportifs  je pense qu’ils sont de bon conseil. Ils ne m’ont jamais mis de pression, ça n’a toujours été que de l’accompagnement, et on sait à quel point l’entourage d’un sportif peut jouer sur sa carrière.

Ils ne se sont jamais immiscés dans la partie judo, car ils ne la maîtrisent pas et ils ont toujours laissé cela à mes entraineurs. En revanche, ils ont pu m’accompagner sur la gestion des émotions, du stress, de la fatigue et de la récupération. Ils m’ont aidé dans les moments difficiles et ont partagé les beaux moments.

 dans le groupe France, on se connaît toutes depuis longtemps, on est ensemble depuis très jeunes. Nous sommes un groupe d’amies en plus d’être un groupe de judokates. En compétition c’est une ambiance de folie, on veut toutes se donner à fond, on a la même hargne et c’est génial.

BEAUCOUP DE JOIES, QUELQUES LARMES, MAIS QUE DU POSITIF

Une fois que j’ai intégré l’Équipe de France, j’ai rapidement vécu des moments fabuleux. D’abord avec ce titre de Championne du Monde par équipe à Paris (2011).

Le judo est un sport individuel, mais ces épreuves par équipe sont un véritable bol d’air. On a une pression, mais ce n’est pas la même. On a à cœur de bien faire pour l’équipe, de rapporter un point pour les copines. La victoire on la partage donc les émotions sont supers, ça ne vaut pas une médaille en individuel en terme de prestige, mais ce que l’on vit en termes d’émotions est mémorable. D’autant qu’actuellement dans le groupe France, on se connaît toutes depuis longtemps, on est ensemble depuis très jeunes. Nous sommes un groupe d’amies en plus d’être un groupe de judokates. En compétition c’est une ambiance de folie, on veut toutes se donner à fond, on a la même hargne et c’est génial.

Ensuite j’ai découvert la joie d’une médaille olympique à Londres en 2012. J’étais très jeune, cette médaille Olympique a changé ma vie. On en ressort avec beaucoup plus de confiance en soi et on se sent capable de le refaire. Il y a la médiatisation qui change, le regard du public et des adversaires également. Cette médaille a été une énorme surprise, j’étais déjà très heureuse d’être aux JO. La suite ce n’était que du bonus et j’obtiens finalement le bronze. Un moment qui restera gravé à vie dans ma mémoire.

Une médaille olympique a vraiment une saveur particulière comparée à une médaille en championnat du monde par exemple. La décision finale sur le tatami, le podium, la fête au club France, des émotions que je veux revivre.

On est une vraie athlète de haut niveau si on connaît à l’inverse des moments difficiles ! Pour moi les blessures ont fait le job, j’ai subi deux opérations des ligaments croisés du genou et une opération de l’épaule. Ce que j’en retiens honnêtement ce n’est que du positif, j’ai pu travailler autre chose, me forger encore plus mon mental, notamment lors de la rééducation qui a duré 8 ou 9 mois et où je travaillais tous les jours physiquement sans forcément faire du judo.

Tu ne sais même pas si tu vas revenir en forme ou si tu seras totalement dépassée. Cela m’a également appris à écouter mon corps, ce que je ne faisais pas du tout avant, car je suis une fonceuse et quand je me dédie à quelque chose j’y vais tête baissée et à 3000%. Là je ne peux plus, je dois prendre des pauses, me reposer pour soulager mon corps, éviter les blessures et perdurer au haut niveau.

C’était un des conseils de mes parents, que je n’écoutais pas trop, je l’avoue aujourd’hui, mais ils avaient raison et je le fais aujourd’hui.

Désormais, je me sens donc bien. Je maîtrise mieux tous ces paramètres qui peuvent faire la différence sur une compétition et qui va m’aider pour la suite de ma carrière.

Mon objectif est Tokyo 2020. Bien sûr chaque compétition est un challenge à relever, je pars pour un grand chelem bientôt et je veux tout gagner, mais l’objectif principal dans les deux ans sera les JO. En espérant revivre les mêmes émotions qu’en 2012, voire mieux !

PRISCILLA