Alice Vachet – Digital Girl

Crédit Photo Une: Alice Vachet

Pour être honnête, je ne sais pas encore comment je suis devenue ambassadrice des deux prochains évènements majeurs du sport français, la coupe du monde de Rugby 2023 et les JO de Paris 2024.

DES AMBASSADEURS POUR TOUCHER DES COMMUNAUTÉS PAS FORCÉMENT SPORTIVES

Ma connaissance des sportifs ou mon profil digital et dynamique, comme le montre le fait que je suis pas mal suivi sur Twitter, a dû jouer en ma faveur. Pour les organisateurs, travailler avec des profils comme le mien était une façon d’activer plusieurs influenceurs d’univers différents. Le but étant de toucher les gens au-delà de la sphère sportive. Même si je suis une sportive dans l’âme, car j’aime le sport et j’en fais de façon régulière, mais je n’ai jamais été pro. Ma “communauté” est donc bien différente.

Le désir de faire participer les femmes est aussi un élément important dans ces deux campagnes. On le sait, aujourd’hui les femmes aiment le sport, en font, et si on veut continuer à encourager ce phénomène il faut des figures féminines à tous les étages. Je pense notamment aux postes de direction, dans chaque campagne, ainsi que dans les fédérations, les clubs et toutes les institutions sportives.

On m’a donc contacté pour participer à quelques réunions en amont de la candidature. Avec les autres ambassadeurs, notre rôle a été d’être à tous les évènements et de promouvoir autant que possible ces JO. Ça me tient à cœur, car c’est une chance d’organiser de tels évènements en France, en l’occurrence ça va aider à professionnaliser certains sports moins médiatisés, mettre à niveau nos équipements en Ile De France, créer du lien dans le pays.

Concernant la coupe du monde de rugby, c’est venu après avoir monté ma boite de conseil en communication & branding par les medias sociaux, ça m’a peut-être aidé et ils m’ont contacté en me proposant de faire partie de l’aventure. Ils voulaient 23 ambassadeurs pour faire un clin d’œil à la date de l’événement, 2023. Ici aussi des profils très variés avec par exemple Frederik Michalak, Yannick Nyanga, Florent Manaudou, Axel Tessandier… et un coup de cœur amical que j’ai grâce à cette expérience avec une des ambassadrices, Elizabeth Kounou, également experte digitale, et qui est devenue aujourd’hui une de mes meilleures amies! Effectivement, pas que des profils sportifs, mais des profils qui se complètent et qui ont créé une émulation pour soutenir cet événement.

Dans le sport, il faut créer. Il faut faire rêver. C'est un spectacle et il ne faut pas s'arrêter à la prestation du terrain.

LA COMMUNICATION SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX AU SERVICE DE LA FIDÉLISATION DES SPORTS

Dans le rugby, il y a un vieillissement de la communauté. C’est un sport qui perd des licenciés et qui a une moyenne d’âge des fans plus élevés que sur pas mal d’autres sports. Peut-être que des figures comme il y a eu avec Michalak ou Chabal aideraient à donner un coup de boost à ce sport qui le mérite. Le digital peut donc aider. On peut créer des sortes d’influenceurs avec les outils que nous possédons aujourd’hui, via les réseaux sociaux par exemple. Le but n’est pas que le rugbyman passe son temps sur Instagram, mais quand on voit la communication de certains sportifs, notamment des footballeurs comme M’bappé, il faut s’en inspirer. C’est un exemple dans le sens où il s’exprime très justement et incarne son sport à merveille, il soutient des causes nobles, sa communication est très pro, toujours bienveillante et ça contribue à faire reconnaître son sport.

Dans le sport, il faut créer. Il faut faire rêver. C’est un spectacle et il ne faut pas s’arrêter à la prestation du terrain. Les 80, 90 minutes de match sont importantes, mais si on veut fidéliser les fans, il faut leur apporter plus, par exemple des expérience online, la digitalisation des stades notamment avec les écrans maintenant, la possibilité de revoir des ralentis, vivre le match avant & après, il y a plein de choses possibles en se creusant un peu la tête.…

Et bien sûr derrière une bonne communication, notamment digitale, attirera les financements et fera vivre la structure sportive. Organiser des événements comme cette coupe du monde et ces JO, ce sont des budgets énormes. Des ambassadeurs font donc ce travail également, et je me dis qu’il faudrait même pourquoi pas des ambassadeurs au niveau international. Des expats qui organisent quelques événements avec l’ambassade de France dans des pays étrangers, et invitent les grosses entreprises locales. Le but étant d’apporter de l’argent et rayonner sur la scène internationale, c’est gagnant-gagnant !

UNE COMMUNICATION SOCIALE CONTRÔLÉE, MAIS QUI RESTE AUTHENTIQUE

Nous parlions de la communication digitale, à travers les réseaux sociaux fréquemment, il faut que ce soit absolument contrôlé, il y a maintenant de vrais professionnels pour cela, qui maitrisent les codes, mais surtout les relations et la communication avec les éventuels sponsors. Il n’y a pas longtemps un sportif a mis un message peu glorieux sur une marque de voiture, et celle-ci était en l’occurrence le sponsor de son club. Dès le lendemain la marque s’est retirée, et c’est normal ! Et ce n’est pas forcément la faute du sportif, dans le sens où son métier est d’être un athlète pro, pas un community manager, donc peut-être que s’il avait eu un spécialiste du sujet avec lui il n’aurait pas causé ce tort à son équipe.

Chaque message publié a un impact, et des conséquences. Des experts dans le digital interviennent de plus en plus dans les clubs notamment, mais il faut vraiment sensibiliser les jeunes là-dessus. Le digital est quelque chose de récent, très pratique, bénéfique pour une tonne de choses, mais quand il n’est pas maîtrisé il peut être dangereux. Un bad buzz peut ruiner quelqu’un.

Mais si je suis une digital girl, je reste quand même dans l’authenticité. C’est ce que j’aime, quand on ne dénature pas une personne pour en faire une cash machine.

La priorité d’un athlète c’est le terrain, c’est de s’entraîner et performer en compétition. À aucun moment, son job est d’être influenceur. Mais aujourd’hui j’imagine qu’il y a 9 jeunes sur 10 qui ont un compte sur un réseau social. Les sportifs ont un travail qui leur apportent beaucoup de temps libre, pas forcément à la maison mais notamment lors des stages, des déplacements, des mises au vert etc. Ils vont donc à coup sûr aller sur ces réseaux et poster des choses, peut-être destinées à leurs amis à la base, mais qui seront suivies par ses fans et bien d’autres personnes. Voilà pourquoi il faut les sensibiliser sur le sujet.

Ce qu’il faut également se dire c’est que le digital ne dénature pas le sport, il contribue à enrichir l’expérience offerte au fan.

Dans les dix prochaines années, j’imagine que nous allons changer de plateforme sociale. Tous les sportifs auront un compte pour exploiter leurs images. Les entreprises et les fédés auront intérêt à doubler les budgets pour le digital, et on pourra voir des com’ plus sympas, originales, et cela aidera aussi bien les sports majeurs comme les sports mineurs.

Moi en revanche d’ici là j’aurais migré en Toscane et je cultiverais des vignes et des oliviers.

ALICE