Handball – Le Brest Bretagne Handball a t-il pris la main ?

C’est un mini tremblement de terre qu’on est en train de vivre au sein de la Ligue Butagaz Energie. Le Brest Bretagne Handball vient de gifler le Metz Handball, sur son propre parquet (22-27). Un match pour le compte de la 4e journée des Play-Off. Une victoire pas anodine, puisque les Brestoises avaient corrigé ces mêmes Messines, au mois de janvier dernier. Une vraie démonstration alors, pour s’imposer 30-19. Longtemps dans la peau du challenger, Brest endosse pour la première fois le costume de favori. Pour la première fois, le titre est réellement envisageable pour les Brestoises, trop habitués à la seconde place.

Crédit : Bertrand Delhomme (Ligue Butagaz Energie)

Metz Handball : une domination quasi sans partage

Pour la première fois sacré en 1989, les Messines, alors sous l’appellation de l’ASPTT Metz entame une période de domination. En 31 saisons, ce sont pas moins de 23 titres de championnes de France pour le club Lorrain. Qui reste sur quatre titre de champion consécutifs. Seuls Fleury (en 2015), Toulon (2010), Besançon (1998, 2001, 2003) et l’USM Gagny 93 (1991, 1992) sont venus contester la domination du club désormais présidé par Thierry Weizman. A cela s’ajoute un club désormais défunt, celui d’Arvor 29, qui a crée une sensationnelle surprise en 2012.

Arvor 29 qui doit déposer ensuite le bilan, pour laisser place à … Brest Bretagne Handball. Alors pourquoi cette domination ? Metz présente d’immenses infrastructures, avec des Arènes pouvant accueillir 5000 personnes. Surtout, c’est un club qui a su former des joueuses illustres, comme Isabelle Wendling, Nodjialem Myaro, Nina Kanto ou plus récemment des Laura Glauser ou encore Manon Houette. Qui ont toutes fait la gloire du club, qui ont toute également formé la colonne vertébrale d’une équipe de France, qui a commencé à performer à la fin des années 1990… Quand la domination de Metz était au plus haut.

Brest Bretagne Handball : Nouveau challenger et vrai ogre

Né des cendres d’Arvor 29, Brest Bretagne Handball a su créer rapidement une équipe compétitive, pour se propulser vers les sommets. Alors en deuxième division, les Brestoises se dotent d’une salle de près de 4000 place, qui affiche quasi comble à chaque match ! Le club retrouve l’élite en 2016, avec une coupe de France à la clé, seule équipe de deuxième division à réaliser un tel exploit. Les détracteurs raillent un club à très fort budget (plus de 4 million d’euros la saison passée). Mais les Brestoises s’accrochent à leur rêve. Celui de faire tomber les Messines.

La première saison est encourageante, avec un quart de finale en coupe EHF et une saison achevée à la 3e place. Et découvre douloureusement, la saison suivante, la Ligue des Champions. Malgré des succès en coupe de France, Brest ne parvient pas à faire tomber Metz de son piédestal. La saison 2019-2020 sera encore plus frustrante. Le championnat s’arrête pour cause de Covid, alors que les Brestoises occupaient la première place.

L’année ou jamais pour le Brest Bretagne Handball ?

Brest Bretagne Handball entrevoit un renversement. Car Metz ne semble plus aussi souverain en cette année particulière. Les Messines giflés à Brest. Qui perdent pour la première fois depuis quatre ans, dans les Arènes en Ligue des Champions. Les cadres semblent souffrir, avec une efficacité moindre. Physiquement, elles semblent aussi piocher ! Le fond de jeu n’est également plus aussi impressionnant que par le passé. Metz Handball n’est plus le rouleau compresseur qui semblait rouler sur la Ligue Butagaz Energie.

De l’autre côté, Brest semble enfin avoir franchi le cap. La Mayonnaise semble avoir pris et une vraie osmose semble s’être crée au sein de cette équipe. Avec des détonatrices comme Ana Gros, qui a encore inscrit 10 buts hier, une moyenne pour elle cette saison. Un duo de gardiennes le plus impressionnant du championnat, avec la Danoise Sandra Toft et Cléopâtre Darleux. Cette dernière, qui avait peu de temps de jeu en début de saison, a écœuré les Messines dans le second acte, avec 10 arrêts sur 21 tirs subis. Les Brestoises qui peuvent compter sur une jeunesse triomphante, à l’image de la pivot Pauletta Foppa, la grande révélation de l’Euro 2020 avec les Bleues, et seulement âgée de 21 ans (elle nous avait accordé une interview ICI).

Mais le temps passe pour Brest et n’est-ce pas la dernière chance pour les Bretonnes ? Qui va redémarrer un nouveau cycle l’an prochain, avec le départ d’Ana Gros et Isabelle Gulden, les deux plus gros salaires du club. L’avenir de Cléopâtre Darleux, longtemps en pointillés, vient de s’éclaircir avec la prolongation de son contrat et de celle de Sandra Toft (plus de détails ICI). Le Covid frappe durement les clubs, qui n’ont plus de recettes liées au public. Brest Bretagne Handball va entamer un nouveau cycle. Et cette saison sonne comme une chance incroyable de concrétiser ce pourquoi tant de moyens ont été investit depuis le milieu des années 2010. Pour cela, il faudra éviter les faux-pas comme en fin de saison régulière contre Paris. Brest semblait manquer de souffle à la fin du mois de Février, mais s’est totalement relancé.

La lutte pour le titre promet d’être incroyable !

Etienne GOURSAUD