Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

L’Équipe de France féminine de rugby à 7 foulera du 8 au 10 juin les terres parisiennes pour le tournoi de rugby, Paris Sevens. L’occasion pour le rugby féminin de se faire connaître du grand public. Revenue de blessure et non-sélectionnée pour cet évènement, la rugbywoman de 29 ans, Lénaïg Corson, explique pour Sans Filtre, les clés du tournoi et l’importance pour l’Équipe de France de faire une bonne performance.

SOUTENIR ET AIDER L’ÉQUIPE MÊME EN TRIBUNES

Le tournoi Paris Sevens débutera ce vendredi à 15 h 50 contre l’Espagne au Stade Jean Bouin de Paris. Ce sera l’occasion de faire connaître le rugby féminin à 7 au plus grand nombre pour ceux qui ne sont pas familiers de la discipline.

Malheureusement, je reviens d’une longue blessure et je n’ai pas été sélectionnée. C’est une période d’arrêt qui a commencé le 3 janvier, après avoir été victime d’une grosse déchirure au niveau des ischio-jambiers.

Cela fait seulement un mois que j’ai repris l’entraînement avec le groupe France. Aujourd’hui, nous sommes 23, et nous nous entraînons ensemble depuis le début de la saison.

Alors même dans les tribunes, je vais aider et soutenir l’équipe à se surpasser. Pendant trois jours, douze filles seront sur le terrain et onze seront là pour les encourager.

Bien évidemment, il est compliqué de revenir d’une blessure, il faut être très patiente, et très forte psychologiquement. Mais j’ai fait une bonne rééducation pour être dans les conditions adéquates pour revenir en évitant une rechute.

Il est vrai qu’observer ses coéquipières sur le terrain nous donne aussi envie de jouer et de donner le meilleur de nous-mêmes. Mais dans la vie, il y a des périodes de doutes, on se pose beaucoup de questions. Parfois, on ne sait pas si l’on va retrouver son niveau d’avant, et c’est lorsqu’on monte sur le terrain qu’on retrouve nos sensations.

On se dit juste que c’est un mal pour un bien, car ça laisse place à la réflexion. J’étais bien entourée, je suis restée très positive dans ma rééducation, et j’y ai toujours cru. Je me suis dit qu’il y avait pire dans la vie. Certaines personnes n’ont pas la chance de vivre de leur passion ou de faire du sport, donc je relativise.

Ce qui est fort dans notre sport, c’est que malgré la non-sélection de certaines joueuses, on reste un groupe solidaire et soudé. Chacune d’entre nous s’entraide au quotidien que ce soit aux entraînements ou lors des matchs.

Ce sera une belle fête du rugby ! Les blessées et les non-sélectionnées seront à 200 % derrière l’équipe.

OJECTIF MÉDAILLE DE BRONZE POUR LES BLEUES

Je suis toujours sous contrat avec l’Équipe de France de rugby à 7. Il y a de grosses différences entre le rugby à 7 et celui à 15. Elles sont tout d’abord physiques, car nous jouons sur la même surface qu’un terrain à 15 avec deux fois moins de joueuses. Les espaces sont plus grands, les courses plus longues et ça nécessite donc plus d’endurance. Il faut également avoir une bonne technique et une bonne gestuelle. C’est un sport qui est plus énergétique et plus complet que le rugby à 15.

Il y a de grosses différences entre le rugby à 7 et celui à 15. Elles sont tout d’abord physiques, car nous jouons sur la même surface qu’un terrain à 15 avec deux fois moins de joueuses. Les espaces sont plus grands, les courses plus longues et ça nécessite donc plus d’endurance. Il faut également avoir une bonne technique et une bonne gestuelle.

Lors de ce tournoi de Paris Sevens, l’objectif sera de remporter au moins la médaille de bronze, en faisant une bonne prestation. Sur le circuit mondial, nous sommes en troisième position et avons 10 points d’avance sur le quatrième, après avoir remporté l’ensemble des points sur le tournoi de Dubaï, de Sydney, du Japon et du Canada. Cette troisième place peut marquer cette fin de saison sur une bonne note.

La préparation du tournoi s’est très bien déroulée malgré les blessures de certaines joueuses expérimentées. On l’a préparé activement depuis une quinzaine de jours. On commence à avoir une équipe homogène avec des repères collectifs assimilés, le groupe se tire vers le haut et c’est bénéfique. Chacune apporte sa pierre à l’édifice. On a énormément de confiance dans notre performance.

En ce qui concerne la poule de l’Équipe de France lors du tournoi du Paris Sevens, les USA, le Canada et l’Espagne sont des équipes que l’on a l’habitude d’affronter depuis le début de l’année.

Les Américaines sont assez puissantes et dominent dans leur contact. Certaines joueuses sont très physiques et rapides. Les Japonaises ont de petits gabarits avec des appuis. Enfin, l’Espagne est une équipe que l’on connaît bien, elle est assez complète et combative. Alors on essayera de mettre nos principes de jeu en action, en fonction de l’équipe que l’on affrontera.

LE TOURNOI PARIS SEVENS : UNE AUTRE DIMENSION !

Le tournoi se déroule en France, donc c’est aussi l’occasion de nous faire connaître du grand public, on est fière de jouer à Paris. C’est aussi le moment de pouvoir développer le rugby féminin, car à Paris, c’est une autre dimension !

Pour la première fois, l’Équipe de France féminine de rugby à 7 jouera un tournoi dans la capitale, en même temps que celui des garçons. Cette ville est superbe, et attire du monde. J’espère qu’elle créera une effervescence, de par la médiatisation, mais nous espérons aussi que les personnes seront curieuses de nous découvrir.

Le rugby féminin se développe petit à petit. Avec ses 20 000 licenciés, de plus en plus de filles souhaitent faire du rugby. Les chiffres sont en constante augmentation et nous attirons de plus en plus de jeunes dans les clubs.Ceci est lié aux bons résultats des Équipes de France féminines de rugby. Depuis la Coupe du Monde 2014, il y a un réel engouement autour du rugby féminin.

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Le rugby féminin se développe petit à petit. Avec ses 20 000 licenciés, de plus en plus de filles souhaitent faire du rugby. Les chiffres sont en constante augmentation et nous attirons de plus en plus de jeunes dans les clubs.

Ceci est lié aux bons résultats des Équipes de France féminines de rugby. Depuis la Coupe du Monde 2014, il y a un réel engouement autour du rugby féminin. Nous avons notamment obtenu une médaille de bronze lors de la Coupe du Monde 2017 en Irlande et remporté le grand chelem cet hiver durant le tournoi des 6 nations. Quant à l’équipe de France féminine de rugby à 7, elle figure aujourd’hui dans le top 3 mondial. Nos résultats se ressentent sur la pratique féminine et attirent les plus jeunes. Cela nous encourage à leur montrer l’exemple.

Le rugby féminin est aujourd’hui très porteur. On sent vraiment que les personnes apprécient notre style de jeu et notre état d’esprit : humbles et hargneuses.

Les matchs du XV Féminin sont télévisés sur France TV et Eurosport. J’espère que les matchs de rugby à 7 féminins seront eux aussi télévisés, car à présent, pour nous il faut être motivé ! Pour voir les rencontres, il faut trouver un lien sur internet qui fonctionne et qui ne soit pas bloqué. Les tournois sont à l’autre bout du monde donc avec le décalage horaire il faut rester éveiller la nuit ou bien se lever tôt… Ce qui n’est pas toujours évident pour regarder du rugby à 7 féminin ! J’en profite pour lancer un appel.

Même si je ne vais pas jouer pas lors du tournoi Paris Sevens, je vais essayer d’apporter le maximum à l’Équipe de France. Tant par mon vécu que ma bonne volonté. Bien évidemment, j’ai dans un coin de ma tête l’idée de vivre la prochaine Coupe du Monde 2018 le 20 juillet, je ne lâcherai pas et je vais continuer à travailler pour y donner le maximum à l’équipe.

Je souhaite à mes coéquipières qu’elles se fassent plaisir lors de ce tournoi Paris Sevens. Ce n’est pas parce que l’on joue en France qu’il faut avoir une quelconque pression. Sur les dernières compétitions, on a passé un cap, maintenant il ne nous reste plus qu’à montrer ce que l’on sait faire : jouer.

LENAÏG AVEC SOLÈNE ANSON