Delphine Jariel – Windsurf

#Championne de France élite 2015 #Championne de France Raceboard 2016

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

La véliplanchiste Delphine Jariel nous raconte sa passion pour la glisse et le windsurf et ses rêves olympiques. (Crédit photo Une : Pedro Martinez – Sailing Energy).

La première fois que je suis montée sur une planche, c’était en sortie scolaire au club de Mauguio Carnon qui est d’ailleurs devenu mon club actuel. Je me souviens être rentrée chez moi et avoir dit à ma mère « je comprends pourquoi tu aimes la planche, c’est génial !! ».

J’en ai refait ensuite en vacances avec mes parents, et ils m’ont inscrit à l’année à la rentrée suivante.

J’avais beaucoup d’activités durant ma jeunesse comme le tennis, la danse ou le piano. Mais la planche a toujours été ma pratique préférée, c’est là où je prenais le plus de plaisir.

Se sentir libre, pouvoir aller où on veut en mer, la glisse, ce sont des sensations uniques qui m’animent à chaque sortie. J’ai toujours adoré la mer et les disciplines de glisse comme le wake, le surf, le ski, le funboard. La planche, c’est très complet. En compétition on doit être fort physiquement, ce sont des manches de 30 min donc très intenses, tactiquement, on joue avec l’adversaire et le vent, c’est comme une partie d’échecs, et techniquement, c’est avant tout une course de vitesse.

Dans ma jeunesse je n’avais pas forcément d’idole, mais c’est le rêve Olympique qui m’inspirait particulièrement et tous ces champions qui se surpassaient pour atteindre leurs objectifs.

Quand j’ai commencé, le rythme était forcément moins important, mais il a monté progressivement de 2 séances de planche par semaine à 4. Le travail physique a lui aussi naturellement suivi en passant de 2 sessions de préparation hebdomadaire à désormais 4 à 5 jours de musculation dans la semaine. Je fais souvent des gros blocs d’entraînements avec l’équipe féminine, au moins une fois par mois suivant les périodes.

Je fais des études de Masso-Kinésithérapeute à Montpellier, je suis en 2ème année, ce n’est pas toujours facile d’allier les deux projets, mais quand on est motivée et bien entourée tout est possible.

Aujourd’hui il est possible d’en vivre, mais c’est un sport qui n’est pas encore très médiatisé. De plus, il n’y a qu’une seule femme et qu’un seul homme sélectionnés par nation au JO, donc il faut d’abord atteindre un très haut niveau pour pouvoir décrocher des sponsors et en vivre. La plupart d’entre nous font des études à côté ou ont déjà un diplôme qui va leur permettre d’assurer la suite.

 

Se sentir libre, pouvoir aller où on veut en mer, la glisse, ce sont des sensations uniques qui m’animent à chaque sortie.

LES SECRETS DE LA PLANCHE À VOILE

Pour être une bonne véliplanchiste, je dirais qu’il faut être puissante, dynamique, endurante, confiante, savoir anticiper, observer, analyser un plan d’eau et prendre les bonnes décisions au bon moment pour gérer la pression.

Le matériel a également son importance et il faut savoir bien le régler.

Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, on ne s’en rend pas forcément compte vue de terre, mais le vent, les nuages à l’instant T, le plan d’eau, les prévisions météo, le relief à terre sont des éléments très importants qui peuvent joueur en notre faveur ou notre défaveur. Et tout cela va influencer nos réglages de voile, de planche, de matériel, de tenue.

J’analyse donc ces paramètres avec mon coach à terre et sur l’eau, puis toute seule ensuite sur l’eau en compétition. Pour la course on n’a pas vraiment de tactique très précise, on échange sur les points importants de la journée au niveau de la météo et de mes objectifs au moment clé, et il me donne des consignes au niveau des réglages s’il voit quelques choses en particulier.

Me concernant je dirais que j’ai plutôt une bonne glisse, une bonne condition physique, mes défauts ou points à améliorer sont ma tactique et ma confiance sur les départs, pour remédier à tout ça je travaille avec un préparateur mental, je fais des stages avec des étrangères pour chercher de la confrontation comme en compétition.

UNE SÉLECTION POUR LES JO, SYNONYME DE MÉDAILLE

Je suis contente du parcours que j’ai eu jusqu’à présent. J’ai connu des hauts et des bas qui m’ont permis d’engranger de l’expérience afin d’être plus efficace dans ma pratique de la planche à voile.

Mon prochain objectif est une place dans les 10 au Championnat d’Europe à Palma en avril 2019. J’ai donc 5 mois pour me préparer à cette échéance avec plusieurs stages et regroupements où je vais pouvoir côtoyer des équipes étrangères et mes collègues françaises.

Les plus féroces adversaires sont les italiennes, les espagnoles, les anglaises et les hollandaises !

Il y a une très bonne ambiance sur les compétitions, on navigue ensemble sur le même circuit depuis un bout de temps donc on se connaît tous plus ou moins, bien sûr il y a qu’en même une certaine tension lors des qualifications.

La championne Olympique à Rio actuelle est française, et le titre de bronze homme est aussi détenu par un français, la France est une très grande nation dans notre sport.

La préparation pour les qualifications aux JO 2020 a déjà commencé depuis un moment, je me fixe jusqu’à la des objectifs intermédiaires qui pourront me permettre d’évaluer le chemin encore à parcourir, comme le Championnat du Monde en octobre prochain en Italie. La concurrence est rude, donc il ne faut pas s’emballer. Mais l’envie de progresser encore et toujours est bien là, je ne me fixe pas de limite.

Je pense surtout aux JO de Paris 2024, sur le plan d’eau de Marseille, un plan d’eau où je navigue souvent puisque le Pôle France où je m’entraine est là bas, ce serait génial de vivre cette aventure en France, à la maison.

DELPHINE