Marine Ménager – Rugbywoman

#Équipe de France #Montpellier Hérault Rugby #Ancienne Lille MRCV #Championne de France 2016

(Crédit photo Une : Inpho Photography).

Ma grande sœur nous a sans doute montré la voie du ballon ovale dès le plus jeune âge. Nous allions la voir lorsqu’elle était à l’école de rugby. Nous avons eu la chance ensuite d’en faire en initiation en maternelle et nous avons tout de suite accroché avec ma sœur jumelle, Romane.

Nos parents nous ont inscrites dès que possible en club. Nous adorions le fait de retrouver les amis, l’esprit d’équipe, mais également le contact, que ce soit un sport très physique. Cette fibre rugby s’est transmise dans toute la famille, car mes parents se sont à leur tour inscrits, tout le monde était licencié chez nous.

Le rugby féminin a d’ailleurs beaucoup évolué. Il y a quelques années, il y avait encore des personnes qui étaient surprises en apprenant que nous faisions ce sport. Maintenant ces gens sont une minorité et au contraire on a de plus en plus de personnes derrière nous, ce soutien est important pour l’évolution du rugby et pour l’image de la femme en général.

Tout cela nous a servi à Romane et moi pour nous épanouir dans notre jeunesse. Nous étions assez introverties et faire partie d’une équipe, et de ne pas être trop mauvaises dans les autres disciplines, nous a aidé pour nous faire des amis à l’école notamment. C’est aussi à ça que sert le sport, à se libérer et à prendre confiance en soi.

Nos parents nous ont inscrites dès que possible en club. Nous adorions le fait de retrouver les amis, l’esprit d’équipe, mais également le contact, le fait que ce soit un sport très physique. Cette fibre rugby s’est transmise dans toute la famille, car mes parents se sont à leur tour inscrits, tout le monde était licencié chez nous.

Notre région, le Nord, n’est pas très rugby pourtant, sans notre grande sœur nous n’aurions peut-être jamais été attirées. Mais je pense qu’il y a un vrai potentiel dans le nord, on verra si cela se développe au fil des années.

Il y a 10 ans le rugby féminin était encore moins médiatisé. On regardait donc le rugby masculin à la TV, notamment la grande époque du Stade Toulousain, avec Michalak en fer de lance. J’ai pu aussi apprécier le jeu de certains 3ème lignes comme Betsen ou Nyanga plus récemment, mais je ne me suis pas focalisée que sur ce genre de poste. Des individualités formidables comme Sonny Bill Williams ou les internationaux Fritz et Jauzion m’inspiraient énormément.

À partir de 2014 le rugby féminin a commencé à se développer donc j’ai pu suivre un peu plus les filles.

L’équipe de France, un rêve devenu réalité

Nous étions au pôle espoir de Lille depuis l’âge de 15 ans, et c’est vrai qu’en voyant ce sport se développer au niveau féminin on s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire de notre côté, de viser l’Équipe de France.

J’ai grandi en regardant le 6 Nations à la TV, avec plusieurs succès du XV masculin, cela donne envie d’en faire de même avec les filles et je pense qu’au vu de notre évolution ces 2/3 dernières années nous en sommes de plus en plus capables.

Revêtir ce maillot floqué du Coq est quelque chose de spécial, à la fois transcendant et stressant dans le sens où on ne veut pas décevoir. Notre équipe donne tout à chaque match, on se bat les unes pour les autres. Nous sommes très solidaires sur et en dehors du terrain.

Je n’ai pas le même statut que Romane en Équipe de France, elle est là depuis plus longtemps, moi à chaque annonce du groupe, j’ai la boule au ventre, je stresse un peu.

LE XV DE FRANCE FÉMININ VIENT D'OBTENIR UNE TRÈS BELLE VICTOIRE CONTRE L'IRLANDE

Il y a plein d’objectifs avec le XV et j’espère vraiment réussir à me faire ma place, je passe au centre cette année alors que j’étais à l’aile l’année dernière, à la suite de discussions avec les coachs. Je vais donc tout faire pour être performante et apporter quelque chose à l’équipe.

Il y a eu du changement l’été dernier avec notre arrivée à Montpellier avec Romane, tout se passe bien pour le moment donc j’espère confirmer cela avec la sélection.

J’ai la chance de faire partie des 24 joueuses qui ont un contrat fédéral à présent, c’est quelque chose de nécessaire pour faire progresser le niveau des joueuses grâce au temps qu’on gagne qui sera consacré au rugby. Mais également en termes de crédibilité auprès de tout le monde, les employeurs, le public, etc. On se rapproche doucement des garçons.

Et à très court terme, on espère bien sûr remporter ce 6 nations malgré la défaite contre les Anglaises, et finir avec seulement des victoires et se préparer pour les prochaines échéances cet été…

MARINE