Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que la deuxième phase des Championnats du Monde va commencer, nous sommes allés à la rencontre de l’un des vétérans de l’Équipe de France de volley, Julien Lyneel. Il nous parle de la Team Yavbou, de ses coéquipiers et de ses rêves de médailles. (Crédits photos :FIVB &  FFVB – Julien Crosnier)

Le surnom Yavbou pour notre équipe a été créé en 2013, c’était une sorte de mélange entre une chanson et le fait de se motiver avec les matchs. Yavbou, c’est du verlan qui veut dire bouillave, qui veut dire de façon vulgaire : battre l’adversaire. L’un des déclencheurs de ce nom est Marien Moreau (qui a pris sa retraite internationale), et les autres joueurs comme Earvin ou Morry Sidibé ont rapidement suivi le truc. L’enchaînement des bonnes performances, notamment contre le Brésil, a fait durer ce nom.

Je me rappelle d’ailleurs ma première sélection, c’était en 2011 sous l’ère Philippe Blain et j’avais participé à mes premiers Championnats d’Europe. C’était assez impressionnant. Je n’ai pas vraiment eu de bizutage, d’ailleurs quand on sortait, il y avait un peu cette tradition que les jeunes ne payent pas les coups à boire. De manière générale, tu prends plus que les autres et tu n’as pas le droit au moindre faux pas. C’était une période d’apprentissage pour moi, car j’étais forcément plus naïf à cause de mon manque d’expérience.

Depuis 2013, nous avons de très bons résultats et c’est dû en partie à la qualité des joueurs individuellement. Nous avons tous progressé notamment, car beaucoup d’entre nous se sont expatriés pour jouer dans les meilleurs Championnats du monde. Mais le plus important est l’état d’esprit que l’on a et qui nous a fait grimper. On a une grosse complémentarité. Nous sommes tous différents mais on est tous conscient de ça, tout le monde accepte et ça fonctionne bien.

Me concernant cela fait presque 7 ou 8 ans que je suis en Équipe de France avec des hauts et des bas comme les blessures. Je commence à être un des plus vieux donc ça fait tout drôle. Personne n’a vraiment de rôle déterminé, on agit comme on le sent.

Depuis 2013, nous avons de très bons résultats et c’est dû en partie à la qualité des joueurs individuellement. Nous avons tous progressé notamment, car beaucoup d’entre nous se sont expatriés pour jouer dans les meilleurs Championnats du monde.

D’ailleurs, voici ma petite description de chacun de mes coéquipiers de cette team Yavbou !

  • Jenia Grebennikov est toujours hyper souriant avec un gros dynamisme. C’est assez sympa.
  • Jean Patry est assez discret même s’il a son mot à dire. Il vient de Montpellier comme moi et c’est un bon pote.
  • Benjamin Toniutti, c’est le capitaine et la force tranquille.
  • Kévin Tillie c’est le mec branché réseaux sociaux.
  • Earvin Ngapeth égal à lui-même. On ne peut pas trop s’en passer.
  • Kevin Le Roux, alias Kéké. Il est assez discret, mais il répond toujours aux attentes.
  • Avec Antoine Brizard, nous avons un peu le même humour.
  • Stephen Boyer, notre petit réunionnais. Un peu comme kéké qui fait son petit chemin. Il a une maturité assez impressionnante.
  • Nicolas Le Goff c’est mon partenaire de chambre. Un vrai ami. On a joué ensemble à Montpellier.
  • Jérémie Mouiel, c’est la première année que je le connais. C’est un bon gars plein d’humour.
  • Daryl Bultor, j’ai joué deux ans avec lui à Montpellier. C’est un peu notre phénomène au niveau orthographe et langue française. C’est mister « je fais une faute de français et j’en prends plein la gueule ».
  • Thibault Rossard est aussi discret. Quand il est là, il balance de bonnes petites piques quand même.
  • Barthélemy Chinenyeze, alias Babar, joue le rôle de DJ.

Cela fait 4 ou 5 ans que cette équipe évolue plutôt bien, alors qu’on aurait pu croire que ça allait s’écrouler avec les départs ou les retraites internationales. Finalement, il y a une relève. Je pense qu’il faut continuer de surfer sur cette vague, car cela amène des licenciés, ça motive les jeunes.

Il faut que notre championnat de France évolue dans ce sens-là pour que des bons joueurs sortent. On est un pays avec énormément de sportifs donc je ne suis pas inquiet sur l’avenir de l’Équipe de France sur le court et moyen terme. Dans 15 ou 20 ans, je n’en sais rien, mais c’est maintenant que ça se joue pour motiver les jeunes à s’inscrire.

L’objectif est de toujours viser des médailles parce que pour l’instant ça nous réussit plutôt pas mal. Si on arrive à avoir de bons résultats aux Championnats du Monde et aux Championnats d’Europe, ce serait top en termes d’image, notamment vu que ces derniers se dérouleront en France. Mais c’est positif également au niveau des points et au niveau ranking pour se qualifier pour les Jeux Olympiques.

D’un point de vue personnel, le plus important est que je continue à me faire plaisir et à être bien physiquement. Pour l’instant, j’ai trouvé un équilibre qui est plutôt pas mal, espérons que ça dure !

JULIEN