Nisqy - Pro Gamer

Midlaner : #Splyce #Ancien EnVyUs #Ancien Fnatic #Ancien Melty eSport Club #Ancien InFamous Esport #Vainqueur DreamHack Tours 2016 #Vainqueur DreamHack Valencia 2016 #Vainqueur ESL Championnat National Spring 2015

Les pro-gamer sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet aux joueurs de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors qu’il s’apprête à disputer les demi-finales des EU LCS de printemps, Nisqy est revenu sans filtre sur son parcours de pro-gamer et son rêve de disputer les Championnats du Monde. Le Midlaner de la team Splyce nous plonge dans les méandres du professionnalisme sur League Of Legends.(Crédit photo Une : LoL eSports) 

C’est avec les premières versions de Counter Strike (1.2 & 1.3) que j’ai commencé à jouer aux jeux-vidéo. J’avais seulement 5 ans et j’ai rapidement enchaîné avec World of Warcraft puis League of Legends notamment avec mes cousins qui m’ont initié au jeu. Je n’aimais pas vraiment LoL au début, ma passion s’est développée en même temps que je progressais en termes de niveau.

À la différence de Counter Strike, LoL ne mise pas sur des réflexes mécaniques ou sur des actions à la fraction de seconde près, mais plutôt sur un aspect stratégique. Il faut penser avec ta tête et si tu fais une erreur c’est la défaite assurée. Tu dois quasiment jouer à la perfection pour gagner et c’est un aspect que j’adore.

Je suis rapidement devenu meilleur que mes cousins et c’est une fois arrivé à un certain niveau en ligne que je me suis posé la question de devenir un pro-gamer. À 16 ans j’ai fait la rencontre d’un autre joueur belge, Nerroh, et nous avons décidé de monter une équipe ensemble afin de participer à des compétitions officielles.

C’était compliqué à nos débuts, mais nous avons vite été reconnus par la communauté belge puis naturellement on a percé en France. J’ai vraiment progressé avec lui, et d’ailleurs nous avons fait tout notre parcours ensemble jusqu’au début de l’année 2017. Il vient d’ailleurs de quitter l’équipe Millenium pour faire une pause. Nous sommes toujours en contact et en très bons termes.

Je suis enfin entré dans le monde pro avec la Team Melty. J’étais encore au lycée, mais je venais tous les week-ends pour m’entraîner et jouer en France. C’était compliqué, mais je ne regrette rien.

Je remercie d’ailleurs ma famille, car j’ai aujourd’hui complètement arrêté mes études pour me consacrer à LoL. L’un de mes grands frères qui a fait de longues études m’a soutenu et a compris mon choix en voyant mes résultats et les milliers de personnes qui me suivaient sur les réseaux sociaux. Mes parents m’ont aussi fait confiance pour voir si je pouvais percer dans ce milieu.

Quand on regarde mon parcours, on peut se dire que j’ai changé de nombreuses fois d’équipes. Après Melty, j’ai eu mon premier vrai contrat pro avec Fnatic au sein de leur deuxième équipe. Nous avons alors remporté une compétition qui nous qualifiait pour la ligue principale, mais Fnatic ‘avait pas le droit de posséder 2 équipes dans cette épreuve. Ils ont alors été obligés de vendre notre team à une autre structure. Je ne voulais pas prendre de risque avec une aventure qui me plongeait dans l’inconnu, j’ai alors intégré Envyus qui était dans la ligue américaine. Envyus fut éjectée de cette ligue et j’ai donc encore changé de team pour Splyce. Vous l’avez compris, j’ai plus subi ces changements et ce n’était pas forcément mon choix de quitter ces environnements dans lesquels je me sentais bien. Mais parfois les circonstances nous y obligent.

Personnellement, j’adore ces moments de compétitions. Tu t’entraînes des mois pour arriver sur scène. J’ai beaucoup d’adrénaline, ce qui me permet de faire des choses que je ne tente même pas à l’entraînement. D’ailleurs nous n’entendons pas vraiment la foule avec nos casques anti-bruit, c’est donc la délivrance à la fin et tu vas avoir quelques émotions si les gens crient ton nom.

Trouver une équipe est parfois compliqué pour certains joueurs, car finalement le niveau de jeu n’est pas toujours le critère le plus important. Il faut avoir des contacts et surtout une image positive dans notre milieu et auprès de la communauté. De nombreux bons joueurs ne sont jamais pris pour cela. Souvent au début de l’aventure, les équipes souhaitent avant tout s’assurer d’une bonne ambiance entre joueurs afin de commencer sur de bonnes bases.

100% CONFIANCE DANS NOTRE TEAM SPLYCE

Aujourd’hui j’évolue chez Splyce dans la ligue principale européenne. Je me considère toujours comme un rookie et je suis vraiment satisfait de l’état d’esprit de Splyce qui a souhaité miser minimum 2 ans sur moi afin de me faire progresser. Même si certains me voient comme un joueur confirmé, je pense avoir encore beaucoup à prouver.

Il y a un certain côté international dans le monde de LoL mais j’ai vite compris que toutes ces nationalités différentes chez les joueurs n’avaient pas vraiment d’importance. Il faut simplement avoir un état d’esprit sain et au bout de quelque temps tout le monde fonctionnera comme une vraie équipe. Je me souviens d’un ancien coéquipier, Lira, au début il était assez silencieux et presque timide. Finalement le temps nous a permis de nous rapprocher et c’était quelqu’un de très marrant.

Ce que j’aime chez Splyce, c’est l’absence d’ego trop fort de la part de nos joueurs à la différence d’autres équipes. Ici tout le monde veut progresser et la mentalité est super. C’est vraiment ce que je voulais dans ma carrière.

Nous sommes tous arrivés à Berlin pour cette aventure mi-décembre et je ne connaissais personne à part le support, Kasing. Notre coach qui a une bonne expérience dans le sport nous a fait faire un escape game afin de travailler le team building. Il a une grande part dans notre bonne entente et dans le fait qu’on agisse tout le temps en équipe.

La vie de pro-gamer est particulière. Nous vivons tous dans une énorme maison avec 5 chambres et une gaming room en plein milieu où sont installés nos stations PC pour jouer. Nos coachs et nos managers ne vivent pas avec nous, mais ils ne sont jamais bien loin.

Ce que j’aime chez Splyce, c’est l’absence d’ego trop fort de la part de nos joueurs à la différence d’autres équipes. Ici tout le monde veut progresser et la mentalité est super. C’est vraiment ce que je voulais dans ma carrière.

Notre quotidien est assez simple :

  • 11H : On se met devant notre PC pour commencer à nous entraîner de façon légère.
  • 12H : Repas et team meeting afin de nous expliquer le programme spécifique de la journée
  • 13H : Entraînement par équipe où l’on va souvent faire 3 parties (environ 3h de jeu), pause d’une heure et de nouveau 3 parties contre la même équipe en général.
  • 20H : Après ça, tu es en quelque sorte libre mais le plus souvent tu vas t’entraîner de façon individuelle. Sans ces efforts tu ne feras jamais partie des plus forts.

LA COMPÉTITION, UN MOMENT PARTICULIER

Lors des phases de compétitions, d’autres paramètres rentrent en compte. Nous préparons par exemple en amont la phase de draft où nous sélectionnons nos champions afin de pouvoir nous entraîner sur les bons personnages. Le jour J, quelques entraînements avec d’autres équipes suffisent pour être prêt.

Le mental joue un rôle primordial et c’est notre coach qui va nous booster sur ce sujet. Il a une vraie influence sur nous et nous lui faisons confiance à 100%.

Pour vous décrire plus précisément le rôle du staff, nous avons 3 coachs : un entraîneur principal et 2 analystes qui sont là pour décortiquer nos parties et nous expliquer les détails qui ont pu nous échapper notamment sur les timings. Certaines équipes ont un préparateur mental, mais chez nous c’est notre head coach, Peter Dun, qui joue ce rôle grâce à son expérience dans le monde du football.

Durant les matchs, chacun tient son rôle, il n’y a au final que très peu d’échanges. Si tu donnes un conseil à un coéquipier, tu vas peut-être toi-même oublier l’une de tes missions ou mal la faire. Bien évidemment nous parlons en match, mais en suivant le plan défini sans trop nous disperser, car quelques secondes suffisent pour perdre une partie. Je me souviens d’un match contre Unicorns of Love et à une seconde près nous allions être défait. Dire un mot mal interprété par ton coéquipier peut vraiment changer le cours d’une partie.

Personnellement, j’adore ces moments de compétitions. Tu t’entraînes des mois pour arriver sur scène. J’ai beaucoup d’adrénaline, ce qui me permet de faire des choses que je ne tente même pas à l’entraînement. Je n’ai pas cette peur de la réaction du public ce qui me permet de faire ces paris qui peuvent nous couter la victoire, mais aussi nous la garantir. Après j’essaie d’avoir un minimum d’émotions pendant la partie afin de ne pas avoir de conséquences négatives sur mon jeu. Je me libère vraiment à la fin du match.

D’ailleurs nous n’entendons pas vraiment la foule avec nos casques anti-bruit, c’est donc la délivrance à la fin et tu vas avoir quelques émotions si les gens crient ton nom.

La fin du match peut être riche en émotion entre les célébrations, les salutations à l’autre équipe, etc. D’ailleurs si je joue contre d’anciens coéquipiers et que je gagne je peux avoir beaucoup d’empathie pour eux à ce moment-là.

Dans ces LCS, notre objectif était d’être présent dans le top 6 à minima, ce qu’on a assuré aujourd’hui. Le plus important pour nous est de progresser afin de pouvoir challenger les tops teams. On ne s’attend pas à gagner dès le début, mais nous devons poser des bases dès aujourd’hui pour le futur.

J’aimerais vraiment participer aux Championnats du Monde durant ces deux prochaines saisons, mais il me reste encore beaucoup à apprendre. Je pense qu’on a vraiment le talent dans l’équipe pour y arriver. Si ce n’est pas cette année ce sera pour l’année prochaine.

NISQY