Draft NBA 2020 : ce que vont apporter les picks 10 à 1 dans leurs équipes

NBA – Dans la nuit du 18 au 19 novembre s’est déroulé la Draft NBA 2020. Pour rappel, la  Draft a lieu chaque année pour permettre aux équipes les moins bien classées de récupérer de jeunes prospects, les rookies, venus d’universités américaines ou du monde entier pour intégrer la grande Ligue.

Pour cette occasion, la rédaction de Sans Filtre a décidé d’analyser ce que chaque rookie pourrait apporter à son équipe. Ce soir, premier épisode avec les picks 10 à 1 avec notamment le français Killian Hayes.

Crédits photo: Jalen Smith : Justin Casterline / Getty Images, Deni Advija : BasketUniverso / Ermanno Gallo, Obi Toppin : Joe Robbins / Getty Images, Killian Hayes : Picture Alliance / Icon Sport Onyeka Okongwu : Hali Helfgott / USC Athletic, Isaac Okoro : Wikipédia /CreativeCommons, Patrick Williams : Micheal Reaves / Getty Images, LaMelo Ball : Rick Rycroft / Associated Press, James Wiseman : Getty Images, Anthony Edwards : GameCockCentral.com

Pick 10 : Jalen Smith – 2,08m, 2,18m d’envergure et 102 kg – Sélectionné par les Suns

Comparaison : Taj Gibson, P.J. Brown

Jalen Smith possède le look de certains joueurs des années 80/90, mais ne se rapproche pas du profil des big men de l’époque. Au sein des Maryland Terrapins, Jalen Smith écartait le jeu (37% à 3 points) pour son équipe, en jouant le rôle de stretch 5. Cependant, il reste assez dépendant du catch and shoot, car son handle est encore à travailler. Au sein des Suns de Phoenix, il sera sans doute le remplaçant de DeAndre Ayton, qui lui joue plus proche du panier, au poste 5. Avec sa taille et sa mécanique de tir qui paraît assez fluide, il peut poster son adversaire si ce dernier est plus petit. Il apportera une variété au secteur intérieur des Suns, en 2nd unit probablement. Pour cela, il doit progresser dans la lecture du jeu, développer son jeu de passe et travailler son haut du corps. Haut du corps qui ne lui permet pas pour l’instant de défendre sur des intérieurs plus lourds, qui peuvent le jouer au poste. Son footwork défensif n’est pas bon et les switchs, qui sont aujourd’hui légion en NBA, mettront à l’amende Jalen Smith. Mais il correspond bien à l’ADN Suns, avec une bonne mobilité, une aisance au contre (2,3 contres/match en NCAA), et des qualités offensives très modernes. Jouer avec Chris Paul par moments lui permettra d’inscrire des points, soyez-en sûr !

Pick 9 : Deni Avdija – 2,03m, 2,05m d’envergure et 95 kg – Sélectionné par les Wizards

Comparaison : Danny Granger, Hedo Turkoglu

Déjà professionnel suite à ses matchs avec le Maccabi Tel Aviv en Euroleague et en Ligue israélienne (dont il fut élu MVP), Deni Avdija semble entrer dans la cause des postes 3/4 qui savent un peu tout faire, et surtout qui ont une vision de jeu au-dessus de la moyenne. Sélectionné par les Wizards, qui sont en reconstruction mais qui ont toujours Bradley Beal dans leur effectif, Avdija devrait s’épanouir au poste 3 titulaire, à part si Scott Brooks décide de le faire jouer 4. Mais alors remplaçant de Rui Hachimura, ou titulaire à sa place ? Deni Advija sait presque tout faire, peut jouer meneur, arrière, ailier, et même ailier fort qui s’écarte. Son QI basket est clairement au-dessus de la moyenne, et il compense ses qualités physiques moyennes pour un joueur NBA. Il n’a clairement pas le physique d’un LeBron James par exemple, mais il reste un très bon défenseur d’équipe, qui n’a pas peur de l’adversaire, qui sait mettre de l’intensité dans ses actions et qui n’aura pas peur de prendre des gros tirs en fin de match.

Dans une équipe de Washington en semi-reconstruction semi-on veut viser haut avec Beal et pourquoi pas Wall, Deni Avdija saura trouver sa place et devra travailler son physique. Mais les qualités intrinsèques du joueur sont là, il n’y a rien à craindre.

Pick 8 : Obi Toppin – 2,06m, 2,13m d’envergure et 99 kg – Sélectionné par les Knicks

Comparaison : Tobias Harris, Amar’e Stoudemire plus fin

A 22 ans, il fait quasi figure de vétéran dans cette cuvée de draft. Après 2 années à Dayton, il semble prêt à apporter dès sa 1e année. Intérieur explosif et longiligne, Obi Toppin semble être un poste 4. A New York, il pourrait rappeler un certain Carmelo Anthony (toutes proportions gardées), de par ses qualités offensives et son non-attrait pour la défense. Excellent dunker, Obi Toppin est également capable d’étirer les défenses avec son tir extérieur (42% à 3 points en 2 ans à Dayton, mais seulement 2 par match). Si la situation ne lui permet pas de libérer son tir, il sait également poser le ballon au sol et faire un dribble. Très à l’aise près du cercle, il saura se libérer pour des alley-oop, des pick and roll ou encore des pick and pop. Par contre, en défense, c’est autre chose. Oui Toppin n’a pas l’air impliqué en défense, il manque de puissance sur le bas du corps, et n’a pas l’air motivé par le rebond, c’est pourquoi il est plus projeté poste 4. Avec le pivot Mitchell Robinson et donc ce nouvel intérieur, on espère que les Knicks ne se feront plus détruire dans la raquette comme c’est le cas depuis plusieurs années.

Pick 7 : Killian Hayes – 1,97m, 2,04m d’envergure et 97 kg – Sélectionné par les Pistons

Comparaison : Jason Williams plus costaud

Notre Frenchie rejoint Sekou Doumbouya à Détroit, et aura la place pour s’installer au poste de meneur. Avec Derrick Rose sur le départ, le meneur de 19 ans est prêt pour la NBA. Après une année à Ulm (Allemagne), il a rejoint la NBA, et devient le français drafté le plus haut de l’histoire. Meneur de jeu moderne, Hayes peut non seulement exécuter le pick and roll et faire des passes (ce qu’on demande à un meneur classique), mais il sait également se créer son tir en dribblant. Pour l’heure, il doit travailler son tir à 3 points, mais à 19 ans, il a encore tout le temps d’apprendre. Très bon gestionnaire sur le terrain, Hayes n’est pas un sur-athlète qui ira finir en gros dunk la plupart de ses actions. Avec son corps prêt pour la NBA, il peut encaisser le contact quand il se dirige vers le cercle sans s’écrouler, à contrario de certains jeunes qui ne sont pas encore prêts pour les rudes contacts de la grande Ligue. Heureusement pour lui, il aura normalement beaucoup le ballon en main à Detroit, car il doit encore travailler son jeu hors ballon, qui laisse encore à désirer. Avec la Free Agency qui arrive, à voir comment va évoluer l’effectif de Detroit, mais Killian Hayes semble avoir été choisi pour représenter l’avenir au poste de meneur.

Pick 6 : Onyeka Okongwu – 2,06m, 2,15m d’envergure et 111 kg – Sélectionné par les Hawks

Comparaison : Bam Adebayo

Construit dans le moule de Bam Adebayo, Onyeka Okongwu n’a fait qu’une année à USC (Californie) avant de tenter sa chance en NBA. Joueur grand, fort et athlétique, Okongwu est intelligent défensivement. Il contre à foison et intelligemment, et tient bien sa position dans la peinture. Ça, c’était en NCAA. A voir comment cela se déroule face aux grands baobabs tels que Embiid, Adebayo ou Drummond. Mobile (peut défendre les 3/4/5), il est doué à l’interception (1,2/match) et aime le combat sous les cercles (8 rebonds/match en 30 min). Un défenseur solide dès son arrivée en NBA en somme. Mais comme tout rookie, il a des faiblesses. Il n’est pas à l’aise avec son tir, ne sait pas shooter à 3 points (4 tirs pris en une saison) et n’a pas développé son arsenal offensif. Du coup, il semble parfois trop pressé en attaque mais en même temps dépendant de la création offensive de son équipe. Heureusement, il est tombé aux Hawks, où règne le passeur de talent Trae Young. Pour la saison à venir, il sera sûrement remplaçant de Clint Capela, mais progressera avec le Suisse et tous les jeunes d’Atlanta. A voir comment il se remet de cette blessure au pied dévoilée le soir de la draft.

Pick 5 : Isaac Okoro – 1,98m, 2,04m d’envergure et 100 kg – Sélectionné par les Cavaliers

Comparaison : Caron Butler, Mikal Bridges

Tout le monde s’accorde pour le dire : Isaac Okoro est déjà un défenseur élite, le meilleur de sa cuvée. Avec son QI défensif au-dessus de la moyenne et une grosse polyvalence (peut défendre les 2/3/4), l’ancien des Tigers semble avoir une éthique de travail qui fera de lui un joueur qui compte en NBA. Son instinct défensif, ses mains en perpétuel mouvement et sa rapidité latérale vont faire de lui un solide défenseur dès sa première saison, à l’image d’un Mathis Thybulle la saison passée. En attaque, c’est un peu plus compliqué, car il est irrégulier, mais sa puissance fait de lui un solide finisseur proche du cercle. Il a un bon toucher, est bon sur pick and roll mais sa palette offensive reste à développer. En particulier son tir extérieur, qui n’est clairement pas une réussite pour lui. Il semble manquer de confiance, ne sachant pas se créer son propre tir et possédant une mécanique de tir très moyenne. A Clevaland, les tirs extérieurs semblent assumés par la paire d’arrières Garland-Sexton, et Okoro pourra quant à lui s’occuper du meilleur extérieur adverse, tout en ne prenant pas trop de tirs en attaque.

Isaac Okoro est pour l’instant un défenseur solide avec un gros physique, mais il doit perfectionner sa palette offensive, et en particulier son tir extérieur, pour être plus qu’un défenseur en NBA.

Pick 4 : Patrick Williams – 2,03m, 2,08m d’envergure et 97kg – Sélectionné par les Bulls

Comparaison : Paul Millsap à ses débuts

Patrick Williams est le joueur le plus jeune de la draft, il a eu 19 ans le 26 août. Son jeune âge lui donne une grande explosibilité. Véloce et mobile, il est très présent en défense, en particulier en 2e rideau. Son potentiel défensif est énorme, pouvant prendre des rebonds, défendre sur l’homme, être capable de défendre presque tous les postes (des meneurs dragster seront trop rapides pour lui) et contrer. Il pourrait rapidement prendre le rôle de capitaine de la défense, à tout juste 19 ans. En attaque, ses qualités athlétiques lui permettent de monter facilement à l’arceau, mais son tir extérieur laisse perplexe (32% pour 1,7 tentatives) alors que c’est un point important aujourd’hui pour les 3/4 en NBA. Sans avoir vraiment eu la balle en main à Florida State, Patrick Williams n’a pas développé de vraie arme offensive, et semble plutôt avoir été drafté pour sa défense. Aux Bulls, avec la présence de Lauri Markkanen et d’Otto Porter, il pourrait avoir le rôle de 6e homme, un rôle à développer avec le coaching staff de Chicago.

Pick 3 : LaMelo Ball – 2,01m, 2,08m d’envergure et 82kg – Sélectionné par les Hornets

Comparaison : Lonzo Ball plus flashy, Jason Williams plus grand

Très fort en playmaking, LaMelo Ball peut rapidement devenir l’un des meilleurs passeurs de la Ligue. Très à l’aise sur pick and roll, il distribuera parfaitement le jeu dans la franchise de Michael Jordan. Doué pour la finition près du cercle, le frère Ball est un athlète. Il est clair que LaMelo a un QI basket au-dessus de la moyenne, mais il faudrait gagner désormais. Après une saison en Australie, il a vu ce qu’était le niveau pro, face à des adultes. Pour devenir une star, car c’est qu’il veut, LaMelo Ball va devoir progresser dans la sélection de tirs. Il y a un gros travail à faire, avec 25% à 3 points la saison passée, pour 7 tentatives par match. Il prend parfois des tirs inutiles, des tirs du milieu du terrain, alors qu’il sait que ça ne va pas rentrer. Pourtant, il montre de bonnes capacités, il faudra juste bien les utiliser pour exister en NBA. Sans ballon, il semble perdu, alors lui faut-il toujours le ballon dans les mains ? Cela semble compliqué pour un rookie. En défense, il a le physique et le potentiel pour réussir, mais reste un mauvais défenseur, voulant trop jouer l’interception et offrant donc des espaces derrière. Il manque clairement de fondamentaux en défense, et au sein des Hornets, le trop plein d’arrières (Terry Rozier, Devonte Graham) pourrait nuire au développement du jeune Ball.

A voir comment se passe la Free Agency et les trades dans la franchise de Charlotte.

Pick 2 : James Wiseman – 2,16m, 2,28m d’envergure et 105 kg – Sélectionné par les Warriors

Comparaison : Chris Bosh plus grand et plus costaud

Commençons par son principal défaut : on ne l’a presque pas vu jouer. Alors qu’il faisait partie de l’université de Memphis, il a été exclu pour avoir reçu une compensation financière de la part de Penny Hardaway. Résultat, il n’aura joué que 3 matchs et c’est donc peu pour juger du niveau d’un joueur. James Wiseman est l’archétype du vrai poste 5 moderne, étant capable de courir, shooter et défendre. Gros rebondeur, il va faire énormément de bien aux Warriors dans ce domaine, eux qui n’ont pas eu de vrai pivot rebondeur depuis plusieurs années. Très à l’aise pour rouler vers le cercle en pick and roll, il devrait pouvoir s’en donner à coeur joie avec Stephen Curry. En défense, il est également un bon contreur, un bon protecteur d’arceau, ce qu’il manquait à l’effectif des Warriors pour pouvoir défendre sur les grands tels qu’Anthony Davis pour ne citer que lui. Il n’est pas excellent dans ce domaine, mais passer du temps à l’entraînement avec Draymond Green comme aboyeur devrait le former assez rapidement. James Wiseman n’est pas très à l’aise dans la création de tir, mais ce n’est pas ce qu’on va lui demander à Golden State. Son physique assez maigre et un footwork moyen pourrait le mettre en difficulté au poste 5, alors que les switch sont désormais fréquents en NBA.

Pick 1 : Anthony Edwards – 1,97m, 2,05m d’envergure 101 kg – Sélectionné par les Timberwolves

Comparaison : Dwyane Wade, Donovan Mitchell

Le joueur avec possiblement le plus de talent dans cette draft, et c’est pourquoi il a été sélectionné en 1er. Anthony Edwards possède beaucoup d’atouts faisant penser à une superstar. Tout d’abord, il a une dimension physique qui fait de lui un poste 2 qui va faire des ravages de par sa puissance. Quand il attaque le cercle, son premier pas rapide et ses grandes épaules lui permettent d’aller au cercle violemment. L’ancien de Georgia a clairement le profil d’option n°1 dans une équipe, à savoir si c’est dans une équipe qui vise le titre ou le milieu de sa conférence. Pour l’instant, il manque de constance dans son tir extérieur (29% à 3 points) mais semble privilégier le cercle pour inscrire des points. Côté défense, il a le physique pour. Mais comme de nombreux jeunes, il n’arrive pas à être concentré tout le long d’un match. Il a les outils, mais manque d’effort et de consistance pour devenir un défenseur élite en NBA. A la passe, il se débrouille. Concernant le fit avec les Wolves, il devrait pouvoir s’éclater avec DiAngelo Russell à la mène et Karl-Anthony Towns au poste 5 qui écarteront à merveille les défenses (40% à 3 points la saison passée pour le pivot) et qui laisseront donc la porte ouverte à leur poste 2 pour finir au cercle. Le fit semble bon.

Paul LALEVEE