Rugby : Le XV de France féminin a remis le Bleu de chauffe

Comme leur homologues masculins, les joueuses du XV de France féminin ont repris leur saison avec leurs clubs respectifs, la première avec les nouvelles règles sanitaires. C’est une année importante, car dans un an se profile la coupe du monde 2021, dont la France est un sacré outsider. Dans un sport en plein essor en France, avec des stades pleins et des audiences télé toujours plus importantes. Laure Touyé et Marine Ménager répondent à nos questions.

Comment s’est passée la reprise de la compétition ?

Laure Touyé : “Au fur et à mesure que le temps passe, on voit que les stades se remplissent de plus en plus. Cela nous fait vraiment plaisir”

Laure Touyé, pilier du XV de France

Laure Touyé (Pilier du XV de France féminin) : Il y avait beaucoup d’impatience, car on sortait d’une longue période avec le confinement. On avait hâte de reprendre les entraînements et les matchs. Tout le monde a pris énormément de plaisir. Il y a toujours cette part d’incertitude liée à la crise, mais on n’essaie de ne pas trop y penser. On essaie de prendre match par match comme si c’était le dernier et comme s’il y avait le risque de reconfinement. On veut prendre le maximum de plaisir car chaque match est une chance.

Marine Ménager (Ailière du XV de France féminin) : La reprise s’est très bien passée. Cela nous a fait très plaisir de matcher, de retrouver le groupe. J’avais de bonnes sensations. Il y avait énormément d’impatience. On s’est longtemps entraînées sans matchs. Et ce qu’on aime le plus ce sont les matchs du week-end, les vestiaires et toute l’ambiance qui va avec. Les règles sanitaires sont ce qu’elles sont. Cela va changer nos habitudes, mais une fois qu’on connaît les règles, on sait ce qu’on doit faire. Ce n’est pas une contrainte.

Est-ce que vous avez peur que la crise Covid_19 impacte le rugby féminin ?

Laure Touyé : C’est toujours compliqué de se positionner sur cette question. On a la coupe du monde dans un an. Oui il y a la crainte que ce soit annulé, tout comme les matchs de la tournée de Novembre. Mais il faut rester positifs.

Marine Ménager : On a la chance d’être très bien considérées par notre Fédération. Nous sommes dans une structure qui prend parfaitement en compte ce qu’on fait. Bien sûr qu’on a des inquiétudes, mais elles sont minimes. On sait que la Fédé ne nous lâchera pas. C’est plutôt au niveau amateur que cela risque d’être plus compliqué. Je pense aux associations qui sont en difficulté. On peut craindre un sacrifice de la partie féminine. Mais on ne peut pas trop parler du futur

Le rugby féminin connait un vrai engouement depuis quelques années, est ce que vous avez senti des différences d’un point de vue médiatisation ?

Laure Touyé : Au fur et à mesure que le temps passe, on voit que les stades se remplissent de plus en plus. Cela nous fait vraiment plaisir. Le fait que nos matchs passent de temps en temps sur France 2 c’est important. Plus de personnes regarde France 2 par rapport à France 4. Cela donne encore plus de motivation pour jouer.

Marine Ménager : “Nous sommes des hypers compétitrices dans cette équipe de France. L’objectif est de ramener la médaille d’or”

Marine Ménager, Ailière du XV de France
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Marine Ménager : On le voit aussi sur les réseaux sociaux et dans la vie de tous les jours. Auparavant, une joueuse de rugby n’était pas reconnue. Là cela commence petit à petit. C’est aussi agréable de voir que des personnes qui ne regardent pas forcément le rugby, regardent le rugby féminin. Cela a pris une nouvelle dimension. On n’avait pas l’habitude de jouer devant autant de monde. J’ai commencé en sénior il n’y a pas si longtemps que cela, et il n’y avait personne. En club également, le public arrive petit à petit. Cela bouge et cela nous donne encore plus envie de briller et de faire de grandes performances.

Dans un an, se profile la coupe du monde de rugby, est ce que vous y pensez déjà ?

Laure Touyé : Forcément, on est obligé d’y penser. C’est notre plus gros objectif. On est fixé sur les matchs qu’on va avoir, avec des vrais objectifs intermédiaires. Il faut finir l’édition 2020 du Tournoi des VI Nations. On aura également une tournée en novembre contre l’Angleterre. C’est une grosse équipe qui nous a posé de gros soucis. Toute notre préparation a été faite afin de rattraper le retard pris lors du confinement. On pense à long terme mais sans négliger les objectifs intermédiaires.

Contre l’Angleterre, ce n’est pas un problème de niveau. On a été capable de battre la Nouvelle-Zélande qui elle-même bat les Anglaises. Je pense surtout qu’elles ont pris un ascendant psychologique qu’on n’arrive pas à dépasser pour le moment. On ne trouve pas les bonnes solutions, mais ce n’est pas un problème de niveau inférieur à elles.

Marine Ménager : On va prendre chaque match les uns après les autres. Après, nous sommes des hypers compétitrices dans cette équipe de France. L’objectif est de ramener la médaille d’or. Mais sans griller les étapes. On fera le travail nécessaire pour aller chercher le plus beau métal. Il faudra passer par des étapes intermédiaires. On veut bien terminer le tournoi des VI Nations, mais également faire une grosse tournée contre les Anglaises. L’ascendant psychologique dans notre sport est très important. On se doit de marquer le coup contre elles et arrêter de perdre de peu. Il faut gagner nos matchs.

Cette coupe du monde est importante pour nous. Tout l’aspect médiatisation et reconnaissance, ainsi que la professionnalisation de notre sport, va passer par la performance. Si on fait des Grand Chelem, où qu’on est championne du monde, le groupe sera connu et reconnu.

Propos recueillis par Etienne Goursaud