Romain Mesnil – Ex-Perchiste

#Vice-Champion du Monde et d’Europe # 10 fois Champion de France

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Le projet sportif du Monde est un projet qui débute par un voyage et qui permet de découvrir et de promouvoir l’esprit Olympique partout où on ira. On part en famille, à 4, justement pour avoir autant de regards différents sur le monde. Concrètement, on va aller dans 10 pays jusqu’aux JO de Tokyo et on a envie de voir comment vit cet esprit à travers différentes rencontres. Ça va du sportif de haut niveau qui est la valeur de performance, en passant par des écoliers et leurs professeurs qui ont la valeur de transmission, des ONG qui utilisent le sport comme valeur sociale dans différents pays. On va donc voir dans la vie de tous les jours à différents endroits comment le sport peut permettre de comprendre l’autre dans sa différence.

UN VOYAGE AUX MULTIPLES OBJECTIFS

J’ai accompagné quatre écoles à Bordeaux et Toulouse avant de partir, qui vont suivre notre aventure. Les professeurs vont pouvoir utiliser le contenu qu’on va produire à chaque étape. Autour de ça ils pourront parler de géographie, d’histoire ils vont pouvoir bien sûr s’emparer de notre projet à des fins pédagogiques. Et d’un autre côté je vais mener un travail journalistique d’interview que je ferais avec des athlètes olympiques. Le rendu sera différent d’une interview classique d’un journaliste puisque là ce sera un athlète qui s’adressera à un autre. On aura aussi une série qui va s’appeler « Les conseils du bout du monde », les athlètes qu’on rencontrera donneront donc leurs conseils aux sportifs qui nous suivent. Enfin, on va essayer en famille plein de sports sur place, ce sera le côté sympa !

Vous voyez, rien que le rassemblement de la Corée du Nord et du Sud est un formidable exemple de valeurs insufflées par l’Olympisme.

APPORTER L’EXPÉRIENCE DU HAUT NIVEAU AUX POPULATIONS LOCALES

On va leur raconter nos histoires de sportifs de haut niveau, c’est toujours intéressant pour un jeune de pouvoir rencontrer un champion qui arrive. Puis on va partager nos expériences à l’internationale mais aussi faire du sport avec eux, c’est déjà un premier échange. Donc je leur ferais pratiquer de l’athlétisme mais au-delà du sport le but est de développer la vie en société et les cultures comme le prône l’Olympisme. On va essayer aussi de les sensibiliser à la gestion de l’eau avec une entreprise partenaire qui s’appelle la Water Family. Parce que tout simplement, pour faire du sport, il faut boire de l’eau de bonne qualité.

PAYS RICHES OU PAUVRES, LE SPORT A SA PLACE PARTOUT

On a envie de voir des cultures différentes : des pays riches, développés à la pratique du sport et aussi des pays pauvres qui ont finalement des besoins beaucoup plus terre à terre que les nôtres. Parce que finalement ils pensent d’abord à se nourrir, à boire, la base de l’humanité tout simplement. On a envie de voir si le sport peut avoir sa place dans ses pays où il y a beaucoup de problèmes à gérer. Mais je pense qu’il a réellement sa place puisque le sport est aux Jeux Olympiques qui sont par nature universel. Aller dans des pays à la culture sportive différente, mais aussi aux revenus différents va permettre de se bien rendre compte de son impact quotidiennement dans les populations.

Que ce soit à Athènes, à Pékin, c’était quelque chose de latent chez moi, de me dire : à quoi sert le sport dans notre société ?

REDÉCOUVRIR LE MONDE LORSQU’ON L’A DÉJÀ PARCOURU

Nous les sportifs, quand on se déplace à l’étranger finalement on ne voit que l’hôtel et le stade. J’ai déjà beaucoup voyagé, c’est vrai, mais en compétition on n’a pas du tout le temps de découvrir les lieux ni d’échanger avec les sportifs locaux. L’idée dans ce projet est donc de passer par le sport pour aller plus loin dans la découverte et le partage. Je crois qu’il faut prendre conscience que le tourisme n’est pas que celui de masse mais que c’est davantage de l’échange et du partage. Parce qu’à quoi ça sert d’émettre des tonnes de carbone pour juste se prendre en photo devant le Machu Picchu !

UN PROJET MURI DEPUIS LONGTEMPS

Effectivement, cela traînait un peu, c’était latent, car j’avais déjà fait plusieurs fois le tour du monde avec le saut à la perche. Mais aussi parce que grâce aux voyages et aux expériences, malgré tout, durant les Jeux Olympiques auxquels j’ai participé, il y a toujours un enjeu géopolitique. Que ce soit à Athènes, à Pékin, c’était quelque chose de latent chez moi, de me dire : à quoi sert le sport dans notre société ? Et l’élément déclencheur, pour lancer le projet, est simplement qu’on accueille les Jeux à Paris en 2024. Il va y avoir un engouement, donc on veut en quelques sortes se préparer à accueillir l’évènement avec le côté humaniste que prône Paris 2024. Et moi je veux donc montrer ce qu’est l’Olympisme sur le terrain avec les gens qui le vivent.

LES VALEURS DE L’OLYMPISME PERDURERONT

Je pense que les valeurs de l’Olympisme sont restées les mêmes depuis le début de ma carrière. On voit ces valeurs souvent à travers le prisme du spectacle et des milliards de chiffre d’affaire que cela génère. Puis il y a aussi cet autre côté avec tous les débordements qu’il y a pu avoir, la corruption… Pourtant, vous voyez, rien que le rassemblement de la Corée du Nord et du Sud est un formidable exemple de valeurs insufflées par l’Olympisme. C’est ce qu’on veut démontrer et mettre en lumière. Ces valeurs sont partout, rien qu’au coin de la rue, un éducateur qui fait faire du sport à ses gamins c’est déjà formidable.

ROMAIN

Avec la participation d’Alexandre Pastorello.