Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que l’Équipe de France donne le meilleur d’elle-même aux Championnats du Monde de Volley, Sans Filtre est allé à la rencontre des joueurs. Issu d’une famille sportive entre ses frères Killian et Kim tous deux basketteurs et son père sélectionneur des Bleus, Kevin Tillie a l’habitude de ces ambiances électriques. Il nous raconte ses débuts internationaux et la relation qu’il entretient avec ses coéquipiers. (Crédits photos :FIVB &  FFVB – Julien Crosnier)

Si je devais résumer le concept de la team Yavbou, ce serait qu’on bouillave toutes les équipes. 

Mon histoire avec l’Équipe de France a commencé lors de la préparation pour les Championnats d’Europe pour lesquels je n’ai pas été pris. J’étais assez impressionné de m’entraîner avec les joueurs internationaux.

Puis j’ai commencé à intégrer l’équipe timidement lors de la Ligue Mondiale 2012 pour finir par prendre une place de titulaire lors des gros matchs et ça m’a vraiment lancé. À l’image de mes autres coéquipiers, mon bizutage consistait à chanter à table devant toute l’équipe.

Pour revenir à ce nom, Yavbou, il me semble qu’il est apparu en 2013 pendant la Ligue Mondiale où l’on commençait à battre plein de bonnes équipes. Je crois que c’est Julien Lyneel qui avait trouvé cette expression. On rigolait parce qu’il y avait d’autres équipes de France comme celle des files au basket qui avaient trouvé le surnom de braqueuses ou encore les Experts pour les handballeurs et on voulait le nôtre. La team Yavbou est venu juste après notre victoire contre le Brésil chez eux, ce qui était une première pour nous. On a ensuite réussi à enchaîner les bonnes performances.

Notre groupe possède énormément de joueurs de qualité et nous nous connaissons maintenant depuis longtemps, notamment pour le noyau dur qui se côtoie depuis les catégories cadets/juniors. On s’entend tous super bien et ça se passe très bien. Après une saison en club, on est content de se retrouver et de passer un été ensemble. On a un groupe WhatsApp où c’est n’importe quoi d’ailleurs, mais au moins on est en contact toute l’année !

On a tous un peu le même rôle à part le capitaine Benjamin Toniutti qui a une voix peut-être plus importante. On est tous là pour aider l’équipe du mieux que l’on peut. Mentalement, je suis là pour pousser même quand je suis sur le banc, j’encourage tout le monde. Quand je suis sur le terrain, je mets aussi de l’ambiance. Quoiqu’il arrive, on s’encourage. On n’a jamais de problème entre nous. C’est de la bonne concurrence.

Notre groupe possède énormément de joueurs de qualité et nous nous connaissons maintenant depuis longtemps, notamment pour le noyau dur qui se côtoie depuis les catégories cadets/juniors. On s’entend tous super bien et ça se passe très bien. Après une saison en club, on est content de se retrouver et de passer un été ensemble. On a un groupe WhatsApp où c’est n’importe quoi d’ailleurs, mais au moins on est en contact toute l’année !  

Assez parlé de moi, je vous présente mes coéquipiers :

  • Jenia Grebennikov, mon colloc de chambre depuis le début.
  • Jean Patry est le petit nouveau qui progresse énormément. C’est un peu le hipster de l’équipe.
  • Benjamin Toniutti, alias Totti est le capitaine avec qui j’ai pu jouer en club plusieurs années. C’est le papa de l’équipe, mais en même temps le plus vicieux.
  • Julien Lyneel est aussi un hipster, fashion et toujours sur les réseaux sociaux. C’est monsieur TripAdvisor comme moi, pour chercher les bons restaurants quand on va manger.
  • Earvin Ngapeth, c’est la star de l’équipe et le rappeur. On est obligé d’écouter ses musiques, même si on n’aime pas !
  • Kevin Le Roux c’est le breton. Il est là pour envoyer des gros services !
  • Antoine Brizzard est le deuxième passeur. C’est un mec sympa qui aime faire beaucoup d’activités, de jeux de sociétés, etc.
  • Stephen Boyer, alias Steph, est monté en puissance depuis l’année dernière. Il est très calme.
  • Nicolas Le Goff est arrivé en même temps que moi même s’il est plus jeune. On rigole tout le temps avec lui. Quand on s’embête, on va dans sa chambre et on est sûr de s’amuser.
  • Jérémie Mouiel est arrivé cette année. C’est le petit de l’équipe, comparé à nous. On aime bien le brancher.
  • Daryl Bultor est là depuis l’année dernière ; c’est un jeune central qu’on aime bien brancher parce qu’il le prend mal.
  • Thibault Rossard, c’est le chasseur de l’équipe. Il a une « sacrée épaule », cela veut dire qu’il tape très fort. Il essaie de faire le beau gosse.
  • Barthélemy Chinenyeze, Bart c’est l’emmerdeur de l’équipe ! Non on l’adore, mais c’est le plus jeune, il a l’âge de mon petit frère. On se moque beaucoup de lui et lui aussi aime bien se moquer de tout le monde. C’est le DJ de l’équipe. On aime bien l’engueuler aussi.

À court terme, on espère monter sur le podium aux Championnats du Monde. Je pense qu’on fait partie des favoris, mais ce sera dur, car 6 ou 7 équipes pourraient envisager la victoire finale. C’est l’équipe qui pourra performer le plus longtemps qui gagnera.

Sur le long terme, je pense qu’on peut rester sur les podiums encore un petit moment. Me concernant j’espère continuer d’être performant, sans être gêné par des blessures et pouvoir contribuer aux futures médailles de l’équipe !

KEVIN