Les Bleues reçues 3/3 et filent vers le tour principal (EHF Euro 2020)

Le premier tour était important pour les Bleues. Dans une poule avec le Danemark, le Monténégro et la Slovénie, les Bleues étaient légèrement favorites. Encore fallait-il le prouver sur le terrain. C’est ce qui a été fait. Les joueuses d’Olivier Krumbholz ont fait le plein. Un trois sur trois important pour la suite de la compétition. Car les Bleues vont retrouver dès demain, des adversaires coriaces. La France rencontrera demain l’Espagne, puis la Russie vendredi, avant d’enchaîner sur la Suède le 15 décembre. Soit le finaliste du mondial 2019, le finaliste de l’Euro 2018 et une équipe de Suède très accrocheuse depuis le début de la compétition.

Vous avez bien lu, deux matchs en deux jours. Ce qui a fait grincer des dents Olivier Krumbholz, assez remonté (lire son interview ici sur Handnews). Cela va amener une gestion de groupe compliquée, avec des rotations, pour ne pas sortir de cette double confrontation totalement rincé.

Crédit photos : Stéphane Pillaud FFHB

Test concluant face aux Danoises

Le démarrage de cette compétition a été compliquée pour les Bleues, avec une première rencontre tendue contre le Monténégro (victoire 24-23). On a senti de la crispation chez les Bleues. Une crispation qui pouvait se comprendre, dans la mesure où les Françaises sortaient d’un cuisant échec au mondial 2019, avec cette élimination surprise au premier tour. Mais au fur et à mesure du match, surtout en seconde mi-temps, on a senti un bloc équipe monter en puissance. Un sentiment confirmé deux jours plus tard, lors de la confrontation contre la Slovénie. Les Bleues s’y sont imposées de 10 buts (27-17), en dégageant un sentiment de maîtrise de bout en bout. En progrès sur l’animation offensive, surtout sur la base arrière. Tout en dégageant la même solidité défensive.

Mais chacun le savait, le vrai test était hier, lors du troisième match face au Danemark. Car c’était l’équipe la mieux armée pour faire déjouer les Bleues, avec une Sandra Toft redoutable dans les buts, une base défensive solide et des remontées de balle éclairs. Un test passé assez brillamment, malgré un écart qui reste serré (23-20). A partir du quart d’heure de jeu, on a senti l’équipe contrôler les Danoises. En deuxième mi-temps, il y avait comme une sérénité mêlée à une belle capacité d’accélérer la cadence, dès que le Danemark tentait de revenir dans la partie. Un match référence qui va servir pour la suite de la compétition. Car il va falloir reproduire ce type de matchs, pour accrocher le sésame pour la demi-finale.

Les points positifs de ce début de tournoi

Décisive à chacune de ses entrées, Cléopâtre Darleux forme un superbe duo de gardiennes avec Amandine Laynaud [Crédit : Stéphane Pillaud FFHB]
Décisive à chacune de ses entrées, Cléopâtre Darleux forme un superbe duo de gardiennes avec Amandine Laynaud [Crédit : Stéphane Pillaud FFHB]

Les Bleus ont dressé le rideau de fer en défense…

Vingt buts par match encaissés en moyenne, lors des trois premières rencontres. Les Bleues ont remis les ingrédients qui avaient bien fonctionnés en 2017 et 2018, lors des sacres mondiaux et européens. Une défense tout terrain. Avec chacun sa fonction. Le tout souvent piloté par une Béatrice Edwige impériale en chef de file. Moins utilisée offensivement, la pivot de Györ est indiscutable et est un élément précieux pour la défense française. On peut y ajouter l’agressivité positive d’une Estelle Nze Minko, prompte à jaillir pour intercepter, ce qu’elle a très bien fait contre la Slovénie. Ou celle d’une Alexandra Lacrabère, davantage dans le combat physique, où son impact a souvent fait mal aux bases arrière adverses.

Petit bémol en début de compétition, surtout contre le Monténégro, la défense à l’aile est monté d’un cran à chaque match. On peut saluer la vitesse de coulissement d’une Pauline Coatanea à droite et d’une Siraba Dembélé à gauche. Elles ont souvent su empêcher au dernier moment leur vis-à-vis de s’engager au tir. Tous ces ingrédients placent les Bleues en tant que meilleure défense du tournoi, devant la Norvège et le Danemark (60 buts, contre 65 buts pour les deux nations nordiques). Lors du sacre mondial en 2017, les Bleues avaient encaissé 21 buts en moyenne par match. Contre 22,6 lors du sacre européen l’année suivante. Des bases qu’il faudra conserver pour voir loin.

Et les gardiennes ont parfaitement terminé le travail

Des chiffres à donner le vertige. 29%, 40% et 35% d’arrêts pour Amandine Laynaud. 35%, 50% et … 100% pour Cléopatre Darleux. Au total, les deux gardiennes françaises ont subi 102 tirs pour 38 parades, soit un pourcentage moyen démentiel de plus de 37% d’arrêts. On dit souvent que les gardiennes viennent récompenser l’excellent travail défensif. Dans le cadre de l’équipe de France, on est en plein dedans. Amandine Laynaud a joué la majorité du temps avec une mi-temps contre le Monténégro, 45 minutes contre la Slovénie et quasiment tout le match contre le Danemark. Cléopâtre Darleux a moins joué, mais s’est montré tout aussi déterminante. Surtout à des moments clés, quand la France souffrait contre le Monténégro, où sur 7m, pour laisser les Danoises la tête sous l’eau.

C’est pour le moment la paire de gardiennes la plus efficace depuis le début du tournoi (devant les Roumaines et leur 34%). Des standards qu’il va falloir conserver dans les prochaines rencontres, quand l’intensité va monter d’un cran.

Les Bleues ont une profondeur de banc intéressante

Aïssatou Kouyaté a su tirer profit de ses entrées avec les Bleues. [Crédit Stéphane Pillaud FFHB]
Aïssatou Kouyaté a su tirer profit de ses entrées avec les Bleues. [Crédit Stéphane Pillaud FFHB]

Une compétition se gagne grâce aux titulaires, mais aussi avec le banc. Pour le moment, ce banc est utilisé quasiment à la perfection par Olivier Krumbholz. Des cadres qui ont pu être mises au repos, à l’image d’une Béatrice Edwige, utilisée uniquement en défense, à partir du second match. De retour dans le groupe cette année, le temps de jeu de Siraba Dembélé augmente en même temps que ses performances. A côté de cela, Pauletta Foppa a pu obtenir pas mal de temps de jeu, et de démontrer toutes ses qualités.

On a vu également certaines entrantes faire basculer le cours de la rencontre. L’exemple le plus frappant est la double entrée de Méline Mocandy et Aïssatou Kouyaté, contre le Monténégro. Elles sont entrées alors que la France était en grande difficulté. Avec deux et trois buts et une redoutable efficacité, elles ont contribué à replacer la France devant, pour la première fois de la rencontre. Utilisée avec parcimonie, Aïssatou Kouyaté a démontré une grande efficacité et qu’on pouvait compter sur elle. Elle pourra être utilisée de nouveau en tant qu’impact player. Au cas où les Bleues seraient en difficulté. On peut y ajouter une Chloé Valentini qui n’a pas beaucoup joué, mais qui est toujours à 100% aux tirs.

Les points a améliorer pour les Bleues

La France défend bien, mais n’a pas spécialement scoré, avec 24, 27 et 23 buts en trois matchs. Cela peut s’expliquer par différents facteurs.

L’utilisation des ailières

C’est un peu le point noir de l’équipe de France, qu’elle soit masculine ou féminine. Il y a toujours cette difficulté à trouver les ailières. Sur les trois matchs, Pauline Coatanea (contre la Slovénie) est la meilleure marqueuse. Avec des détonatrices comme Estelle Nze-Minko, Orlane Kanor ou encore Aïssatou Kouyaté, il est vrai que le jeu français se termine souvent par une prise d’initiative de la base arrière, à moindre titre par un jeu au pivot. Ce n’est pas un problème majeur, mais on a vu des adversaires jouer de plus en plus regroupés face aux Bleues.

La réussite aux tirs

Moins de 45% contre le Monténégro, moins de 45% contre le Danemark, les Bleues pêchent quelque peu face aux buts adverses. A l’image des 7m lors du dernier match, avec un tout petit 1/5. Lors du premier match, en première mi-temps, l’équipe de France à vraiment souffert de la comparaison avec son adversaire, qui était alors en grande réussite, avant le réveil des deux gardiennes françaises.

Etienne GOURSAUD