Rugby – Les notes de Italie-France après la belle victoire (10-50)

C’était devenu trop rare ces dernières années. Oui, nous avions hâte de retrouver ce XV de France, deux mois après sa magnifique prestation contre l’ogre anglais à Twickenham. En ouverture du Tournoi, les Bleus ont déroulé et nous ont confirmé leurs grandes qualités offensives. Parfois perturbés par les Transalpins en première période, les hommes de Fabien Galthié ont été chirurgicaux à de très nombreuses reprises. Rappelant le Stade Toulousain des grandes heures, incarné par un Dupont tout feu tout flamme. Sept essais, un bonus offensif, et un collectif toujours solide, l’équipe de France s’est rondement bien lancée dans ce Tournoi. Voici les notes de Italie-France.

Image : Ave Dupont !

Willemse et Cretin en forme

Cyril Baille (5,5/10) : Légèrement plus timoré et hésitant que d’habitude sur certains ballons joués à la main. Avec d’ailleurs un en-avant avant la pause, le toulousain a plus sérieusement défendu et gardé sa ténacité, même si Fabien Galthié l’a rapidement mis au frais, peu après la 50e. En prévision du redoutable Irlande-France de la semaine prochaine.

Julien Marchand (6/10) : Un Toulousain comme à l’accoutumée plein d’énergie et de punch, que ce soit avec le ballon ou en défense. Et au sol où il excelle. Il fut notamment récompensé avec un beau contest dans son camp. Avant de céder sa place à Bourgarit sur protocole commotion.

Mohammed Haouas (5,5/10) : Comme lors ses toutes dernières prestations en bleu, Haouas fut un peu moins présent ballon en main. Mais toujours solide et présent en défense, où son abattage fut propre.  

Bernard Le Roux (6/10) : Le Racingman n’en finit plus d’épater sur ses prestations défensives, il n’a cessé de plaquer tout ce qui bougeait. Même les joueurs sans ballons parfois. Face à lui, on n’avance pas. Le vétéran du XV de France continue d’épater par sa fraicheur et sa constance. Il a une fois de plus joué jusqu’au coup de sifflet final.  

Paul Willemse (6,5/10) : Une défense acharnée en première période qui donnait le ton. Avec beaucoup de puissance et de la résistance à l’impact. Comme son compère Le Roux, il n’est que peu servi sur les phases offensives. Conservant sa puissance pour faire avancer les siens à proximité de la ligne d’en-but adverse, avec par exemple un relais important sur l’essai de Cretin. 

Dylan Cretin (6,5/10) : Le Lyonnais est récompensé d’un essai au ras avec puissance sur l’un de ses premiers ballons (6e). Il a parfaitement joué son rôle de tour de contrôle aérienne avec Charles Ollivon, en contrant les lancers italiens. Présent et précieux au soutien des attaques bleues et une solide défense. Avec un grattage dans ses 22 mètres dans le premier quart d’heure.

Charles Ollivon (5,5/10) : Pénalisé après, il faut le souligner, une attaque transalpine très séduisante et tranchante (18e). Son indiscipline noircit un peu sa performance, même si elle n’impacte en rien son engagement offensif.  

Grégory Alldritt (5,5/10) : Dans son rôle de prédilection, ballon en main et droit vers l’adversaire, le Rochelais a parfois été reçu virilement. Mais s’est montré précieux en conservant la balle. Peut-être que les adversaires ont commencé à travailler ses redoutables percussions. Il est sorti avant l’heure de jeu, remplacé par Anthony Jelonch.

Les notes de Italie-France : L’empereur Dupont

Antoine Dupont (8/10) : Il est décisif sur la combinaison au pied avec Gaël Fickou (27e) qui débouche sur le deuxième essai tricolore. Avant de l’être peu après sur une contre-attaque rondement menée. Après un coup de pied, il est au relais de Villière et sert Vincent en tombant pour l’essai (30e). Mais ça n’est qu’un extrait de sa prestation du jour ! Complète en attaque et aussi en défense, toujours aussi âpre et jamais hésitant à monter. Eternellement au soutien de toutes les avancées tricolores, il inscrit son essai, offert par Thomas (54e)

Matthieu Jalibert (6,5/10) : Impeccable face aux perches, le bordelais aurait sans doute souhaité se libérer un peu plus dans son registre offensif. Comme il le fait en Top 14. Il s’est beaucoup contenté de servir, et n’a pas forcément senti de bons coups à jouer lui-même. Mais sa partie reste très positive. Car on l’a senti de mieux en mieux en défense, se rapprochant sur ce critère de son collègue du poste Romain Ntamack. Quand l’équipe s’est décomplexée, lui-même à retrouvé des initiatives. Il est à l’origine de l’essai de Thomas (56e).  

Gabin Villière (7/10) : Excellent défenseur, toujours la tête dans le ruck quand il est près de son aile ! L’ancien septiste à aussi rondement bien suivi les mouvements offensifs. Au relais de la percée de Thomas en début de match ou de la contre-attaque de Dupont qu’il retrouve après avoir bénéficié du rebond. Un très bel extérieur du pied pour délivrer une passe décisive à Dulin et le bonus offensif aux Bleus (50 e).   

Gaël Fickou (6/10) : Le Francilien inscrit le deuxième essai bleu à la conclusion d’un jeu au pied en sortie de maul d’Antoine Dupont (27e). Une récompense pour celui qui a beaucoup joué avec les autres et globalement bien défendu face aux offensives transalpines. La force tranquille en soi.

Les notes de Italie-France : une ligne arrière en grande forme

Arthur Vincent (7/10) : Il est au départ de la percée de Teddy Thomas, puis au relais du Racingman, avec une grosse percée dans l’axe pour rentrer dans les 22 mètres sur l’action qui amènera le premier essai. Il conclut le contre de Dupont à la 30e en récupérant sa superbe passe. Il joue un peu mal la dernière possession bleue du premier acte, en retournant intérieur alors que le jeu demandait l’inverse. Toujours décisif en défense, avec de très gros plaquages et des déblayages imposants.

Teddy Thomas (7/10) : Après un plaquage raté sur son vis-à-vis dans un contre adverse, Thomas a rebondi en sortant une incroyable chevauchée. Eliminant une demi-douzaine d’adversaires et servant Vincent, avant l’essai de Cretin (6e). Toujours fébrile en défense, avec peu de plaquages au compteur. Manque d’envie au moment d’aplatir le ballon sur le jeu au pied de Dulin (47e). Où il se fait surprendre. Superbe réaction avec sa percée dans le beurre italien avant d’offrir un essai à Dupont (54e). Il s’offre un doublé en fin de rencontre sur un-contre-un bien négocié (74e).   

Brice Dulin (7/10) : Très visible dès les premiers ballons, avec des coups de pied plutôt bien sentis. Mais aussi des relances toujours justes, et même si peu de percées, un abattage défensif intéressant quand les siens en avaient besoin. Joli coup de pied en profondeur en surnombre pour Teddy Thomas, qui aurait mérité mieux (47e). Mais il est récompensé trois minutes plus tard après une relance pour Villière. Qui lui offre un caviar au pied pour aller conclure dans l’en-but.

Mathéo RONDEAU