Alors que la France réapprend à vivre en extérieur avec un déconfinement amorcé depuis ce lundi 11 mai, ces quelques semaines écoulées auront profondément questionné les français sur leur rapport au travail.

Derrière la menace de la propagation du Coronavirus s’est joué un jeu d’équilibriste pour de nombreuses entreprises qui ont tout fait pour ne pas stopper leur activité, sous peine de conséquences économiques désastreuses. Si certains comme les acteurs du BTP ou les métiers de l’agroalimentaire n’ont finalement pas pu changer leur fusil d’épaule, d’autres comme les agences marketing, les médias ou même certaines entreprises industrielles ont dû revoir leurs certitudes sur le télétravail.

Le remote work se met enfin en place dans le monde du travail

Un mot bientôt remplacé par le remote work, c’est-à-dire le fait de travailler à distance sans avoir l’obligation d’être à proximité géographique des bureaux de son entreprise. En clair, vous pouvez être à Paris en train de bosser, alors que votre société est située à Singapour.

Certains outils très connus des remote workers ont véritablement explosé avec le confinement, en touchant désormais le grand public. On pense notamment à :

Zoom (outil de vidéo-conférence): https://zoom.us/fr-fr/meetings.html

Knock (virtual office): https://knockhq.co/

Cette démocratisation du remote work ne doit pas nous faire oublier que certains protagonistes du monde de l’esport ont été des précurseurs dans ce domaine.

remote work

Les pro-gamers, remote workers avant l’heure

Depuis l’avènement d’internet et le développement de jeux par équipe en ligne, des équipes se sont naturellement composées. Et ne pensez pas que tout ce beau monde habitait la même ville ou simplement la même région.

Ce qui n’était pas un problème lorsque les parties n’avaient pas d’autres enjeux que l’honneur ou la volonté d’être les meilleures sur le ladder, s’est transformé en véritable enjeu par la suite. Prenons une série comme Counter-Strike qui a très vite connu une sorte de professionnalisation sur la version 1.6 ou avec Source dès le début des années 2000.

Les 5 joueurs qui composaient une équipe, s’ils étaient quasi exclusivement originaires d’un même pays, devaient s’entraîner chaque jour en ligne du fait d’une certaine distance géographique entre eux. Tel de vrais remote workers des temps modernes, ils ont alors mis en place des plannings d’entraînements, ont utilisé des outils pour améliorer leur communication ou ont tout simplement partagé leurs connaissances et leurs analyses sur des plateformes en ligne. C’était alors le temps des ancêtres de Discord, Google Calendar ou Drive.

Aujourd’hui de nombreuses équipes fonctionnent toujours de cette manière comme Vitality ou G2 par exemple. Certains joueurs habitent dans des contrées à la taxation fiscale avantageuse, d’autres préfèrent privilégier leur vie de famille ou veulent apprécier les charmes des plus grandes capitales.

Derrière cette implantation géographique disparate, avec des joueurs séparés par des centaines voire des milliers de kilomètres, l’organisation esport souvent basée dans une ville précise s’évertue comme toutes entreprises remote à donner les outils nécessaires à ses joueurs.

Bien évidemment d’autres modèles existent, ne croyez pas que toutes les teams du monde du jeu-vidéo compétitif fonctionnent ainsi. Astralis préfère alterner entre télétravail et présence ponctuelle au centre d’entraînement de l’équipe afin d’avoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. D’autres scènes esport comme celle de League Of Legends a du privilégier les « gaming house », ces lieux de vie commun pour les joueurs d’une même équipe car tous les matchs se jouaient en live dans une même ville.

L’esport démontre en tout cas une nouvelle fois qu’il est un milieu avant-gardiste, et qui n’hésite pas à se remettre en cause pour progresser. Que ce soit pour améliorer la performance de ses équipes ou pour assurer le bien-être de ses joueurs.

Encore un point commun avec les entreprises remote !