Lénaïg Corson revient sur sa saison pendant la période estivale au travers de photos marquantes.

Cette photo marque ces 6 derniers mois de blessures consécutives. Cela a été très compliqué de m’en remettre à chaque fois, j’en ai enchaîné 5 au total. Au mois de janvier, j’avais beaucoup de liquide dans le genou, cela paraissait compromis pour que je fasse le tournoi des 6 Nations mais finalement grâce à des infiltrations j’ai pu tenir ma place et y participer. Malheureusement, j’ai eu une déchirure du mollet en plein milieu de ce tournoi, s’en est suivi un lumbago, une élongation aux ischios, et pour la dernière blessure, je me pète le ligament Lisfranc, le ligament du pied. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, et qui marque ces 6 derniers mois de galères physiques. Malgré tout il faut relever la tête, se dire que les choses pourraient être pires, il faut relativiser, positiver et regarder devant soi.

Lénaïg Corson

C’est vraiment « the souvenir » de la saison. L’année dernière j’ai eu une saison compliquée, on m’annonçait que c’était peut-être la fin de ma carrière avec toutes les blessures que j’ai eues à répétition. Après 6 mois de galère, je reviens à la compétition, par le rugby à XV, avec cette victoire contre les blacks ! C’était déjà un rêve de pouvoir de nouveau jouer contre elles, mais de les battre, chez nous en France, devant plus de 17 000 personnes, devant ma famille qui avait fait le déplacement, c’est un souvenir qui restera gravé à jamais. Cette saison a vraiment été positive grâce à ce challenge sportif qui a été relevé, et grâce à ce moment avec cette équipe. On a su rester concentrée et on a fait un match abouti. Il y avait du suspense, on s’est battue comme des guerrières, et à la fin, il y a la victoire. C’était que du bonheur à partager avec l’ensemble du groupe qui était juste fantastique, une ambiance de dingue pendant cette tournée d’automne 2018.

Lénaïg Corson

La saison 2018-2019 a également été marquée par mon changement de club, après 9 ans au Stade Rennais Rugby, j’ai décidé de changer et de venir jouer en région parisienne. Je venais de quitter le seul club que j’avais connu pour aller tenter l’aventure dans une nouvelle équipe donc j’avais un peu d’appréhension au début. Puis finalement cela a été un changement hyper positif, dans ma vie, j’ai retrouvé des copines, qu’on voit sur la photo, Coumba Diallo, et Assa Koïta que je côtoie avec le XV de France et avec qui j’ai commencé en 2012 ma carrière internationale. De pouvoir rejouer avec elle, c’était génial, elle venait également de changer de club. Le Stade français m’a permis de goûter à différents postes du rugby à XV, j’ai pu jouer en 8, en 13, et bien sûr en 2e ligne, mon poste principal. Cela m’a fait du bien, car avec l’ancienneté et l’âge on a envie de sortir de sa zone de confort et d’aller chercher d’autres sensations, d’apprendre de nouvelles choses. Ce mélange de pouvoir tester de nouveaux postes, d’être avec les copines du Stade Français, avec qui je m’entends très bien, où il y a une superbe ambiance, font que j’adore mon nouveau club.

Lénaïg Corson

Cette photo montre mon anniversaire, le jour où j’ai eu 30 ans. Je l’ai fêté à Rome. Je suis partie en Italie en tant que consultante pour une boîte privée, c’était à un moment assez difficile personnellement dans ma vie, je faisais un petit burn-out, lié aux blessures, lié à beaucoup de choses. À 30 ans, on se pose parfois des questions, on se dit qu’on commence à vieillir, mais je pense qu’avoir cet âge-là c’est surtout dans la tête et moi je suis quelqu’un qui assume complètement, et qui finalement n’a pas l’impression de les avoir. Comme dirait l’expression, 20 ans d’âge et 10 ans d’expérience supplémentaire. La vie est belle et prendre de l’âge, cela n’a rien de difficile, alors le burn-out n’était pas lié au fait de passer ce cap mais plutôt aux blessures, et au fait de ne pas pouvoir m’épanouir comme j'en avais envie au rugby. Les photos ne sont pas toutes positives, mais cela a marqué mon année, ma saison et marque peut-être les obstacles à franchir pour grandir, s’épanouir, comprendre et surtout aller chercher le bonheur.

Lénaïg Corson

Cette photo, je voulais qu'elle soit prise en Bretagne, et notamment à Trégastel là où je passe tous mes étés. Encore aujourd'hui, c'est un lieu où j'aime me ressourcer, retrouver mes amis et être proche de la mer. C'est un endroit que j'apprécie beaucoup, chaque été je faisais des petits boulots saisonniers et la fête avec mes amis du coin.

Dernièrement, je me suis investie dans un projet un peu particulier. L'association « Côte de Granit Rose Respect et Protection » souhaite faire en sorte que toute la côte, autour de Tregastel notamment, devienne patrimoine mondial de l'UNESCO. Je suis rentrée dans ce projet il y a quelques mois et je m'investis dans les partenariats, la communication et j’y suis très attachée, car c’est un endroit magnifique qui mérite d’être préservé.

Lenaig Corson

LENAÏG