Mélanie Meillard – Ski

#Équipe de Suisse #Slalom #Super Combiné  #Championne Olympique de la Jeunesse 2016 #Championne de Suisse 2017 #Médaillée de bronze slalom géant aux championnats du monde junior 2016

Crédit Photo Une : FF Handball-S.Pillaud

8 février 2018. Je m’entraîne sur la piste du Géant avant de défiler avec la délégation suisse pour l’ouverture des Jeux de PyeongChang le lendemain, et prendre le départ de mon épreuve quelques jours plus tard…

Et là, coup d’arrêt.

La première chose dont je me rappelle en tombant, c’est cette douleur retentissante au niveau de mon genou. Je ne pouvais plus bouger.

Sur le moment je ne pensais même plus au fait que cette chute allait sans doute me faire manquer les Jeux Olympiques. J’étais dans les filets de protection et je ne souhaitais qu’une chose, c’est que quelqu’un vienne m’aider à m’extirper de là et que je sois prise en charge pour mon genou.

Une fois dans la luge d’évacuation j’ai commencé à réaliser que je n’allais pas participer aux JO cette année-là. La sensation de douleur a été remplacée par le sentiment de tristesse.

BLESSURE, RÉÉDUCATIONS : UNE MISE À L’ÉPREUVE UN PEU TROP LONGUE

Après des mois compliqués, entre mon opération avec une greffe et ma rééducation durant 6 mois, un nouveau coup dur arriva.

La greffe du ligament croisé antérieur de mon genou gauche a été rejetée par mon corps, le greffon s’est nécrosé.

Je devais donc repasser par la table d’opération et cette longue phase de rééducation.

Je pense que je l’ai quand même plutôt bien pris. Je suis consciente que je suis jeune et que je peux donc revenir et atteindre mes objectifs. Le plus important est que je fais ce que j’aime, à aucun moment je n’ai eu envie de laisser tomber ou de faire autre chose.

Cette deuxième opération s’est mieux passée, j’arrivais déjà à mettre un peu de poids sur ma jambe lorsque j’étais encore à l’hôpital. C’est le genre de petites victoires qui donnent un peu plus le moral car on se dit que la rééduc se fera plus vite que lors de la première fois.

Il y a des activités que l’on peut faire qui sont à la fois bénéfique pour la jambe, mais également pour nous même, pour notre esprit. La natation m’a d’ailleurs fait un bien fou.

Alors que j’avais déjà commencé à travailler sur le haut du corps, j’ai pu très vite solliciter le bas contrairement à la première fois. J’ai également fait énormément de physio à côté.

On ressort d’une blessure grandie. On apprend beaucoup de chose, sur nous-mêmes notamment. Ma façon d’aborder la carrière et ma vie ont sans doute un peu changé, j’apprécie un peu plus chaque chose.

IL FAUT UNE FORCE MENTALE ET UN BON SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE POUR REVENIR D’UNE GROSSE BLESSURE

Je ne vais pas vous le cacher, il y a eu pas mal de jours où la motivation n’était pas vraiment présente. C’est tout à fait normal, pour tout sportif de haut-niveau. Ce sont des moments délicats, nous sommes en repos forcé, vis-à-vis de notre travail, mais également de notre passion. C’est donc là où l’entourage est primordial, et j’ai de la chance d’être très bien entourée. Mes entraîneurs me motivaient et me rappelaient pourquoi je faisais tout ça, dans quel objectif. Mes proches, famille et amis, ont été également d’un grand soutien et même mes sponsors étaient là pour moi, je ne perdais donc jamais de vue mon objectif.

On peut d’ailleurs comparer cette période particulière aux préparations d’avant saison, qui ne sont pas toujours funs non plus. Mais la différence est que nous sommes souvent en pleine possession de nos moyens, nous travaillons principalement pour améliorer des choses, là nous travaillons pour retrouver notre niveau « de base ». Il y a sans doute autant de difficultés au niveau physique, mais mentalement c’est bien différent.

Lors de la rééducation, des douleurs arrivent forcément par moment, cela est normal et le staff nous rassure. Mais quand le soir vous rentrez avec le genou un peu plus gonflé que d’habitude, vous avez plus mal que la veille, cela impacte le moral, on commence à se poser des questions.

Après l’opération nous avons fait un programme avec mes entraîneurs pour me fixer des petits objectifs, comme commencer à faire de la force, de la vitesse, à skier. Avoir un peu de visibilité sur l’avancement de la rééducation était important pour moi. Et même sur du plus court terme je me donnais des objectifs sur un exo, dans deux semaines je dois le réaliser sans soucis, et ça motive énormément.

Cela fait 6 mois maintenant que j’ai été opérée, j’ai repris le ski depuis quelques semaines, doucement, je me sens bien, mais je suis encore très loin d’un niveau de compétition bien sûr. J’espère revenir à 100 % d’ici septembre.

Pour positiver, on ressort d’une blessure grandie. On apprend beaucoup de chose, sur nous-mêmes notamment. Ma façon d’aborder la carrière et ma vie ont sans doute un peu changé, j’apprécie un peu plus chaque chose. Ma motivation n’a pas forcément changé car j’ai toujours été très motivée et déterminée, en revanche je pense que je prendrais encore plus de plaisir au fil des saisons.

J’ai appris à prendre du recul et réaliser que je fais ce que j’aime et que je dois profiter au maximum.

MÉLANIE