Manon Houette – Handball

Ailière gauche : #Equipe de France #Metz Handball #Ex Thüringer HC, CJF Fleury Loiret #Championne du Monde 2017  #Médaille de Bronze Euro 2016 #Médaille d’argent Jeux Olympiques Rio 2016 #Championne de France 2015 

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Pour Manon Houette, l’arrivée au plus haut-niveau mondial s’est faite progressivement. Un parcours à mettre en parallèle avec l’Équipe de France qui performe de façon continue depuis quelques années. Serait-ce le bon moment pour triompher à domicile lors d’une grande compétition internationale ? (Crédits photos :FF Handball – S.Pillau).

Il faut toujours faire des choix dans une vie pour prendre le bon chemin. J’ai choisi, très jeune, de participer aux tests pour intégrer le pôle handball de ma région d’origine. J’ai appris, évolué, échoué, me suis perfectionnée, et j’ai la chance, aujourd’hui, de faire partie de cette équipe qui dispute le Championnat d’Europe en France.

Je viens d’un petit village dans la Sarthe où j’ai commencé à jouer au handball dans le club de mon papa, à la fois entraîneur et président. Une amie m’avait parlé du pôle et des prochains tests et j’ai décidé de tenter ma chance. C’était le début du chemin qui m’emmènerait en sport-études, en club professionnel et enfin en équipe de France.

J’ai immédiatement accroché au côté ludique et très complet de ce sport. Je suis assez explosive, cela me permet d’avoir une bonne vitesse et une qualité de saut. J’adorais tout faire sur le terrain, entre tirer, défendre, faire des 1 contre 1… C’est un sport très riche et je trouve qu’il véhicule de belles valeurs et un vrai état d’esprit collectif. Pour l’heure, je n’avais pas encore de rêve, simplement l’envie de progresser.

Je dois beaucoup à la confiance de mon premier club professionnel, le CJF Fleury Loiret. Alors que je venais d’intégrer leur centre de formation, je me blesse aux ligaments croisés. Ils m’ont épaulé pendant ma convalescence d’un an et m’ont laissé l’opportunité de jouer en première division une fois la rééducation complète réalisée. J’avais seulement 18 ans et je venais de 4 divisions en dessous. C’est un vrai gage de confiance.

UNE MONTÉE EN PUISSANCE PROGRESSIVE

La suite s’est construite par petites étapes. Je jouais plus souvent en équipe première et j’ai pris confiance et ai commencé à avoir une bonne réussite au tir tout comme au pénalty. L’idée d’intégrer l’équipe de France était encore lointaine. J’ai pris le temps d’appréhender progressivement ce niveau de jeu si particulier d’un collectif national.

J’ai commencé à toucher du doigt l’Équipe de France avec une sélection en A’, puis quelque temps après, en équipe première.

J’étais en vacances à Toulouse et le sélectionneur, Alain Portes, m’a appelé : « Siraba a un peu mal aux genoux, on n’est vraiment pas sûr de sa participation donc il faudrait que tu nous rejoignes demain au siège de la Fédération ». Dans le train de nuit pour la capitale, je tiens évidemment peu en place. Un crochet par Orléans pour récupérer mes affaires, je suis à l’heure pour rejoindre mes futures coéquipières.

Beaucoup de jeunes joueuses vont faire leurs débuts à cette occasion, en même temps que moi ; je suis pourtant la seule à ne pas figurer sur la feuille de match lors de la première rencontre. Ma sélection officielle et la première fois que je foule le terrain sous les couleurs tricolores en match officiel se fera finalement le match suivant, en Finlande, où j’ai des difficultés à trouver mon rythme dans l’équipe.

Au fur et à mesure des sélections et des matches, j’ai trouvé ma place à l’aile gauche, aux côtés de Siraba Dembélé. Les premiers matches joués en France avec le maillot bleu sont surtout de très bons souvenirs de ces premières années. Le soutien du public, l’ambiance dans les tribunes, la Marseillaise. Tout cela me donne tellement hâte de jouer le Championnat d’Europe en France.

 

C’est une telle opportunité de jouer chez nous, et je pense que c’est vraiment le bon moment. Nous avons créé une bonne dynamique, le public sera présent. Nous allons nous servir de cette pression positive. Comme en club, jouer à domicile est un avantage.

UN RÔLE IMPORTANT DANS UNE ÉQUIPE MATURE

Aujourd’hui j’ai un rôle différent comparé à mes débuts où je pouvais jouer seulement quelques minutes. Nous nous partageons les 60 minutes avec Siraba. C’est bénéfique pour le repos et la récupération vu le nombre important de matches, mais également pour varier les attaques face à nos adversaires grâce à nos qualités et personnalités différentes.

La force de notre équipe est d’ailleurs faite de cette richesse de personnalités. Par les échanges avec le staff, nous sommes devenus plus expérimentées, indépendantes, capables de travailler sur des projets de jeu, notamment en attaque. Chacune s’est appropriée le jeu et nous échangeons constamment pour continuer d’évoluer.

C’est à l’image de notre coach qui a confiance en nous. Quand Olivier est revenu, il nous a tout de suite dit qu’il voulait travailler avec nous et non pas nous inculquer simplement sa manière de penser.

Nos ambitions sont importantes. Nous devons simplement garder les pieds sur terre, être réalistes et avoir conscience de nos qualités, pour performer à notre maximum. Cette compétition est très homogène et je suis contente de la piqûre de rappel que nous avons eue pendant la Golden League.

Nous assumons pleinement notre statut de Championnes du monde en titre et l’objectif de la médaille pour cet événement à domicile est évident.

C’est une telle opportunité de jouer chez nous, et je pense que c’est vraiment le bon moment. Nous avons créé une bonne dynamique, le public sera présent. Nous allons nous servir de cette pression positive. Jouer à domicile est un avantage.

MANON