Alice Finot – “Après mon premier footing sans douleurs, j’étais émue”

Vice-Championne d’Europe du 3000 m en salle, Alice Finot a ensuite connu des pépins physiques qui l’ont privé des JO.
Alice Finot

Vice-Championne d’Europe du 3000 m en salle, Alice Finot a ensuite connu des pépins physiques qui l’ont privé des JO. Elle raconte dans cette interview les galères, les doutes mais aussi comment elle a surmonté cette épreuve qui l’a renforcé. La grande révélation de l’hiver 2021 est désormais remise sur pied et aborde la saison 2022 avec ambition. Elle nous parle de sa jeunesse, de ses voyages et de sa vie en Espagne, où elle vit depuis 2016 ! Alice Finot et son parcours atypique, révélée sur le tard est un exemple de persévérance !

Crédit : Alice Finot

La page Facebook d’Alice Finot : ICI

ALICE FINOT – JE NE SAIS PAS COURIR LENTEMENT

C’est difficile pour moi de comparer l’entraînement en Espagne par rapport à celui en France, parce que je n’ai pas beaucoup de points de comparaisons par rapport à la France. Je me suis entraînée en France quand j’étais assez jeune. Je suis rentrée dans un club de mes 13 ans à 18 ans, mais en m’entraînant 2 fois par semaine. Il n’y a rien à voir avec l’entraînement quand tu recherches un niveau national ou international. Je me suis entraîné encore un an en France. Ce dont je me suis rendue compte, en faisant mon premier stage en équipe de France, ce sont des différences sur l’approche de l’entraînement.

Nous, on aborde l’entraînement surtout d’un point de vue qualité. Mais, malgré que je sois une des plus âgées, je reste l’une des plus jeunes dans la pratique. C’est peut-être moi qui ait le moins d’années d’ancienneté. Je n’ai pas pu faire des semaines à plus de 100 kilomètres dès le début, car l’augmentation du volume kilométrique se fait petit à petit. Ton corps tes muscles doivent s’habituer. Il faut suivre une certaine progression.

Je suis donc une athlète qui fait beaucoup de qualité et peu de quantité ! Et je suis également une athlète qui ne sait pas courir lentement. Je ne fais pas de footings à plus de 4’30 au kilomètre. Et je ne vois pas d’autres filles avec qui j’ai pu m’entraîner faire cela. Quand elles font leur footing “tampon”, elles le font à 4’45 ou 5′. C’est ma mécanique. J’ai de grandes jambes et dès que je vais lentement, je change de foulée et ce n’est pas bon pour mes appuis. C’est donc une adaptation de l’entraînement à mon profil et non moi qui me suis adaptée à l’entraînement local.

J’INTEGRE LE VELO A MES SEANCES D’ENTRAINEMENT

Et ça, je ne m’en rendais pas compte avant d’arriver en équipe de France. Je vais faire trois séances de spécifique par semaine. A côté de cela, je vais faire beaucoup de vélo ! Mais ce n’est ni le choix de mon entraîneur, ni la mode en Espagne. Il a mis du temps à l’accepter, avec le risque de chute à vélo, et donc de perdre du temps pour se remettre de cela. Je touche du bois, cela ne m’est jamais arrivée (rires). J’ai commencé à faire du vélo en 2019, à une époque ou j’avais des périostites, pour limiter les impacts. Et j’y ai pris goût. Je vis en Galice, qui a une culture du vélo.

Les automobilistes respectent énormément les vélos et je ne me sens pas en danger. Alors qu’actuellement, je suis au stage au Portugal et ce n’est pas la même chose. En France, c’est compliqué aussi. Le vélo permet aussi de faire un travail différent de la course à pied. C’est intégré dans mon entraînement, mais mon entraîneur a mis du temps à l’accepter.

ALICE FINOT – EN ESPAGNE, ON EST TOUT LE TEMPS DEHORS

Concernant la vie en Espagne, avec le climat clément, on vit beaucoup dehors, plus en société. On est très rarement chez nous. Finalement, on a commencé à passer du temps chez nous au moment du premier confinement. D’ailleurs, on en a profiter pour totalement retaper notre appartement. On ne s’était jamais retrouvé une semaine entre quatre murs. Mais on est toujours avec du monde, on fait beaucoup de sport en extérieur, et on prend régulièrement des cafés avec nos proches ou avant les entraînements.

Tu manges également souvent dehors. Il n’y a pas une aussi grande différence, par rapport à la France, entre la nourriture qu’on peut manger chez soi et celle d’un restaurant. C’est quand même plus agréable de manger dehors, tu n’as pas besoin de prendre le temps de cuisiner. Après l’entraînement, tu manges avec tes amis. Cette convivialité est hyper porteuse pour rester dehors et faire des activités. On est aussi dans un pays ou tu as tellement d’opportunité de faire du sport, que cela en devient un mode de vie.

DES MON PREMIER VOYAGE, JE ME SUIS DIT QUE JE VIVRAI A L’ETRANGER

Avant d’arriver en Espagne, j’ai déjà beaucoup voyagé et je suis à l’aise un peu partout. Les voyages, le fait de se retrouver dans un endroit où on ne parle pas la langue, cela peut-être déstabilisant. Mais je l’ai vécu toute mon adolescence, avec les voyages. Durant mes études, j’ai fait des stages à l’étranger. Cette aisance avec l’étranger, je l’avais déjà acquise avant d’arriver en Espagne. Dès mon premier voyage à l’étranger, je me suis dit que je vivrai dans un pays autre que la France. J’ai toujours aimé apprendre des gens, me fondre dans la masse. Je savais qu’à 20 ans, j’aurais fait le tour de ce que je voulais voir en France. Et que j’avais besoin de vivre à l’étranger. Cela s’est fait tout seul. Il y a eu cette opportunité que j’ai naturellement saisie.

En Espagne, je suis reconnue localement, tout le monde me connait car je suis là depuis 2016. J’ai commencé à gagner des courses sur route. Ton nom sort dans le journal, tu es interviewée sur les radios locales. Quand j’ai commencé à faire de grosses performances au niveau international, même si je ne suis pas Espagnole, je suis passée sur la télé espagnole et galicienne ! En France je suis connue sur le territoire depuis ma médaille. Mais au niveau local, je n’appartiens plus à une région spécifique. Donc la reconnaissance est plus liée au milieu de l’athlétisme et les Français qui ont suivi les championnats d’Europe !

ALICE FINOT – LA FFA M’A PERMISE DE PRENDRE UN CONGE SABATTIQUE

J’ai arrêté de travailler l’année dernière, en juin. J’ai travaillé en tant qu’ingénieure depuis mon arrivée en 2016 en Espagne. Etant touche à tout, j’ai fait trois postes différents, j’ai toujours besoin d’être éveillée intellectuellement et voir d’autres choses. Le travail et l’athlétisme a été un équilibre à un moment donné. Et je pense que, sans ma blessure, je serais encore en train de travailler. Mais avec cette blessure, je n’arrivais pas à sortir la tête de l’eau. Les journées ne durent que 24 heures et j’aurais eu besoin du double pour me reposer. Je n’arrivais plus à tout concilier. C’est grâce à la fédération, qui a mis un système en place, que j’ai pu me libérer du temps. Et pourtant, je venais d’annoncer que je renonçais à participer aux JO.

La FFA a réussi à débloquer un budget pour me permettre de prendre un congé sabbatique pour préparer les JO. Mais je l’ai su qu’après mon renoncement, donc un peu tard. Je leur ai dit “Désolé mais je ne peux pas faire les JO”. Mais le budget était débloqué et ils m’ont dit qu’ils voulaient que je revienne, même après les JO, pour être prête pour les prochaines échéances internationales. Ils m’ont dit que je pouvais me recentrer sur moi-même et guérir cette blessure. Ils m’ont donc permis de prendre trois mois de congé sabbatique et guérir ma blessure. Je n’étais pas sûre au début car je ne me trouvais pas légitime d’arrêter de travailler juste pour soigner une blessure ! J’étais un peu perdue sur mes priorités de vie.

Lire aussi : Notre interview d’Aurore Fleury !

JE VEUX VOIR CE DONT JE SUIS CAPABLE EN ME CONSACRANT A 100 % A L’ATHLETISME

Mais quand tu as goûté à la médaille européenne, tu as envie de plus. J’ai profité de cette opportunité et finalement, au lieu de prendre 3 mois, j’ai décidé de prendre un an ! L’idée, c’est de faire le tour du calendrier et de préparer les échéances estivales, le championnat du monde et d’Europe. Je veux voir ce dont je suis capable de faire en me consacrant à 100 % à l’athlétisme. Avec le boulot, quand tu te blesses, tu ne peux pas récupérer ! Idem avec les entraînement croisés !

Concilier le travail et l’athlétisme, c’est possible, mais quand il y a des petits pépins, cela se complique. Quand on veut vraiment faire partie de l’élite, à un moment donné, il faut s’y consacrer à 100 %. Après ce n’est peut-être pas impossible de concilier. J’ai pu avoir une médaille européenne en travaillant, même si je ne suis pas arrivé par la suite. Sur le long terme, je pense qu’on s’essouffle plus vite.

La médaille européenne a changé cet aspect là, d’avoir accès à cette opportunité. Sans la médaille, je n’aurais pas pu me professionnaliser ! Même si les opportunités auraient pu arriver, je ne sais pas si j’aurais pu franchir le pas ! Je ne me serais pas sentie légitime ! La médaille m’a donné une énorme confiance en moi ! Cela a débloqué des choses au niveau sponsoring également ! La FFA a eu confiance en moi. Le contexte de vie économique se crée. Sur la reconnaissance du public, en revanche c’est plus moyen. C’est difficile de le quantifier. Ce que j’attend d’une performance, c’est que cela m’ouvre des portes, pour accéder à des meetings, aller chercher les minima. Après, le nombre de followers sur Instagram, je m’en fiche. Je ne fais pas mon sport pour la reconnaissance des autres. Je suis en compétition avec moi-même.

ALICE FINOT – UN SEMI-MARATHON A TAIWAN COMME DECLIC

Il ne faut pas oublier que j’ai fait énormément de sport toute ma vie et je pense que si je n’avais rien fait et que j’avais commencé le sport à 25 ans, je n’aurais pas eu les mêmes facilités. J’ai touché à tout et je pense avoir des qualités intrinsèques qui me permettent de prendre du plaisir dans tous les sports. J’ai vraiment fait de tout de mes 3 ans à mes 25 ans. Et j’ai exploité mon potentiel, sans mettre toute mon attention sur un sport en particulier. J’ai commencé l’athlétisme à 13 ans, repérée au cross du collège, j’ai signé dans un club. Mais je faisais de l’athlétisme pour me défouler. J’étais cavalière nationale, je travaillais tous les jours mes deux chevaux de concours et cela de mes 12 à 19 ans.

Je suis ensuite partie faire mes études. Et je n’ai plus rien fait. Je suis revenue à l’athlétisme suite à un stage à Taïwan en 2015. Je commençais à faire des petits footings. Et j’ai rencontré celui qui partage désormais ma vie. Il me dit qu’il s’est inscrit à un semi-marathon là-bas. On s’est préparé pour ce semi. Je courrais 4 fois par semaine, mais seulement des footings. Je fais le semi, je fais 1h41 et je gagne dans ma catégorie. Cela m’a motivé et je suis revenue en France pour finir mes études.

Je me suis réinscrite dans un club et j’ai commencé à être bonne sur 1500 m / 3000 m et je me faisais plaisir ! J’ai rejoint par la suite mon compagnon de vie en Espagne, en me réinscrivant dans un club au Celta Vigo. Quand on gagne, c’est prenant et on y revient. Je continuais à monter en Espagne en même temps que l’athlétisme. Puis, à un moment donné, l’athlétisme a pris le dessus et j’ai renvoyé ma jument en France. Je me suis consacrée à l’athlétisme.

LA PREMIERE GROSSE BLESSURE DE MA CARRIERE

En 2019, j’ai également connu pas mal de blessures. On s’était dit qu’on allait préparer les mondiaux de Doha. On s’était mis un énorme objectif mais je ne pouvais pas augmenter le volume d’entraînement du jour au lendemain. Il fallait respecter les étapes, mais on a voulu les sauter trop rapidement. On s’est brulé les ailes et je me suis cassée de partout, avec plein de blessures pendant 6 mois. Mais la grosse blessure de 2021, qui m’a privée des JO et qui m’a “permise” tout juste là à refaire de grosse séance, est la plus importante de ma carrière. Elle m’a privé pendant presque un an d’entraînement.

On pensait vraiment que cela allait revenir plus rapidement. J’ai continué les entraînements croisés dans l’espoir de participer aux JO. Finalement, cela ne revient jamais. J’étais encore dans l’euphorie de la médaille, motivée à bloc pour les JO, alors que j’avais une forme d’enfer. Je voyais que j’étais forte, je faisais du vélo et tout. Mais dès qu’il fallait mettre des impacts, ce n’était pas possible. J’ai du me consacrer au renforcement, pour renforcer mon tendon. J’ai perdu du temps, alors que je pensais en gagner dans ma préparation.

ALICE FINOT – JE VOULAIS ME PROUVER QUE J’ETAIS CAPABLE DE REVENIR DE LA BLESSURE

Gérer la frustration de la blessure ce n’est pas facile du tout. Il y a beaucoup de médecins qui m’ont dit que peu de monde revient de ce genre de blessures. Ce n’est pas la difficulté de la blessure mais c’est au niveau mental ! Beaucoup abandonnent car c’est tellement difficile mentalement de s’accrocher, de faire tous les jours des choses qui sont désagréables. Je cours car j’aime courir. Mais faire tous les jours des trucs qui te font mal, mais qu’il faut aller un peu dans la douleur pour te rétablir. C’est répétitif, tu en vois pas le bout, tu rechutes parfois et tu reprends tout du début. C’est tellement dur mentalement qu’il y a beaucoup d’abandon. Moi je me disais que je ne serais pas de ceux qui abandonnent. Je voulais me donner tous les moyens de réussir. Je me le suis prouvée.

Toute cette phase a tellement de valeur. Je suis beaucoup plus fière d’avoir traversée cette épreuve que d’avoir fait 8’46 et la médaille aux Europe. Ce sont des choses qui vont me servir toute ma vie à chaque fois que je vais rencontrer un problème. Pourtant, actuellement, je suis incapable de courir en 8’46 ! Il faudra passer par beaucoup d’entraînements. J’ai appris beaucoup de chose sur moi ! J’ai eu peur, j’ai beaucoup douté. En plus j’ai pris le risque d’arrêter le boulot à un moment où j’étais au plus bas. J’ai tout sacrifié mais parce que j’avais confiance en moi. Qui vient de toutes ces expériences à l’étranger. Où je suis partie avec mon sac à dos. Où quand j’ai acheté une moto pour traverser le Vietnam. Toute ma vie je me suis mis dans des situations d’inconfort mais je m’en suis toujours sortie.

Quand je fais quelque chose, je n’abandonne pas et quand j’ai fait ces choix, je me suis dit que je ne les faisait pas pour rien et que j’allais les assumer ! Il y a des jours, c’est dur, car la tronche, tu peux l’avoir un jour, mais l’avoir beaucoup moins une autre journée. C’est là qu’il faut se raccrocher à des choix faits.

MON ENTRAINEUR NE PENSAIT PAS QUE JE SERAIS REVENUE AUSSI VITE

Aujourd’hui, il n’y a pas de douleurs, mais je manque encore de puissance sur une jambe. Il faut faire attention au déséquilibre que cela peut créer. Je fais beaucoup de musculation et de renforcement dans le but de renforcer cette jambe. Petit à petit je me rééquilibre. Mais je dois encore faire attention à certaines choses. Cette compensation crée pendant un an ne doit pas avoir d’impact sur l’autre jambe. Je suis dans une phase où je recherche encore mon équilibre.

Les sensations reviennent assez vite. Je me suis entraînée toute seule à partir du moment où j’ai arrêté de viser les JO. Car mon entraîneur n’avait pas trop sa place sur la partie des entraînements croisés, car il se concentre sur ce qu’il connaît. J’ai fait le vélo, salle et piscine en solo, pour ne pas perdre le tonus musculaire et ne pas oublier la douleur à l’entraînement. Je me minais à vélo avec mes potes, pour continuer à rester compétitive.

Si on oublie de faire ce genres de choses, le jour où tu dois repartir au combat, se refaire violence, tu as un peu de réticence ! Je me suis entraînée seule jusqu’à novembre. Mon entraîneur a halluciné sur mon niveau physique à mon retour. Il ne pensait pas que j’aurais pu revenir aussi vite. Je lui ai dit : “Je me suis entraînée”. Il a accepté que le vélo me soit utile dans mon entraînement.

ALICE FINOT – APRES MON PREMIER FOOTING SANS DOULEURS, J’ETAIS EMUE

J’arrive à rentrer dans des séances beaucoup plus tôt que ce qu’il avait pensé. J’arrive à faire du seuil, des séances d’aérobie courte. Je peux toucher à toutes les thématiques d’entraînement, même si je ne suis évidemment pas au même rythme qu’il y a un an. Car je suis plus dans une base de foncier. Quand j’ai fait mon premier footing sans douleurs, j’ai versé une petite larme. Enfin ! Cela m’a donné raison d’insister. J’ai eu raison d’y croire et j’ai eu peur de ne plus pouvoir courir sans douleurs. C’était vraiment dur mentalement.

J’ai évidemment un œil attentif sur les performances réalisées par les filles. C’est cool, je vois Aurore (Fleury) faire ce qu’elle fait. Elle a passé un cap depuis l’année dernière. C’est une fille qui a toujours travaillé énormément mais qui n’avait pas les résultats qu’elle méritait. Elle a passé un cap mental. Elle est venue chez moi en Galice, on a eu de grosses discussions. Je lui ai dit que tout était possible et qu’elle n’avait pas de limites et que si je l’avais fait elle pouvait aspirer à le faire.

Ce que je fais aux Europe a du l’inspirer. Il y a d’autres filles derrière qui se sont dites que courir sous les 9 minutes était faisable ! Elles voient que je suis normal et comme elles. Que j’ai commencé à faire une perf et qu’elles aussi pouvaient le faire. Les jeunes courent très bien. Elles manquent encore d’expérience et de maturité mais cela va venir. (NDLR : Hier Alexa Lemitre a couru en 8’57 à Val de Reuil).

UNE GENERATION QUI S’EST DECOMPLEXEE

Il y a une génération féminine qui va bien se défendre et qui s’est décomplexée. On voyait des France se gagner sur 3000 m en 9’20, et en 4’15 sur 1500 m. Maintenant, on a des filles capables de faire des minima internationaux. Et si les autres veulent être dans le gratin, elles vont devoir bosser. Dès qu’il y a une performance, cela fait un appel d’air ! Cela se voit que cela fonctionne. Je suis hyper contente de voir les filles progresser car cela va m’obliger à encore plus travailler pour garder ma place. La densité amène des choses intéressantes pour le collectif !

Je ne suis pas déçue de ne pas être là ! Je préfère ne pas perdre de temps sur les choses sur lesquelles je n’ai pas de contrôle. Comme je ne peux pas être là cet hiver, je ne vais pas m’arrêter là. Au contraire, je regarde les compétitions, et cela me donne envie de courir. Je préfère la situation de cette année, à celle de l’été dernier où je suivais les performances d’Aurore, car on venait de faire un stage ensemble. Je la voyais courir et voir les chronos descendre.

Cela me donnait envie de courir mais je ne pouvais pas. Là, au moins je peux aller faire mes séances pour me défouler. J’avoue que j’ai pris un dossard pour un duathlon (NDLR : Interview faite avant le duathlon qu’Alice Finot a remporté ce samedi, face à la championne d’Espagne de la spécialité). J’ai faim de compétition ! Cette compétition est dans le cadre de l’entraînement et pour me donner à manger.

ALICE FINOT – LE 3000 M STEEPLE EST UNE EVIDENCE POUR MOI

J’aimerais faire le record de France du 3000 steeple, qui est un peu en-dessous des minima pour les mondiaux. Je veux essayer de descendre aux alentours de 9’15 ! C’est faisable quand je vois la forme que j’avais l’hiver dernier. C’est une discipline récente chez les femmes, où on peut avoir un avantage en bossant le passage de barrière. Les Africaines dominent en général, mais il peut se passer plein de choses. Sur des championnats tout est possible et chacun peut avoir sa place. On a notre place en travaillant bien ! Je n’ai pas fait du steeple pour rien. Je viens du cheval et je passais presque plus de temps à sauter moi même les obstacles avec mes copines, entre les reprises d’équitation (rires). C’était intégré depuis mon plus jeune âge et cela a été une évidence.

Mais je suis encore perfectible sur le plan technique. Mon entraîneur part du principe que la caisse est le plus important. Mais je lui ai prouvé que je pouvait courir en 8’46 sur 3000 m plat. Il a intégré que la caisse était là et qu’on allait faire un peu plus de technique cette année. Pour lui, il y avait des étapes à respecter et je suis convaincue que nous sommes sur la bonne voie.

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