Draft NBA 2020 : que vont apporter les rookies des places 20 à 11 ?

NBA – Dans la nuit du 18 au 19 novembre s’est déroulé la Draft NBA 2020. Pour rappel, la  Draft a lieu chaque année pour permettre aux équipes les moins bien classées de récupérer de jeunes prospects, les rookies, venus d’universités américaines ou du monde entier pour intégrer la grande Ligue.

Pour cette occasion, la rédaction de Sans Filtre a décidé d’analyser ce que chaque rookie pourrait apporter à son équipe. Aujourd’hui, 2e épisode avec les rookies des places 20 à 11.

Crédits photo Precious Achiuwa : Joe Rondone / The Commercial Appeal, Saddiq Bey : Villanova athletics, Josh Green : ESPN, Aleksej Pokusevski : Panagiotis Moschandreou Euroleague Basketball via Getty Images, Isaiah Stewart : Ethan Miller / Getty Images, Cole Anthony : Streeter Lecka / Getty Images, Aaron Nesmith : Mark Humphrey / Associated Press, Kira Lewis Jr : Mark Humphrey / Associated Press, Tyrese Haliburton : Matthew Putney / Associated Press, Devin Vassell : Matt Stamey / Associated Press

Pick 20 : Precious Achiuwa – 2,06m, 2,20m d’envergure et 102 kg – Sélectionné par le Heat

Comparaison : Jerami Grant, Gerald Wallace

Après une saison NCAA particulière aux Tigers de Memphis, Achiuwa a eu des responsabilités plus fortes, de par la suspension de James Wiseman. Vrai athlète, ce poste 4/5 compense ses centimètres en moins par ses mensurations et sa longueur. Très agressif sur le terrain, Achiuwa est à l’aise près du cercle. Mais en attaque, il a un peu tendance à se prendre pour celui qu’il n’est pas. Il perd énormément de ballons (près de 3 par match) car il manque parfois de clairvoyance et de lucidité. Il ne sait pas se créer son propre tir, a un pourcentage général au tir trop moyen pour un intérieur (49,3%) et son pourcentage aux lancers francs (59,9%) présage un gros travail à l’entraînement.

Il doit donc travailler son QI basket (1 passe décisive par match) pour progresser en attaque. Doué pour provoquer des fautes chez l’adversaire, Achiuwa est également à l’aise en défense (10,8 rebonds par match et presque 2 contres par match). Polyvalent dans ce domaine, il sera solide défensivement dès les premiers jours. Au sein de la machine qu’est le Heat, Achiuwa ne devrait pas être titulaire, mais plutôt jouer derrière Bam Adebayo pour sa première saison, à part s’il est décalé sur le poste 4.

Pick 19 : Saddiq Bey – 2,03m, 2,08m d’envergure et 99 kg – Sélectionné par les Pistons

Comparaison : Robert Covington, Taurean Prince

Pour tous les observateurs, Saddiq Bey a toutes les armes pour durer en NBA, mais qu’il est peut-être déjà proche de son plafond, ce qui a pu apeurer certaines équipes. Très bon au shoot extérieur (45% cette saison sur 5,6 tentatives par match), Saddiq Bey semble exceller en catch and shoot. Moins à l’aise balle en main, il doit travailler son explosivité et sa finition près du cercle. Défenseur polyvalent, il pourra sans doute déprendre sur les postes 2,3 et quelques 4.

C’est un bon 3&D, son physique est déjà NBA ready et on voit que c’est un travailleur de l’ombre, qu’il n’a pas peur de faire les tâches sombres sur un terrain. Mais si les tirs ne rentrent pas en NBA, cela va être compliqué. Détroit est en totale reconstruction, et c’est là qu’il atterrit. Sur le poste 3, il y a déjà Sekou Doumbouya, mais ce dernier n’est pas totalement installé, et la concurrence entre ces 2 jeunes ne sera que bénéfique à la franchise du Michigan.

Pick 18 – Josh Green – 1,98m, 2,06m d’envergure et 95 kg – Sélectionné par les Mavs

Comparaison : Andre Iguodala

Joueur d’équipe par excellence, Josh Green est également un excellent athlète taillé pour la défense et le jeu en transition. L’ancien d’Arizona semble capable de défendre sur les 3 postes extérieurs, mais doit travailler sa concentration en défense pour continuer à progresser. Mais le potentiel est réel. Efficace dans le périmètre malgré son mètre 98 et dans la contestation des tirs, Josh Green a également une bonne vision de jeu et semble capable de fluidifier le jeu offensif de son équipe. En attaque, ses dimensions et sa détente lui confèrent un sérieux avantage sur ses vis-à-vis en attaque, ce dont il se sert pour attaquer le cercle avec rapidité et puissance.

Josh Green est un joueur très polyvalent. Mais c’est peut-être ça son plus grand défaut, être trop polyvalent. Il doit étoffer son adresse au tir afin de le rendre plus constant, il doit travailler sa sélection de tirs car elle est aujourd’hui mauvaise. De par son physique, il a tendance à trop vouloir aller tout droit en attaque, sans forcément varier son jeu et sa créativité. Sa conduite de balle est également à améliorer, son dribble restant trop haut et sa palette technique reste trop limitée.

A Dallas, heureusement pour lui, on ne devrait pas trop lui demander de prendre des tirs, Doncic oblige. Sûrement poste 2 ou 3, il pourra défendre sur le meilleur extérieur arrière, Luka n’étant pas le meilleur défenseur. Son profil avait de quoi séduire de nombreuses franchises, c’est finalement la franchise du Texas qui s’est jeté sur lui.

Pick 17 : Aleksej Pokusevski – 2,14m, 2,22m d’envergure et 94 kg – Sélectionné par le Thunder

Comparaison : Toni Kukoc

Plus jeune joueur de la cuvée, Aleksej Pokusevski paraît capable de tout faire sur un terrain. Il peut prendre des rebonds, remonter la balle, faire des passes ou encore faire des coast-to-coast. Pour un intérieur, il aime le tir. Il prend des 2 points, des 3 points, des jumper. Sur le parquet, il rappelle un certain pivot des Nuggets : Nikola Jokic. Il lui ressemble également dans la passe : si on le serre trop en défense, il saura trouver l’espace libre pour servir un coéquipier libre. Sa finition au cercle n’est pas bonne, de par sa légèreté et son manque de densité physique.

Des joueurs draftés derrière lui sont déjà NBA ready, il paraît clair que le serbe ne l’est. Il manque de puissance, il prend des rebonds en défense car il est grand, mais il est bousculé dès qu’un intérieur plus physique vient dans la raquette. En défense, il faudra voir s’il peut défendre les intérieurs adverses et protéger son cercle, car c’est sans doute dans ce rôle qu’il sera utilisé. Alors qu’il n’a même pas encore 19 ans, il semble avoir trouvé un bon compromis en attaque, en jouant assez juste. En défense, il est tout de même actif, avec un vrai sens du contre et une bonne défense en aide. En NBA, il sera sûrement décalé en 4, de par son manque de poids. Mais jouera-t-il en NBA dès cette saison ? C’est l’un des mystères de cette draft. Il atterrit à OKC, dans une équipe en reconstruction, mais jouera-t-il ?

Pick 16 : Isaiah Stewart – 2,06m, 2,23m d’envergure et 113 kg – Sélectionné par les Pistons

Comparaison : Montrezl Harrell, Antonio Davis

Pour l’ancien de Washington en NCAA, il n’y a aucune question sur le physique. Ses mensurations impressionnantes et son cadre large, puissant et athlétique feront de lui un grand athlète en NBA. C’est sa principale force, mais peut-être trop justement. Il met beaucoup d’énergie sur le terrain, mais son corps un peu lourd le fait manquer de verticalité et d’explosivité. Malgré cela, ses grands bras lui permettent d’être bon au contre et au rebond, 2 qualités essentielles pour un intérieur. Mais aujourd’hui, les intérieurs doivent également pouvoir switcher, et ça ne sera pas le cas pour Isaiah Stewart.

Ses déplacements latéraux sont trop lents, il sera totalement exposé par les défenses adverses et ne pourra pas défendre sur les arrières, bien trop vifs pour lui. Son salut en NBA viendra sûrement de son tir, car il n’a pas les autres qualités du pivot moderne. Et concernant le tir, il a un bon hook près du cercle, où il arrive après avoir enfoncé ses adversaires au poste. Pour l’instant, il n’a pas de shoot en dehors de la raquette, mais son pourcentage aux lancers-francs (77%) laisse espérer de bonnes choses sur le développement de son tir. Il reste de nombreux progrès à faire pour Isaiah Stewart pour avoir un vrai rôle en NBA. Dans une équipe totalement en reconstruction comme Detroit, il devrait avoir du temps de jeu pour progresser, à côté des français Killian Hayes et Sekou Doumbouya.

Pick 15 : Cole Anthony – 1,90m, 1,95m d’envergure et 86 kg – Sélectionné par le Magic

Comparaison : Mo Williams, C.J. McCollum

En sortie de lycée, Cole Anthony semblait cocher toutes les cases pour devenir la nouvelle vedette du basket universitaire américain. De nombreux observateurs disaient qu’il serait dans les 5 premiers choix de la draft, et qu’il était promis à un grand avenir en NBA. Mais une saison calvaire chez les Tar Heels de North Carolina, des pourcentages à la baisse (38% au tir la saison dernière) et une incapacité à mener son équipe vers les sommets l’ont fait baisser dans la draft, et c’est finalement le Magic d’Orlando, en 15, qui l’accueille. Scoreur né, Cole Anthony est capable de presque tout faire en attaque.

Excellent dans la finition près du cercle, avec des floateurs et des lay-up bien touchés. Son explosivité et sa vitesse lui permettent de percer les défenses aisément. Il n’a pas peur d’aller au contact pour finir, et en contre-attaque, il peut prendre des tirs de partout sur le terrain. Considéré comme une triple menace au tir, avec une palette de tirs et de dribbles assez riche, il parvient souvent à faire la différence avec son handle ou son jeu en isolation pour se créer son propre tir.

Mais sa palette offensive reste à étoffer. Au Magic, alors que de nombreux départs sont à prévoir, Cole Anthony pourrait être titulaire dès sa première saison à la mène, même s’il peut jouer poste 2 par moments. Mais l’inconvénient de ce poste est sa passivité sans la balle, il perd le contrôle de l’action et ne reste pas concentré. Ce manque de concentration se voit en défense, où il n’est pas à l’aise sur l’homme. Il ne semble pas attiré par le jeu de passe et trop confiant, et préfère scorer à guise.

Pick 14 : Aaron Nesmith – 1,98m, 2,06m d’envergure et 96 kg – Sélectionné par les Celtics

Comparaison : Buddy Hield, Cam Johnson

Sa principale arme : le tir extérieur. Et dans ce domaine, il semble exceller. Ses mensurations physiques sont celles d’un ailier NBA, mais pas celles d’un sur-athlète. Son manque d’explosivité l’empêche d’être un bon finisseur près du cercle. Sur ses matchs à Vanderbill, on a l’impression qu’il a peur de prendre le contact lorsqu’il va vers le cercle. Son footwork assez élémentaire donne l’impression d’un manque de fluidité dans ses mouvements. Revenons sur le tir extérieur. Parfois, les shooteurs NCAA ont du mal à faire autant en NBA, mais pour Nesmith, ça ne semble pas être le cas.

Il a totalement confiance en son tir, peut prendre feu à tout moment et sa mécanique de tir est excellente. Lorsque les systèmes sont dessinés pour lui, il les exécute à merveille. Et au sein des Celtics, avec un coach tel que Brad Stevens, Aaron Nesmith devrait progresser tout en développant ses faiblesses actuelles. Faiblesses que sont la création de tir et son athlétisme. Il ne sera pas titulaire au sein de cette équipe qui joue le titre la saison prochaine, mais être à l’entraînement avec des joueurs tels que Jayson Tatum ou Jaylen Brown le forgera à la NBA. Et en plus, c’est un solide défenseur d’équipe, même si son manque de coffre et de mensurations physiques le font plutôt se diriger vers un poste 2.

Pick 13 : Kira Lewis Jr – 1,91m, 1,97m d’envergure et 81 kg – Sélectionné par les Pelicans

Comparaison : Darren Collison

Meneur de jeu au style supersonique, Kira Lewis Jr possède un premier pas explosif qui lui permet d’aller vers le cercle rapidement. Assez athlétique pour son poids, l’ancien d’Alabama est très à l’aise en dribble, et sa mécanique de tir semble assez propre (36,6% à 3 points, 80% aux lancers-francs) pour un jeune de 19 ans. En défense, il sait bien lire les systèmes adverses, prend des rebonds et a montré une bonne éthique de travail. En attaque, il a un jeu de passe prometteur, mais prend parfois trop de risques (3,5 pertes de balle par match) alors qu’il pourrait prendre des décisions plus simples.

Il a le temps d’apprendre à New Orleans, entouré d’Eric Bledsoe et George Hill, pour maîtriser sa fougue et progresser en défense. La défense est à travailler, mais c’est surtout une question de musculature, trop faible pour l’instant. Attention à ne pas devenir un boulet en défense s’il ne progresse pas et qu’il ne réussit pas à faire le poids dans les duels. Il doit enfin apprendre à anticiper le jeu comme un bon meneur NBA, et doit progresser dans la passe et la lecture de jeu.

Pick 12 : Tyrese Haliburton – 1,96m, 2,03m d’envergure et 79 kg – Sélectionné par les Kings

Comparaison : Michael Carter-Williams, Dejounte Murray

Facilitateur de jeu, Tyrese Haliburton peut contribuer très vite des 2 côtés du terrain. Excellent sur pick and roll, joueur rapide et efficace pour remonter le ballon en transition, le meneur est très bon en catch and shoot (42% à 3 points sur presque 6 tentatives par match la saison dernière) mais est en difficulté lorsqu’il doit se créer son propre tir. Son poids (79 kg) reste trop léger pour un meneur NBA aujourd’hui, et cela se voit en défense.

Pour être proche du cercle, il faut de la puissance et l’ancien d’Iowa State en manque. Son manque d’agressivité fait qu’il provoque trop peu de fautes en attaque, alors qu’un meneur doit pouvoir aller sur la ligne des lancers-francs régulièrement. A part son poids, qu’il pourra travailler avec le staff des Kings, son corps semble NBA ready. Il doit progresser au scoring et dans sa mécanique de tir, mais Tyrese Haliburton semble avoir un avenir en NBA tout tracé. Aux Kings, peut-être dans un rôle de 6e homme, Buddy Hield et De’Aaron Fox obligent.

Pick 11 : Devin Vassell – 1,98m, 2,07m d’envergure et 82 kg – Sélectionné par les Spurs

Comparaison : Mikal Bridges, Kelly Oubre, Danny Green

Devin Vassell a le profil parfait du 3&D. Sa défense extérieure est remarquable et en attaque, il tire à 3 points. Son rôle en NBA est déjà tout trouvé. Et dans la fabrique qu’est San Antonio, on peut déjà dire que Devin Vassell va devenir l’extérieur qui rentrera ses tirs extérieurs et qui défendra dur… ça pourrait rappeler un certain Kawhi Leonard à ses débuts. Il faudra voir s’il s’adapte à la distance NBA, mais ses pourcentages la saison dernière à Florida State (42% à 3 points et 74% aux lancers-francs) laissent présager un shooteur plus que correct dans la franchise texane.

Son point fort est le catch and shoot, en particulier dans les tirs en mouvement. Il reste donc dépendant de la création de son équipe, ne sachant pas vraiment créer son tir et n’ayant pas vraiment de handle. En défense, sa grande envergure peut lui permettre de défendre les 3 postes extérieurs. C’est un très bon défenseur sur l’homme, il fait très peu de fautes et on peut voir dans son jeu qu’il a un vrai mental et instinct défensif. Il risque cependant de n’être qu’un role player, ayant encore de nombreuses lacunes à combler, comme le tir à mi-distance ou le jeu en transition.

Paul LALEVEE

Retrouver notre article sur les place 10 à 1