Le belge Wout Van Aert est un des acteurs clés de ce début de Tour de France. Il y a d’ailleurs endossé le maillot blanc de meilleur jeune. Crédit : [AFP].

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Étape 1 : Gênes-Gênes (9km, CLM individuel)

Le premier coureur à s’élancer fait partie de la nouvelle équipe invitée B&B Hôtels-Vital Concept en la personne de Cyril Barthe. Rapidement, son chrono est battu par des hommes spécialistes du chrono, à l’image de Soren Kragh Andersen ou Patrick Bevin. A la mi-course, le néo-zélandais est en tête mais les écarts sont très faibles. Le coureur CCC est délogé successivement par Stefan Küng, le champion du monde Mads Pedersen puis Michal Kwiatkowski. Deux secondes plus rapide, l’australien Michael Matthews prend les devants, alors qu’il ne reste plus que dix coureurs au départ. Un seul homme parviendra à le détrôner. C’est Wout Van Aert (Jumbo-Visma) qui portera le premier maillot jaune de ce Tour ! Le Top 5 est complété par Matthews (+3’’), Kwiatkowski (+5’’), Pedersen (+6’’) et Roglic (+7’’).

Le slovène est en effet le premier des grands favoris au terme de ce contre-la-montre. Tom Dumoulin et Geraint Thomas ne lui concèdent que trois secondes, Froome et Alaphilippe six. Thibaut Pinot réalise une performance correcte en terminant à vingt-trois secondes du vainqueur, tandis qu’Egan Bernal, dernier sur la rampe de lancement, reste sur sa faim, avec une 42e place à 29 secondes. Plus loin, on retrouve Enric Mas (+39’’), Mikel Landa (42’’) ou encore Romain Bardet (+45’’).

Wout Van Aert (Jumbo-Visma, vainqueur de l’étape) : “J’étais très impatient de revenir sur le Tour après mon accident sur le chrono en 2019. Depuis la sortie du parcours, j’avais coché cette étape et je suis très honoré de revétir le maillot jaune. J’ai tourné autour l’an passé. Après, je ne sais pas si on va le défendre, car le Tour est long et Primoz a de hautes ambitions pour la suite”

Primoz Roglic (Jumbo-Visma, 5e de l’étape) : “Je me méfiais du prologue très technique. Le plus important était de rester sur le vélo et de ne pas faire de faute. C’est chose faite. Je suis heureux d’avoir pu prendre du temps sur mes concurrents. Je suis rassuré sur ma forme, mais le Tour est encore long”.

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ, 28e de l’étape) : “C’est globalement satisfaisant dans un exercice que je n’aime pas trop. Je suis bien placé, je vais tâcher d’être vigilant dans les étapes à venir qui sont piégeuses. Je ne veux pas faire les mêmes fautes qu’en 2019”.

 

Étape 2 : Gênes-San Remo (160,5km)

Au programme de ce mini-Milan-San Remo, une première moitié de course plutôt calme à prévoir avant une seconde partie plus relevée, avec les Capi (Capo Mele, Cervo et Berta) et les deux légendaires montées, la Cipressa et le Poggio. Les tentatives de sortie sont vaines durant le premier quart d’heure de course, de nombreuses équipes souhaitant faire partie de l’échappée du jour. Au km 14, six hommes parviennent à faire la différence, tandis que le peloton abdique et laisse l’écart monter. A l’avant, on retrouve Gregor Mühlberger, Kévin Ledanois, Luis Leon Sanchez, Patrick Bevin, Mads Würtz Schmidt et Cyril Gautier. Au maximum, ce groupe comptera un peu plus de trois minutes de marge sur le peloton emmené par Deceuninck-Quick Step et Jumbo-Visma.

Malheureusement, l’échappée est en effet rapidement reprise, au pied de la Cipressa. Patrick Bevin est alors maillot à pois provisoire, ayant pris les deux premiers points. Dans l’avant-dernière difficulté du jour, la Lotto-Soudal se met aux avants postes. Philippe Gilbert en profite pour passer en tête et marquer deux points au classement du meilleur grimpeur. Mais la course se tourne déjà vers le Poggio, qui se monte sur un rythme extrêmement soutenu et ne permet aucune attaque. Bevin parvient à se placer en tête du peloton pour valider son maillot à pois. Il reste donc cinq kilomètres et un peloton presque au complet. La descente ne permet cependant pas aux sprinteurs mal placés au sommet de se remettre à l’avant. Sur la via roma, l’emballage final est lancé. Avec un effort lancé de très loin, Giacomo Nizzolo mène la danse mais s’écrase dans les 50 derniers mètres, repris par un Caleb Ewan costaud qui lève les bras. Viviani complète le podium, tandis que Sagan, quatrième, reste bredouille à San Remo. Bryan Coquard décroche une jolie cinquième place, devant Kristoff et Colbrelli. Sam Bennett ne dispute pas le sprint et termine loin. Wout Van Aert conserve sans souci son maillot jaune.

Caleb Ewan (Lotto-Soudal, vainqueur de l’étape) : “C’est une grande satisfaction pour moi et pour mon équipe qui a parfaitement contrôlé la course. On a réussi à annihiler toutes les velléités offensives. J’ai douté dans le final quand Giacomo lance son sprint de loin. Mais j’ai réussi à le déborder. Cette première victoire va m’enlever beaucoup de pression pour la suite de ce Tour. Il y a peu d’opportunités pour nous, il ne fallait pas se louper”.

Wout Van Aert (Jumbo-Visma, leader du classement général) : “Une journée assez tranquille pour moi et mon équipe. Mais je me rend compte de toute la symbolique que représente ce maillot et le fait de le défendre. Du coup dans le final j’ai sans doute manqué un peu de force mais aussi de concentration. C’est dommage car je pouvais sans doute mieux faire aujourd’hui.”

Bryan Coquard (Vital Concept-B&B Hotels, 5e de l’étape) : “Vous savez, j’ai été privé de Tour pendant quatre ans, revenir sur les routes est déjà en soi une première victoire. Est ce que je suis surpris par ma performance ? Oui et non. Je sais ce que je vaux. Je connais mes qualités. Mais il fallait reprendre certains automatismes. Mon équipe a fait un super travail pour me placer dans le final. J’ai une grande confiance en mes coéquipiers et je sais que je peux avoir une carte à jouer sur des étapes compliquées”.

Étape 3 : Monaco-Grasse (199,5km)

Les 3500m de D+ et cinq difficultés de deuxième catégorie sont alléchants au matin de la troisième étape. Une grosse échappée est attendue, et peut-être une première confrontation directe entre les favoris. Le col d’Eze (km 13,5) est le tremplin dont se servent de nombreux coureurs pour prendre la fuite. Ils sont dix au sommet, rejoints dans la plaine par un quatuor qui complète l’échappée du jour, dans laquelle figurent notamment Zdenek Stybar, Simon Clarke, Toms Skujins, Nicolas Roche, Oliver Naesen ou Pierre Rolland. L’écart grimpe et atteint cinq minutes au pied de la montée de Tanneron (km 77,5 avec 7,4km à 4,8%). Les hommes cités plus haut se jouent les pois du meilleur grimpeur, comme dans les cols d’Avaye (km 108 avec 10,7km à 5,1%) et de la Lèque (km 133,5 avec 9,9km à 4,5%). Dans ce dernier, puis au cours de l’ascension du Col du Ferrier (10,5km à 4,3%), le peloton accélère et perd de nombreuses unités. Avant de basculer dans la grande descente, les 14 hommes à l’avant n’ont plus qu’une minute d’avance sur le groupe maillot jaune, composé de 80 coureurs.

Les fuyards sont finalement repris au pied de la toute dernière bosse, la côte de Châteauneuf-Grasse (2km à 7%). Au moment où les Groupama-FDJ de Thibaut Pinot se replacent à l’avant du groupe, Alexey Lutsenko tente sa chance et s’en extraie à un kilomètre du sommet. Mais Dylan Teuns, dont l’attaque est plus tranchante, le reprend et parvient même à le lâcher avant la bascule. Une bascule fatale à une trentaine de nouveaux coureurs, dont Peter Sagan ou Sonny Colbrelli. Le statut-quo dans le peloton profite à Teuns, qui possède dix secondes d’avance sous la flamme rouge. Sur la ligne, le belge de Bahrain-McLaren souffle pour une roue le succès au maillot jaune Wout Van Aert. Trentin (3e), Schachmann (4e) et Gilbert (5e) terminent dans la foulée. A Grasse, 42 coureurs terminent dans le même temps que le vainqueur, aucun favori n’est piégé mais certains se firent des frayeurs, à l’image de la chute sans gravité de Rigoberto Uran ou la crevaison dans le final d’Enric Mas.

Sur le podium, Wout Van Aert conserve sa tunique de leader, Ewan celle du meilleur sprinteur, tandis que les pois vont pour Toms Skujins, qui totalise seize points.

Dylan Teuns (Bahrein-Mclaren, vainqueur de l’étape) : “J’ai choisi de partir de plus loin car je n’étais pas sur de moi au sprint. Ma tactique a été payante. Après mon succès à la Planche l’an passé, je savais que j’étais attendu. Mais je me sens bien depuis le début de l’année et j’ai une grande confiance en moi. Mon seul regret c’est de louper de peu le maillot jaune. Mais c’est une excellente journée”.

Toms Skuijns (Trek-Segafredo, maillot à pois) : “On avait convenu avec le directeur sportif qu’il devait y avoir au moins un Trek devant aujourd’hui. J’ai donc suivi les attaques. J’en ai profité pour faire les points du meilleur grimpeur. Mais je ne fais pas de ce maillot un objectif. On va devoir travailler dur pour Richie pour qu’il fasse le meilleur classement possible à Paris. Le reste est secondaire pour nous. On savait que ce serait dur pour l’étape, avec la Jumbo qui voulait garder le maillot et beaucoup de coureurs intéressés par la gagne”.

Wout Van Aert (Jumbo-Visma, leader du classement général) : “On savait que ce serait une journée difficile aujourd’hui. Je n’ai rien pu faire lorsque Teuns est passé à l’attaque. Il nous manque pas grand chose pour revenir. Mais l’essentiel est d’avoir sauvé le maillot jaune. Mon Tour et d’ores et déjà réussi après ces trois premières étapes”.

Classement général Classement par points
1 Wout Van Aert 1 Caleb Ewan 58
2 Dylan Teuns +4” 2 Wout Van Aert 51
3 Michal Kwiatkowski +11” 3 Giacomo Nizzolo 39
4 Primoz Roglic +13” 4 Matteo Trentin 35
5 Max Schachmann +14” Meilleur grimpeur
6 Tom Dumoulin +16” 1 Toms Skujins 16
7 Geraint Thomas +16” 2 Simon Clarke 12
8 Julian Alaphilippe +19” 3 Oliver Naesen 7
9 Chris Froome +19” 4 Patrick Bevin 7
10 Tadej Pogacar +20” Meilleur jeune
18 Thibaut Pinot +29” 1 Wout Van Aert
23 Egan Bernal +35” 2 Tadej Pogacar +20”
29 Nairo Quintana +41” 3 Sergio Higuita +21”

 

Mathéo RONDEAU et Étienne GOURSAUD