Smaïl Bouabdellah – Journaliste

#BeIN SPORTS #Ancien CFOOT, L’Équipe #Racing

Les athlètes ont beau être le coeur du sport, ils ne sont pas les seuls à faire rayonner nos disciplines préférées. Plongez dans les coulisses du sport professionnel en découvrant les histoires de dirigeants, de coachs, du staff médical, des fans…

Depuis plusieurs années, Smaïl Bouabdellah est le porte-étendard du beau jeu sur BeIN SPORTS avec son #Total Régal. Il vous fait découvrir son histoire personnelle avec le ballon rond entre rêve d’enfant, attachement viscéral pour le Racing et héritage familial avec le foot algérien. (Crédit photo une : PANORAMIC). 

RER A.

Station Nanterre-Université.

C’est là que j’ai tapé mes premiers ballons sur l’herbe qu’il y avait à côté, avec mon père qui venait chercher ma mère.

Ce sont mes premiers souvenirs.

Mon père est un grand fan de foot, tout comme mes oncles, mes cousins, c’est vraiment une affaire de famille. Tout le monde jouait.

J’ai pris ma première licence dès que j’en ai eu l’âge. C’est d’ailleurs de ces tournois avec les copains où l’on restait toute la journée entre nous à rigoler et faire ce qu’on aimait que je garde les meilleurs souvenirs. Cette fameuse époque où l’objectif était à la fois de remporter la compétition, mais aussi de manger le plus de merguez et de frites possibles.

C’est ça le foot quand tu es petit.

Comme beaucoup, je voulais devenir pro. J’étais d’autant plus poussé par le fait que mon club, Le Racing, était en première division durant cette période et qu’il avait même réussi à atteindre la finale de la Coupe de France.

WADDLE, REDONDO, ZIDANE… MES PREMIERS TOTAL RÉGAL

Sans être un fan de l’OM ou de PSG, j’adorais Chris Waddle. Il n’était pas comme les autres, que ce soit sur le terrain ou avec son attitude pleine de grimaces. Il paraissait tellement marrant et sympa avec son style nonchalant. Il driblait tout le temps. Il faisait des conneries sur le terrain pour amuser les gens, je me rappelle que quand il tombait il restait allongé et faisait semblant de nager, ce sont des petites choses, mais quand tu es petit tu es en admiration.

Ensuite j’ai beaucoup aimé Redondo, Zidane, Del Piero, Riquelme et Pablo Aimar. J’ai toujours aimé les créateurs, les joueurs qui ont un peu de magie en eux.

Comme beaucoup j’aurais aimé continuer le foot et en faire à ce haut-niveau, mais il faut être lucide, je n’avais pas les qualités nécessaires. J’ai donc beaucoup d’indulgence pour les joueurs décriés, car en être arrivé à ce niveau-là c’est déjà un exploit en soit. Ils sont meilleurs que 99 % des footeux en France.

Moi par exemple j’ai joué jusqu’en CFA2-CFA, j’ai été nul parfois, je sais ce que c’est, et j’étais à dix mille lieux du niveau des pros qu’on voit à la télé.

Je suis resté un vrai passionné de foot.

J’aime regarder des matchs et prendre du plaisir à voir et revoir des beaux gestes comme dans notre total régal sur BeIN. Je pense qu’il faut garder une positivité dans tout ce que l’on dit, c’est un spectacle, il ne faut pas l’oublier. Il faut l’aborder pour avoir du divertissement, du plaisir, et rien d’autre.

Quand je suis devant un match de foot je veux avoir des émotions, elles peuvent être positives ou négatives d’ailleurs, mais à la fin tu relativises et tu te dis que tu as passé un bon moment. Tu as partagé cela avec des amis ou de la famille, tu as ressenti des choses… C’était avant tout du divertissement.

Je suis comme tout le monde et je peux être frustré de voir certains joueurs faire les mauvais choix ou rater des gestes techniques immanquables, mais ça ne m’empêchera pas de dormir. Mais si je veux changer quelque chose, je n’ai qu’à passer mes diplômes d’entraîneur et coacher l’équipe, car sinon ma critique pure et simple en elle-même ne changera rien

J’ai pris ma première licence dès que j’en ai eu l’âge. Ces tournois avec les copains ou l’on restait toute la journée entre nous à rigoler et faire ce qu’on aimait. Cette fameuse époque ou l’objectif était à la fois de remporter la compétition, mais aussi de manger le plus de merguez et de frites possibles.

C’est ça le foot quand tu es petit.

ÉDUCATEUR AU RACING POUR TRANSMETTRE MA PASSION ET MIEUX COMPRENDRE LE FOOT

J’ai gardé un pied dans le football et pas uniquement via mon métier de journaliste. En tant que responsable technique des jeunes (U7 à U15) du Racing, je me rends compte de la difficulté et la complexité du métier d’entraîneur. Parfois tu perds, car tout simplement l’équipe d’en face est meilleure, et parfois tu fais tout bien toute la semaine, tu règles le moindre détail jusqu’à ce que le match commence et là rien ne se passe comme prévu.

Qu’est-ce que je dois faire ?

Leur crier dessus, les incendier ? Non ! Je vais essayer d’être constructif, d’analyser les choses pour trouver des ajustements, et surtout les encourager.

On se rend compte de la complexité du football, du management d’une équipe, et ça aide par la suite quand on doit parler football sur un plateau, car on ne va pas bêtement tomber sur l’entraîneur et le critiquer gratuitement.

C’est mon métier préféré. Ce qui m’intéresse le plus c’est la formation, faire progresser les enfants. J’ai tellement aimé aller au foot quand j’étais jeune que j’ai envie qu’ils aiment autant, et si je peux aider à leur donner envie ça me rend tout simplement heureux.

Et j’ai la chance de le faire dans le club de mes débuts.

Mon rêve sera d’ailleurs d’être président du Racing et qu’il soit minimum en Ligue 2. Et l’autre rêve aura été de les commenter en Ligue 1 ou Ligue 2, mais comme je serais le président je ne pourrais pas ! 🙂

Je souhaite vraiment que le Racing se relance et remonte au plus haut niveau, et soit également la référence de la formation à Paris et en France.

L’ALGÉRIE, UN HÉRITAGE FAMILIAL

Je suis né en octobre 1982, et l’Algérie avait joué le 16 juin 1982 son fameux match de poule de Coupe du Monde contre l’Allemagne.

Mes premiers souvenirs de cette équipe sont ceux de ce match que mon père m’a raconté toute ma vie alors que je ne l’avais jamais vu, mais que je connaissais par cœur.

Par la suite nous avions eu la cassette et j’ai dû la regarder deux cents fois.

C’est beaucoup de souvenirs familiaux. C’est mon pays d’origine, mais ce n’est pas mon « deuxième » pays, je suis autant français qu’algérien, j’ai les deux nationalités et j’aime autant les deux pays.

Il y a plusieurs grands joueurs français qui ont la double nationalité et qui auraient donc pu jouer pour l’Algérie. Zidane, Benzema, c’était sûr qu’ils allaient jouer pour la France. Pour les personnes pour qui ça ne parait pas être une évidence, c’est qu’ils ne connaissent pas la situation. Et à l’inverse certains joueurs choisiront d’aller jouer pour l’Algérie même s’ils sont nés et ont grandi en France.

Le Fameux Algérie-Allemagne durant la Coupe du Monde 1982

J’ai grandi avec Karim Ziani, qui a un papa algérien et une maman française, mais depuis qu’il est petit il voulait jouer pour l’équipe d’Algérie. Il aurait pu jouer en équipe de France de jeune en tout cas, mais il est toujours allé avec l’Algérie. Ça ne s’explique pas, chacun fait son choix, ce sont de fausses problématiques pour moi.

Pour moi, pour ces gens-là qui critiquent le choix des uns et des autres, ce n’est pas le foot leur problème, c’est au-delà.

Je ne suis pas né en Algérie, je n’y ai pas vécu, et pourtant j’ai la plus grande partie de ma famille qui est là-bas. Donc, pourquoi me demander de choisir un pays, une nationalité, quand j’ai de très fortes attaches dans les deux.

Il y a beaucoup de personnes qui ont des origines espagnoles, italiennes, portugaises ou autre, mais c’est vrai que lorsqu’on soutient publiquement un des pays du Maghreb on est souvent remis en question et on peut entendre « oh il ne s’est pas intégré ». Ce sont des remarques stupides, c’est comme demander à un clermontois & strasbourgeois de choisir entre l’Alsace et l’Auvergne. Donc moi oui quand l’équipe de France gagne la coupe du monde, je cours partout, quand l’Algérie gagne un match de coupe du monde, je cours partout.

C’est vrai que quand il y a un match de l’Algérie toute la famille est devant la télé, mais avant les années 2010 l’équipe nationale n’arrivait pas à se qualifier pour les Coupes du Monde et ne réalisait pas de grands parcours pendant les CAN.

La place du foot dans ce pays est un fait social. J’avais fait un documentaire sur l’histoire du football en Algérie. C’est par le sport qu’on s’exprime parfois et ça l’est d’autant plus en Algérie avec le ballon rond.

Rachid Mekhloufi avait d’ailleurs bien défini ce particularisme dans mon documentaire. Le football algérien est un football fait de technique, de vitesse et de malice. Je pense que c’est la meilleure définition. Et je rajoute : de petit-pont !

Au niveau Africain l’équipe d’Algérie a un des plus gros potentiels, mais on reste encore sur notre faim pour le moment, car on se dit qu’on peut tellement mieux faire. Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on peut toujours remonter aux deux précédentes décennies ou c’était presque le néant niveau résultats.

Le plus important c’est qu’ils nous donnent des émotions : d’un drible, d’un geste technique, d’une prise de tête…

Et nous sommes servis, des joueurs comme Mahrez, Boudebouz, sont de vrais magiciens balle au pied, c’est un plaisir de les regarder s’exprimer sur la pelouse.

LE FOOTBALL LOCAL ALGÉRIEN MÉRITE D’ÊTRE RECONNU

Au niveau national il y aussi du beau spectacle, je me rappelle avoir vu des matchs avec ma famille dans la région de Sétif et Mostaganem, mais de divisions inférieures, car nous n’étions pas dans les grandes villes. L’ambiance était chaude. Il y a de la gouaille, des gestes, des attitudes, c’est très expressif, c’est génial.

Les derbys d’Alger sont sans doute les matchs les plus bouillants et là où l’ambiance est la plus incroyable au monde. Le spectacle n’est d’ailleurs pas que sur le terrain, dans les tribunes ça peut être encore plus intéressant. Les gens sont dans le stade dès le matin alors que le coup d’envoi aura lieu à 21 h. Et toute la journée ils chantent, dansent, c’est beau.

Nous sommes plusieurs journalistes d’origines africaines à parler un peu du football de ce continent, mais je ne crois pas que ce soit une mission. Nous ne sommes pas les portes-paroles de ces pays, si nous le faisons c’est que nous en avons envie tout simplement.

En revanche j’aimerais beaucoup m’investir dans le football algérien un jour. Je le ferais plus pour les jeunes, comme au Racing en ce moment.

Avec des notions larges, les faire progresser au niveau du foot, mais les aider à grandir également en tant qu’Hommes. Les jeunes peuvent s’épanouir grâce au foot comme moi je l’ai fait.

Combien d’enfants ont appris la solidarité, la vie en collectivité, le dépassement de soi, l’adversité, mais ont aussi passé tous ces beaux moments de communion et d’émotions entre copains.

Le football c’est l’école de la vie.

SMAÏL

Retrouvez Smaïl sur le MultiLigue 1 tous les samedis dès 19h sur BeIN SPORTS avec Elie Baup.