Ève Périsset – Footballeuse

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En vraie passionnée de football depuis son enfance, Ève Périsset espère bien gagner des titres avec le PSG cette saison et avec l’Équipe de France dans un futur proche ! (Crédit photo : PSG).

Je marchais à peine que j’avais déjà un ballon dans les pieds.

Mon père et mon grand frère étaient de vrais passionnés, toujours prêts à taper la balle. C’est dans ce milieu que j’ai baigné dès que je suis né.

Mon frère jouait en catégorie jeune à l’Olympique Lyonnais, nous habitions dans la région lyonnaise et on allait donc voir ses matchs tous les weekends. Dès que j’ai pu marcher, j’ai voulu jouer avec lui, à la maison, au bord des terrains lors de ses matchs et cette passion s’est emparée de moi.

J’ai pourtant commencé à faire de la natation en club. Je n’avais tout simplement pas l’âge requis pour entrer sur le rectangle vert. À 6 ans j’ai donc demandé à changer de sport et j’ai pu signer ma première licence de football. Et cela fait 18 ans que chaque année j’en signe une nouvelle.

FILLES/GARÇONS, PAS DE DIFFÉRENCE QUAND ON EST JEUNE

Il y a toujours eu des filles dans les clubs où je suis passée, pas forcément dans mon équipe, mais dans les catégories en dessous, donc je ne me suis jamais sentie unique. À cet âge-là, nous faisons moins attention à ces différences. J’ai toujours été vraiment bien intégrée dans les équipes et considérée de façon égalitaire, on me faisait autant de passes qu’aux garçons. Par la suite, certains avaient même un côté protecteur lorsque des contacts avec les adversaires pouvaient être trop rugueux.

Je me souviens d’une photo de mon premier club que j’ai encore, nous étions 6 filles dans le club. Quand j’ai changé pour aller jouer à Saint-Priest, il y avait une fille dans mon équipe qui avait un an de moins que moi, qui est d’ailleurs aujourd’hui joueuse aux Girondins de Bordeaux, Ghouthia Karchouni.

À l’école en revanche j’étais la seule fille à jouer au foot dans la cour de récréation. Même chose en revanche concernant l’intégration, j’étais la bienvenue et je pouvais jouer avec n’importe quelle équipe. Je jouais aussi bien qu’eux donc cela aidait bien sûr. Il faut dire qu’à cette époque j’étais un petit garçon manqué, je trainais et jouais beaucoup avec les garçons, j’avais une coupe de cheveux assez garçonne et je m’habillais souvent en tenue de foot. J’ai d’ailleurs recroisé une ancienne maitresse récemment qui m’a rappelé que nous avions fait un pari pour que je vienne en robe une fois à l’école.

Ma chambre était recouverte de posters de l’OL, le club régional et donc mon club de cœur. Je n’avais pas en revanche un joueur ou une joueuse préférée. Je suivais l’équipe dans son ensemble et c’étaient les années ou le club lyonnais enchaînait les titres de champion de France. J’allais régulièrement à Gerland avec mes parents et mon frère qui portait ce maillot en catégorie jeune, c’était vraiment une période où j’étais très proche de ce club.

UNE CHANCE D’AVOIR GRANDI EN MÊME TEMPS QUE LE FOOTBALL FÉMININ ÉVOLUAIT

À 14 ans j’ai dû rejoindre une équipe féminine, c’est la limite d’âge pour les équipes mixtes. C’est vrai que le physique change et des différences commencent à se faire, au niveau de la puissance, de la morphologie, des muscles.

À cet âge-là, nous faisons moins attention à ces différences. J’ai toujours été vraiment bien intégrée dans les équipes et considérée de façon égalitaire, on me faisait autant de passes qu’aux garçons.

J’ai rejoint un sport études au lycée Frédéric Fays je commençais à n’être entourée que par des filles, pour être honnête les trois premiers mois étaient spéciaux, c’était la période d’adaptation. J’ai appris à les connaître et tout s’est bien passé par la suite. Je profitais énormément à ce moment-là du football, j’avais donc la chance d’y jouer tous les jours, mais je ne m’imaginais pas devenir joueuse de football et d’en faire mon métier. Je suivais le football masculin, mais il n’y avait pas encore d’équivalent au niveau féminin, le football était loin d’être professionnel encore. Donc je m’estimais déjà chanceuse d’être dans ce sport études avec de très belles infrastructures qui me permettaient de vivre ma passion à fond.

Dans les années 2000, l’OL notamment a commencé à développer son équipe féminine. Je suivais ça de près bien sûr. Il y a la fusion avec le FC Lyon en 2004, je me rappelle Lotta Schelin et Delphine Blanc, qui étaient un peu les premières joueuses connues à l’OL. Un match en particulier m’avait marqué, c’était en Ligue des Champions : OL vs Arsenal. Une très belle affiche et je me souviens qu’il y avait eu énormément de spectateurs pour un match de football féminin à Gerland, et l’OL avait gagné bien sûr !

Mes premières sélections avec l’Équipe de France Jeunes sont arrivées pendant mes années sport-études, tout d’abord avec les U16 en 2009 (à 14ans) alors que j’étais surclassée. J’ai tellement eu de fierté à représenter la France et porter ce maillot bleu pendant la Nordic Cup. Une fois qu’on y goute, on a envie d’y revenir à chaque rassemblement. J’ai pu enchaîner avec l’équipe nationale en U17 et une blessure aux ligaments croisés (la fameuse) m’a un peu stoppé avant de revenir et pouvoir enchaîner avec les U20 et une Coupe du Monde au Canada. De superbes souvenirs pour la passionnée de football que j’étais et que je suis encore.

Tout ça a contribué à faire grandir l’idée que peut-être un jour il serait possible de jouer pour l’équipe A, et même d’en vivre si l’évolution suivait. Nous la constations année après année, je me rappelle qu’à l’OL au départ les filles travaillaient et s’entraînaient le soir. Puis peu à peu elles ont commencé à faire des mi-temps et s’entraîner en journées. Aujourd’hui nous sommes dans le monde professionnel, beaucoup avec des contrats fédéraux. Donc on a pu commencer à se projeter depuis quelques années, et envisager de vivre de sa passion.

Ce qui était inenvisageable quand j’ai commencé le foot est devenu ma réalité aujourd’hui.

Ma famille a d’ailleurs toujours été très présente, ils m’ont toujours soutenu dans mes choix. Ma mère ne s’inquiétait que pour le Bac, c’était la seule condition pour me laisser jouer et vivre cette passion. Ils venaient voir tous mes matchs et ça a été très important pour moi d’être supportée.

Je suis restée proche de là où j’ai grandi, c’était génial de commencer à jouer dans le club de ma région, que je supportais depuis toute petite. Avec des joueuses emblématiques comme Camille Abily ou Wendie Renard, j’ai forcément beaucoup appris. Le problème est que je n’avais pas énormément de temps de jeu et en étant jeune j’avais besoin d’accumuler les matchs pour prendre de l’expérience.

 Avec le PSG c’est un peu la même chose, nous avons remporté la coupe de France en 2018. C’est très difficile de battre l’OL ces dernières années, mais cela se joue à très peu de choses. Cette année nous avons un super effectif, nous sommes toutes motivées !

L’opportunité du PSG s’est présentée et elle m’a séduite, car l’objectif était de monter une grosse équipe pour concurrencer l’OL. Je connaissais quelques joueuses que j’avais côtoyées en sélection jeune, Aminata Diallo, Ouleymata Sarr, Shirley Cruz, qui m’ont en dit du bien et sur qui je pouvais compter pour l’intégration. Cela me permettait de sortir de mon cocon, être confrontée à un nouveau challenge. Arriver dans une nouvelle ville, la plus grande de France en l’occurrence, découvrir un nouveau vestiaire, un nouvel environnement, repartir de zéro et avoir tout à prouver, ça m’a fait du bien.

CHAMPIONS LEAGUE ET TITRE AVEC L’ÉQUIPE DE FRANCE EN LIGNE DE MIRE

Le choix s’est avéré payant, deux mois après mon arrivée au PSG j’ai été appelée pour la première fois en Équipe de France A. Pour être tout à fait honnête, ce n’était pas mon objectif à court terme en arrivant à Paris, je me disais qu’effectivement en devenant titulaire dans un club du TOP 2, la sélection pouvait arriver en cours d’année, mais clairement pas aussi rapidement. Ça a donc été une agréable surprise et ça m’a donné un coup de boost pour continuer ma progression.

J’adore mon métier, vivre de sa passion est un privilège, mais je suis loin d’avoir atteint mes objectifs. Je m’entraîne dur chaque jour pour progresser, j’analyse les matchs, je prends d’ailleurs exemple sur Sergio Roberto du Barça qui est pour moi un des meilleurs latéraux aujourd’hui.

La dernière saison au Paris Saint-Germain s’est bien passée : nouveau staff, pas mal de nouvelles joueuses. C’était assez intense, car nous étions en lice dans plusieurs compétitions et nous avions la Coupe du Monde en ligne de mire. Malheureusement nous n’avons pas réussi à gagner un titre, mais nous allons travailler dur cette année pour remplir cet objectif.

J’ai donc participé à cette Coupe du Monde cet été, un premier rêve s’est réalisé. C’était une expérience incroyable, surtout en France, à domicile. Un de mes plus beaux souvenirs reste le match d’ouverture au Parc des Princes. Le stade était plein, il y avait une ambiance incroyable.

Mais mon objectif avec l’Équipe de France est de remporter un titre. Nous nous rapprochons année après année, je suis assez confiante que ça arrivera bientôt. Avec le PSG c’est un peu la même chose, nous avons remporté la coupe de France en 2018, c’est très difficile de battre l’OL ces dernières années, mais cela se joue à très peu de choses. Cette année nous avons un super effectif, nous sommes toutes motivées !

La ligue des champions et le championnat sont les objectifs et nous sommes toutes à fond pour les réaliser !

ÈVE