Krok - Caster

#League of Legends #PushToTalk

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Parmi les Push To Talk dont je suis le plus fier, j’ai une grande affection pour celui avec Toucouille. J’étais parti un peu à reculons sur cette émission, puisque sa carrière était toute jeune et j’avais peur de ne pas avoir assez de contenu pour tenir une interview suffisamment intéressante. Au final, il était tellement content de faire cet interview et il a tellement véhiculé son amour pour League of Legends que c’est devenu à mon avis un super Push To Talk. L’épisode avec Djoko également m’a frappé car il était très émouvant. On a abordé certains points de sa vie, notamment son avant-carrière, qu’il ne laisse pas forcément transparaître sur scène, et ça rend l’interview très forte.

IL N’Y A PAS DE ROUTE TOUTE TRACÉE

Push To Talk m’a appris beaucoup de choses différentes. J’ai découvert au fil de mes interviews des schémas récurrents chez beaucoup de mes invités notamment au niveau de leur relation avec le jeu vidéo. Certains ont découvert ou se sont lancés dans le jeu vidéo lorsqu’ils étaient très seuls, et ce monde les a aidés à un moment où ils n’étaient pas forcément au meilleur de leur forme. J’ai remarqué également beaucoup d’entêtement chez mes différents invités, beaucoup de persévérance. Je me suis également rendu compte qu’il n’y avait pas une route toute tracée pour ces joueurs, mais qu’il existait pleins de chemins différents qui chacun correspond à une personne. Quand je prends par exemple le parcours de Mephisto, qui est aujourd’hui aux côtés de Duke chez Vitality, il a été à la fois long, et tellement court, fait de pleins d’opportunités qu’il a su saisir au bon moment.

Entre la saison 1 et la saison 2 de Push To Talk, je me suis remis en question notamment sur la régularité de l’émission. Le format était bon mais 1 épisode par semaine, ça faisait beaucoup de travail sachant que je gère l’émission tout seul. Je n’étais pas très serein à l’idée de me dire que 52 épisodes devaient être fait durant l’année, d’autant plus que j’avais peur de ne pas avoir assez d’invités pertinents pour remplir ces 52 épisodes. J’ai donc décidé de réduire ce rythme, même si cela a ses inconvénients puisque l’émission est probablement moins suivie qu’avec un épisode par semaine, mais je suis plus en accord avec ma vision du podcast.

Pour l’heure, j’aimerai beaucoup inviter des joueurs qui me permettent de faire des passerelles vers d’autres jeux, d’autres scènes, comme Airwaks.

J’ai l’impression que l’esport se diversifie de plus en plus. On peut aujourd’hui faire carrière dans l’esport sans forcément être joueur ou coach. J’ai voulu suivre cette évolution avec Push To Talk pour faire découvrir ces personnes dont on n’entend pas autant parler que les joueurs au grand public. Ces nouveaux métiers autour de l’esport sont tout aussi importants que les joueurs aujourd’hui et méritent d’être mis en avant. Je pense notamment aux analystes qui travaillent autour des équipes et avec elles, comme Arailla que j’ai interviewée. Je trouve que ça donne une saveur particulière à cette deuxième saison de Push To Talk, un côté très international, et je pense que ça va continuer comme ça.

ÉTENDRE PUSH TO TALK À D’AUTRES SCÈNES

J’ai toujours lié Push To Talk à League of Legends, et je me suis toujours demandé si je devais chercher à étendre le podcast à d’autres jeux, à d’autres scènes esport. J’ai parfois réfléchi à interviewer des joueurs « passerelles », je pense notamment à Airwaks, qui a eu une carrière pro sur League of Legends et qui est aujourd’hui pro sur Fortnite. Mais plus j’y réfléchis, plus je me rends compte qu’aucun jeu ne m’accroche autant que League of Legends. Je ne me sens jamais aussi expert que quand je parle de League of Legends. J’aurai beaucoup plus de mal à aller dans les détails de la vie et de la carrière d’un joueur comme Airwaks, dont je connais le début de carrière mais pas vraiment la suite, que de quelqu’un comme YelloWStaR. Cela me demanderait beaucoup plus de travail, mais d’un autre côté, cela rendrait mon profil beaucoup plus attractif. Je ne sais pas si c’est avec Push To Talk que je dois le faire ou si je dois y consacrer une nouvelle émission. Je ne suis vraiment pas fermé à cette idée, mais j’aime vraiment trop League of Legends.

Je n’ai pas vraiment de regret lié à Push To Talk. J’ai su au fil du temps corrigé les erreurs qu’il y avait dans mes interviews. Evidemment, avec le recul j’aurai pu mieux gérer certains épisodes, mais les erreurs qui me dérangeait ont été corrigés. Je pense aux 3 parties de mon interview que j’avais au début un peu de mal à gérer. Avec Shemek notamment, on s’est beaucoup attardé sur sa vie avant-carrière, et je trouve que ça dénature un peu le propos de mon émission qui reste quand même d’évoquer les parcours des joueurs sur la scène. J’avais un peu de mal à proportionner ces parties, mais j’ai appris au fil des interviews et j’ai fait attention après celle de Shemek à ne jamais parler plus de 15 minutes de la vie d’avant-carrière de mes invités, même si ça reste une partie très importante de mes interviews, car elle permet de découvrir d’où viennent mes invités et qu’est-ce qui les a amenés dans ce monde de l’esport.

Je me souviens d’une anecdote au tout début de Push To Talk. Je viens de boucler mon premier épisode avec Hans Sama, je suis très content, l’interview est super et Hans va être le parrain de mon émission, le tout premier invité. J’ai même le cœur qui palpite au moment de poster le premier épisode, ça doit marcher, ou ça casse, on n’a jamais l’occasion de faire deux fois une bonne première impression. Et la veille de l’envoi de l’épisode sur les plateformes, Hans m’envoie un message me disant « est-ce que tu peux supprimer ces parties de l’interview, j’ai peur que ça ne plaise pas à mon équipe ». Gros coup de stress, à l’époque je faisais mon montage et mon export avec un vieux logiciel qui mettait 3, 4 heures à exporter, il fallait ensuite que je le remette sur YouTube, ça me stresse alors que j’avais tout bien préparé. Je me demande alors ce que je dois faire : si je commence déjà à tout changer selon la volonté des joueurs, je ne finirais jamais mes épisodes. Les invités voudront toujours changer quelque chose, surtout sur une interview d’une heure. Si au contraire je refuse et je garde ce qui a été dit, je détruis tout ce que j’ai pu construire avec les invités, notamment la confiance que ces derniers peuvent mettre en moi lors d’une interview.

J’ai toujours voulu que Push To Talk ne soit pas une émission-piège, je voulais que les invités viennent dans mon émission en mode détente, sans avoir à réfléchir en permanence pour éviter les pièges que je pourrais leur tendre. Finalement, Hans est revenu sur sa demande et m’a autorisé à laisser toute l’interview, j’ai donc sorti l’épisode et il n’y a eu aucun retour de la part de Misfits, comme je m’y attendais. Cela m’a beaucoup rassuré, je me suis dit qu’il était prêt à laisser passer la vérité de ce qu’il pense à travers mon émission, et qu’il avait de ce fait confiance en moi. Si Hans, qui est un joueur assez timide, a eu confiance en moi à ce moment-là, je me suis dit que beaucoup de joueurs pourrait me faire confiance là-dessus. Cela ne m’empêche pas bien entendu de laisser libre choix à mes invités de modifier des parties s’ils le souhaitent vraiment. Nous ne sommes pas en live, si quelque chose a été mal dit, on peut revenir dessus s’ils le souhaitent. Et certains invités me disent des choses personnellement en dehors de l’interview, grâce à la relation que j’ai pu construire au fil du temps avec eux.

Pour mes futurs Push To Talk j’ai plusieurs rêves que j’aimerais accomplir, notamment celui d’invités des champions chinois de LPL. Des joueurs légendaires comme Uzi, Zoom, ou d’autres. De l’autre côté, j’aimerai également revenir vers certains profils que j’ai eu dans l’émission, et de faire une sorte d’émission dédiée à l’évolution de l’invité depuis son premier passage avec moi. Ce sont des projets qui m’intéressent beaucoup mais qui ne viendront certainement pas tout de suite. Pour l’heure, j’aimerai beaucoup inviter des joueurs qui me permettent de faire des passerelles vers d’autres jeux, d’autres scènes, comme Airwaks. A l’international, un joueur comme Gamsu par exemple, passé de League of Legends à Overwatch. Ce sont des profils qui m’intéressent énormément car ils nous en apprennent sur les différentes compétitions auxquelles ils ont participé, et l’esprit de compétiteur qu’ils ont pour évoluer sur différents jeux et changer d’un jeu à l’autre. Et évidemment, un Push To Talk Faker serait incroyable, mais ça…

KROK

Avec la participation de Thibaut Vancaeyseele