Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que la première phase des Championnats du Monde est sur le point de se terminer, nous sommes allés à la rencontre du porte étendard de l’Equipe de France, Earvin Ngapeth. Il nous parle de la Team Yavbou, de ses coéquipiers et de ses ambitions futures pour la sélection tricolore. (Crédits photos :FIVB &  FFVB – Julien Crosnier)

Comment résumer le concept de la team yavbou… ce serait le plaisir, la folie et le sourire, mais dans une ambiance de travail où l’on bosse beaucoup et bien. Ce qu’on kiffe, c’est prendre du plaisir et être ensemble.

Je me rappelle de ma première sélection au début de l’été 2010 en tournoi amical en Pologne. Puis de ma première compétition avec la ligue mondiale que l’on a enchaînée avec un groupe très différent d’aujourd’hui. C’est seulement à partir de 2012 que « notre » groupe s’est vraiment formé avec une ambiance complètement différente et des résultats qui ont commencé à arriver.

Beaucoup se connaissent depuis l’âge de 14 ans, à l’époque où nous jouions en Équipe de France dans les catégories jeunes. Nous faisions des bêtises ensemble en rendant fou notre coach, c’est normal à cet âge là. Nous avons gardé cette folie et ce plaisir de jouer ensemble tout en ajoutant la maturité nécessaire pour progresser en termes de travail et de qualité d’entraînement. C’est notre force et ce qui a fait que l’on a des résultats depuis quelques années.

De mon côté, je suis quelqu’un qui aime quand il y a dû sourire et quand il y a de l’échange. Je suis le premier à charrier mes coéquipiers. Sur le terrain, il y a toujours des leaders techniques qui se dégagent assez naturellement que ce soit Jenia, Benjamin ou moi. On est un peu les meneurs de troupes sur le terrain.

Mais on n’est pas dans le délire où l’on est les anciens et notre parole est sacrée. Chacun a assez d’expérience pour savoir quand il doit parler, aider les jeunes sans mettre un statut. Mon rôle va être que les nouveaux arrivés ne ressentent pas la pression de ce Championnat du Monde. Que cette pression se transforme positivement pour aider le groupe à gagner.

Beaucoup se connaissent depuis l’âge de 14 ans, à l’époque où nous jouions en Équipe de France dans les catégories jeunes. Nous faisions des bêtises ensemble en rendant fou notre coach, c’est normal à cet âge là. Nous avons gardé cette folie et ce plaisir de jouer ensemble tout en ajoutant la maturité nécessaire pour progresser en termes de travail et de qualité d’entraînement.

Si je devais résumer chaque joueur en une phrase :

  • Jenia Grebennikov ? C’est le meilleur libéro du monde.
  • Jean Patry est la révélation, très forte.
  • Benjamin Toniutti est le capitaine, garde à vous !
  • Kevin Tillie est surprenant parce qu’il a été pas mal blessé. Il a eu deux opérations et je ne pensais pas qu’il allait revenir. Il est revenu très fort !
  • Julien Lyneel est celui qui me fait le plus rigoler. C’est mon clown.
  • Kevin Le Roux, c’est mon bras droit !
  • Antoine Brizard est le seul qui vient de Poitiers comme moi. Il était surclassé dans les catégories de jeune et il a bien poussé.
  • Stephen Boyer est mon collègue de chambre. Il est un peu comme jeannot (Jean Patry).
  • Avec Nicolas Le Goff on vient de la même génération. On se connaît depuis très longtemps.
  • Je découvre Jérémie Mouiel cette année. C’est un super mec qui est derrière Jenia et qui ne joue pas beaucoup, ce n’est pas évident.
  • Daryl Bultor c’est ma victime à FIFA sur PlayStation.
  • Thibault Rossard performait dans les équipes de France dans la génération d’en dessous la mienne, ça me fait plaisir qu’il soit avec nous maintenant.
  • Barthélemy Chinenyeze, alias Babar, c’est la victime de l’équipe dans le sens où c’est le plus jeune donc on aime l’embêter !

On s’est préparé pour faire des bons Championnats du Monde. Je pense qu’on va faire une bonne compétition et réussir à monter sur le podium. Pourquoi pas la plus haute marche ? Il y a des compétitions importantes chaque année, l’année prochaine avec l’Euro en France, 2020 avec les JO. Et bien sûr, j’espère qu’on ira jusqu’en 2024… des JO à Paris pour finir, ce serait magnifique.

EARVIN