Les Champions de la Paix

Réunis dans un collectif de plus de 100 sportifs de haut niveau engagés personnellement en faveur du mouvement de la paix par le sport, les « Champions de la Paix » constituent un des piliers fondamentaux de Peace and Sport.
Ils œuvrent pour faire du sport un outil de dialogue et de cohésion sociale.
Modèles, héros et source d’inspiration pour les jeunes du monde entier, ils mettent leur temps, leur notoriété, leur expérience d’athlètes au service de projets utilisant le sport en réponse à des enjeux sociaux.

Crédits Photos : Peace and Sport

Le sport a changé ma vie. Il m’a construit. Il m’a tellement apporté. Une médaille olympique, en bronze, dans l’épreuve de kayak monoplace en slalom aux Jeux de Pékin 2008. La première médaille de l’histoire du Togo aux Jeux olympiques. Mais le sport m’a aussi apporté une expérience, une méthode de travail, une plus grande confiance en moi. Tout cela m’a accompagné pendant mes études et ma vie professionnelle. Les points communs sont nombreux entre l’univers sportif et le monde de l’entreprise. Je m’en suis rendu compte assez tôt au cours de ma carrière d’athlète de haut niveau.

En 2006, lorsque je préparais les Jeux de Pékin, je débutais mon cursus en école de commerce. À force de réflexion, je me suis rendu compte qu’il m’était possible d’appliquer à ma stratégie de préparation sportive ce que j’apprenais en cours. J’ai décidé d’utiliser les outils du business dans mon parcours de kayakiste : définir un objectif, concevoir une progression, trouver les compétences extérieures, avancer en équipe… Je ne l’ai pas regretté.


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Depuis, je n’ai plus jamais abandonné la certitude que les passerelles étaient nombreuses entre le sport et la vie professionnelle. En 2009, j’ai rejoint le groupe des Champions de la Paix de Peace and Sport. J’en ai été membres dès l’année de sa création. Très vite, nous nous sommes interrogés sur le rôle que nous pouvions jouer pour aider les gens, par le sport, à trouver leur place dans la société et rapprocher les populations.

Les besoins sont partout, dans les zones de conflits, les camps de réfugiés, les régions sinistrées. Mais ils sont aussi en France. La problématique sociale y est souvent liée à l’emploi. Les exclus du monde du travail sont de plus en plus nombreux. Ils en sont écartés, parfois très éloignés, avec des moyens limités pour s’en rapprocher. Cette population, nous avons entrepris de l’aider à se remettre sur les bons rails. Par le sport. Avec le sport.

En 2006, lorsque je préparais les Jeux de Pékin, je débutais mon cursus en école de commerce. J’ai décidé d’utiliser les outils du business dans mon parcours de kayakiste : définir un objectif, concevoir une progression, trouver les compétences extérieures, avancer en équipe… Je ne l’ai pas regretté.

Depuis trois ans, nous proposons avec les autres acteurs du secteur, Pôle Emploi et les Missions Locales, des Ateliers Sportifs. J’avais été sollicité en 2016 pour intervenir à l’un d’eux, en Tarn-et-Garonne. Le concept m’a touché. J’ai voulu m’investir plus durablement. J’interviens aujourd’hui à Montauban et Creil, dans l’Oise. En pratique, un Atelier Sportif dure entre 10 et 15 jours. Il est consacré pour environ 40% du temps à une formation en salle de classe, à base d’échanges, de discussions et de travail sur les compétences et le parcours personnel, et pour les 60% restants à des activités physiques. Nous fonctionnons avec 4 à 6 sports, à choisir entre boxe, tennis, escalade, équitation, randonnée, préparation physique généralisée. Dans tous les cas, les sessions durent deux heures, soit une heure de pratique pure et une heure d’explications et d’échanges sur les analogies entre le sport et le monde du travail. Elles sont nombreuses : la rigueur, le dépassement de soi, le respect des règles, la motivation, l’importance du collectif… Nous leur enseignons des méthodes, nous leur inculquons un état d’esprit.

Les résultats sont très positifs. Les participants repartent avec une vraie expérience vécue, dont ils pourront se servir dans leur approche du monde professionnel. Le taux de participation aux Ateliers Sportifs est élevé, les gens vont jusqu’au bout. Ils prennent confiance. Une Misson Locale a comparé l’impact d’un Atelier Sportif et d’une formation plus classique. Il s’est avéré que, dans le premier cas, les gens étaient plus nombreux à s’être rapprochés de l’emploi. Quant à moi, j’en ai appris autant à leur contact que ce que j’ai pu leur enseigner. Je ne m’y attendais pas.

BENJAMIN