Fouad "Rafsou" Fares

FIFA : #OL eSports #Vainqueur Orange eLigue 1 Hiver 2018 #Finaliste XBox ESWC (PGW) #Top 2 France PlayStation FC 2017

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que la finale de l’Orange E-Ligue 1 se déroule ce week-end, nous sommes partis à la rencontre de Fouad Fares alias “Rafsou”. Le joueur professionnel FIFA de l’Olympique Lyonnais eSports nous raconte son parcours, son arrivée dans la structure rhodanienne et son envie de performer au niveau mondial. (crédit photos : OL eSports)

Ce sont mes oncles qui m’on fait découvrir les jeux vidéo et notamment ceux de foot quand j’étais petit. Comme beaucoup de joueurs, j’ai commencé par la série de Pro Evolution Soccer avant de migrer sur FIFA il y a quelques années.

J’ai commencé à progresser, mais au début c’était assez compliqué d’estimer mon niveau car je ne jouais que contre ma famille. C’est vraiment vers l’âge de 16 ans que je me suis rendu compte que j’étais plus fort que beaucoup de gens. Le système de division sur FIFA permettait de mieux se rendre compte de son niveau, et j’étais l’un des rares à être en division 1 parmi mes amis de l’école. C’est ce qui m’a un peu convaincu de rentrer dans l’eSports. Dès mon premier tournoi, je suis arrivé à accéder en finale contre un joueur expérimenté. On m’a alors conseillé de me lancer, mais il y avait assez peu de compétitions à l’époque.

Quelque temps plus tard, j’ai pu participer aux qualifications pour les Championnats de France qui se déroulaient à côté de chez moi, au Stade Gerland. J’ai réussi à me qualifier facilement, et ce moment a agi comme un déclic : La Team Nexus avec qui je discutais auparavant m’a engagé et pour ma part j’avais vraiment cette envie de tout donner pour voir où est-ce que je pourrais aller.

INTÉGRER L’OL ESPORTS UN RÊVE POUR TOUT JOUEUR

Pour ce premier championnat de France, je réalise un beau parcours : second de ma poule derrière Vitality Nino (Champion de France et vainqueur de l’ESWC), victoire en 1/8 contre Vinch (vainqueur ESWC) pour finir par perdre en demi-finale contre le futur vainqueur Ayziq.

Après de nombreux tournois j’ai réussi à intégrer l’Olympique Lyonnais eSports grâce à mes résultats, mais aussi, car j’ai eu la chance qu’un joueur me conseille auprès du team manager de l’époque. Le fait d’être un supporter de l’OL était un plus pour eux, mes résultats comme ma qualification à l’Orange E-Ligue 1 où je m’étais qualifié à Lyon (et où j’avais pu engager des discussions avec le CM de l’OL) ou mon parcours à l’Olympia ont été, je pense, déterminants. Le fait que je sois de la région lyonnaise est plutôt un facilitateur pour me permettre d’être présent dans les locaux du club.

Être dans une team comme l’OL eSports, c’est clairement motivant, car nous sommes supportés et conseillés avec mon coéquipier CocoVBastos. Il est vrai qu’il a fallu expliquer mon rôle à de nombreuses personnes au club qui comprenaient difficilement que je pouvais avoir un salaire comme eux alors que je jouais aux jeux vidéo.

Depuis tout petit, ça a toujours été un rêve de pouvoir prendre part à un club comme l’OL. Je me souviens des rencontres disputées avec le club de foot de ma ville contre les Lyonnais en catégories jeunes, c’était déjà des sensations extraordinaires de les jouer. Maintenant être leur représentant sur la scène eSports c’est quelque chose d’important pour moi.

Pour cette année je garde le même objectif, celui de gagner les compétitions auxquelles je participe. Quel autre but pourrais-je avoir ? Tous les joueurs pros ont quasiment le même niveau, ce sont certains détails qu’il faut travailler pour gagner.

- Rafsou

La place de notre structure prend de l’ampleur petit à petit dans le club même si on reste bien évidemment derrière les sections masculines et féminines du club. Je croise quand même pas mal de joueurs et nous avons déjà réalisé quelques vidéos pour la sortie de FIFA 18 avec Aouar, Ndombélé, Marçal ou Ferland Mendy qui joue beaucoup à FIFA.

L’un des côtés bénéfiques de faire partie d’une team pro Ligue comparé aux teams plus classiques comme Millenium reste le fait de participer à des compétitions qui nous sont réservées comme la Coupe du Monde des clubs. De plus nous avons des places automatiques pour participer à l’Orange E-Ligue 1 ce qui me parait normal.

UN NOUVEAU STATUT ET DES OBJECTIFS À ASSUMER

L’image des gens me concernant a pu changer. Avant, on n’avait aucune assise sur le fait que notre fonction de pro gamer puisse être crédible. Tout le monde estimait que ce n’était pas un vrai travail de jouer à FIFA.  Aujourd’hui j’ai des horaires, un contrat avec l’OL, etc. ce qui permet à certains d’admettre le fait que je suis un salarié comme tout le monde.

L’exposition médiatique importante sur les réseaux sociaux ou le fait qu’on me reconnaisse dans la rue a vraiment fait accepter à mes parents mon statut de joueur pro FIFA. Avant ma mère me disait de plus me concentrer sur mes études, maintenant elle veut simplement que je les reprenne après. C’est une victoire pour moi, car j’ai pu prouver à mes parents que ce que je faisais ce n’était pas du vent, c’est devenu une réalité pour eux.

Mon quotidien en tant que joueur pro est assez routinier, je joue assez peu en début de semaine pour décompresser. La grande partie de nos matchs s’effectuent le week-end sur le mode FUT Champions.

Pour cette année je garde le même objectif, celui de gagner les compétitions auxquelles je participe. Quel autre but pourrais-je avoir ? Tous les joueurs pros ont quasiment le même niveau, ce sont certains détails qu’il faut travailler pour gagner.

Je suis venu sur FIFA non pas pour l’argent, mais pour montrer que je suis meilleur que la plupart des autres joueurs. Si je pouvais être champion du Monde sans gains à la clé, je serais ravi. D’autres s’en ficheraient complètement. Je me suis lancé dans FIFA pour être le numéro 1. Atteindre mes objectifs ne sera pas facile du tout, mais qui sait de quoi le futur sera fait. On ne sait pas encore à quel âge un joueur FIFA s’arrête :  Bruce Grannec a pris sa retraite il y quelque temps, mais il n’y avait jamais eu ce type de structure professionnelle. Peut-être que les clubs nous aideront un jour pour notre reconversion. En attendant, je vais essayer d’accomplir mon rêve ultime, celui de devenir Champion du Monde.

RAFSOU