HANDBALL : Valentin Porte – Sur le toit du monde à vitesse grand V

Double champion du Monde et champion d’Europe avec l’Équipe de France, vainqueur de la Ligue des Champions avec le MHB, Valentin Porte est aujourd’hui, une figure emblématique du handball français. L’actuel capitaine de Montpellier a commencé par jouer dans les buts, pour n’en sortir qu’à l’âge de 13 ans. Valentin fait alors face à des lacunes techniques, qu’il a sues combler très rapidement, en s’entraînant d’arrache-pied… À 30 ans, après avoir tout gagné, Valentin Porte a toujours faim de victoires. La prochaine échéance de Valentin Porte étant la qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2021.

Crédit photos : Patricia Sports

VALENTIN PORTE : “JE M’AMUSAIS BIEN AU GOAL, AVEC LES COPAINS

J’ai commencé au poste de gardien de but, par pur hasard. Je suis arrivé dans mon petit village de Toury et je me suis mis au handball, avec mes nouveaux copains. Il manquait un gardien donc j’y suis allé. Mais je m’amusais bien, je me régalais bien, et je n’étais pas mauvais, donc j’y suis resté un bon moment.

Ce passé de goal n’a pas du tout influé sur comment j’attaque le but. À l’époque, je faisais n’importe quoi dans les cages… quand je me retrouve face à des gardiens professionnels, aujourd’hui, ça n’a rien à voir.

La seule chose, c’est que j’aime bien aller au but, parfois, à l’entrainement, pour m’amuser. Mais, non, quand je me retrouve en face d’un gardien, ces années au but ne m’ont servi en rien du tout [rires].

IL A FALLU QUE J’APPRENNE À JOUER À 13 ANS

À 13 ans, je suis passé au poste d’ailier. Ce n’était pas spécialement une volonté de ma part. C’était celle des entraineurs de l’époque. Je n’étais pas très grand, gaucher, donc ce sont eux qui m’ont encouragé… pas forcé, mais bien encouragé à quitter le but pour jouer sur le terrain. En tant que gaucher, ils m’ont fait comprendre que je serais plus utile en joueur de champ.

Le fait d’être gaucher, ça m’a ouvert clairement les portes du sport étude. Il faut se mettre à ma place : sortir du but à 13 ans, ça veut dire que je n’avais jamais joué sur le terrain, ça veut dire que tous mes potes avaient commencé à jouer au handball à partir de 6 ans.

Moi, il a fallu que j’apprenne à jouer à 13 ans. Donc, au début, je ne vais pas mentir, j’étais mauvais. Quand j’ai dû faire les détections pour le sport étude, j’étais toujours aussi mauvais. J’en ai discuté, il n’y a pas longtemps, avec mon entraineur de sport étude de l’époque, qui m’a clairement dit : « Si on t’a pris, c’est parce que tu étais gaucher ».

Ils avaient pris un petit peu tous les gauchers de mon époque, en se disant qu’avec un peu de chance, ils allaient en sortir 1 ou 2. Mais ils ne comptaient absolument pas sur moi.

VALENTIN PORTE : “J’AI PROGRESSÉ À VITESSE GRAND V

J’ai beaucoup travaillé et j’ai vite progressé. Quand on ne part de rien et qu’on n’est pas bon, je pense qu’on a tout intérêt à bien écouter, à bien travailler et surtout à avoir beaucoup d’humilité pour apprendre.

Je n’étais pas au niveau des autres, mais je n’ai rien dit, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin.

Ma première année au sport étude, j’ai vraiment explosé parce que je m’entrainais tous les jours. Cela étant, il y en a qui peuvent s’entrainer tous les jours, peut-être qu’ils ne progresseront pas. Personnellement, j’ai progressé à vitesse grand V. En 1 an, je suis passé de -18 ans en régional à beaucoup de temps de jeu en National 2.

J’AI BIEN FAIT DE PARTIR À TOULOUSE

À la fin du cursus sport étude, si on a des qualités, tu as des clubs professionnels qui tapent à la porte et qui te font les yeux doux. J’ai eu la chance d’avoir 3-4 centres de formation qui s’intéressaient à moi.

J’ai pris Toulouse parce que le club cochait tous les critères que je recherchais. C’est-à-dire que c’était une équipe qui ne jouait pas forcément le haut de tableau, qui n’avait pas forcément de gros moyens, donc ils s’appuyaient beaucoup sur les jeunes de la formation.

J’y ai donc vu une opportunité de pouvoir jouer en 1ère division. En plus de ça, Toulouse, ça reste le sud de la France, donc au niveau climatique, c’est vrai que c’est plus attractif… en tout cas pour moi, qui était dans la région Centre.

Et surtout, j’avais de la famille pas loin, donc au cas où je rencontrais des problèmes, je n’étais pas en territoire inconnu non plus. Tout ça a fait que j’ai choisi Toulouse. Finalement, j’ai bien fait, car lors de ma première année au centre de formation, je fais 18 ou 19 matchs avec les professionnels.

VALENTIN PORTE : “JE ME SUIS DIT : « JE NE VAIS PAS FAIRE LA COMPÉTITION »

Je fais mon premier stage avec l’Équipe de France en décembre 2012, pour les matchs amicaux avant la Coupe du Monde 2013. Mon premier match, c’est le 7 janvier 2013, contre l’Argentine.

La première fois avec le maillot bleu, c’est beaucoup de stress ! En plus on a débuté contre les argentins, à Toulon. Et je me rappelle que je n’avais pas fait un match exceptionnel… oui, ce n’était pas transcendant.

Le deuxième match, on l’avait joué à Montpellier. De nouveau, je n’ai pas fait un très bon match. Donc, dans ma tête, c’était : « Bon, bah je vais repartir à Toulouse… et pas faire la compétition ».

Mais quand le sélectionneur a annoncé la liste et que j’ai entendu mon nom dans l’équipe pour la Coupe du Monde, je n’y ai pas cru. J’étais très surpris. Ensuite, ça s’est enchaîné pour moi et pour l’équipe. J’ai fait une bonne compet (malgré une élimination en ¼ de finale). J’ai peu joué, mais sur ce peu de temps, j’ai fait des bonnes choses. J’ai fait mon petit bonhomme de chemin, tranquillement.

JE SUIS EUX, JE LAISSE LE PETIT JEUNE SE TROUER

Les championnats d’Europe, c’était une compétition étonnante, parce que je me rappelle qu’on avait des matchs de Golden League avant, ça ne s’était pas super bien passé.

Je me souviens qu’on arrive à la compétition en se disant : « Bon les gars, il faut se bouger le cul », parce qu’on doutait presque de notre capacité à passer les poules des championnats d’Europe. On était avec la Pologne, la Serbie, la Russie… donc c’était quand même une poule très relevée, et on doutait de nous.

Moi, je me blesse lors du dernier match de préparation. Alors ça me fait louper les 3 premiers matchs, et pour rentrer dans une compétition, ce n’est pas génial ! Derrière, je rentre, j’ai toujours mal, mais ça se goupille bien. On prend confiance au fur et à mesure des matchs.

On livre une finale parfaite, sur le plan du handball. On fait la finale de rêve au bon moment. C’était une drôle de compétition, pour moi, mais que des bons souvenirs.

Je marque 9 buts sur la finale et j’en inscrit 8 en demi, donc il ne pouvait rien m’arriver sur ce dernier carré [rires].

Après, c’était normal, on me laissait beaucoup d’espace, puisqu’on me donnait peu de crédit… J’étais jeune, il suffisait de regarder l’équipe : la France avait aligné Guigou, Karabatic, Narcisse, Abalo, Sorhaindo… et Porte, que personne ne connaissait.

Si je suis l’équipe adverse, je laisse le petit jeune, hein. Je le laisse se trouer, et s’il peut se trouer c’est bon pour nous. Sauf que là, sur la compétition, je ne me suis pas troué et tant pis pour eux. Donc ça a bien marché pour moi.

VALENTIN PORTE : “2017 : ON AVAIT L’IMPRESSION DE MARCHER SUR L’EAU

Les championnats du monde 2015, ça arrive juste après le titre de 2014. On avait encore la même équipe, on surfait là-dessus… Franchement, gagner le titre de champion du monde au Qatar, contre le pays-hôte en finale, après avoir fait la même chose au Danemark, en 2014, c’étaient 2 grosses performances. Réussir à enchaîner ces 2 titres, c’était fort.

Après, en 2017, la sensation de jouer en étant chez nous, c’était magique. La sensation de puissance qu’on pouvait dégager, tellement ça nous galvanisait de jouer à la maison, c’était incroyable à vivre. Donc 2017, je pense que c’est la meilleure compétition pour nous, avec l’Équipe de France. On avait vraiment l’impression de marcher sur l’eau.

NIKOLA KARABATIC EST LE MEILLEUR

Nikola Karabatic est le meilleur joueur avec qui j’ai joué. J’ai une vision bien précise de ce qu’est un bon joueur de handball, et de ce que doit être le meilleur joueur de handball.

Je pense qu’un très bon joueur doit être bon en attaque et bon en défense. Le handball, pour moi, c’est les 2 côtés, ce n’est pas que mettre des buts… il faut bien défendre.

Un mec comme Niko, encore aujourd’hui… parce qu’il vieillit ce pauvre Niko [rires], est toujours l’un des meilleurs au monde en attaque : il pèse énormément sur un jeu offensif. Et en défense, il fait partie des meilleurs défenseurs. De par son engagement, aussi, c’est un mec qui ne brade jamais un match. Tout ça fait que, pour moi, clairement, c’est le meilleur avec qui j’ai joué.

VALENTIN PORTE : “JE PENSE QUE MONTPELLIER A LA MÊME IMAGE QUE MOI

Une carrière de handballeur peut dépendre vraiment des choix qu’on fait, c’est très important. Il suffit qu’on fasse un mauvais choix, ça peut te flinguer 2 ou 3 ans de ta carrière.

Je pense que j’ai fait un très bon choix en allant à Toulouse, et quand je décide d’aller à Montpellier, je le fais parce que j’ai bien réfléchi et que je pense vraiment que ça peut être un bon choix, également.

L’image que j’avais du club de Montpellier, c’était la même que l’image que j’avais de moi, en tant que joueur. C’est un club qui ne lâche rien ! De ce que je voyais du club, de l’équipe, c’était quelque chose qui me plaisait bien… de ce que je voyais de l’entraineur aussi, et de ce que j’en entendais.

Ces facteurs ont fait que je me suis dit : « Allez, banco ! Je tente le coup », et je ne me suis pas trompé. Dans ce club, je retrouve exactement tout ce que j’aime dans mon métier : organisation, professionnalisme… C’est comme ça que j’aime fonctionner et c’est pour ça que ça match bien à Montpellier.

LES BOOKMAKERS NE NOUS ANNONÇAIENT JAMAIS GAGNANTS

La Ligue des Champions 2018 avec Montpellier, clairement, on ne s’y attendait pas du tout. C’était une compétition étonnante. C’était la 2ème année, je crois, avec les systèmes de poules basses et de poules hautes. Nous, on était en poule basse, donc on avait des matchs compliqués, mais qui étaient complètement à notre portée.

On a survolé nos poules et les barrages. Mais voilà, tu te retrouves à sortir des poules basses… donc tu sais que tu vas jouer un 2ème de poule haute.

Et nous, on tombe sur Barcelone… alors contre eux, les bookmakers, ils ne nous annonçaient jamais gagnants, ce qui est normal. On gagne de 3 buts chez nous, au match aller, et je suis le premier à dire que ça ne suffira pas. On sait que, là-bas, c’est compliqué. Et finalement, on arrive à se qualifier d’un but. Après ce match, on y a cru, on s’est dit : « on a sorti Barcelone, franchement, c’est pas rien… ! ».

Après ça, on tombe sur Flensburg, qui avait déjà gagné la LDC il n’y a pas trop longtemps. On leur met +12 à la maison.

Derrière, on fait le premier Final Four de l’histoire du club, on affronte Vardar, qui eux, avaient gagné la compétition l’année d’avant. Donc, le parcours vraiment… on y allait sur la pointe des pieds, on faisait notre boulot, on proposait un beau jeu et on a posé des problèmes à tout le monde.

Finalement, on s’est qualifié, et on arrive en finale contre Nantes, qui avait sorti le PSG.

VALENTIN PORTE : “ON VOIT LES NANTAIS EN TRAIN DE BOIRE DES BIÈRES

Au moment où nous sortions de l’échauffement, avant notre demi-finale, il y avait la première demi-finale qui venait de se terminer. On passe devant le vestiaire, et là, on voit tous les joueurs de Nantes en train de boire des bières et presque déjà de faire la fête.

Donc c’est tout… Nous, on joue notre match, on gagne, et après la victoire : pas un bruit ! On va aux vestiaires, douche, on rentre à l’hôtel, soins, repas, et on va au lit. Il n’y a rien eu !

Et à ce moment-là, quand j’y repense, c’est là où je me dis que c’est peut-être à ce moment-là qu’on a gagné la Ligue des Champions, qu’on a gagné la finale. Parce que Nantes, je pense que le fait d’avoir sorti Paris… déjà gros respect à eux, c’était monstrueux, mais c’était déjà un aboutissement pour eux. Alors que nous, on est resté dans notre bulle à fond. Il est possible que je me trompe, mais je pense qu’on était plus prêt mentalement qu’eux sur cette finale. Peut-être que je dis des bêtises, mais c’est comme ça que je l’ai ressenti.

LA LDC 2018 EST LE PLUS BEAU SOUVENIR DE MA CARRIÈRE

Cette Ligue des Champions, c’est le plus beau souvenir de ma vie de handballeur. Même devant les titres de champions du monde, car c’est très différent… champion du Monde, champion d’Europe, c’est génial mais c’est une compétition qui dure sur 15 jours. Donc, tu te réunis, tu fais 1 semaine de prépa, derrière tu as 15 jours de compétition et c’est fini. Alors que la LDC, on a été champion d’Europe fin mai, et la saison avait commencé mi-juillet.

Donc, depuis mi-juillet, tu es avec les mêmes mecs, en train de construire quelque chose, construire une équipe, construire un projet et tu vois qu’au fur et à mesure, ça avance, ça avance, pour finir fin-mai avec la consécration ultime de gagner la Ligue des Champions.

D’autant plus que ce n’était pas du tout prévu que Montpellier gagne la compétition cette année-là. Donc rien que pour ça, c’est plus fort en émotions… gagner avec des mecs, avec qui t’as trimé depuis mi-juillet.

VALENTIN PORTE “LES CONDITIONS « COVID » NE SONT PAS UNE EXCUSE

L’ambiance « Covid », on commence à la connaître. En championnat, il n’y a pas de public depuis un moment.

Mais jouer un championnat du monde (cette année), sans spectateurs, ça fait bizarre. Quand on connaît les ambiances qu’il peut y avoir sur un championnat du monde, notamment en Égypte. On sait que là-bas, il peut y avoir des ambiances de folie.

Je pense surtout à l’Égypte, qui aurait pu faire un parcours encore plus beau s’ils avaient eu leur public. Je pense vraiment qu’ils seraient allés plus loin ! Mais bon, c’est comme ça, on vit une période très compliquée, il faut savoir s’adapter.

On a quand même vécu un championnat du monde « dans une bulle ». Donc, c’était bizarre, après ça n’enlève en rien au fait que le Danemark n’a pas volé son titre, ça n’enlève rien à tout ça ! Ça restait quand même une bonne compétition et on n’aurait pas craché sur une médaille d’or. C’était une compétition comme une autre, mais dans des conditions compliquées.

Sur la première partie de compétition, on était à 50 minutes de la salle, donc les allers-retours, c’est sûr que c’était un peu long, après on s’y fait, ce n’est pas grave. Ce n’est pas une excuse ! Toutes les équipes étaient dans les mêmes conditions. Ça aurait pu être un petit peu mieux organisé, mais ce n’est pas bien grave. Franchement, on n’a pas d’excuses, enfin, en tout cas, les conditions n’en sont pas une.

IL FAUT SE REDONNER LES MOYENS DE FAIRE PEUR

Le jeu collectif, je pense que c’est ça notre problème en Équipe de France. Cela étant, on fait quand même quelques matchs de qualité. Je pense au Portugal, où c’était vraiment très très bien ; la Norvège, c’était bien, mais bon, on a quand même un gardien qui fait 20 arrêts donc ça aide aussi.

Après, défensivement, je pense qu’on a trouvé du mieux, c’est pour ça qu’à la fin, les blessures de Luka (Karabatic) et Timothey (N’Guessan) nous ont fait du mal parce qu’on était en train de trouver de la performance au niveau défensif.

Mais en attaque, c’est vraiment là où on a pêché. Quand on voit le jeu développé en finale par la Suède et le Danemark, c’était beau ! On voit que nous, on a encore beaucoup de boulot pour être au niveau.

On aime bien faire peur, et là, on l’est un peu moins, donc c’est dérangeant pour nous. Est-ce que l’équipe de France pourra redevenir un rouleau compresseur… j’espère au tout cas, elle a tout pour, elle a vraiment tout le potentiel pour.

Maintenant, il faut s’en donner les moyens, si on veut refaire peur… on ne fera pas peur simplement en disant « on va vous faire peur ». Il faut vraiment des actes, il faut faire peur sur le terrain, pas en le disant… mais ce n’est pas facile, hein.

VALENTIN PORTE : “LA QUALIF OLYMPIQUE… JE NE SUIS NI INQUIET, NI SEREIN

Dans les matchs de qualification olympique, là, c’est surtout à nous qu’il ne va pas falloir se faire peur [rires]. Il ne va même pas falloir faire peur aux autres, il va juste falloir les battre.

Le calcul n’est pas dur, on est 4 équipes, il y en a que 2 qui passent. Il ne faut pas se rater, donc ça va arriver très vite et il va falloir répondre présent au bon moment.

Pour la qualif, je ne suis pas inquiet… enfin, je ne suis pas inquiet… je ne suis pas serein. Parce qu’on ne peut pas être serein quand on voit les adversaires qu’on va jouer, non, ça serait un peu fort de dire qu’on est serein.

On va jouer la Croatie, qui est une grosse nation de handball, même si elle s’est ratée sur ce mondial. Mais elle peut être à un tout autre niveau dans quelques semaines. Le Portugal, qui nous a battu autant de fois qu’on les a battus sur les 2 dernières années, et qui viennent de prendre une correction contre nous… donc connaissant un peu les animaux, ils vont être remontés à bloc. Et la Tunisie, de ce que j’ai vu un peu de cette équipe, c’est peut-être un peu en dessous sur le papier, mais sur 1 ou 2 matchs, ils peuvent embêter beaucoup d’équipes.

Donc, je ne suis pas inquiet dans le sens où je ne pars pas défaitiste… mais sinon, être serein, non.

UNE GRANDE FIERTÉ D’ÊTRE CAPITAINE DE MONTPELLIER

Avoir le brassard à Montpellier, c’est déjà beaucoup de satisfaction et de joie. Être capitaine, ça veut dire que ce brassard m’a été confié par l’entraineur, qui est un homme dont je respecte énormément le travail, depuis toutes ces années. J’aime sa façon de faire et de voir les choses.

Alors le fait que le coach me donne le capitanat, ça veut dire que, peut-être, il perçoit en moi les mêmes qualités que je peux lui assigner. Donc, je suis content, je suis vraiment heureux et fier de ça.

Après, être capitaine, ce n’est pas non plus entraineur… Mais il faut que j’aide l’équipe, c’est sûr. J’ai envie que l’équipe joue le mieux possible, vive le mieux possible ensemble et prenne du plaisir à jouer ensemble, que ce soit à l’entrainement et pendant les matchs. Donc, mon rôle, c’est de réguler un peu tout ça.

Je ne suis pas un roi du discours, ni un roi des paroles. Je ne suis pas très à l’aise là-dedans, mais en tant que capitaine, parfois, il faut que je dise certaines choses, c’est mon rôle. Et je le fais. J’essaie juste de ne pas le faire tout le temps, parce que quand on parle trop, à un moment, on a tendance à ne plus t’écouter.

J’essaie d’être précis, concis, d’encourager les gars et voilà… Sinon on sait tous ce qu’on a à faire. Seulement, s’il y en a qui ne sont pas trop motivés, c’est mon rôle d’aller les chercher et de les remotiver.

VALENTIN PORTE : “JE SUIS TROP PERFECTIONNISTE

Je suis un peu trop perfectionniste. C’est une qualité qui peut aussi vite être un défaut.

J’ai un peu tendance à voir le verre à moitié vide, plutôt qu’à moitié plein. C’est mon coach qui aime bien me dire ça [rires], mais, oui, je vois souvent les trucs qui ne vont pas, les petites choses qui pourraient être mieux faites, plutôt que de voir ce qui est bien fait.

Donc, je travaille là-dessus, c’est un boulot que je fais sur moi-même et qui faut que j’améliore. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, et ça, ça en fait partie.

LE PSG NOUS AIDE À PROGRESSER

On aborde toutes les saisons avec Montpellier en jouant la gagne. Après, le PSG sur quelques matchs, sur une coupe, par exemple, on peut vraiment les inquiéter…mais sur un championnat entier, c’est très dur.

Ils ne font pas beaucoup d’erreurs. Nous, on en fait un peu plus. Le jour où on fera moins d’erreurs, peut-être qu’on pourra les inquiéter plus et plus longtemps. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas, donc c’est à nous de progresser.

S’ils sont capables de le faire, alors nous aussi on peut le faire. Il faut juste qu’on gagne en régularité, et qu’on arrive à les battre.

Avoir le PSG devant nous, ça nous aide à progresser. Après, c’est compliqué de rivaliser avec une équipe comme ça, mais l’objectif à chaque fois, c’est de les taper et de gagner le championnat.

VALENTIN PORTE : “LA MÉDAILLE DE BRONZE ME FATIGUE UN PETIT PEU

Mes objectifs… en club, c’est que Montpellier continue à progresser, continue à évoluer et qu’on gagne des titres. J’aimerais bien lever mon premier trophée en tant que capitaine, ça serait pas mal [rires].

En équipe nationale, c’est déjà se qualifier pour les Jeux Olympiques. Et puis, continuer à aider l’équipe pour que la France retrouve des couleurs, retrouve des médailles… et au-delà des médailles, retrouve surtout la première place des compétitions. Parce que les médailles de bronze, ça va bien, mais moi, ça me fatigue un petit peu… mais bon, ça c’est mon problème.

JE NE PLANIFIE RIEN SUR LE LONG TERME

Mon après-carrière, j’y pense, mais sans avoir de vrais projets pour le moment. Donc on verra de quoi est fait demain.

Dans notre métier, on a la chance d’avoir pas mal d’opportunités qui peuvent s’ouvrir à nous. Pour le moment, je n’ai rien regardé, rien étudié, mais ça viendra.

Je n’ai rien planifié. De toute manière, on ne peut rien planifier dans le sport de haut niveau. Si on se projette, on est souvent déçu. Si je te parle d’un truc que j’ai prévu dans 2 ans, mais que d’ici là, je me casse la jambe, ça remet tout en question. Donc je me projette sur court ou moyen terme, là où je peux avoir un peu de visibilité, en fait, mais pas sur le long terme. 

VALENTIN PORTE

Avec Nicolas Parant