Sakor "LRB" Ros

Streameur : #Solary #League Of Legends #Ancien Eclypsia

Les progamers ont beau être le coeur de l’eSport , ils ne sont pas les seuls à faire rayonner nos disciplines préférées. Plongez dans les coulisses du sport électronique professionnel en découvrant les histoires de dirigeants, de coachs, du staff médical, des fans…

Solary est apparu il y a maintenant un an comme un ovni dans la planète gaming en conciliant l’univers du streaming à celui de l’esport. Avec une bande d’amis à la base de tout ce savant mélange. Sakor “LRB” Ros, nous raconte l’aventure Solary. (Crédits Photos  : Solary).

Et si je vous disais que ma carrière de streameur fût lancée grâce à un sandwich.

Affamé après la Lyon e-Sport, j’ai littéralement gratté un croc à Skyyart que je ne connaissais pas. On a commencé à discuter, on est devenus amis, il est passé sur un de mes lives quelques jours plus tard et il m’a finalement proposé un poste pour rejoindre Eclypsia.

Le streaming c’est avant tout une histoire de rencontres.

Plus jeune, je me voyais devenir expert-comptable. Je suis issu d’une famille d’immigrés très à cheval sur les études et la réussite professionnelle. Mais en parallèle de mes études, je jouais à League Of Legends dans une association avec mon petit frère et DFG notamment. On nous payait les déplacements et la nourriture lors des compétitions et j’ai voulu les aider en retour dans leur volonté de créer une web TV. C’est comme ça que j’ai commencé à streamer de façon amateur.

J’ai tout de suite adoré ce contact avec la communauté et le fait de partager mon expérience de joueur. Je suis assez expérimenté avec un nombre d’heures incalculables passées sur l’ensemble des consoles de la Nintendo jusqu’à celles aujourd’hui.

LA NAISSANCE DE SOLARY

Après quelques belles années chez Eclypsia, partir de chez eux pour fonder une web TV n’était pas forcément un rêve pour tout le monde. Nous devons beaucoup à Eclypsia, ils ont lancé la majorité d’entre nous dans le streaming et c’est seulement à cause des mauvaises décisions et d’une gestion qui ne nous convenait plus qu’on s’est penché sur la création d’un nouveau projet. Un média dans un environnement sain qui nous ressemble.

Une Team d’amis. Voilà ce qui fait l’essence de Solary.

La plupart des membres se sont rencontrés il y a quelques années. Si la majorité d’entre nous ont noué des liens pendant la période Eclypsia, certaines amitiés ont commencé il y a quelques années. Que ce soit au travers de rencontres sur les différentes compétitions de LoL ou sur leurs streams indépendants comme Narkuss, l’important pour notre groupe a toujours été l’état d’esprit.

Je me souviens de la première fois que j’ai rencontrée Caelan lors d’une LAN dans l’aréna de Webedia. Son équipe avait perdu et il avait fait preuve d’une humilité assez rare dans le milieu, je me suis tout de suite dit qu’il avait ce genre de profil humain qui me donnait envie de travailler avec lui.

Le lancement de Solary s’est fait la boule au ventre pour nous, mais tout s’est bien passé. Tout d’abord grâce au WAT Social Club (Drijoka, Callystoo, Corbier) qui joue le rôle d’agents pour nous. Sans leur aide rien n’aurait été possible pour fonder une société, personne n’avait cette expérience parmi nous.

Le soutien d’Acer avant même que Solary soit officiellement créé fut également essentiel. Notre contact qu’on connait depuis quelques années nous a donné beaucoup de confiance et ça nous a apporté une sécurité énorme. Nous n’avons pas sauté dans le vide seuls.

 

Un média dans un environnement sain qui nous ressemble.

Une Team d’amis. Voilà ce qui fait l’essence de Solary.

COMMENT FONCTIONNE SOLARY

Beaucoup de gens nous demandent souvent pourquoi nous nous sommes installés à Tours. La priorité pour nous était de trouver une ville proche de Paris, car la plupart d’entre nous avons nos proches là-bas. Nous aurions pu choisir Lille ou Orléans, mais le développement numérique de Tours avec la fibre dans toute la ville et la tenue d’événement comme la DreamHack ne nous a pas fait regretter ce choix.

Le nom Solary est une sorte de clin d’œil un peu moqueur à Eclypsia qui avait pu créer deux équipes « Solaris » et « Lunaris » qui s’étaient complètement ratées et avaient cessé de fonctionner après deux mois. C’est une façon de montrer qu’on veut l’inverse et faire marcher ces deux teams le plus longtemps possible.

Si Solary fonctionne aussi bien, c’est aussi parce que nous avons bien défini les rôles de chacun. Nous sommes 8 ou 9 à prendre les décisions importantes. Amaury va s’occuper de la partie technique, mais aussi de la gestion de nos événements ou des LAN en prenant en charge les déplacements et la logistique. Taipouz se concentre sur l’arrivée des nouveaux arrivants et sur la partie vidéo (monteurs). Wakz a le rôle de capitaine de la TV LoL et des membres de l’équipe du jeu. Caelan a pris à son compte le volet merchandising avec la nouvelle gamme de produits textiles que nous avons lancée en octobre. Enfin, Chap, Melon et Jbzz sont les têtes d’affiche en stream de nos différentes TV.

Aujourd’hui nous sommes une bonne vingtaine si l’on compte les monteurs, les graphistes, notre assistante de direction, les coachs et les joueurs.

De mon côté, j’interviens essentiellement sur le planning de programmation des différentes TV et sur la partie managériale. Dans un tel projet collectif, il faut une personne qui soit capable de prendre les décisions, j’ai un peu ce côté de celui qui doit être ferme pour faire avancer Solary.

C’est un premier pas vers mon futur qui sera, je pense, hors caméra et stream. Ce sera une suite logique pour moi et pour Solary qui aura besoin de personnes qui seront uniquement concentrées sur la prise de décision pour développer l’image de marque.

S’AFFRANCHIR DU MODÈLE BANCAL DE L’ESPORT

Solary, ce sont donc des streameurs, mais aussi des équipes compétitives sur LoL & Fortnite. Contrairement à la plupart des structures esport, nous avons la volonté de faire streamer nos joueurs pros.

Il y a deux raisons derrière ce concept.

Tout d’abord, toutes les équipes esport classiques sont déficitaires et ont besoin de fonds d’investissement pour fonctionner. De notre côté nous avons voulu que ce soit notre média qui supporte ces équipes. Les joueurs qui streament rapportent ainsi des revenus via Twitch pour les payer, c’est positif et sain. Dans tous les cas, il aurait été impossible pour nous de se lancer dans l’esport avec un tel risque financier.

Le deuxième volet d’importance concerne le storytelling. La plupart des teams esport n’ont pas d’âme en France et c’est un véritable problème sur LoL et Fortnite (hors Vitality). Leurs images de marque n’étant pas développées, les gens n’ont pas vraiment envie de suivre tels joueurs et équipes. C’est un problème pour avoir une communauté engagée surtout dans un monde où les changements d’effectifs surviennent trop souvent. Il est essentiel que les gens s’attachent aux joueurs et à la structure en dehors de ses performances.

Grâce à notre exceptionnelle communauté qui nous suit pour Solary et non pas pour nos résultats, les marques sont forcément intéressées. C’est un cercle vertueux qui nous emmène donc des revenus supplémentaires grâce aux partenariats et qui nous permet d’être rentable.

Chose assez rare dans le monde des web TV quand on peut comparer à Eclypsia qui avait des frais délirants qui l’empêchait d’être viable économiquement. Mais il faut faire très attention pour nous, car nous dépendons principalement de Twich et des sponsors et en cas de pertes de subs ou d’un partenaire important, ça peut vite devenir compliqué.

Depuis le début de l’aventure, on a pu lancer tellement de beaux projets : Solary en Corée, la TV Fortnite, la création d’une ligne de vêtements, le Tour de France en bus pour aller à la rencontre de nos abonnés…

Mais tout n’est pas préparé à l’avance, on a beaucoup avancé au feeling sur certains projets avant de les cadrer. L’état d’esprit de Solary, c’est de saisir les opportunités.

ALLER AU-DELÀ DU SIMPLE MEDIA GAMING

Depuis le début de l’aventure, on a pu lancer tellement de beaux projets : Solary en Corée, la TV Fortnite, la création d’une ligne de vêtements, le Tour de France en bus pour aller à la rencontre de nos abonnés…

Mais tout n’est pas préparé à l’avance, on a beaucoup avancé au feeling sur certains projets avant de les cadrer. L’état d’esprit de Solary, c’est de saisir les opportunités.

On pense d’ailleurs à s’investir sur d’autres jeux, car il nous apparaît assez compliqué de faire du généraliste comme MisterMV ou Zerator. On commence à s’intéresser à tous les TCG*, mais c’est une vraie réflexion à développer, car les communautés sont clairement différentes avec celles que nous avons sur Fortnite et sur LoL. Mais les audiences de spécialistes comme ArmaTV ne sont pas énormes, rien n’est donc acté de notre côté.

*Trading Card Game dont Hearthstone est le titre le plus connu actuellement.

Nous avons de beaux projets pour l’avenir. Après Solary en Corée, nous allons renouveler cette expérience à l’étranger dans un autre endroit, à vous de deviner !

Nous souhaitons également lancer un bar qui fera office de test à Tours, dans un délire bien à nous et qui pourrait se développer en franchise comme a pu faire le Meltdown sans ce côté excluant des non-gamers. C’est là où l’on touche à l’un de nos principaux objectifs : démocratiser la pratique du gaming.

C’est important pour nous d’amener une image positive et de sortir de tous les clichés possibles qui sont liés à la pratique vidéoludique : geek boutonneux, gros, à lunettes, etc. Le jeu-vidéo a évolué, c’est un hobby normal.

Solary essaie de ne pas être qu’un média, et on espère voir cette volonté s’accomplir en 2019.

LRB