[Crédit : Bora-Hansgrohe]

Nous sommes à une cinquantaine de jours du départ du Tour de France et les conditions sanitaires en France semblent bonnes pour la tenue en bonne et due forme de la course. Ce report du Tour et, par la même occasion de la majorité de la saison cycliste a eu un grand impact sur les coureurs. Ceux-ci ont dû revoir leurs objectifs, leur programme de course, leur pic de forme. Une saison exceptionnelle va bientôt commencer. Les organismes seront ils à la hauteur des difficultés qu’apporte une saison rétrécie comme celle-ci ? 

Ces inconnues vont faire de cette saison une saison unique où le suspense sera probablement plus important que les années précédentes. Parmi ces inconnues, le podium du Tour est particulièrement difficile à pronostiquer. Un grand nombre de cyclistes en ont fait l’objectif et ont les capacités de monter sur une des trois marches.

Pour en savoir plus sur la préparation des prétendants au podium, nous sommes allés à la rencontre d’Emanuel Buchmann. 4e du Tour en 2019, l’Allemand de 27 ans a pour objectif de faire mieux cette année. 

Retour avec lui sur le confinement, sa préparation et le Tour !

 

« Bonjour Emanuel, comment se passe le retour sur la route avec tes coéquipiers après cette période unique de confinement ?

C’était très cool de revoir tout le monde. On a eu un bon stage aussi. Mais ce qu’on a le plus apprécié, c’est de retrouver une vie “normale” de cycliste pro.

Comment t’es tu entraîné pendant le confinement ?

Je vis en Autriche et j’avais toujours la possibilité de m’entraîner en extérieur donc ça allait.

As-tu profité du confinement pour se détacher un peu mentalement du cyclisme et s’occuper autrement ?

Pas vraiment. J’ai fait mon entraînement normalement. Au début, principalement pour maintenir ma forme et ensuite avec plus d’intensité.

T’es-tu essayé à Zwift comme beaucoup de coureurs pro ?

Pas vraiment. J’ai juste fait une étape du Digital Swiss 5 (ndlr : Tour de Suisse virtuel qui s’est déroulé du 22 au 26 avril sur Zwift)

À un moment, as-tu eu des doutes sur la véritable tenue d’une saison cycliste en 2020 ?

Non, je suis toujours resté positif.

Mon prochain objectif est le podium sur le Tour. On va voir si c’est possible et ce qui vient après.

En janvier tu as remporté le Trofeo Serra de Tramuntana à Majorque devant Valverde et Muhlberger. Tu avais des objectifs sur les grandes classiques de début de saison ?

Toute ma concentration était et est toujours dédiée au Tour de France. J’ai fait un beau résultat au Tour de Lombardie (ndlr : 8e), je voulais le refaire cette année, mais avec le nouveau calendrier, ça ne peut pas rentrer dans mon programme de course.

Tu sembles t’entraîner beaucoup dans la vallée d’Ötztal en Autriche. 

Oui, c’était la première partie importante de ma préparation pour le Tour, mais il va y en avoir d’autres.

As tu été surpris de ton excellente place sur le Tour l’année dernière ?

Je n’étais pas surpris de ma performance. Je savais quelle puissance j’étais capable de délivrer. Mais, effectivement, j’étais un peu surpris que cela m’amène si près d’une place sur le podium.

Tu as déclaré que ton objectif cette année était le podium sur le Tour. Quelles étapes te semblent les plus importantes pour le classement général ?

C’est difficile à dire. Il y a beaucoup de montagne. Mais je pense que l’étape juste après le premier jour de repos peut être cruciale s’il y a du vent. (ndlr : 10e étape entre l’Île d’Oléron et l’Île de Ré)

L’année dernière, certains observateurs ont qualifié ta tactique d’attentiste, prendras tu plus de risques cette année pour gagner le Tour ?

Ce n’est pas que j’attaque jamais. J’ai tenté l’année dernière dans le Tourmalet. Cette année, j’ai gagné à Tramuntana après avoir attaqué. Mais sur le Tour, tu dois être prudent avec ton énergie. C’est très important.

Maximilian Schachmann, vainqueur de Paris-Nice en mars sera lui aussi présent sur le Tour. Aura-t-il un rôle de lieutenant pour toi en montagne ou plus d’électron libre pour aller gagner des étapes ?

Les deux. Ce sera vraiment un très fort équipier. Mais avec ses capacités, il aura aussi un peu de liberté pour essayer de gagner une étape. Ça dépendra de la configuration de la course.

L’Allemagne se cherche un héritier à Jan Ulrich sur les Grands Tours, peux-tu être celui-ci ?

J’ai toujours fait pas à pas dans le passé. Et je vais continuer de faire comme ça. Mon prochain objectif est le podium. On va voir si c’est possible et ce qui vient après.

 

Baptiste LETANG