Foot : France – Bulgarie 1993 : Le jour où Kostadinov brise le rêve des Bleus #2

Malgré cette belle victoire des Bleus hier soir (3-0), le souvenir du France – Bulgarie 1993 refait obligatoirement surface.
FRANCE- BULGARIE 1993 : Le pire cauchemar des Bleus
FRANCE- BULGARIE 1993 : Le pire cauchemar des Bleus

Malgré cette belle victoire des Bleus hier soir (3-0), le souvenir du France – Bulgarie 1993 refait obligatoirement surface. Cette date du 17 novembre 1993 reste ancré dans les têtes des passionnés du ballon rond. Ce jour-là, la formation de Gérard Houllier va vivre l’un des plus grands traumatismes de l’Histoire des Bleus. Retour sur le cauchemar bulgare.

Une équipe de France en pleine crise

La France ne figure pas comme un favori de la prochaine Coupe du Monde aux Etats-Unis. Au contraire, les Bleus ont manqué la dernière édition de 1990 en Italie. Leur seul objectif : se qualifier pour cette Coupe du Monde 1994. Les tricolores sont deuxième de leur groupe derrière la Suède, ils doivent seulement ne pas perdre face à la Bulgarie lors de ce dernier match. Mais les Français abordent ce match en pleine crise de confiance après une défaite face à l’Israël au Parc des Princes. Pas le temps de se plaindre, les Bleus doivent réagir et obtenir leur ticket pour la plus prestigieuse des compétitions. Malgré un fond de jeu quasi-inexistant, l’équipe de France est emmenée par un trio d’attaque de grande classe Papin – Cantona – Ginola. Personne ne s’inquiète et nul n’a peur que les Bleus ne remplissent pas leur contrat face à une modeste équipe bulgare.

France – Bulgarie 1993 – L’avant match

La veille du match, David Ginola apprend qu’il ne sera pas titulaire et exprime son mécontentement en conférence de presse : « Ce n’est pas logique. Je n’ai pas envie de devenir le douzième homme de l’équipe, celui qui met l’ambiance dans le vestiaire. A la rigueur, je préfère que l’on dise : « Ginola est un connard » mais être sur le terrain ».  Une déclaration qui va résonner dans la France entière et va heurter tous les joueurs et surtout le sélectionneur.

Gérard Houllier reconduit le même onze que face à l’Israël à l’exception de David Ginola remplacé par Reynalds Pedros. Bernard Lama au but avec devant lui en défense Blanc, Desailly, Roche et Petit. Un milieu à trois avec Deschamps, Le Guen et Sauzée derrière un duo d’attaque composé de Papin et Cantona. Chez les adversaires du jour, de grands noms sont présents : Hristo Stoichkov (FC Barcelone), Emil Kostadinov (FC Porto) et Luboslav Penev (FC Valence). Mise à part cette redoutable attaque, les Bulgares sont connus pour l’intensité et l’agressivité qu’ils produisent. Lors du match aller, les Bleus en avaient fait les frais avec une défaite 2-0. Krasimir Balakov aurait même craché sur plusieurs joueurs français. Une rencontre sous haute tension s’annonce avec comme enjeu une qualification pour la prochaine Coupe du Monde.

Les Bleus tiennent leur qualification

Le début de match est très haché avec de nombreuses fautes et une qualité technique inexistante. Chaque équipe a peur face à l’enjeu du match. C’est à la 32-ème minute que les Bleus se libèrent. Papin reçoit un centre de Deschamps qui, de la tête, remet au second poteau pour Cantona qui fusille le gardien bulgare. 1-0 pour les Français, on pense alors que le plus dur vient d’être fait. La France doit tenir se tenir ce résultat, il leur suffit de ramener un match nul pour partir aux Etats-Unis. Mais l’avance des Bleus va vite disparaitre, Blanc loupe sa relance et concède un corner. Balakov le frappe, Kostadinov s’élève plus haut que tout le monde et place un coup de tête imparable pour Lama. Les hommes de Gérard Houllier sont toujours virtuellement qualifiés mais sont désormais sous la crainte d’un deuxième but bulgare. La mi-temps est sifflée sous ce score indécis de 1-1.

La deuxième mi-temps se déroule très calmement, aucune occasion. Les Bleus ne font que gérer le match sans vouloir enfoncer le clou. A l’heure de jeu, le nom de Ginola est scandé par les supporters et Gérard Houllier décide de le faire entrer à la place de Papin à la 68-ème minute. L’entrée du Parisien va redonner des couleurs à cette équipe de France sans saveur. Ginola va multiplier les centres dont un en retrait pour Sauzée qui a failli être converti en but.

Les minutes passent et les Bleus se rapprochent de plus en plus du rêve américain. Il reste alors une poignée de secondes lorsque les Bleus obtiennent un coup franc. C’est maintenant sur, les Bleus vont participer à cette prochaine Coupe du Monde. Le banc a déjà les bras levés au ciel et s’apprête à courir pour rejoindre leurs onze camarades. Vincent Guérin, rentré à la place de Le Guen, joue le coup franc à deux avec Ginola. Le Parisien doit seulement se contenter de protéger le ballon jusqu’à ce que l’arbitre siffle la fin du match. Mais il décide de centrer pour Cantona ! Le ballon est récupéré par les Bulgares.

France – Bulgarie 1993 Le rêve américain vole en éclat

Un contre à toute vitesse voit alors le jour. Kremenliev passe à Balakov qui donne à Penev au centre du terrain. Ce dernier transmet en profondeur pour Kostadinov dans le dos de Roche. L’attaquant enclenche une frappe surpuissante. Blanc tente un tacle miraculeux mais trop tard. La balle percute le dessous de la barre et finit au fond des filets. 2-1 pour la Bulgarie au Parc des Princes. Le coup de sifflet final retentit. Un silence de plomb envahit le stade. Le public n’y croit pas. Les joueurs sont à terre, abasourdis. Deschamps est en larmes. Aimé Jacquet, adjoint de Gérard Houllier, se tient la tête entre ses mains. L’équipe de France n’ira pas à la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. Emil Kostadinov et la Bulgarie viennent de briser le rêve américain des Bleus.

Gérard Houllier sera démis de ses fonctions et remplacé par son adjoint, un certain Aimé jacquet qui gagnera cinq ans plus tard la première Coupe du Monde des Bleus. Cette date du 17 novembre 1993 et ce nom de l’attaquant bulgare Kostadinov restera dans les mémoires. Une plaie qui restera à jamais ouverte.

Thomas JIMENEZ

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