Sophie Duarte – Athlète

Demi-fond / Fond: #Equipe de France #Record de France 300m Steeple #Championne d’Europe de Cross Country 2013

Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Sophie Duarte, athlète tout terrain nous raconte son parcours, sa volonté de s’imposer sur l’épreuve mythique du marathon et sur les impératifs du métier de sportif d’aujourd’hui.

Je m’appelle Sophie Duarte et j’ai 37 ans. Je viens d’un milieu rural. J’ai grandi dans l’Aveyron en Auvergne, où le sport était principalement à dominante masculine, notamment avec la discipline phare : le rugby. Mais la géographie de ma région était très avantageuse pour les sports outdoor comme la course ou le vélo.

Ma mère et mon père par exemple pratiquaient régulièrement le cyclotourisme. Pour ma part mes activités se composaient autour du tennis, handball, badminton et du vélo. J’étais une adepte chevronnée des activités physiques.

Même à l’école, le sport était très important pour moi, avec tous les mercredis après-midi des créneaux d’UNSS*. Au lycée je cherchais toujours à avoir les meilleures notes en sport vis-à-vis des autres filles, on se challengeait pour être la meilleure. Il n’était jamais question de faire du sport pour veiller à avoir une bonne hygiène de vie, c’était naturel que d’avoir une activité sportive quotidienne.

*Union Nationale du Sport Scolaire

Ma mère a tout de même toujours veillé à ce que les études soient la priorité. Afin de corréler mes objectifs scolaires avec ma passion, je suis allée en STAPS* et j’en suis sortie avec un master physiologie de la performance.

*Sciences Techniques des Activités Physiques et Sportives

LE RUNNING, JE LE FAISAIS D’ABORD POUR MOI

Courir pour moi c’est avant tout un défouloir et en même temps un plaisir. J’ai toujours adoré le running. C’est une activité facile à pratiquer avec pour seul matériel une paire de baskets. J’ai commencé par 20 minutes puis au fil du temps c’est devenu une passion puis une drogue dont je ne pouvais plus me passer.

Ça faisait partie intégrante de ma vie quotidienne. J’ai commencé par la base : le cross. J’apparente ça à l’école de la vie, c’est la base de l’athlétisme.

Ma première spécialisation de haut-niveau a été le 3 000 steeple. Pour cette discipline, il ne suffisait pas d’être endurante, il fait gérer la fatigue musculaire lié à la distance tout en adaptant les changements de rythme suite aux sauts des obstacles. Je pense qu’il est donc primordial d’avoir une bonne condition physique pour parvenir à endurer l’effort.

La condition physique est tout autant fondamentale que savoir bien courir !

Au cours de ma carrière, j’ai pratiqué plusieurs types de course comme le 3 000 steeple, le 5 000 m ou le 10 000 m. Toutes les qualités physiques étaient à peu près similaires : endurance, technique de course, qualité de relance et surtout un gout prononcé de l’effort.

C’est simple, toutes les disciplines d’athlétisme ont un noyau commun de condition physique, mais nécessitent une adaptation de l’athlète à chacune d’entre elles. Aujourd’hui c’est un aspect phare du haut niveau. Les capacités physiques d’un même athlète vont être mises en valeur sur plusieurs disciplines. Au final, celles-ci ne sont pas très éloignées voire même se rapprochent, ce qui m’a permis à titre personnel d’être polyvalente. Je pense qu’il y a un noyau commun de compétences à maitriser puis vient se greffer à cela des spécificités relatives à chaque discipline.

On me disait souvent « Sophie ne réussira jamais le 5000 m parce qu’elle n’a pas assez d’endurance », mais ce que les gens ignoraient c’est que pour m’entraîner au 3000 m steeple j’avais beaucoup d’exercices pour m’améliorer dans cette résistance à la fatigue et à l’effort et que j’aimais courir longtemps à de hautes intensités. Les kilomètres ne m’ont jamais fait peur même si je pense que le volume ne conduit pas forcement au bon résultat .Car il faut aussi savoir récupérer.

 

Courir pour moi c’est avant tout un défouloir et en même temps un plaisir. J’ai toujours adoré le running. C’est une activité facile à pratiquer avec pour seul matériel une paire de baskets. J’ai commencé par 20 minutes puis au fil du temps c’est devenu une passion puis une drogue dont je ne pouvais plus me passer.

LE MARATHON, UN NOUVEL OBJECTIF POUR POUSSER MON POTENTIEL À SON MAXIMUM

Peu à peu, j’ai voulu voir d’autres horizons en dehors du stade. Ce qui me plaisait c’était la variété des entraînements. J’aimais autant m’entraîner dans un stade que dehors. C’est pour cela que je me suis réorientée à une certaine période vers le cross. Je suis allée jusqu’aux championnats d’Europe dans cette discipline.

À un moment donné, j’ai eu besoin de me spécialiser dans une discipline différente pour évoluer.

Casser la monotonie de l’athlétisme, casser la routine, casser les habitudes sans pour autant avoir la certitude de progresser et un risque de régresser pour ainsi parvenir à apprendre sur moi-même.

Explorer l’ensemble de mes compétences physiques et redécouvrir mon plein potentiel.

Voir jusqu’où je peux aller, et changer quand il y aura de la lassitude. Je veux m’ouvrir autant que possible aux diverses disciplines tant que je prends du plaisir.

Aujourd’hui, j’ai pour ambition de faire un marathon pour me repousser dans mes retranchements.

Je veux aller chercher une haute performance, mais en même temps savoir si je suis capable de faire un marathon, voir si cette discipline me plaît. Mon moteur d’investissement, c’est la difficulté qui tend à me rendre meilleure.

Je me définis un peu comme une voiture sportive, pas forcément calme alors que le marathon demande de la patience. C’est un nouveau challenge pour moi autant au niveau physique que mental.

De plus je souhaite profiter de mes dernières années pour faire ma marque sur le marathon et pourquoi pas si le pari est réussi, entreprendre un second marathon dans l’optique d’une place aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. C’est un challenge qui pourrait aboutir sur un autre.

UN MENTAL FORT FAIT UN ATHLÈTE FORT

J’ai construit mon mental toute seule. Ou du moins je me  le suis forgé en vivant mes expériences.

C’est avant tout mon esprit de compétition qui m’a mené à faire du haut niveau. Et je dois dire que la culture de l’effort implanté en milieu rural a énormément joué sur ma psychologie. C’est sur ce même mental que j’ai construit ma patience et ma concentration. Avec mon entraîneur britannique, j’ai appris qu’être polyvalente était une force.

À mon sens, je trouve qu’en France on met trop souvent les individus dans des « cases », contrairement à la culture britannique, ce qui peut être un facteur limitant. On cloisonne quelque peu les athlètes en fonction de leurs qualités de base sans chercher à développer leurs qualités non révélées.

On standardise les sportifs en leur ôtant toutes chances de diversifier leurs qualités. Je serais très probablement restée en 3000 steeple durant toute ma carrière avec mon entraîneur français si je n’avais pas rencontré David Heath. Avec sa vision d’anglo-saxon, il a changé ma conception des choses grâce à son expérience et son ouverture d’esprit. Maintenant Jean Claude Vollmer, qui m’amène à retravailler le court en me préparant sur le marathon.

Aujourd’hui, j’ai pour ambition de faire un marathon pour me repousser dans mes retranchements.

Je veux aller chercher une haute performance, mais en même temps savoir si je suis capable de faire un marathon, voir si cette discipline me plaît. Mon moteur d’investissement, c’est la difficulté qui tend à me rendre meilleure.

LES COURSES NE SE FONT PAS QUE SUR LE TERRAIN, MAIS AUSSI SUR LES RESEAUX SOCIAUX

Toutes les disciplines ne se valent pas au niveau de la rémunération. Il y a une mise en avant de certaines disciplines, une notoriété alimentée par la télévision, mais également aujourd’hui par les réseaux sociaux.

J’ai compris que la rémunération ne dépendait pas uniquement de la performance, l’image de l’athlète est prépondérante. D ailleurs on voit une inversion au profit des Youtubeuse ou Instagrameuse qui font du Running leur comédie car toutes ne courent pas.

Il faut savoir mettre en lumière ses propres compétences  pour attirer des sponsors. Les courses ne se font plus que sur le terrain, mais aussi sur les réseaux sociaux. La seule haute performance n’attire plus trop les sponsors, l’athlète qui est capable de transmettre des valeurs au public est plus facilement contacté par les marques que les personnes finissant sur le podium. Le public fonctionne de la même manière et ils sont de moins en moins attentifs à la performance, préférant une « personnalité ».

Les athlètes touchant le plus de personnes sont les plus convoités, car au final c’est la « masse » qui consomme. La médiatisation joue un rôle énorme !

Pour moi l’important est de créer du lien avec mes partenaires, et la communauté de coureur. Créer une histoire et mettre à profit mon expertise. Pour mes partenaires cela va être de participer à créer une gamme comme j’ai pu développer avec DECATHLON, une pointe d’athlétisme, à donner des conseils sur certains produits avec une gamme aboutie en diététique que la communauté de coureur retrouvera sur le marché

Partager ma pratique au quotidien avec ma communauté est devenue essentiel.

J’ai toujours ressenti ce besoin de transmettre le gout du sport aux autres je me sens quelque peu investit de transmettre ce gout de la pratique aux adultes. Mieux bouger, mieux manger dans un objectif de santé publique.

Je partage beaucoup de conseils running, nutrition, sur les réseaux sociaux via Facebook ou Instagram. J’écris aussi beaucoup d’articles sur LinkedIn sur l’importance que revêt le sport sur la santé de l’entreprise aussi.

J’ai toujours impulsé cette vision auprès de certaines sociétés sensibles au sport en entreprises pour créer du lien entre collaborateurs. Me servir du sport au service de la cohésion, je n’ai pas attendu cette prise de conscience pour le mettre en place via des EKIDEN marathon relais…Chose pas si simple

Mais pour aller plus loin, c’est aussi la satisfaction client, qui est en point de mire. J’ai créé des communautés autour des sociétés, qui le désiraient par ex DBF Runners :  courir sous les couleurs personnalisées de la société.

Aujourd’hui, j’ai choisi de créer un concept. Car le constat que j’ai fait est que nous voulons vivre des expériences et plus non simplement consommer

Je souhaite partager mon expérience mon expertise faite autour du monde du running, puiser dans mon ADN, pour proposer des services destinés aux particuliers aux entreprises cela ira des offres de stages, du conseil & accompagnement sur le running, la nutrition.

Proposer un ensemble d’expériences autour du Running que le futur client n’avait peut-être même pas imaginé ou pu découvrir seul. Rejoignez-moi en 2019 sur Running Expérience !

Sophie

avec la participation de Johana Wehbe