Habib Beye

Consultant, Ancien joueur : #Canal + #Ancien RMC #RC Strasbourg #Olympique de Marseille #Newcastle United #Aston Villa #Doncaster Rovers #International Sénégalais

Voici nos Quick Questions, un méli-mélo de questions décalées pour mieux connaître vos athlètes préférés.

Alors que le Canal Football Club vient de fêter ses 10 ans, nous sommes partis à la rencontre du consultant qui ne se met pas de filtre, Habib Beye. Il nous parle de son aventure au CFC et des nombreuses péripéties joyeuses et plus gênantes qu’il a vécues depuis qu’il est passé de l’autre côté des plateaux TV foot.

Si tu devais résumer le Canal Football Club ?

Un mot, l’expertise.

On est sur une émission très regardée, avec le plus gros match de chaque journée de Ligue 1 le dimanche soir donc on se doit d’avoir une bonne expertise pour les spectateurs. Ils attendent qu’on leur donne les clés pour comprendre les situations, le contexte, et à la fois il faut être très rapide, très punchy car on ne peut pas se permettre d’avoir un discours de 5 minutes.

L’évolution que tu aimerais voir pour le CFC ?

Mon souhait serait de faire un peu plus de tableaux noirs. J’ai envie un jour de pouvoir développer un aspect qu’on ressortirait d’un gros match et faire un gros focus sur une situation ou une phase tactique, un peu comme ce que pourrait faire un entraîneur dans son analyse. C’est délicat au niveau du timing, car il faudrait vraiment 4 ou 5 minutes dédiées.

Sur un PSG-Naples par exemple, à l’aller ou au retour il y avait plein de choses à disséquer plus en profondeur.

Pour ou contre la VAR ?

Pour à 2000 %. Ça a été fait pour gommer les erreurs manifestes et il y en a trop eu dans le passé qui ont été préjudiciables pour des équipes comme l’Angleterre de Lampard par exemple lors de la Coupe du Monde 2010. Aujourd’hui cette VAR va gommer 99 % de ces erreurs manifestes, donc c’est un plus dans le football.

Le consultant de demain qui aurait sa place au CFC ?

Christophe Jallet ferait un très bon consultant. Je l’ai souvent entendu parler de football, j’aime beaucoup. Lorsqu’il est interrogé à la mi-temps c’est quelqu’un qui aura toujours une vision foot et une analyse foot. Il est rarement sur le contexte, sur l’arbitre, sur ce qu’il se passe dans le stade, il est vraiment sur le cœur du jeu et ce qui se passe au sein de son équipe.

Il a très bon ressenti, c’est déjà un bon signe pour ce métier de consultant, est-ce qu’il a envie de le faire à la fin de sa carrière, c’est une autre question !

Ton meilleur souvenir en tant que consultant ?

Lors du titre de Leicester, avec Ranieri à la tête de l’équipe. J’ai ressenti une émotion hors norme, j’ai eu l’impression d’être sur le terrain. Bizarrement j’arrivais à percevoir l’émotion que les joueurs avaient en réalisant l’un des plus grands exploits du football moderne, être champion d’Angleterre avec une équipe comme Leicester.

J’ai commenté des matchs très passionnants, mais ce titre en termes d’émotion m’a vraiment marqué.

Le moment le plus drôle ?

C’était lors d’un plateau avec Messaoud Benterki, sur les qualifications pour l’Euro. Il y avait tous les matchs, dont des matchs d’équipes avec des noms de joueurs imprononçables. Il fallait que j’anime les meilleurs actions et buts et il s’est trouvé que sur le but, le passeur et le buteur faisaient partie de ces noms imprononçables. C’est parti sur un fou rire avec Messaoud et c’était un bon souvenir.

Le plus gênant ?

Ce petit accrochage avec Paul Le Guen. Ça a peut-être contribué à dévoiler ma repartie, mais ce n’était pas un moment plaisant.

J’apprécie beaucoup Paul, quand j’y pense je me dis que j’aurais pu le faire avec un peu plus de sourire. Je ne regrette pas forcément, car j’ai de très bonnes relations avec lui et ce sont des choses qui arrivent dans la vie et sur les plateaux télé, mais concrètement si je devais le refaire, je ne changerais pas le contenu, mais je changerais la forme.

Les 3 qualités du parfait consultant pour toi ? 

1/ Être passionné et donc regarder un maximum de matchs.

2/ Rester objectif, c’est-à-dire mettre de côté notre sensibilité. Je suis très sensible à l’Olympique de Marseille, mais quand je commente des matchs de l’OM, je reste neutre.

3/ Faire des critiques constructives et intelligentes. Une critique doit absolument être argumentée. Sinon c’est une critique gratuite et ça blessera des personnes. Je n’appellerais pas forcément cela des critiques, mais plutôt des analyses, car c’est le but, donner un point de vue basé sur un fait.