Jordan Sarrou – VTT Cross Country

#Champion du monde relais mixte 2014, 2015 et 2016

Credit photo : Polar

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Mon premier sport en club a été le football.

C’était le sport que la plupart de mes copains faisaient quand j’étais petit et c’était donc plus pour pouvoir passer des moments avec eux que pour la pratique en elle-même.

J’en ai fait trois ans. Ensuite je me suis « enfin » dirigé vers ce qui deviendra bien plus qu’une passion, le VTT.

C’est une histoire de famille. Mon oncle était président d’un club de VTT, Golene Evasion et mon cousin faisait déjà des compétitions que j’allais voir. J’ai donc pris ma licence à 9 ans et tous les mercredis et samedis, j’allais aux entrainements collectifs. Petit à petit je me suis mis à la compétition et j’adorais ça, je faisais principalement du cross-country à ce moment.

Il y a une compétition qui existe pour les jeunes qui s’appelle le trophée de France National. Elle regroupe plusieurs disciplines, le cross-country, la descente, le trial et à l’époque il y avait l’orientation également. C’était une très bonne école pour apprendre la technique, le physique, la tactique. Je l’ai faite entre 10 et 16 ans.

UN LOISIR QUI EST DEVENU UN CHALLENGE

Quand on me demande ce que j’aime plus particulièrement dans ce sport comparé à d’autres, c’est facile pour moi de répondre. J’aime la nature, les grands espaces, me balader en forêt, découvrir des chemins et partager ça avec des copains. Le VTT est donc parfait et combine tout cela.

C’est un sport individuel mais la notion du collectif est importante. On s’entraîne en équipe, il y a un partage. On se soutient, se conseille, se défie également et tout cela nous fait avancer donc en groupe et individuellement, il le faut car les compétitions se font principalement en individuel.

J'aime la nature, les grands espaces, me balader en forêt, découvrir des chemins et partager ça avec des copains. Le VTT est donc parfait et combine tout cela.

On commence le sport étant enfant pour le plaisir, les copains, rigoler. Mais l’aspect compétitif entre assez vite en jeu. Pour ma première compétition je suis arrivé premier. J’étais, bien sûr, surpris, mais j’y ai pris gout et je me suis pris au jeu. Je prenais d’ailleurs exemple sur mon cousin, qui gagnait pas mal de compétitions et c’est un peu grâce à lui que je m’y suis vraiment consacré.

LE VTT, EN 4 DISCIPLINES

Le cross-country olympique, ce que je fais, est la discipline la plus complète. C’est un circuit d’environ 5km avec des montées et des descentes plus ou moins techniques qu’on répète plusieurs fois avec un temps qui avoisine l’heure et demie. Le premier qui franchit la ligne a gagné.

Ensuite il y a le trial, qui est une course d’obstacles à passer et où il faut mettre le moins de fois possible le pied par terre pour avoir le moins de pénalités possibles et gagner.

La descente est en fait une course au chronomètre donc celui qui descend le plus vite le parcours gagne, en partant chacun leur tour.

Je faisais du cross-country et du trial pendant plusieurs années, et vers 15 ans je me suis concentré sur le cross-country. Mon cousin en faisait et j’ai aussi été repéré par une structure, Creuse oxygene, qui pouvait me faire progresser.

UNE ASCENSION RAPIDE ET PAS CALCULÉ

Jusqu’en Junior 1, j’habitais toujours chez mes parents. J’allais à l’école, je m’entrainais, et je rentrais tous les soirs. J’ai quand même terminé champion de France cette année-là, en 2009, avec des entrainements un peu basiques donc il y avait une bonne marge de progression. En Junior première année j’ai intégré le pôle France à Besançon. Une structure qui mêle les côtés scolaires et sportifs. J’étais donc plus encadré pour le VTT et je me suis amélioré assez rapidement. Par la suite j’ai intégré plusieurs équipes françaises qui m’ont toutes permis d’élever à chaque fois mon niveau.

Donc on peut dire qu’à partir de 2010 j’étais vraiment entouré par un staff et tout était mis à disposition pour que je puisse me concentrer et m’améliorer d’année en année.

Une des consécrations a été ce titre de champion du monde de relais mixte en 2014. Titre que nous avons conservé trois années de suite. Cela montre d’ailleurs le niveau des français à l’international, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Je pense que le Trophée de France, dont je vous parlais en début de récit, qui rassemble toutes les disciplines, joue un rôle prépondérant. Cela permet de progresser tous les aspects, c’est vraiment une bonne école pour les jeunes et c’est quelque chose qu’on garde ensuite tout au long de notre carrière. De plus ici, il y a beaucoup de pratiquants, les français aiment le VTT et il y a un vrai vivier de talent. De générations en générations on voit des têtes d’affiches, quand j’étais plus jeune il y avait Julien Absalon, il y a eu Maxime Marotte et d’autres maintenant.

UNE SEMAINE TYPE

On peut se demander comment se déroule une semaine type pour un VTTiste, je vais la décrire rapidement sans prendre en compte les à-côtés, des petites choses qu’on n’imagine pas forcément mais qui sont tout autant important que les entraînements à proprement parlé. Les discussions sur la tactique avec le staff, les séances de kinés, la préparation et le réglage du matériel etc..

– Sur l’entrainement en lui-même, on commence la semaine par une récup de 1H30 le lundi, si nous avons eu une course le dimanche.

– Mardi : Séance de 2H30 de route, de la route pour que ce soit moins violent et moins énergivores comparé au VTT qui demande beaucoup de relances etc…

– Mercredi : grosse sortie soit route soit VTT avec des intensités au seuil (3X15min de seuil)

– Jeudi : Repos

– Vendredi : Je me déplace sur la course et je reperds le circuit

– Samedi : Quelques petits sprints de déblocage sur le circuit

– Dimanche de course : réveil musculaire le matin et ensuite la course !

UNE SOIF DE TITRES

En 2014, pour ma dernière année en espoir j’avais dominé la catégorie, il m’a manqué le titre de champion du monde, j’avais crevé et terminé deuxième. Ensuite en Elite depuis 2015 j’ai fait 5ème général de la coupe du monde en 2017 avec quelques autres bons résultats. 2019 a été ma meilleure année, 5-ème du classement général de coupe du monde, deux fois troisièmes en coupe du monde, et cette victoire au Roc d’Azur en fin d’année. Grapiller des places en coupe du monde sera un de mes objectifs pour les saisons prochaines bien sûr.

L’ambition à présent est d’aller aux Jeux Olympiques. Ce n’est pas simple car il n’y a que 2 places et la France étant une nation forte nous sommes plusieurs candidats, 5 ou 6 à pouvoir y prétendre. C’est le sport, c’est fait de challenge, certains plus compliqués que d’autres et c’est aussi pour ça qu’on aime ça !

JORDAN