Marjorie Mayans

3ème ligne aile : #Equipe de France XV #Equipe de France VII #Blagnac Saint-Orens RF

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors qu’elle s’apprête à disputer la demi-finale de la Coupe du Monde de rugby à 7, Marjorie Mayans s’est confié sur son objectif d’accrocher au minimum le podium mais surtout sur son amour pour cette discipline particulière de l’ovalie.

Nous avons terminé cette année au 3ème rang mondial. On aborde cette coupe du monde en ayant l’envie d’assoir cette position, donc l’objectif est clairement de finir sur le podium à San Francisco.

Je pense d’ailleurs que cette 3ème place nous correspond, les Néo-Zélandaises sont encore un cran au-dessus, même si à 7 et sur un match tout est faisable. Mais en termes de régularité elles ont été supérieures toute l’année. Les Australiennes ont aussi fait une très grosse saison, on s’en rapproche de plus en plus, mais effectivement notre place de 3ème est tout à fait cohérente avec ce qu’on a fait durant la saison.

Les quelques équipes qui nous talonnent comme le Canada et la Russie sont des équipes avec qui c’est toujours très serré, et d’ailleurs si on se qualifie pour les quarts de finale on rencontrera le Canada*, ce sera un très gros match, car on sait que ce sont des équipes qui sont proches de nous et qui veulent passer devant. Il y a toujours un enjeu important, le fait de gagner le match et avancer dans la compétition couplée au fait de prouver qu’on mérite cette troisième place.

* tribune réalisée avant le début du tournoi, la France a gagné 24 à 19 contre le Canada en 1/4

La place du numéro 1 n’est pas inaccessible. Pour certaines d’entre nous cela fait 9 ans que nous sommes dans cette équipe, nous avons parcouru du chemin, car nous sommes parties de très bas et nous voilà 3ème aujourd’hui. On a toujours cru en nous, l’entraîneur également, il nous a toujours poussées au max et c’est déjà une belle récompense d’être là aujourd’hui, mais je ne pense pas que l’entraineur, les filles et moi-même avons envie de nous arrêter là.

UN VÉRITABLE VIVIER FRANÇAIS

Une des forces d’aujourd’hui est d’ailleurs notre réservoir de joueuses, que nous n’avions pas il y a quelques années. Aujourd’hui, il y a 7 filles sur le terrain au coup d’envoi, mais il y a un groupe France très large avec bien sûr les remplaçantes, mais aussi beaucoup de filles qui ne sont pas à cette Coupe du Monde cette année, mais qui ont participé tout au long de l’année aux matchs, et c’est une vraie force. Nous sommes 23 sous contrats aujourd’hui plus pas mal de filles qui commencent à participer et qui pointent le bout de leur nez, donc le rugby à 7 féminin français a de très beaux jours devant lui.

Nous avons la chance de ne pas seulement être un groupe de coéquipières, mais également un groupe de copines. Il y a forcément plus ou moins d’affinités fortes avec certaines joueuses, mais nous sommes vraiment toutes sur la même longueur d’onde, et comme je le disais je les considère toutes comme des amies. On partage beaucoup de moments ensemble, on est tout le temps contente de manger ensemble, d’aller faire des sorties par exemple nous avons visité un peu San Francisco avec une balade à vélo qui faisait office de décrassage.

Nous avons la chance de ne pas seulement être un groupe de coéquipières, mais également un groupe de copines. Il y a forcément plus ou moins d’affinités fortes avec certaines joueuses, mais nous sommes vraiment toutes sur la même longueur d’onde, et comme je le disais je les considère toutes comme des amies. On partage beaucoup de moments ensemble, on est tout le temps contente de manger ensemble, d’aller faire des sorties...

Je suis une des plus anciennes maintenant et je me sens très bien dans cette équipe. Nous avons un bon mélange de générations et l’arrivée des jeunes cette année a fait beaucoup de bien, cela a ramené un peu de fraîcheur dans cette équipe. J’ai l’impression qu’on arrive à trouver cet équilibre entre cette jeunesse, cette fougue, et cette expérience que peuvent apporter les anciennes. Par la force des choses quelques joueuses plus capées et moi-même essayons de porter le projet, l’entraîneur y tient et on essaie de transmettre les valeurs sur lesquelles on s’appuie depuis des années : sur notre projet de jeu et notre projet de vie pour que dans quelques années tout cela perdure et que les jeunes prennent la relève sur ce niveau-là quand on se retirera.

DU JEU ET DE LA SOLIDARITÉ

Ce que j’aime particulièrement est que nous avons fait beaucoup de rugby, beaucoup de jeu pour préparer cette coupe du monde. C’est forcément plus ludique, et c’est important pour les automatismes et continuer à apprendre à se trouver sur le terrain, analyser les déplacements de chacune, etc…

On fait pas mal de récupération, mais c’est là où ça devient compliqué, trouver le juste milieu entre le récup pour arriver avec de la fraicheur et pas cramée, et faire du travail intensif pour quand même avoir des jambes et du cardio pendant les matchs.

On s’appuiera sur nos points forts qui sont notamment notre défense très agressive, quelque chose qu’on a voulu instaurer dès le début du projet. On essaie également d’avoir un jeu de mouvements, en laissant place à l’initiative.

Le mental est important et le fait d’avoir un groupe qui vit bien et qui tire dans le même sens à l’entraînement, avec un focus sur la solidarité, nous aide à avoir cette défense performante.

Même lorsque l’on fait de grosses séances avec du physique et qu’on est dans le rouge à deux doigts de vomir, on doit relever la copine quand ça ne va pas et ne laisser tomber personne. Le faire à l’entraînement nous aide à le faire par la suite naturellement en match.

PASSION RUGBY, À 7 OU À XV

Me concernant je prends beaucoup de plaisir à 7 tout comme à XV. J’aime le rugby tout simplement. Bien sûr les deux disciplines sont différentes avec des points positifs spécifiques dans les deux, à 7 on touche beaucoup plus de ballons. À XV, les phases de contacts sont plus nombreuses et en tant que 3ème ligne je suis beaucoup dans le combat, ce que j’aime aussi.

Cette année je voulais faire cette Coupe du Monde donc j’ai fait cette saison à 7 mais j’aime toujours aussi le XV et cela ne m’a pas empêché d’ailleurs de vivre un 6 Nations formidable avec le Grand Chelem.

Les deux sont compatibles et le fait d’avoir fait un peu des deux cette année a été bénéfique pour moi. Je suis revenu du 6 Nations avec encore plus d’envie pour finir la saison à 7 et pour le moment je m’y retrouve en pratiquant les deux.

Espérons maintenant de vivre une Coupe du Monde de haut-niveau avec un podium à la clé !

MARJORIE