Voici nos Quick Questions, un méli-mélo de questions décalées pour mieux connaître vos athlètes préférés.

Alors que la première édition de la régate Nice Ultimed bat son plein, nous sommes allés à la rencontre des 3 navigateurs qui domptent les géants des mers, les bateaux Ultims. Aujourd’hui c’est au tour de Francis Joyon, le skipper d’IDEC Sport de se plier à nos Quick Questions. (Crédit photo Une : ASO) 

Qu’est-ce que tu penses de ce parcours de Nice Ultimed et de cette arrivée devant la Promenade des Anglais ?

C’est réjouissant dans le sens où les spectateurs vont pouvoir apprécier les performances de nos bateaux. Notre sport perdure grâce à l’intérêt du public et quand je vois la fréquentation sur la Promenade des Anglais ces premiers jours, je suis heureux de partager tout ça avec eux.

Pourquoi avoir voulu participer à Nice Ultimed ?

On est sorti de chantier il y a quelques jours et c’était la première course qui nous permettait de nous confronter aux autres bateaux. On a fait pas mal de travaux cet hiver, et la seule manière de valider ça sur un voilier c’est de voir si on va plus vite que nos concurrents.

Avec le Tour de France à la Voile et Nice Ultimed, Nice enfin une terre de navigateurs ?

J’ai plusieurs marins de mon équipage qui connaissent parfaitement Nice grâce à leur participation au Tour de France à la Voile. Quentin Ponroy l’a remporté en 2016 et m’a vraiment partagé ses bons souvenirs en mer ici.

La mer Méditerranée en quelques mots pour toi ?

C’est une sorte de rêve, entre mer bleue et climat doux.

Nice en quelques mots ?

Mes grands-parents avaient une maison à Châteauneuf-Grasse pas très loin de Nice et donc pour moi ça symbolise un petit peu ces vacances même si aujourd’hui je suis là pour le travail.

Vous préférez la course en solitaire ou en équipage ?

J’aime les deux, car pour moi le plus important est de naviguer. En solitaire ça peut être plus simple, car il y a moins d’éléments à gérer, mais l’ambiance de l’équipage est un aspect que j’aime également.

Le meilleur marin pour toi ?

J’hésite entre Bernard Moitessier et Eric Tabarly, car ce sont des héros de jeunesse. J’ai rêvé en lisant leurs livres avant même de commencer la voile, ce sont des grands personnages pour moi.

Le cliché véridique sur les navigateurs ?

Peut-être qu’on nous voit avec une petite marinière ou avec un béret rouge (rires). Mais je pense clairement que chacun à sa personnalité chez les marins et il n’y a pas de cliché qui nous relie tous.

Ce que tu préfères le plus en mer ?

J’aime bien les moments de portant lorsque le bateau va vite et glisse sur la mer. Cette harmonie entre le bateau, la mer et le ciel…

Ce que tu détestes le plus en mer ?

C’est quand je croise de nombreux détritus comme récemment en Mer de Chine.

Ce que tu préfères le plus sur terre ?

Les premières sensations comme l’odeur de la végétation, c’est absolument formidable.

Ce que tu détestes le plus sur terre ?

Me retrouver dans la circulation (rires). On devient peut-être un peu exigeant avec ce besoin d’espace et de liberté quand on est marin.

Ta plus grosse frayeur en mer ?

J’ai eu plusieurs naufrages, mais je crois que le pire c’est quand je me suis écrasé sur les rochers par forte houle sur la Pointe de Penmarch en 2005.

Tu as le temps de pêcher sur certaines épreuves ?

Ça peut arriver après un démâtage*, mais en course le bateau ne va jamais assez lentement pour nous permettre de pêcher. Ce n’est pas forcément agréable de manger des repas lyophilisés en course, un petit poisson frais pourrait être sympathique, mais ce n’est pas possible.

*Lorsqu’on enlève ou on est privé d’un mât.

Tu sais nager ?

Tous les marins savent nager aujourd’hui, nous ne sommes plus à l’époque des grands voiliers. D’ailleurs c’est une fausse légende, car de nombreux marins savaient nager et les équipages étaient formés et avaient le matériel nécessaire (des chaloupes) pour récupérer les personnes qui tombaient à la mer.

Tu as déjà eu affaire à des pirates ?

Une fois alors que j’étais en solitaire. J’étais très fatigué et j’ai posé l’encre proche du détroit de Malacca (entre la Malaisie et l’Indonésie), à 5 minutes des terres. Dans la nuit, j’ai été abordé par des gens armés de très mauvaises intentions, les yeux rouges injectés de sang. J’ai alors directement sauté sur leur bateau afin de leur faire croire que j’avais tout un équipage à l’affut dans le noir sur mon voilier.

J’ai finalement repoussé leur bateau en leur disant qu’il ne fallait pas s’en prendre à moi et je pense qu’ils n’ont pas osé de peur d’avoir des personnes supplémentaires sur mon bateau. Quand leur bateau s’est écarté de 10 mètres, j’ai plongé pour regagner le mien et je suis vite parti dans le noir.